Circulation: L’Abitibi est-elle mûre pour des autoroutes?

C’est en voyant cet article, sur le site web des hebdomadaires L’Écho Abitibien/Le Citoyen, que je me suis posé cette question.  Évidemment, je sais qu’une autoroute – une vraie – ne peut pas empêcher tous les accidents mortels de survenir, mais ça rend les déplacements nettement plus sécuritaires que sur une route à une seule chaussée.

Je suis donc allé consulter la carte des débits de circulation en Abitibi, que l’on peut voir dans l’Atlas des transports, sur le site du MTQ.  Bien que certains tronçons de la route 117 supportent suffisamment de circulation pour être transformés en autoroute, la visualisation de la carte m’a quelque peu refroidi dans mes intentions de “monter la 15” jusqu’au pays de Raoûl Duguay.  Je m’explique.

D’abord, les quatre principales villes de l’Abitibi, à savoir Val-d’Or, Rouyn-Noranda, Amos et La Sarre, sont disposées en carré, ce qui fait qu’on ne peut pas toutes les relier par une seule autoroute, à tout le moins si l’on tente de conserver le système de classification des routes du MTQ.  Le corridor le plus sollicité, l’axe Rouyn-Noranda — Val-d’Or étant est-ouest, il faudrait donc établir une autoroute à numéro pair, disons l’A-80, qui viendrait se raccorder à une éventuelle A-15 qui irait de Val-d’Or vers Amos.  On pourrait ajouter une autre autoroute, disons l’A-1, qui relierait Rouyn-Noranda à La Sarre puis, si les besoins s’en font sentir, compléter le carré par une A-84, entre La Sarre et Amos.

Ensuite, il faut préciser que la circulation en Abitibi est principalement locale; à part la route 117, en provenance de la réserve faunique de La Vérendrye, qui montre un débit journalier moyen annuel (DJMA) de 2210 véhicules par jour, et la route 101, vers Notre-Dame-du-Nord, et le Témiscamingue, qui affiche un DJMA de moins de 2000, toutes les routes qui conduisent en Abitibi, en provenance de l’extérieur, ont un DJMA sous les 500 véhicules par jour.  Même la route 117 vers l’Ontario n’en accueille que 450.  Nous sommes donc loin des 8000 véhicules par jour requis pour oser penser à une autoroute proprement dite.  De plus, comme il faudrait construire ces autoroutes dans des axes nouveaux, rien ne prouve que les utilisateurs du réseau routier délaisseraient les routes actuelles pour profiter de ces nouvelles infrastructures qui, le cas échéant, seraient tout simplement inutiles.

Autre point, les autoroutes de l’Abitibi composeraient un réseau qui, à l’instar de l’autoroute 70, au Saguenay, ne serait pas relié au reste du réseau autoroutier québécois.  Et rappelons qu’avec moins de 2500 véhicules par jour, une route 117 à chaussées séparées de Val-d’Or à Mont-Laurier n’est pas pour demain, même si elle fait désormais partie de la route Transcanadienne.

Conclusion; si l’on ajoute ce constat à celui des finances publiques québécoises, les abitibiens, bien qu’ils paient les mêmes impôts que tous les autres citoyens de la province, peuvent toujours rêver à des autoroutes modernes pour desservir leur territoire.  Espérons au moins que leurs routes actuelles ne soient pas trop abimées.

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4 réactions sur “Circulation: L’Abitibi est-elle mûre pour des autoroutes?

  1. En attendant une A-80, la route 117 pourrait être élargie en route divisée à 4 voies comme la 175 dans le Parc des Laurentides avec des tronçons en autoroute près des agglomérations importantes comme Rouyn-Noranda, Malartic et Val-d’Or. Et des échangeurs aux intersections les plus importantes comme dans certains états du Midwest américain avec exemple des routes comme US-20 et US-30 dans l’Iowa ou encore WS-29 dans le Wisconsin et plus près de chez nous, la route 117 au nord de Ste-Agathe-des-Monts qui continue en route à 4-voies avec des tronçons autoroutier à Mont-Tremblant dans le secteur St-Jovite (j’aurais mieux préféré un échangeur plutôt que les giratoires actuels), Labelle et Rivière-Rouge. (D’ailleurs, un article de décembre 2013 mentionnait un projet de route 117 à 4-voies divisées suivant un nouveau corridor au lieu du tracé actuel entre Labelle et Rivière-Rouge dans le secteur de L’Annonciation.)

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  2. En fait j’ai souvent parcouru l’Abitibi dans le cadre d’un précédent emploi, et effectivement, un prolongement de la 15 vers Val-d’Or serait totalement inutile. Entre les villes,parfois cela serait nécessaire, il y a de nombreux dépassements illégaux qui se font. Comme la 117 traverse déjà des villes/villages, il faudra faire des voies de contournement. Val-d’Or en a une depuis le début des années 1980, et Rouyn-Noranda aura la sienne (en construction en ce moment) d’ici 3 ans.

    Toutefois, peut-être que modifier légèrement le tracé dans quelques endroits pour éviter de traverser le coeur des villes pourrait être utile. Exemple, la 117 traverse Malartic en pleine ville. Amos n’a pas de voie de contournement en soit, mais les routes provinciales évitent le coeur du centre-ville.

    Je dirais que non, des autoroutes ne serviraient pas davantage le public. Mais par contre élargir la voie de contournement de Val-d’Or ne serait pas un luxe. Et les intersections sont des rond-points. Donc peut être que des échangeurs seraient davantage appropriés. Donc des voies de contournement de style autoroute peut-être, mais ailleurs non, davantage de voies de dépassement là peut-être.

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  3. Salut Richard

    Pour utiliser souvent la 117 entre Rouyn-Noranda, Val d’Or et Mont-Laurier je peux confirmer qu’une route à 4 voies est nécessaire.

    Une route très dangereuse ou tout le monde dépasse n’importe où et souvent de façon dangereuse.

    Je ne dis pas qu’il est nécessaire d’avoir une autoroute, mais une route à 4 voies serait beaucoup plus sécuritaire et rendrait les déplacements encore plus rapide

    Plus besoin de passer à travers Malartic ou Riviere-Heva , ça sauverait du temps et ça éviterait de passer à travers les villes et villages avec des matières dangereuses.

    Et puis sur la plupart du tracé les terrains sont disponibles, les poteaux électriques placé de façon à construire un autre 2 voies.

    Pour une fois qu’on pense aux régions et celle de l’Abitibi en aurait bien besoin!

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  4. Au début des années ’80, alors que j’étudiais en génie civil, j’ai fait deux stages au ministère des Transports à Rouyn-Noranda. Je me rappelle que lors de l’un de ces stages, j’étais tombé sur un plan de développement du réseau routier québécois datant de la fin des années ’60, début des années ’70. Dans l’esprit du grand élan d’optimisme et de modernisme de cette époque (un plan d’urbanisme de Rouyn-Noranda réalisé par le gouvernement à l’époque prévoyait 100 000 habitants pour la ville vers la fin du siècle…), le plan prévoyait une autoroute reliant Montréal à Rouyn-Noranda. Dans l’esprit plus pragmatique et les bourses serrées des années ’80, ce projet sera définitivement abandonné et remplacé par une modernisation de la route 117.

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