Grèce: Un bel exemple pour le Québec

Cela fait des lunes que d’aucuns – dont votre humble serviteur – disent que le Québec s’en va dans un mur, mais il était toutefois difficile d’illustrer, par un exemple ou autrement, à quoi cette situation pouvait bien ressembler; si certaines faillites commerciales sont plus retentissantes que d’autres, on nous rappellera toutefois que lorsqu’il s’agit de gouvernements, ce n’est pas pareil.

Mais depuis quelques semaines, une superbe image nous vient à la rescousse.  Ce qui se passe en Grèce démontre maintenant mieux que jamais ce à quoi pourrait ressembler le mur vers lequel le Québec se dirige.  Bien sûr, tout n’est pas identique, mais les éléments de base y sont; des emprunts lourds, une dette énorme, des intérêts qui coûtent les yeux de la tête, tout cela jumelé à des décisions administratives et budgétaires qui laissent parfois songeurs.

Évidemment, pour la gauche, la Grèce est la victime du système bancaire!  Dans un article en anglais dont un ami m’a envoyé un lien, on lit que tout a commencé lors de la crise des subprimes, en 2008, alors que le texte se termine en encourageant tous les grecs à aller aux urnes pour rejeter la proposition lors du référendum, à la suite duquel les électeurs ont dit « OxI » (non) à hauteur de 61,31%.  Dans les faits, le problème grec existe depuis des décennies.  Sauf que maintenant, les grecs viennent de frapper le mur!

Avec ce référendum, le premier ministre Alexis Tsipras a pris un dangereux pari; il a voulu se donner plus de fermeté en disant que son peuple était derrière lui pour rejeter la proposition de ses créanciers.  Du coup, ces derniers ont durci leur position, et le lundi 13 juillet dernier, la Grèce a dû accepter – à contre-coeur – un plan de redressement encore plus sévère que celui rejeté lors du référendum.  Tsipras se retrouve donc dans une situation fort embarrassante; il ne peut pas respecter les promesses sur lesquelles les électeurs lui ont donné le pouvoir en janvier dernier.  Des dissensions ouvertes, tant au sein de la coalition au pouvoir que dans son propre parti, ont mis en danger l’approbation, par le parlement grec, dudit accord, approbation nécessaire pour permettre au gouvernement de recevoir l’aide financière de quelque 83 milliards d’euros comprise dans ce troisième plan de secours.  Cette approbation fut finalement acquise grâce au vote favorable de plusieurs députés de l’opposition.

Au fond, ce qui arrive aux grecs correspond exactement à ce qui arrive à ceux qui dépensent davantage que ne le permet leurs revenus; les créanciers saisissent les biens, et se remboursent.  Sauf que comme il s’agit d’un gouvernement, on ne saisit pas les biens comme tel, mais on émet des conditions qui reviennent au même; privatisations de sociétés d’état, réformes des retraites, mise à l’ordre des finances du pays, mesures d’austérité (des vraies, pas comme celles du Québec), bref, le gouvernement grec n’est plus maître chez lui.

On viendra nous dire que les différences entre la Grèce et le Québec rendent la situation bien peu semblable.  Voyons voir.

D’abord, la gestion budgétaire du gouvernement.  Là-dessus, les différences sont bien peu nombreuses; les conditions de travail et de retraite des fonctionnaires grecs, par exemple, qui furent signées par le gouvernement, étaient au-dessus des moyens du peuple, comme c’est le cas chez nous.  Et comme chez nous aussi, le gouvernement a favorisé l’augmentation des revenus – entre autres via l’emprunt – plutôt que la réduction des dépenses pour tenter de boucler son budget.  Il paraît qu’en Grèce, le budget est déficitaire une fois sur deux depuis la Seconde guerre mondiale.  Évidemment, quand on se fie continuellement sur l’endettement pour payer ses fonctionnaires et ses retraités, un jour ou l’autre, on atteint la fin des haricots.  Au Québec, on s’est rendu compte de la situation, et on a voté la loi 3, visant à reprendre le contrôle des régimes de retraite des fonctionnaires municipaux.  Cette loi fait toujours des mécontents – les policiers s’habillent toujours comme des clowns, mais on nous dit que les résultats seront concluants, chose que seul le temps saura nous confirmer.

Ensuite, la gouvernance en général.  Le parti d’Alexis Tsipras, Syriza (extrême-gauche), fut élu sur un discours prétextant que le remboursement de la dette n’est pas une urgence, et que les mesures d’austérité mises en place par l’ancien gouvernement – et avérées inefficaces parce que mal appliquées – ne sont pas nécessaires.  Un discours semblable à ce que prétendent ici Québec solidaire et le Parti québécois.  Or, nous savons tous ce qui nous attend lorsque nous ne remboursons par nos dettes à temps.  Et il en va de même pour les gouvernements.  Heureusement pour nous, des aides sont disponibles; comme Québec se porte garant des dettes municipales, Ottawa se porte garant des dettes des provinces.  Et puisque contrairement à la France, et aux USA, ne serait-ce que temporairement, le Canada n’a jamais perdu sa cote de crédit AAA, le Québec, malgré qu’il soit porteur de l’une des cotes les plus basses des provinces canadiennes, parvient toujours à emprunter à des taux d’intérêt acceptables.

Il reste que le Québec devrait prendre acte de ce qui se produit présentement en Grèce afin de prendre les mesures nécessaires pour éviter de se retrouver dans une pareille situation.

Véhicules électriques en libre-service: De quoi Montréal se mêle, encore?

En furetant sur le web, cet après-midi, je suis tombé sur un dossier dont je n’avais pas encore pris connaissance, dossier qui concerne la ville de Montréal, et qui, encore une fois, viendra tuer la libre-entreprise.  La ville veut instaurer, pour l’année 2020, un système de voitures électriques en libre-service, avec les critères suivants; disponibilité totale de 1000 véhicules, avec GPS intégré, compatible avec la carte Opus, dont la vitesse maximale est supérieure à 40 km/h, et affiche une autonomie de 150 km en été.  On préconise des véhicules à 4 occupants, et les véhicules doivent déjà être homologués par Transports Canada; tout véhicule en cours d’homologation sera exclu d’office.

Évidemment, ces critères soulèvent l’indignation de certaines entreprises.  L’une d’elles, car2go, déclare même, via le directeur général de sa branche montréalaise, Jérémi Lavoie, se sentir carrément exclue de l’appel d’intérêt international émis par la ville de Montréal, en vue de publier un éventuel appel d’offres, puisque ses véhicules sont des smart, donc à deux places, et n’ont manifestement pas une autonomie de 150 km.  D’ailleurs, actuellement, les seuls véhicules ayant une telle autonomie, et déjà homologués par Transports Canada, soit 4 des 12 modèles de véhicules électriques disponibles ici, sont fabriqués par Tesla, et sont des voitures de luxe!  L’autre entreprise touchée, Communauto, qui exploite son service Auto-mobile, prend le tout avec un peu plus de philosophie, selon son directeur du développement, Marco Viviani, disant se retrouver dans cet appel d’intérêt, quoique certains détails restent à peaufiner.  On peut lire plus en détails les commentaires de ces deux personnes dans cet article de Pierre-André Normandin, de La Presse, ainsi que la réaction de la ville dans celui-ci, du même auteur.

Mais il y a un autre os dans le fromage; un nouveau véhicule est en cours d’homologation aux USA, et pourrait l’être rapidement aussi au Canada.  Ce véhicule, le Bluecar, utilisé par le groupe français Bolloré pour son service Autolib’, à Paris, devrait prendre d’assaut les rues d’Indianapolis d’ici la fin de l’été, sous le nom de BlueIndy, et comble de la coïncidence, correspond en tous points au modèle préconisé par l’appel d’intérêt montréalais!  C’est surtout ce point qui soulève l’ire des gens chez car2go.

La Bluecar du groupe Bolloré, dont on voit l’évolution de 2005 à 2011, serait fabriquée en France par Renault à partir de 2015.  (Photo recueillie sur Google, sujette à droits d’auteur.)

Pour ma part, je me demande surtout ce que la ville de Montréal vient encore faire dans le libre-marché!

N’a-t-elle pas déjà appris de son expérience avec les BIXI?  La ville a dû racheter la faillite du service, et l’opère désormais elle-même en assumant les déficits d’opération, le tout aux frais des contribuables.  Un système de véhicules électriques en libre-service devrait être laissé à la libre concurrence, point!  Déjà, deux entreprises, car2go et Communauto, offrent des services de ce genre, à Montréal, alors que d’autres pourraient s’ajouter; pourquoi ne pas juste charger une taxe municipale à ces entreprises, si la ville tient tant à faire de l’argent?  Parce que si la ville établit un service selon ses propres critères, et le garde en monopole, comme toutes les autres offres de transport de personnes qu’elle gère, qu’adviendra-t-il des autres sociétés qui offrent présentement ce service à leur clientèle déjà établie?  Devront-elles se retirer totalement du territoire montréalais?

Pour l’instant, car2go offre des smart fortwo électriques à ses clients, alors que Communauto propose des Nissan Leaf électriques et des Toyota Prius C hybrides.  Ces véhicules semblent faire l’affaire de la clientèle, puisque ces deux entreprises ne passent pas leur temps dans les médias à se plaindre d’être au bord de la faillite, pour cause de non-rentabilité.  Alors de quoi la ville de Montréal vient-elle se mêler?  Elle tente à nouveau de provoquer la chute du libre-marché, cette fois dans le domaine du véhicule électrique en libre-service.  Ce n’est pas dans le mandat d’une ville de louer des bagnoles, mais ça, le maire Denis Coderre semble s’en foutre comme de sa première ballade en voiture.

Bibliothèque d’outils à Montréal; espérons que les gouvernements ne s’en mêleront pas!

Cet avant-midi, en furetant sur le web, je suis tombé sur ce papier de Simon Dessureault, du quotidien gratuit 24h Montréal, qui mentionne qu’une première bibliothèque d’outils verra le jour à Montréal, plus précisément dans le quartier Villeray, d’ici le printemps.

S’il s’agit bel et bien d’une coopérative à but non-lucratif, je dis bravo!  C’est vrai que les arguments des citoyens impliqués dans le projet sont intéressants; quand on vit en ville, à quoi bon posséder des outils qui ne serviront qu’une fois ou deux par année, qui prendront de l’espace et accumuleront de la poussière, alors qu’on peut les louer seulement quand on en a besoin.  Ainsi, la coopérative louera à ses membres des outils allant de la simple clé à molette jusqu’au marteau-piqueur, en passant par divers équipements de cuisine, de jardinage, et électroniques.

Par contre, si la ville – ou une autre instance gouvernementale – s’en mêle, cela deviendra de la concurrence déloyale, comme ce fut le cas pour les désormais célèbres Bixi qui, en plus de tuer littéralement le commerce de location de vélos, particulièrement au centre-ville de Montréal, se sont vus passer directement sous le giron municipal, la ville reprenant la faillite de l’organisme.  La concurrence directe d’une bibliothèque d’outils s’appelle Lou-Tec, Hewitt, Joe-Loue-Tout, et autres Simplex de ce monde, et si certains de ces commerces sont des multinationales, spécialisées dans le gros outillage industriel, d’autres sont constituées de petites entreprises locales, regroupées sous une bannière commune.  Sans oublier de nombreux commerces indépendants qui font aussi dans la location d’outils divers.

Donc, en définitive, si la future bibliothèque d’outils de Montréal est une vraie coopérative, à but non-lucratif, montée par des citoyens, et non par une instance gouvernementale qui cherche à se faire du capital politique sur le dos des contribuables, et des petits commerçants, j’appuie l’initiative.

Centrale thermique de Sorel-Tracy: Toute bonne chose a une fin!

Si vous avez l’habitude de voir, depuis la route 138, entre Lanoraie et Berthierville, la centrale thermique de Sorel-Tracy, comme un point de repère immanquable, alors je vous recommande de faire vite, car bientôt, il n’en restera plus rien!

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Le démantèlement de la centrale fut décidé il y a déjà pas mal de temps, mais fut retardé par une faillite de l’entreprise qui avait remporté l’appel d’offres. Mais comme vous pouvez le voir sur cette photo, que j’ai prise lors de mon dernier passage dans le coin, quelque part en juin, je crois, il semble clair que le bâtiment principal est en voie d’extinction.

Comme les réservoirs de mazout lourd de la centrale sont désormais loués, pour des fins de stockage, je me demande maintenant ce que va faire Hydro-Québec avec le terrain présentement occupé par ce qui reste du bâtiment principal. Le Ministère des transports du Québec (MTQ) pourrait bien l’acquérir – j’en fais la proposition, question de profiter du point où le fleuve est le plus étroit, dans les environs, pour éventuellement y construire un pont, dont l’extrémité nord, en plus de se raccorder à l’A-40, pourrait aussi être relié à un éventuel prolongement de l’autoroute 50, pour lui permettre de prendre la relève de la route 158, communément appelée « la route de la mort », et ce particulièrement dans le secteur entre Saint-Esprit et Joliette.

Je dis ça juste de même…

Rob Ford: Et si c’était lui, le bon politicien?

Depuis quelques jours déjà, la “folle affaire” de Rob Ford est étalée en long et en large dans les médias de masse en tous genres, et on apprend de nouvelles bourdes du maire – en disgrâce – de Toronto presque à chaque jour.

Évidemment, cela apporte deux questions fondamentales, à savoir:

  1. Quels sont les autres scandales politiques, à travers le Québec, et le Canada, qui passent sous le radar, pendant ce feuilleton?
  2. Quel est le bilan politique de Rob Ford, qui est au pouvoir depuis 2010?

À la première question, on pourrait répondre que toute loi, ou tout règlement, qui pourrait offusquer les citoyens risque d’être adopté à toute vapeur, et ce avant que la poussière ne retombe.  Comme au Québec, la Charte de la laïcité, ou  Charte des valeurs québécoises, ou le nom qu’on lui donnera demain, en fonction de l’humeur du moment, sert à camoufler que le gouvernement minoritaire de Pauline Marois ne respectera pas ses promesses budgétaires, le scandale Rob Ford servira de paravent à tout ce que l’on veut faire passer en douce, loin des yeux et des oreilles des contribuables.

Quant à la deuxième question, je laisserai James Delingpole, un columnist et blogueur britannique, collaborateur régulier du Telegraph, vous l’expliquer avec son billet, publié dans le National Post, et intitulé “Why Rob Ford is better than most low-life politicians”, ou traduit librement, “Pourquoi Rob Ford est meilleur que la majorité des crapules qui nous gouvernent?”  Bon, d’accord, le texte est en anglais.  C’est pourquoi je tenterai de le traduire du mieux que je le peux.  Voici le résultat.

Pourquoi Rob Ford est meilleur que la majorité des crapules qui nous gouvernent?

De par le monde, nous sommes gouvernés par des pygmées

La semaine dernière, à l’émission d’Arlene Bynon, sur les ondes de la station de radio Toronto Talk 640, on me demandait si l’affaire Rob Ford allait affecter négativement la réputation du Canada.  Je suis britannique.  Je présume qu’on voulait me faire marcher.  Premièrement, cela laisserait sous-entendre qu’un seul anti-conformiste – bon, d’accord, ajoutons Justin Bieber, et disons deux anti-conformistes – pourrait compromettre la réputation durement gagnée, très durable, internationalement reconnue, et largement méritée du Canada de ne pas vraiment être la nation la plus “rock n’roll” de la planète.  Deuxièmement, cela soutiendrait que les politiciens sont tenus en si haute estime que nous sommes gravement bouleversés dès que l’un d’eux tombe.

Mais nous savons tous que les politiciens sont essentiellement des crapules sans principes.  C’est vrai, il peut y avoir des exceptions, mais généralement, notre opinion des politiciens est tellement basse que nous n’éprouvons aucune surprise lorsque l’un d’eux se fait prendre les culottes baissées.

Est-ce un signe que nous sommes entourés de trop de cynisme? Au contraire, j’avance plutôt que nous leur en demandons trop!  De par le monde, nous sommes gouvernés par des pygmées – pleutres; intellectuellement, et souvent moralement, corrompus; opportunistes; assoiffés de pouvoir; plus préoccupés par leur survie politique que par le souci de faire les bonnes choses.  Peu, sinon aucun d’entre-eux, n’ont eu le courage de faire face aux véritables défis qui se dressent devant nous; ils ont répondu à l’endettement massif en imprimant plus de billets de banque, et en repoussant le problème plus loin; ils se sont laissé séduire corps et âme par l’arnaque environnementale, qui nous amène à la faillite, et nous sur-réglemente sans cesse.  Et bien entendu, ils mentent.

Et c’est dans ce contexte que je me suis curieusement retrouvé dans une relative sérénité, face à l’affaire Rob Ford.  Évidemment, avoir un maire ivrogne, consommateur de crack, n’est pas l’idéal.  Mais honnêtement, je suis plus intéressé par ce qu’un politicien peut apporter à travers sa vie publique que par ce qu’il peut faire dans sa vie privée, aussi merdique puisse-t-elle être.

Pour voir tout ça sous un autre angle, demandez-vous qui devrait gouverner les menus détails de votre existence, entre a) un démon sorti de l’enfer, fumeur de crack, qui maintient les taxes basses, qui rend la fonction publique plus efficace, et qui, pour le reste, laisse ses sales doigts hors de vos affaires, ou b) un bien-pensant plus propre que propre qui, convaincu de ses valeurs morales supérieures, va se sentir justifié de s’immiscer dans tous les aspects de votre vie à grands coups de taxes, de lois et de règlements?

Pour moi, c’est une évidence.  Nous sommes tous des géants aux pieds d’argile.  Autant je n’ai pas à juger, disons, la musique de Bill Evans, en se basant sur le fait qu’il avait un problème de consommation d’héroïne, autant je n’ai pas à juger l’héritage d’un politicien à sa vie personnelle exaltée.  D’accord, c’est vrai que Rob Ford est un cas extrême.  Mais il me semble, compte tenu des attentes élevées que nous maintenons envers eux, que plus nos politiciens doivent être purs et propres, plus nous risquons de finir avec des politiciens blêmes et lâches, mais non moins dangereux et indélogeables, qui rendent la vie des gens misérable, à travers le monde.

Je trouve que l’opinion de monsieur Delingpole rejoint ma pensée, globalement parlant.  Autre point; nous sommes très forts pour porter un jugement sans connaître l’histoire au complet.  Et Dieu sait que les médias nous aident beaucoup, pour ce faire.  Mais le fait que les médias ne présentent qu’un seul côté de la médaille ne nous exempte pas de tout faire pour voir l’autre côté.  Les médias de masse ne nous disent pas que les taxes ont baissé, pour les contribuables torontois, depuis que Rob Ford est au pouvoir.  Ils ne disent pas non plus que suite à la renégociation des conventions collectives, d’une part, et à la réduction de la taille de l’appareil administratif d’autre part, la fonction publique de la ville-reine est plus efficace que jamais!  Le fait qu’une partie de la dette à long terme de la ville de Toronto ait été remboursée passe aussi sous silence, dans les médias.  Mais l’administration de Rob Ford a fait tout cela, à l’intérieur d’un délai d’environ trois ans.

Je ne m’inquiète pas tant des agissements de Rob Ford à Toronto que de ceux de nos chers politiciens d’ici, qu’ils soient au municipal, au provincial, ou au fédéral.  Car si un “junkie” au dernier degré a pu faire tout cela, que font nos politiciens “plus blancs que blanc”?  Je crois sincèrement qu’en tant que contribuables, nous devrions porter davantage notre jugement sur les résultats des politiques publiques que sur l’image des politiciens qui les votent.  Notre pays, notre province, et nos villes, ne s’en porteraient que mieux!

Bixi: Le commencement de la fin?

Les médias nous apprennent que la situation financière de la Société Vélos libre-service (SVLS), maîtresse d’oeuvre du projet Bixi, serait en grave difficultés financières.  Vous pouvez en lire un peu là-dessus ici, et ici.

Parmi les plus paniqués de la situation, le chef de Projet Montréal, et candidat à la mairie le 3 novembre prochain, Richard Bergeron, utilise même le mot “faillite” pour décrire la situation.  Déjà, en 2009, je vous faisais part moi-même de la concurrence déloyale que le projet Bixi faisait aux locateurs de vélos de Montréal, du fait que ceux-ci avaient toutes les charges de leur commerce, et se voyaient obligés de faire concurrence à un projet financé en grande partie par des deniers publics.  Pour bien arranger les choses, et sûrement pour rassurer tout le monde, le vérificateur général de la ville de Montréal a fait parvenir une lettre au Conseil, dont chaque membre a reçu une copie, faisant état de la situation financière précaire de la SVLS.  Il est à préciser que les conseillers attendent depuis plus de 5 mois les résultats financiers de la SVLS.

Selon l’un des articles, la Société de transport de Montréal (STM) serait intéressée aux actifs de la SVLS, mais pas à la dette de celle-ci, qui se monterait entre 30 et 40 millions$.  Ce sont alors tous les payeurs de taxes de Montréal qui seront pris pour payer la dette accumulée.

Fallait s’y attendre!

Lac-Mégantic: Quelle sera la suite des choses?

Il y a maintenant presque deux semaines, la petite ville de Lac-Mégantic était secouée par une catastrophe sans précédent qui, au moment d’écrire ces lignes, avait fait officiellement 38 morts, en plus d’une douzaine de disparus, dont on fonde à peu près aucun espoir de retrouver vivants.

Pendant que l’on recherche toujours des dépouilles dans les décombres du centre-ville, il faut aussi penser à la suite des choses.  Parce que même si le temps s’est arrêté pour les familles des victimes, le monde, lui, poursuit son petit bonhomme de chemin, et la Terre continue de tourner.  Si, pour plusieurs, il faut laisser le temps aux gens de Lac-Mégantic de se refaire un moral, pour d’autres, il faut quand même, malgré la douleur, et les déchirements inhérents à une telle tragédie, penser à la suite des choses.  Pour un, s’il a offert ses plus sincères sympathies à la communauté de Lac-Mégantic, et déclaré qu’une telle chose “n’aurait jamais dû arriver”, l’ombudsman des échanges avec le Canada au bureau du gouverneur de l’état du Maine, Daniel Deveau, a aussi parlé de l’urgence de trouver une solution pour faire circuler à nouveau les trains entre le Québec et le Maine.  Selon ce que rapporte David Santerre, à la fin de cet article, dans La Presse, monsieur Deveau aurait mentionné que “Ça ne circule pas présentement. Notre économie repose sur la foresterie et le transport par train, et cet accident paralyse beaucoup de choses. Je ne connais pas le futur de MMA, mais il faut que le train marche.

Peut-être que la solution pourrait s’arranger en deux temps.  Voici comment:

Lac-Megantic2

Vous pouvez cliquer sur l’image pour la voir en plus grande dimension; elle s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.  Le carré violet, au milieu de l’image, désigne la zone où a eu lieu l’accident.  Comme il est clair que les rails (tous en noir, sur l’image satellite de Google Earth), dans cette zone, sont désormais inutilisables, et que les gens de Lac-Mégantic ne sont pas vraiment intéressés de revoir des trains à deux pas de chez eux, il faudrait contourner le centre-ville avec une nouvelle voie ferrée, comme ce fut fait pour le transport routier lourd, avec la construction du nouveau boulevard Jean-Marie-Tardif, qui contourne la ville par le nord, et l’est.  Dans un premier temps, on pourrait aménager une voie entre le passage à niveau du point identifié Laval-Nord, sur le boulevard Jean-Marie-Tardif, et la bretelle de desserte de l’usine Tafisa, voie qui correspondrait à la ligne rouge, sur l’image.  Une telle voie, d’un peu plus de 4 kilomètres de longueur, permettrait de raccorder le lien entre Montréal et l’état du Maine, à condition bien sûr que la jonction entre la voie de desserte de Tafisa et la ligne de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) en direction du Maine soit toujours utilisable, ce à quoi il faudra aussi remédier dans le cas contraire. La réalisation de ce nouveau tronçon répondrait sûrement au souhait de monsieur Deveau, soit la reprise rapide du transport par rails dans son coin de pays.

Dans un deuxième temps, on pourrait compléter le contournement du centre-ville de Lac-Mégantic avec une autre nouvelle voie, cette fois en bleu sur l’image, qui débuterait près de la jonction de la voie de desserte de Tafisa et de l’ancienne voie de la Quebec Central, désormais abandonnée (mais toujours présente sur l’image), traverserait la rivière Chaudière grâce à un tout nouveau pont, et rejoindrait la voie actuelle de la MMA à l’ouest du point identifié Ditchfield, au sud du village de Frontenac.  Cette voie, d’une longueur d’environ 6 à 7 kilomètres, et qui coûtera beaucoup plus cher, entre autres à cause du pont de la rivière Chaudière, permettrait de finalement reléguer le passage des trains au centre-ville de Lac-Mégantic à l’histoire, permettant du même coup le démantèlement des voies actuelles du secteur Nord, du centre-ville, et du secteur Fatima, incluant le pont actuel de la rivière Chaudière, et le viaduc de la rue Salaberry (route 204).

Évidemment, tout cela ne se fera pas gratuitement!  Il faudra trouver les fonds nécessaires, et tout porte à croire que ce n’est pas la MMA qui réalisera cet investissement, puisque plusieurs, dont votre humble serviteur, craignent que la compagnie déclare faillite.  Il faudra donc réunir tous les intervenants (gouvernements du Québec, du Maine, de la ville de Lac-Mégantic, propriétaires actuels et/ou futurs du chemin de fer, etc.)  et faire en sorte, comment dire, de remettre le train sur les rails.  Dans tous les sens du terme.  Et sans jeu de mots.

Je vois le montage financier comme suit; le gouvernement du Maine, dont l’économie dépend directement de ce chemin de fer, devra investir un bon pourcentage, tout comme le gouvernement du Québec.  Le gouvernement fédéral du Canada, qui a déclaré à plusieurs reprises qu’il est prêt à aider, devra aussi délier les cordons de sa bourse.  Il suffit maintenant de créer un protocole d’entente qui définira les parts de chacun.  Le propriétaire du chemin de fer, que ce soit la MMA, ou un éventuel acheteur, disposera d’un certain nombre d’années pour rembourser les gouvernements, en proportion de leurs investissements respectifs, afin de devenir éventuellement propriétaire des nouvelles sections.