« Chaînons manquants » de l’A-40; les terrains appartiennent déjà au MTQ!

Depuis bientôt dix ans que je tiens ce blogue, il m’est arrivé régulièrement de parler de ce que j’appelle les “chaînons manquants” de l’autoroute 40, mais pour ceux qui ne savent toujours pas, précisons qu’il s’agit de deux sections prévues sur les plans de l’A-40, mais non encore construites; l’une au nord de la ville de Trois-Rivières (on fait actuellement passer l’A-40 sur l’ancienne A-755), l’autre à l’ouest de la ville de Québec (sur une section de l’A-440).

Or, depuis que je suis allé faire une recherche à la MRC locale, et que le technicien – qui m’a très bien servi – m’a informé de l’existence du site Infolot, du Ministère de l’énergie et des ressources naturelles (MERN), je m’amuse à tenter de voir les lots de terrains près des autoroutes du Québec, question de savoir si les terrains ont déjà été acquis par le Ministère des transports (MTQ) dans le but d’améliorer, ou de prolonger, une autoroute.  Or, si certaines acquisitions ne surprennent pas, comme le corridor de l’A-35 vers les USA, certaines sont rassurantes, par exemple les corridors de nos fameux chaînons manquants de l’A-40.

Du côté de Gatineau, le corridor Deschênes (lien entre l’ON-416 et l’A-50) et celui au nord de Gatineau (depuis l’actuelle A-50 vers l’ouest), à l’exception des terrains appartenant à la Commission de le capitale-nationale, sont propriété du MTQ.  Au Saguenay, le corridor de l’A-70 est propriété du MTQ depuis sa fin vers l’est jusqu’au chemin Saint-Anicet, aux portes de l’ancienne ville de La Baie.

Pour revenir à nos chaînons manquants, puisque l’on sait maintenant que le MTQ possède les corridors, on peut conclure que la non-construction de ces sections d’autoroute est due à des décisions politiques.  À Trois-Rivières, les entrées et sorties de l’agglomération deviennent de plus en plus compliquées, compte tenu du nombre de véhicules sur la route. Il en est de même à Québec.

Bon, on me dira que cela n’a rien à voir avec les bouchons de Montréal, mais c’est maintenant qu’il faut intervenir, justement pour éviter que la situation devienne comme celle de la métropole.  Et dans les deux cas, les travaux pourraient se faire, à part pour les extrémités, sans déranger la circulation.  En fait, on retire la circulation de transit pour la faire passer sur les nouveaux tronçons, ce qui libérera de l’espace pour ceux et celles qui doivent emprunter ces routes actuellement surchargées.

On peut toujours rêver que le ministre Laurent Lessard va s’enlever les deux pieds de la même bottine, et aller de l’avant avec ces deux projets.  Mais cela demeurera du rêve!

Péages sur les ponts de Montréal: Il y a un prérequis important!

Cela fera une semaine demain, un rapport était publié par la Commission de l’écofiscalité du Canada, un groupe de recherche indépendant regroupant des économistes de tout le pays, rapport qui proposait d’instaurer des péages sur tous les ponts conduisant à l’île de Montréal, et ce soi-disant dans le but de réduire la congestion routière dans la région métropolitaine.  Le quotidien La Presse le rapportait, sous la plume de Bruno Bisson.

Sauf et à soustraire qu’il y a tout un monde entre la théorie d’un rapport, et ce qui se passe sur le plancher des vaches.  Car si de telles mesures, implantées à Londres et à Stockholm, ont effectivement réduit la congestion routière dans les zones tarifées, qu’en est-il de l’économie locale de ces deux villes?  Les commerces locaux ont-ils vu une baisse, ou une hausse, de leur chiffre d’affaires?  Une telle mesure implantée à Montréal représenterait une mine d’or pour le Quartier Dix30, et tous les autres centres d’achats et “power centers” situés autour de Montréal, et ce pour la simple et bonne raison que les clients de l’extérieur de l’île vont désormais magasiner… à l’extérieur de l’île!  Montréal se plaindra alors d’une baisse de l’achalandage de ses commerces.  Un autre problème, c’est que les gens qui tentent leur chance avec les transports en commun regardent souvent passer des trains (ou des rames de métro, ou des bus) déjà remplis à capacité, et doivent attendre longtemps avant d’obtenir une place, ce qui les reconduit inévitablement vers leur voiture; puisqu’il faut attendre, autant le faire en tout confort!

Mais il y a un prérequis encore plus important que cela, si l’on veut instaurer un péage général autour de l’île de Montréal, et j’ai nommé une autoroute périphérique digne du nom.  Si l’on vient des Laurentides, par exemple, via l’autoroute 15, et que l’on veut se rendre à Salaberry-de-Valleyfield, la seule façon de faire, sans toucher l’île de Montréal, est de se taper le traversier d’Oka, ou encore un détour par Hawkesbury!  Et on pourrait donner de multiples exemples d’itinéraires pour lesquels les automobilistes n’ont pas d’autre choix que de passer par l’île de Montréal.  Si l’on veut réduire la congestion dans l’île, il faudrait d’abord faire en sorte que ceux qui n’ont pas affaire à Montréal puissent contourner l’île rapidement.  Et ça, même si c’est promis depuis le milieu des années 1950, ça n’existe pas encore!

Ainsi, une fois que le grand Montréal aura été ceinturé par une véritable autoroute périphérique, là, et seulement là, on pourra parler de péage sur tous les ponts menant à l’île de Montréal.

Québec en élections: Quel genre de premier ministre voulons-nous?

Hier soir (mercredi), j’ai eu une discussion très intéressante, sur Twitter (@levraiRichard3), avec Mat Vaillancourt (@MVLibertas).  Nous parlions de ce qu’il faudrait pour faire un vrai changement au Québec.  Je lui ai dit que pour y arriver, il fallait changer nos leaders politiques.

Regardons quelques chefs de partis qui ont le mieux réussi. Le record du meilleur taux de députation (pourcentage du total des sièges) appartient à Robert Bourassa, lors de l’élection générale de 1973, avec 92,7% (102 sièges sur 110).  Il est suivi de près par Lomer Gouin, à l’élection de 1916 (92,6% – 75 sur 81), puis à celle de 1919 (91,4% – 74 sur 81), alors que Simon-Napoléon Parent ferme le top 5 avec les scrutins de 1900 et de 1904 (les deux à 90,5% – 67 sur 74), tous des libéraux.  Si l’on s’en tient à la période après 1973, les deux meilleurs scores furent aussi établis par Robert Bourassa, soit en 1985 (79,2% – 99 sur 125) et en 1989 (73,6% – 92 sur 125).  Le parti québécois n’a jamais fait mieux qu’en 1981 (65,6%, 80 sièges sur 122), alors qu’il dépassait à peine son taux de 1976 (64,5% – 71 sur 110), dans les deux cas sous René Lévesque.

Depuis ce temps, les taux de députation, sur un total constant de 125 sièges, ont presque toujours baissé; en 1994, Jacques Parizeau a atteint 61,6% des sièges (77), puis Lucien Bouchard a suivi en 1998 avec 60,8% (76), tout comme Jean Charest l’a fait en 2003.  Ses scores suivants furent de 38,4% (48) en 2007, lors de son gouvernement minoritaire, puis a rebondi à 52,8% (66) l’année suivante.  Finalement, Pauline Marois a du se contenter d’un maigre 43,7% (54), lorsqu’elle a pris le pouvoir en 2012.

Que peut-on tirer de tous ces chiffres?  La première conclusion est que les plus grands leaders ont toujours obtenu les meilleurs résultats.  Et comment définit-on ces “plus grands leaders”?  Ce sont ceux dont la campagne électorale profitaient d’une machine bien rodée, évidemment, mais aussi qui savaient entraîner les électeurs à leur suite.  Par exemple, en 1973, la campagne de Robert Bourassa était portée par un simple slogan; “Bourassa construit”.  Avec le projet de la Baie James, la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) qui venait d’être instituée, et des autoroutes en construction presque partout, c’était clair que le slogan reflétait la situation du moment.  Lors de l’élection précédente, il avait pris le pouvoir avec 66,7% de la députation (72 sur 108), un score dans la moyenne du temps, en promettant 100,000 emplois, et la situation économique avait effectivement permis la création de dizaines de milliers de nouveaux postes.  Bref, il avait joint le geste à la parole.  Puisqu’il est question de parole, ceux qui ont connu Robert Bourassa savent qu’il ne sautait pas sur les tables, de par son enthousiasme, mais il avait le ton de voix rassurant qui fait que l’on voulait le suivre dans ses projets.

C’est ce qu’il faudra pour relancer le Québec, selon moi.  Un – ou une – leader qui ne fait pas que parler, mais qui agit, et rapidement, de façon à ce que les électeurs voient de leurs yeux des résultats tangibles.  Bien sûr, on me dira qu’il est beaucoup plus difficile d’agir rapidement aujourd’hui qu’il y a une quarantaine d’années, ce qui est loin d’être faux.  Mais il s’agit là d’un défi supplémentaire à relever pour un leader qui saurait bien jouer ses cartes, et prendre les bonnes décisions en temps et lieu.  Le problème, c’est que présentement, aucun chef de parti n’a l’étoffe de ce leader tant recherché.  Bien sûr, on me dira aussi qu’il est bien plus difficile qu’avant de dénicher un de ces leaders naturels que les tenants de l’entreprise privée s’arrachent à coups de millions en salaires, bénéfices marginaux, et bonis de toutes sortes.  Et ça, c’est notre défi à nous, les électeurs.  Il nous faut trouver un leader, peu importe où il se trouve, et trouver une recette pour le convaincre de sacrifier les grands salaires pour un temps – disons une vingtaine d’années, et de donner du service au Québec.

C’est clair que nous ne verrons pas ce leader au prochain scrutin provincial, qui s’en vient plus vite qu’on ne pourrait le croire.  Mais souhaitons-nous au moins de le dénicher d’ici l’élection suivante.

Reste-t-il encore des vieux panneaux bleus, sur les autoroutes, au Québec?

Parmi les divers outils de statistiques fournis par l’hébergeur de ce blogue, WordPress pour ne pas le nommer, il y a la liste des termes utilisés sur les différents engins de recherche (comme Google, entre autres) par les utilisateurs, termes qui permettent à ceux-ci d’aboutir sur les pages du Blogue.  Or, cet après-midi, parmi les principaux termes de recherche, il y avait “supersignalisation au Québec (vieux panneaux bleus)”.  Cela m’a donné l’idée de répertorier ces vestiges de l’époque de l’Office des autoroutes du Québec, vestiges qui sont toujours présents sur certaines anciennes autoroutes à péage.

Évidemment, comme mes moyens financiers sont quelque peu limités, ces temps-ci, je me suis pas lancé dans une tournée du Québec cet après-midi.  Je me suis plutôt servi d’un outil de plus en plus utilisé par les maniaques de routes, à savoir Google Street View, pour confirmer mes souvenirs de travail, alors que je livrais plein de gâteries dans les supermarchés du Québec.  Si les autoroutes 15 et 40 n’ont plus un seul de ces artéfacts, il en reste tout de même quelques-uns, principalement sur le site de deux échangeurs de l’autoroute 10, et un panneau que l’on pourrait qualifier d’oublié, sur la voie de service de l’autoroute 13 nord, à Laval.  Les voici!

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D’abord, vers l’est, juste avant de traverser le pont Michel-Chartrand (eh oui, le pont de l’A-10 traversant le canal de Chambly, et la rivière Richelieu, porte ce nom depuis le 20 mai dernier!), on voit le premier de deux panneaux bleus indiquant la sortie 29, conduisant à la route 133, en direction d’Iberville (maintenant une partie de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu), et de Richelieu.  La pose de Google Street View est éloignée parce que lors du passage du “Street View Car”, le pont sud était en reconstruction, et la circulation était déviée sur le pont nord.

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Voici le second panneau, de l’autre côté de la rivière, toujours en zone de travaux.

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En direction ouest, maintenant, le premier panneau,…

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…et le second.

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L’autre échangeur où l’on voit encore des panneaux bleus est la sortie 55, située juste au nord du village de l’Ange-Gardien, qui mène à la route 235, vers Saint-Paul-d’Abbotsford, Saint-Pie, et Farnham.  Voici le premier panneau, en direction est,…

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…et voici le second.  Comme vous pouvez le remarquer facilement, ces panneaux sont grandement affectés par l’usure du temps.

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En direction ouest, maintenant, le panneau annonciateur est à pas moins de 2,5 kilomètres de l’échangeur.

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Cette fois, c’est le panneau de sortie comme tel, que l’on voit d’assez près.  Sur celui-ci, comme sur le précédent, on constate que du camouflage a été effectué; l’espace entre “St-Paul-d’Abbotsford” et “Ange-Gardien” devait probablement indiquer Saint-Pie, à voir la longueur de la plaque bleue qui fut installée sur les panneaux.

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Nous complétons ici la série des panneaux bleus oubliés sur la voie de service de l’autoroute 13 nord, à la hauteur de la bretelle du boulevard Sainte-Rose.  Signe que le projet de l’A-13 était rempli d’optimisme, le panneau indique encore “Aéroport Mirabel”, alors que tous les panneaux actuels de l’A-13 nord indiquent “St-Eustache”.

Je répète que les images proviennent de Google Street View, et que depuis la prise de ces photos, certains – ou l’ensemble – de ces panneaux ont peut-être déjà été remplacés.  Quoique je ne crois qu’ils l’aient été.

Québec: Des élections avant les Fêtes?

L’économie est en banqueroute?  Le Québec perd des emplois par milliers?  Pas grave!  Rien de mieux qu’une bonne crise identitaire pour ramener les brebis égarées!  C’est ce que semble se dire le Parti québécois (PQ), ces jours-ci.  Ben mieux que ça; Jean-Marc Salvet, du Soleil, ne met même pas de point d’interrogation à la phrase!

Depuis l’élection du PQ, il y a maintenant un an, les sondages mettaient Pauline 1ère 1ère presque au même niveau que Jean Charest, à l’époque, en ce qui concerne la popularité du premier ministre.  D’un sondage à l’autre, le PQ descendait encore un peu plus, se retrouvant même, à un certain moment, à 11 points derrière les libéraux, dont le nouveau chef, Philippe Couillard, n’a pas mis les pieds dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale depuis sa nomination.  Il fallait faire quelque chose, et vite!  Pauline a alors mis en application la bonne vieille recette de Jacques Parizeau; la bonne petite crise identitaire!  Résultat; les sondages remettent le PQ en position plus prometteuse.

Jean-Marc Salvet va même jusqu’à dire que selon ses sources, l’élection partielle, dans la circonscription de Viau, là où Emmanuel Dubourg a démissionné pour se porter candidat du Parti libéral du Canada (PLC) à la succession de Denis Coderre, qui lui lorgne du côté de la mairie de Montréal, “est suspendu jusqu’à ce que Pauline Marois décide si elle convoquera ou pas l’ensemble des Québécois aux urnes en décembre”.  Il ajoute même qu’elle visiterait le lieutenant-gouverneur tout juste après les élections municipales du 3 novembre prochain, soit le, ou autour du, 6 novembre prochain, de façon à convoquer les québécois aux urnes pour le lundi 9 décembre.  Il déclare même que l’un de ses interlocuteurs avance que les chances d’élections sont de “8 sur 10”, et ce sans même qu’il ne lui pose la question!

L’auteur de l’article liste ensuite les arguments qui pourraient faire pencher la balance vers la retenue; l’écart entre libéraux et péquistes, même s’il se resserre, demeure présent.  Des révélations de témoins, devant la commission Charbonneau, pourraient nuire aux péquistes, même si les libéraux courent le même risque.  Sans compter qu’avant de sauter dans l’arène, le PQ devra être certain de rafler une majorité des sièges.  Bref, chez les stratèges péquistes, on semble soupeser le pour et le contre, et on aiguise les armes, en vue d’une bataille qui pourrait être imminente.

Salvet parle ensuite des annonces, déjà faites et à venir, dans les cartons du PQ.  D’abord les “grandes orientations”, comme il les appelle; le projet de loi 14, sur la langue française, et la charte des valeurs québécoises, ont déjà laissé des traces parmi les discussions.  Viendront ensuite trois nouvelles politiques, à être annoncées par le ministre des finances, Nicolas Marceau, portant sur l’industrie, sur le commerce extérieur, et sur la recherche.  Quant à la pluie de millions, un peu partout au Québec, qui précède normalement la tenue d’élections, elle est déjà commencée; investissements de 24,3 M$ en formation professionnelle; 1,2 M$ à Technicolor Canada; 4 M$ pour une nouvelle salle de spectacles à Sherbrooke; 6 M$ d’investissements en Gaspésie, et aux Îles-de-la-Madeleine.  Tout cela, c’est juste lundi dernier!  Le vendredi précédent, on annonçait le prolongement de la ligne verte du métro de Montréal, en plus du “Rendez-vous de la forêt québécoise”, qui se tiendra les 21 et 22 novembre prochain, dans le coin de Roberval, justement là où le chef libéral Philippe Couillard a décidé de se présenter, au prochain scrutin!

Bref, la table est mise pour des élections juste avant Noël!  Il est donc probable que Pauline attende les résultats des deux prochains sondages, afin de prendre sa décision.  Tout indique qu’une fois de plus, elle montrera que sa façon de gérer le Québec diffère très peu de celle de Jean Charest, qui a fait le même coup, en 2008; il dirigeait un gouvernement minoritaire, et a tenté sa chance, juste après une élection fédérale, et ce même s’il avait tout le Québec contre lui.  Il a passé “sur les fesses”, mais il a gagné son pari.

Pauline nous refera-t-elle le coup?

Route 158: À quand le retour de l’A-50, dans Lanaudière?

Le week-end dernier, la route 158 fut le théâtre d’un autre accident mortel.  Cette fois, ce fut tout près de la limite municipale de Saint-Lin–Laurentides, et de Saint-Esprit.  Deux voitures sont entrées en collision, dans une courbe, face à face.  En tout, quatre occupants, tous blessés.  L’un d’eux a succombé à ses blessures.

La route 158, entre Saint-Jérôme et Berthierville, a fait son lot de victimes, encore une fois, cette année.  On a beau améliorer une intersection ici, une courbe là, il reste que cette route demeure dangereuse, et ce autant dans sa conception que dans le volume de circulation qui s’y retrouve, d’année en année.  J’ai fait une petite recherche dans l’Atlas des transports, sur le site du MTQ, afin de comparer le débit journalier moyen annuel (DJMA) de chaque section de cette route.  Les résultats ont de quoi surprendre.

En cliquant sur cette carte, vous la verrez en plein écran.  Elle décortique la route 158 en 16 sections*, pour lesquelles des mesures de DJMA ont été effectuées entre 2000 et 2008.  Les sections sont numérotées, de Saint-Jérôme à Berthierville, et sont décrites sur la carte.  Les mesures de DJMA sont compilées sur le tableau suivant.

Dans un reportage de Martin Gauthier, de la SRC Ottawa-Gatineau, on pouvait entendre que le DJMA nécessaire pour construire une autoroute à chaussées séparées est de plus de 10,000 véhicules par jour.  Or, on se rend compte, en consultant le tableau précédent, que de nombreuses sections de la route 158 ont atteint, et dépassent les 10,000 véhicules par jour.  En fait, c’est le cas pour toutes les sections situées entre l’autoroute 25, à Saint-Esprit, et la route 131 nord, à Joliette.  Exactement le tronçon identifié aux couleurs de l’autoroute 50, au début des années 1980.  Le plus drôle, c’est que le MTQ possédait tous les terrains nécessaires pour doubler la route 158 actuelle, et en faire une vraie autoroute.  Croyez-le ou non, le MTQ les a vendus!

Quant aux sections situées entre l’A-15 et l’A-25, la question demeure entière; le fait que le tracé de l’A-50 ait été déplacé sur ce qui était l’autoroute d’accès à l’aéroport Montréal-Mirabel, cédée à Québec par le gouvernement fédéral, au début des années 1990, vient contrecarrer les plans originaux du MTQ, et les terrains qui avaient été achetés, le cas échéant, de part et d’autre de l’A-15, sont maintenant inutiles.  L’A-50 originale devait passer, selon les plans, à environ 6 kilomètres au sud de l’A-50 actuelle; elle devait contourner l’aéroport par le sud, se rattacher à un prolongement de l’A-13, et croiser l’A-15 à environ un kilomètre au nord du viaduc du chemin Notre-Dame.  Il faudra maintenant considérer une toute nouvelle emprise, entre l’A-15, et la courbe de la route 158, à Saint-Esprit, là où celle-ci s’aligne avec l’A-25 sud.  Je peux vous gager un “vieux trente-sous”, pour la forme, que ce n’est pas demain, la veille du jour où le MTQ se penchera sur cette question; le DJMA, depuis Saint-Lin–Laurentides, approche les 8000 véhicules par jour, en direction de Saint-Esprit, mais peine à atteindre les 6000, vers Sainte-Sophie, ce qui, aux yeux du MTQ, dans un cas comme dans l’autre, est nettement insuffisant pour construire une vraie autoroute.

Pourtant, la situation se prête très bien à une étude de circulation plus complète; le 21 septembre dernier, le MTQ convoquait le public à une rencontre d’information, sur un projet de voie de contournement du noyau urbain de la ville de Saint-Lin–Laurentides, un projet de quelques 7 kilomètres, dont l’appel d’offres, pour les travaux de construction, dans le meilleur des scénarios, serait publié à l’automne de 2013.  Le MTQ pourrait en profiter pour intégrer cette voie de contournement à une éventuelle emprise de l’A-50, à laquelle on pourrait prévoir un raccordement à une autoroute 19 prolongée.  L’occasion serait formidable pour réaliser un superbe projet où tous les besoins de déplacements seraient comblés pour longtemps.

La question qui tue; le MTQ profitera-t-il d’une telle occasion?

* La route 158 est divisée en 17 sections, sur la carte; la section en bleu pâle, à la hauteur de Saint-Antoine, n’a fait l’objet d’aucune mesure de DJMA, et ne fait donc pas partie des sections répertoriées dans le tableau.

Politique: On se fait crosser à deux mains!

En tant que personne appartenant au peuple, on se surprend toujours des nouvelles inventions du gouvernement, en termes de formules linguistiques, dans le but de nous faire avaler la pilule.  Merci à Twitter, je suis tombé sur une chronique de David Descôteaux, publiée sur son blogue, bien sûr, mais aussi dans le journal Métro.  Son texte s’appelle “Mensonges et subventions”.  Voici un extrait plutôt éloquent.

Chaque jour qui passe me rappelle à quel point le gouvernement nous prend pour des idiots – en jouant avec les mots.

Dans une récente chronique, je mentionnais que le gouvernement accorde maintenant des « prêts non remboursables » (ça ne s’invente pas!) à des entreprises. Traduction : vous « prêtez » des millions de vos impôts à IBM ou Warner Brothers, mais ces entreprises n’ont pas l’obligation de vous rembourser.

De qu’ossé?  Des “prêts non-remboursables”?

Vous en connaissez combien, des banques, qui vont vous avancer votre hypothèque sous forme de prêts non-remboursables, vous?  Moi, je n’en connais pas; si vous en connaissez, contactez-moi, ça presse!

Pour reprendre une expression jadis chère à Jean-Luc Mongrain, le gouvernement “prend les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages”!  Non, mais franchement; des prêts non-remboursables!  Ce n’est pas comme ça, que ça s’appelle; ça s’appelle des octrois, des subventions, des pots-de-vin, des bakchich, des rançons, des cadeaux, des retours d’ascenseur, mais PAS DES PRÊTS!  Un prêt, ça se rembourse!

Encore faut-il que nos gouvernements s’occupent de se faire rembourser.  Voici un autre extrait de l’article de David Descôteaux.

Mais il y a pire. Une étude du Frontier Centre, un centre de recherche de Winnipeg, révèle que même l’argent que vous donnez aux multinationales sous forme de prêts « remboursables »… n’est pas remboursé!

Depuis 1982, Industrie Canada a prêté plus de 18 milliards de vos impôts – l’équivalent de 360 000 années de dur labeur au salaire annuel de 50 000 $ – à des centaines d’entreprises. Celles-ci sont habituellement bien connectées politiquement, ou situées dans des comtés où le gouvernement veut acheter des votes. Rien de grave direz-vous. Ce sont des prêts. L’argent nous reviendra, non?

Non.

En 28 ans, les entreprises canadiennes ont remboursé seulement 1,9 milliard des 18 milliards prêtés – à peine 10 % du total. Gardons en tête que ces prêts sont souvent accordés sans intérêt. Nous sacrifions donc collectivement des millions de dollars que nous aurions pu gagner en investissant cet argent ailleurs.

Pire : comme notre gouvernement est endetté, il doit emprunter sur les marchés – à environ 4% – pour trouver cet argent. La facture totale pour les contribuables dépasse donc de loin les 18 milliards « prêtés ».

Qu’est-ce que vous en pensez, de celle-là?

Depuis 1982, c’est pas juste la faute à Harper, ça!  Pendant ce temps-là, on s’arrache les cheveux de la tête, et on déchire nos chemises, sur les questionnaires de recensement.  Bravo!

Quand est-ce qu’un gouvernement mettra l’honnêteté, dans l’article 1 de son programme?  J’ai bien peur que ce ne soit pas demain la veille!

En attendant, je vais tâcher de me dépomper…