Québec: Des élections avant les Fêtes?

L’économie est en banqueroute?  Le Québec perd des emplois par milliers?  Pas grave!  Rien de mieux qu’une bonne crise identitaire pour ramener les brebis égarées!  C’est ce que semble se dire le Parti québécois (PQ), ces jours-ci.  Ben mieux que ça; Jean-Marc Salvet, du Soleil, ne met même pas de point d’interrogation à la phrase!

Depuis l’élection du PQ, il y a maintenant un an, les sondages mettaient Pauline 1ère 1ère presque au même niveau que Jean Charest, à l’époque, en ce qui concerne la popularité du premier ministre.  D’un sondage à l’autre, le PQ descendait encore un peu plus, se retrouvant même, à un certain moment, à 11 points derrière les libéraux, dont le nouveau chef, Philippe Couillard, n’a pas mis les pieds dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale depuis sa nomination.  Il fallait faire quelque chose, et vite!  Pauline a alors mis en application la bonne vieille recette de Jacques Parizeau; la bonne petite crise identitaire!  Résultat; les sondages remettent le PQ en position plus prometteuse.

Jean-Marc Salvet va même jusqu’à dire que selon ses sources, l’élection partielle, dans la circonscription de Viau, là où Emmanuel Dubourg a démissionné pour se porter candidat du Parti libéral du Canada (PLC) à la succession de Denis Coderre, qui lui lorgne du côté de la mairie de Montréal, “est suspendu jusqu’à ce que Pauline Marois décide si elle convoquera ou pas l’ensemble des Québécois aux urnes en décembre”.  Il ajoute même qu’elle visiterait le lieutenant-gouverneur tout juste après les élections municipales du 3 novembre prochain, soit le, ou autour du, 6 novembre prochain, de façon à convoquer les québécois aux urnes pour le lundi 9 décembre.  Il déclare même que l’un de ses interlocuteurs avance que les chances d’élections sont de “8 sur 10”, et ce sans même qu’il ne lui pose la question!

L’auteur de l’article liste ensuite les arguments qui pourraient faire pencher la balance vers la retenue; l’écart entre libéraux et péquistes, même s’il se resserre, demeure présent.  Des révélations de témoins, devant la commission Charbonneau, pourraient nuire aux péquistes, même si les libéraux courent le même risque.  Sans compter qu’avant de sauter dans l’arène, le PQ devra être certain de rafler une majorité des sièges.  Bref, chez les stratèges péquistes, on semble soupeser le pour et le contre, et on aiguise les armes, en vue d’une bataille qui pourrait être imminente.

Salvet parle ensuite des annonces, déjà faites et à venir, dans les cartons du PQ.  D’abord les “grandes orientations”, comme il les appelle; le projet de loi 14, sur la langue française, et la charte des valeurs québécoises, ont déjà laissé des traces parmi les discussions.  Viendront ensuite trois nouvelles politiques, à être annoncées par le ministre des finances, Nicolas Marceau, portant sur l’industrie, sur le commerce extérieur, et sur la recherche.  Quant à la pluie de millions, un peu partout au Québec, qui précède normalement la tenue d’élections, elle est déjà commencée; investissements de 24,3 M$ en formation professionnelle; 1,2 M$ à Technicolor Canada; 4 M$ pour une nouvelle salle de spectacles à Sherbrooke; 6 M$ d’investissements en Gaspésie, et aux Îles-de-la-Madeleine.  Tout cela, c’est juste lundi dernier!  Le vendredi précédent, on annonçait le prolongement de la ligne verte du métro de Montréal, en plus du “Rendez-vous de la forêt québécoise”, qui se tiendra les 21 et 22 novembre prochain, dans le coin de Roberval, justement là où le chef libéral Philippe Couillard a décidé de se présenter, au prochain scrutin!

Bref, la table est mise pour des élections juste avant Noël!  Il est donc probable que Pauline attende les résultats des deux prochains sondages, afin de prendre sa décision.  Tout indique qu’une fois de plus, elle montrera que sa façon de gérer le Québec diffère très peu de celle de Jean Charest, qui a fait le même coup, en 2008; il dirigeait un gouvernement minoritaire, et a tenté sa chance, juste après une élection fédérale, et ce même s’il avait tout le Québec contre lui.  Il a passé “sur les fesses”, mais il a gagné son pari.

Pauline nous refera-t-elle le coup?

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2 réflexions sur “Québec: Des élections avant les Fêtes?

  1. Plus qu’à se demander si l’éviction de Maria Mourani du Bloc Québécois serait un futur boulet que le PQ devra trainer (ainsi que d’autres squelettes sortant du placard d’André Boisclair)? Quoique comme Johanne Marcotte a mentionné dans son blogue http://jomarcotte.wordpress.com/2013/09/23/gouvernance-marois-gouvernance-harper/ que Pauline Marois emprunte certaines stratégies de Stephen Harper.

    Je regardais aussi une récente caricature d’Ygreck http://ygreck.typepad.com/ygreck/2013/09/plan-de-match.html avec la stratégie marquée sur le tableau et ça me fait penser à une technique utilisé par l’ancien maire de Boston James Michael Curley appellé « The Curley Effect »(en français« l’effet Curley »), la méthode sera repris aussi par l’ancien maire de Détroit, Coleman A. Young pour garder le pouvoir (et la manière que Coleman A. Young a dirigé Détroit pendant qu’il était maire de 1974 à 1993, c’est tout dire. Bon le déclin a commencé bien avant; un article de Time magazine avait mentionné des signes de déclin dès 1961 mais le déclin de Détroit a accéléré en 3ème vitesse avec les émeutes de 1967 et en 4ème vitesse avec l’élection de Coleman A. Young).

    J’ai lu le texte de Lise Payette à propos de Pauline sur le site du Devoir, je crois que Lise vit dans un univers parallèle, j’ai plutôt l’impression que Pauline Marois est loin d’être Margaret Thatcher ou même Eva Perron…

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  2. Je profite de cette insomnie passagère pour vous répondre, mon cher Stéphane.

    Dans l’éventualité d’élections à court terme (avant Noël), je ne crois pas que Maria Mourani ne vienne jouer les trouble-fête. Après tout, elle a dit vouloir représenter ses électeurs jusqu’au scrutin fédéral de 2015.

    Quant à la stratégie péquiste, je ne sais pas si elle réussira; après tout, comme on dit que six mois, en politique, c’est une éternité, les 35 jours d’une éventuelle campagne électorale pourraient paraître bien longs! Parlez-en à Gilles Duceppe!

    En ce qui a trait à Lise Payette, son féminisme primaire transpire désormais de tout ce qu’elle écrit. Je vous parie un vieux « trente-sous », pour la forme, que si Pauline déclenche des élections anticipées, et qu’elle les perd, Lise Payette plaidera que Pauline les a perdues parce qu’elle est une femme, dans un monde d’hommes! Son féminisme l’aveugle tellement qu’elle refuse de voir que l’incompétence n’est pas que l’apanage des hommes.

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