Quand universalité rime avec avantages pour les riches

Tous les tenants de la gauche ne jurent que par l’universalité, que ce soit dans les soins de santé, dans les services de garde subventionnés, et même dans les tarifs d’électricité d’Hydro-Québec. Serait-ce, en fait, pour que les tenants de la « gauche caviar » puissent se faire subventionner pour jouir de leur richesse?

Prenons les tarifs d’Hydro-Québec, par exemple. Avec la formule actuelle, les plus pauvres peuvent profiter de tarifs d’électricité préférentiels, si on les compare aux tarifs exigés ailleurs dans le pays, ou dans le monde. Là où le bât blesse, c’est que les plus riches profitent de ces mêmes tarifs, puisqu’ils sont universels. Autrement dit, si les tarifs maintenus artificiellement bas chez nous donnent, prenons des chiffres aléatoires, 100$ de rabais par mois aux plus pauvres, afin de les aider à faire leur épicerie, ces mêmes tarifs donnent aux plus riches, mettons 1000$ dans les mêmes circonstances. Or, comme les riches ont les moyens de payer le prix réel pour l’électricité qu’ils consomment, ils se retrouvent donc à être subventionnés pour consommer davantage. Même chose pour les services de garde subventionnés, que l’on connaît chez nous sous le vocable de garderies à 7$. Le fait que les riches puissent y envoyer leurs enfants fait en sorte que les plus pauvres doivent attendre l’ouverture de nouvelles places.

Les riches sont-ils de ce fait des profiteurs? Pas du tout!

Ils seraient bien fous de se priver de ces avantages qui leur sont accordés par la loi. Par contre, pourquoi devrait-on leur accorder ces privilèges? Puisqu’ils ont les capacités de payer le plein prix, pourquoi ne le font-ils pas? Mettez-vous à leur place. Avouez que vous feriez de même.

Dans le système de santé, c’en est même d’un ridicule consommé. À cause de l’engorgement des urgences, et des diverses pénuries dans les départements, l’avantage de l’universalité tourne au drame; la pratique devient soviétisée! Le principe devient donc le suivant: « Si JE ne peux me faire soigner rapidement, PERSONNE ne le pourra! » C’est ainsi que se sont développées les fameuses listes d’attente.

On constate donc que, quel que soit le service dans lequel on impose le principe d’universalité, un jour ou l’autre, plus personne n’obtient satisfaction. Alors puisqu’ils n’y arrivent plus, pourquoi les gouvernements devraient-ils demeurer les seuls dépositaires des services?

Au niveau de la santé, par exemple, le gouvernement québécois doit fournir les soins de santé. C’est ce que dit la loi. Faisons un parallèle avec l’assurance automobile, si vous le voulez bien. Vous avez une voiture, et vous la faites assurer au cas où vous seriez impliqué dans un accident. Que survient-il quand le malheur arrive? Vous contactez votre assureur, qui doit vous couvrir en fonction de la prime que vous payez, et celui-ci vous envoie un estimateur, qui évalue les dommages couverts par votre police d’assurance. Une fois que l’estimateur a fait parvenir son rapport à votre assureur, celui-ci vous annonce que vous pouvez aller faire réparer votre voiture chez un carrossier, pour un montant équivalent à celui de l’estimation. Est-ce que le carrossier est à l’emploi de l’assureur? Est-ce que son atelier appartient à l’assureur? Dans les deux cas, la réponse est non. Alors pourquoi ne pas faire la même chose avec les soins de santé?

Imaginez un exemple semblable. Vous vous sentez mal en point, et vous décidez de consulter. Vous vous rendez dans une clinique privée, afin de faire évaluer votre condition, en présentant votre carte soleil. Une fois que le médecin a communiqué son diagnostic à l’assurance-maladie, il vous appelle pour vous annoncer que vous pouvez vous présenter dans un hôpital privé de votre choix, hôpital dans lequel vous pouvez obtenir un traitement spécifique en fonction du diagnostic établi par le médecin qui vous a examiné. L’assurance-maladie paierait le traitement à l’hôpital en fonction des tarifs établis entre-eux. L’hôpital n’a donc pas à appartenir au gouvernement pour permettre la couverture des soins de santé qu’il se doit de fournir à la population. L’administration, les services complémentaires, l’entretien des bâtiments, et tout le reste n’est plus à la charge du gouvernement. Celui-ci paie pour les soins, un point c’est tout.

Pour les tarifs d’Hydro, il serait souhaitable, afin de maintenir une certaine forme d’aide aux plus démunis, d’établir une consommation minimum gratuite, au-delà de laquelle l’électricité est vendue au prix du marché. Ainsi, on évite le gaspillage puisque la consommation excessive étant plus chère, on fait le nécessaire pour la limiter. De plus, dans l’optique que Hydro-Québec demeure la propriété de l’État, l’électricité ainsi économisée pourrait être vendue dans d’autres états, ce qui procurerait des revenus supplémentaires au gouvernement.

Il y a plein de services gouvernementaux où de véritables économies pourraient être réalisées si l’on se donnait la peine d’aider vraiment les plus démunis tout en faisant payer le plein prix à ceux qui en ont les moyens.

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