Élections Québec 2026: ZZZzzzZZZ…

Je ne sais pas si c’est le fait de vieillir, et d’avoir vu tellement de campagnes électorales, mais j’ai comme l’impression que la campagne québécoise de 2026 est la moins stimulantes de toutes.

Pas de grands projets mobilisateurs, juste du rebrassage de cartes, comme le 3e lien, mais surtout du débusquage d’anciens propos, du salissage de candidats, et du journalisme qui n’éclaire absolument pas sur le choix à faire le 5 octobre prochain. Bref, une campagne endormante au possible.

Vous me réveillerez quand il y aura de l’action.

A-73: Elle finit où, au juste?

Les mois d’août et de septembre marquent, au sein de la firme pour laquelle je travaille, la période dite du “rush des bleuets”; nous allons chercher les bleuets là où ils sont récoltés (Lac-Saint-Jean, Côte-Nord, Nouveau-Brunswick), et les transportons vers une usine de traitement et de congélation, située dans la région du Centre-du-Québec. Comme j’étais affecté à la région du Lac-Saint-Jean, je faisais la distance soit par La Tuque (principalement l’autoroute 55, puis la route 155), soit par Québec (autoroutes 20 et 73, routes 175 et 169). Mes nombreux passages par Québec m’ont amené à me poser la question suivante; l’autoroute 73, en direction nord, elle finit où, au juste?

Tout dépendant de la méthode utilisée, on peut lui attribuer trois sites de fin différents;

  1. Le panneau indiquant la fin de l’autoroute
  2. Les numéros de sortie
  3. Les bornes kilométriques

Si l’on se fie uniquement au panneau indiquant la fin de l’A-73, il est situé tout près du pont d’étagement, après la sortie 167, soit à la hauteur de la route 371, qui conduit à Stoneham. Mais il existe deux autres méthodes pour marquer la fin de l’autoroute, ce qui amène de la confusion. Si l’on se fie aux numéros de sortie, il faut se rendre à environ 15 kilomètres plus au nord, à la sortie 182, qui mène au chemin du Parc National, et de là au Parc national de la Jacques-Cartier. Mais on se rend compte que depuis l’échangeur A-40/A-73/A-973, les bornes kilométriques n’ont rien à voir avec les numéros de sortie. En fait, les bornes kilométriques correspondent à la distance depuis le début de la route 175, qui est en multiplex avec l’A-73 sur une bonne distance. Parce que les bornes kilométriques de l’A-73 proprement dite s’arrêtent à l’échangeur A-20/A-73, à Lévis.

On peut en profiter pour se demander pourquoi on n’a pas fait de la route 175 une véritable autoroute (l’A-73) sur toute sa longueur, après l’A-73, soit jusqu’à Saguenay. C’est probablement qu’il aurait fallu organiser tous les accès aux nombreux sites de la Réserve faunique des Laurentides (lacs, sites d’observation, camps, etc.) avec des chemins reliés à des échangeurs, ce qui aurait coûté les yeux de la tête, et n’auraient probablement pas changé grand chose au niveau de la sécurité de la route. Par contre, il aurait été souhaitable de créer un échangeur au niveau de l’Étape, où beaucoup de gens s’arrêtent. La vitesse est réduite à 70 km/h sur environ 1,8 kilomètres, question d’aider les gens qui sortent de la halte routière à accéder plus facilement à la route 175. On se rend rapidement compte que ce n’est pas tout le monde qui respecte la limite de vitesse, d’une part, et d’autre part, à certains moments de la journée, il devient compliqué de reprendre la route sans attendre pendant un bon bout de temps.

Mais il reste que la route 175, entre Stoneham et Saguenay, est beaucoup plus sécuritaire que l’ancienne route à une seule chaussée, ce qui fait un peu de bien au bilan routier des régions de Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Et les différentes fins (l’officielle, et les autres) de l’A-73 pourraient être simplifiées. J’y reviendrai.

3e lien Québec-Lévis: Réponse à Karine Gagnon

Hier (21 février 2026), Karine Gagnon, du Journal de Québec, en a remis une couche; je suis sûr qu’elle se réveille la nuit pour haïr le 3e lien Québec-Lévis. De mon côté, c’est la valse-hésitation de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui m’horripile. Je m’explique.

Madame Gagnon ouvre son commentaire sur le fait que tout le Québec a des besoins, et ce dans tous les domaines; santé, éducation, logement, transport collectif,… n’en jetez plus, la cour est pleine. Toutes les régions ont des dossiers prioritaires, mais les candidats à la chefferie de la CAQ n’en ont que pour le 3e lien, selon elle. L’idée, c’est que ce sujet soulève les émotions, dans le grand Québec; soit que l’on est pour, soit que l’on est contre, mais personne n’est indifférent lorsque l’on parle du 3e lien.

Et encore une fois, Karine Gagnon est tombée dans le panneau; elle jette son fiel sur le projet, dont la version actuelle fait l’unanimité contre lui. Elle insiste sur le fait qu’aucune étude scientifique ne justifie le 3e lien; madame Gagnon a sûrement toute l’expérience journalistique qu’il faut pour savoir qu’une étude, gouvernementale ou autre, c’est comme un otage; si on la torture un peu, on peut lui faire dire ce que l’on veut. D’un autre côté, il faut aussi comprendre qu’il faut étudier les besoins en circulation non pas d’aujourd’hui, mais ceux de la fin des années 2030, puisqu’il faudra environ dix ans avant que l’on y roule. Et croyez-moi qu’il va s’en ajouter, des maisons sur la rive sud, des véhicules privés, et des camions lourds qui, pour leur part, ne prendront jamais les transports en commun.

C’est vrai que toutes les régions du Québec ont des besoins, et qu’il faut y répondre. Mais comme je l’ai déjà mentionné ailleurs, le grand Québec a l’opportunité rêvée de planifier l’avenir de la mobilité entre les deux rives du fleuve Saint-Laurent. Le grand Montréal aurait bien aimé avoir cette opportunité; elle serait peut-être plus mobile, justement. Mais là-bas aussi, des opportunités ont été gaspillées; le rapport Nicolet, déposé en février 2003, recommandait, entre autres conclusions, la construction d’un nouveau lien entre Repentigny et Varennes; le ministre des transports de l’époque, le péquiste Serge Ménard, avait tabletté le rapport en disait que l’on n’en avait pas besoin. Avec les interminables travaux dans le tunnel Lafontaine, ne serait-on pas heureux d’avoir ce nouveau pont?

Mais il faut mentionner que l’immobilisme gouvernemental ne date pas d’hier; au milieu des années 1950, on avait fait un croquis illustrant le réseau autoroutier qu’il faudrait établir dans le grand Montréal. Il n’y avait pas de date-butoir proprement dite, mais disons que l’on aurait visé une réalisation pour le milieu des années 1980, ce qui aurait donné un délai de 30 ans. Aujourd’hui, en 2026, soit quelque 70 ans plus tard, le réseau imaginé n’est toujours pas complété. Il en manque de moins en moins, mais il en manque toujours. Cela me fait penser à un chef d’entreprise qui a besoin d’un camion, idéalement un dix-roues, pour déplacer ses équipements, et plein d’autres choses. Comme il n’a pas les moyens de s’acheter un tel camion, il jette son dévolu sur un F-150, se fiant à la réputation du véhicule, le plus vendu depuis plus de 50 ans. Mais ses employés chargent le F-150 comme si c’était un dix-roues. Résultat des courses; le F-150 n’a pas duré six mois. Pourquoi? Parce qu’il était toujours surchargé.

Un réseau routier, c’est pareil; quand on le surcharge, il dure moins longtemps, et demande plus de travaux, allant des réparations rapides aux reconstructions complètes, ce qui cause plein de maux de tête à tout le monde. Et le problème que l’on a actuellement, c’est que le réseau ne parvient pas à suivre l’évolution du volume de circulation. Certaines voies rapides auraient besoin de voies supplémentaires, mais elles ne sont pas construites, ou mettent un temps fou à être réalisées. Je veux bien croire que le ministère des transports du Québec (MTQ) aurait besoin d’un sérieux ménage à l’interne, il n’en demeure pas moins que ce n’est pas en rejetant des projets que le Québec va se développer.

Il s’agit de voir le déroulement des principaux projets actuels pour se rendre compte des sommes faramineuses que l’on n’a pas le choix d’y consacrer; prenons celui du pont de l’Île-aux-Tourtes, par exemple. On a passé tellement d’années à tergiverser avant de finalement se décider à le remplacer que le maintien du pont actuel, pendant la construction du nouveau pont, coûtera aussi cher que le nouveau pont lui-même. Ce fut la même chose pour le pont Samuel-de Champlain, même s’il s’agissait du gouvernement fédéral. C’est ce qui arrive lorsque l’on étire l’élastique trop loin; le risque que tout nous pète au visage est si élevé que le coût du projet est doublé à chaque fois.

Au final, si Karine Gagnon est écoeurée du 3e lien, moi, je suis écoeuré de l’immobilisme du gouvernement actuel. Et comme nous sommes au coeur d’une course à la chefferie, je suis porté à croire que rien de nouveau ne sera dévoilé avant la prochaine campagne électorale, l’automne prochain, soit dans plus ou moins six mois. Et comme on dit que six mois, en politique, correspond à une éternité, nous n’avons pas fini de lire Karine Gagnon au sujet du 3e lien.

Élargissement de l’A-20: Same old, same old…

Sur le site web du Journal de Québec, hier après-midi, est apparu un article de Stéphanie Martin sur l’avis d’experts au sujet du projet d’élargissement de l’autoroute 20 à Lévis. Parce qu’à chaque fois qu’il y a un tel projet, il y a toujours des experts qui viennent expliquer que l’ajout de capacité du réseau routier ne sert à rien.

Same old, same old,…

Ces soi-disant experts, qui n’ont probablement jamais conduit un camion de leur vie, basent leur raisonnement sur une théorie qu’ils appellent la “circulation induite”; Ils prétendent que l’ajout de capacité d’une route (ou d’un pont, d’un tunnel, etc.) incitent les usagers à négliger les transports en commun pour reprendre leur véhicule personnel, lors de leurs déplacements, ce qui fait que l’amélioration, au bout de quelques mois à peine, rend la situation pire qu’elle ne l’était avant les travaux.

L’idée, ici, est d’isoler les automobilistes, et de les culpabiliser, en prétendant que les bouchons de circulation, au bout de la ligne, sont strictement de leur faute. Je vais vous expliquer que la vérité est toute autre, et je vais le faire par un exemple.

Imaginons qu’une route ait été construite avec une capacité de 50,000 véhicules par jour. Avec le temps, c’est plutôt 120,000 véhicules par jour qu’elle supporte; il est donc normal qu’à certains moments de la journée, particulièrement aux heures de pointe, mais pas seulement, des bouchons de circulation se créent. Imaginons maintenant que le responsable de la route projette de faire des améliorations qui amènent la capacité de celle-ci à 90,000 véhicules par jour. Malgré une capacité de la route presque doublée, il n’en demeure pas moins qu’il y a toujours 30,000 véhicules de trop. Les bouchons seront peut-être moins longs, dureront peut-être moins longtemps, mais tôt ou tard, les bouchons seront à nouveau irritants pour tout le monde.

Posons la question; lors des dernières améliorations du réseau routier, ces experts ont-ils mesuré l’utilisation des transports en commun, afin de démontrer qu’il y a réellement eu transfert des utilisateurs des transports en commun vers les véhicules personnels? Dans l’article de madame Martin, aucune donnée ne vient démontrer les prétentions des experts interrogés. Et je ne me souviens pas d’avoir lu d’articles affichant de telles données. Bref, c’est comme on dit souvent; si ça existait, on le saurait.

Si l’on regarde l’augmentation de la population depuis, disons, les années 1960 jusqu’à aujourd’hui, on se rend rapidement compte que le réseau routier supérieur, en particulier, n’a jamais suivi la progression de la population; alors que les villes ont vu leur population se doubler, se tripler, voire davantage, les routes principales ont gardé, pour la plupart, la même capacité. La même nombre de voies, les mêmes distances couvertes, mais le nombre d’utilisateurs s’est multiplié. Le pont Samuel-de Champlain, entre Montréal et Brossard, en est le meilleur exemple. Résultat des courses; des bouchons de circulation récurrents, et des accidents qui surviennent de plus en plus souvent.

L’article parle d’un projet d’élargissement de l’A-20, et est complémentaire de cet autre article, aussi signé Stéphanie Martin, qui explique davantage le projet, dont les travaux devraient commencer dès 2026. Ces travaux ajouteraient une troisième voie sur environ 3,5 kilomètres, en direction ouest. On en profiterait pour ajuster la hauteur libre sous le pont d’étagement de l’avenue Taniata (route 275), question d’avoir suffisamment de dégagement sur les trois éventuelles voies de l’A-20. Le tout fait partie d’un projet d’élargissement d’une dizaine de kilomètres de la chaussée de l’autoroute, en direction ouest, projet désormais évalué à 101,3 millions de dollars.

Faisons quelques calculs, juste pour le fun. On parle d’un chantier de deux ans, pour ajouter 3,5 kilomètres de voie, dans une seule direction. Admettons que maintenant, on décide d’ajouter une troisième voie à l’A-20 sur toute la distance entre Montréal et Québec, ce dont nous aurions bien besoin. Pour les besoins de la cause, et pour simplifier les calculs, disons que le doublement s’étend entre l’échangeur de l’autoroute 30 (sortie 98), près de Sainte-Julie, et l’échangeur de l’autoroute 73 (sortie 312), à Lévis. Aussi, arrondissons le montant du projet de Lévis à 100M$, soit 10M$ du kilomètre. Il nous faudrait donc construire une nouvelle voie sur (312 – 98 =) 214 km, multiplié par 2, parce qu’il y a deux chaussées. Cela nous donnerait 428 kilomètres de ”troisième voie” à construire, à 10M$ du kilomètre, ce qui coûterait la modique somme de 4,28 milliards de $.

Comme il faudra deux ans pour accomplir 3,5 kilomètres de chaussée, on parle de 1,75 kilomètres par année. Donc, pour construire 428 kilomètres, à 1,75 kilomètres par année, il faudrait la bagatelle de 244 ans et 208 jours. Il est donc clair qu’aucun d’entre nous ne sera présent le jour de l’inauguration.

On blague avec ces chiffres, mais cela nous démontre que les travaux d’augmentation de la capacité du réseau routier n’ont jamais suivi l’augmentation du nombre d’utilisateurs de celui-ci. Aussi, devant ce constat, il est évident que les tenants de la théorie de la circulation induite veulent tout simplement privilégier leurs idées, au détriment des besoins réels de la société. Parce que les camions, qui approvisionnent autant les “magasins de proximité” que les grands magasins, n’utiliseront jamais les transports en commun, il faudra toujours des routes. À tout le moins, jusqu’au jour où la téléportation deviendra un moyen abordable de transport. Ce qui, avouons-le, n’est pas pour demain.

Histoire d’un Nord: …du bonbon

Au lieu de regarder la télé, comme tout le monde, je syntonise surtout le site YouTube (aussi parfois surnommé “télé-complotiste”, mais ça, c’est une autre histoire), et à travers tout ce que l’on peut trouver là-dessus, je suis tombé sur un canal très intéressant, à savoir le canal “Histoire d’un Nord”.

Créé par Philippe Aubry, qui se décrit comme “historien et camionneur”, on y retrouve des dizaines de capsules vidéo, dans lesquelles il parle tantôt d’une route, tantôt d’une municipalité, tantôt d’un site historique, bref, des capsules toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

En fait, j’en parle avec un brin de jalousie; j’aurais bien aimé que mon humble blogue ressemble à ces capsules, particulièrement celles portant sur les routes. Bon, il y a bien quelques trucs techniques à peaufiner ici et là, mais dans l’ensemble, c’est du bonbon! Pour quiconque apprécie les détails historiques, ce canal va sûrement vous parler.

Vous pouvez visionner l’ensemble de l’oeuvre de monsieur Aubry en cliquant sur le lien ici-présent; il vous conduira sur toute la panoplie de capsules vidéo qu’il a réalisé jusqu’à maintenant. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon visionnement.