Dumont va-t-il conviancre les péquistes?

La Presse canadienne nous rapporte que le chef de l’action démocratique du Québec, Mario Dumont, a déposé une motion de blâme envers le gouvernement de Jean Charest au sujet des commissions scolaires. Il a été inspiré en ce sens par le taux de participation très bas aux élections scolaires de dimanche dernier, et encouragé par l’appui unanime de son caucus.

Selon moi, notre girouette nationale s’énerve avec pas grand chose. Parce que tout d’abord Pauline 1ère ne le suivra pas dans ce sens, le parti québécois s’étant commis depuis qu’il existe dans la multiplication des structures décisionnelles de tout acabit. Il ne va sûrement pas défaire le gouvernement du vire-capot frisé d’Amérique dans le seul but d’en arriver à l’abolition de l’une de ces structures. Souvenons-nous qu’il a par ailleurs sauvé le gouvernement en y allant d’une stratégie humiliante, empreinte de lâcheté, lors du budget de l’été dernier. D’ailleurs, les réactions du leader en chambre du deuxième groupe d’opposition (avouez que ç’aurait été gênant pour les députés du parti québécois de se faire qualifier de membres d’un tiers parti), François Gendron, laissent croire que le PQ ne prend pas trop la motion de Dumont au sérieux.

Ensuite, parce que le PQ ne veut pas déclencher des élections qu’il serait certain de perdre. La flambée de popularité de Pauline 1ère a été quelque peu refroidie par le projet de loi 195, qu’elle défend bec et ongles depuis qu’elle l’a rendu public. Les seuls qui l’ont le moindrement soutenu, parmi la population, sont ceux qui ne sortent pas vraiment voter, donc qui ne permettraient pas au PQ d’engranger le nombre de votes nécessaire pour prendre le pouvoir. D’autant plus que le fossoyeur de chefs péquistes, Bernard Landry, est sorti contre le projet de loi de Pauline 1ère, et que malgré tout ce que l’on peut penser de lui, Landry a sa base de supporteurs.

Alors tout cela pour dire que je ne m’attends pas à aller voter avant le début de l’année 2008.

La loi de Pauline 1ère sur les tablettes

Il semble que le voeu de Pauline 1ère sur la teneur en français des nouveaux arrivants ne sera pas exaucé. Jean Charest a annoncé que le projet de loi 195 sur l’identité québécoise sera tabletté.

Bizarre que Pauline 1ère ait voulu rassembler les québécois dans le « nous » en exigeant des immigrants de passer un test sur leur capacité à parler et à comprendre le français au moment même où la commission Bouchard-Taylor se promène de ville en ville et prend toute la place dans les médias. Le passage à Trois-Rivières, à quelques minutes de voiture du célèbre symbole qu’est devenu le village d’Hérouxville, de la commission itinérante (quoique les deux co-présidents sont pourtant loins de l’être) a permis aux gens de voir les médias s’agglutiner encore une fois autour du conseiller municipal à l’origine du fameux code de vie local, André Drouin, qui a ainsi pu se donner en spectacle à nouveau. Loin de moi l’idée de mettre ici quelque jugement de valeur que ce soit, à tout le moins pour l’instant. J’ai des opinions bien arrêtées sur le sujet des accommodements raisonnables, et je les émettrai en temps et lieu.

Pendant ce temps, l’autre commission itinérante, celle de la ministre Marguerite Blais, sur les conditions de vie des personnes âgées, se déroule dans la plus totale indifférence. Était-ce un coup de stratégie des libéraux?