Limites de vitesse: La Colombie-Britannique part en hausse!

C’est apparu sur le site de Radio-Canada, et c’est aussitôt sorti sur Facebook!  Pour la première fois au Canada, une limite de vitesse dépasse je devrais dire redépasse – 110 kilomètres à l’heure; la Colombie-Britannique vient de relever la limite de vitesse de certaines de ses autoroutes à 120 km/h, parmi une panoplie de retouches à divers règlements de circulation.  Une telle mesure fait suite à des changements semblables, survenus chez nos voisins du Sud, entre autres en Idaho, au Wyoming et en Utah, où certaines limites sont passées à 80 milles à l’heure, soit environ 130 km/h, ou même 85 milles à l’heure (137 km/h) au Texas.

Évidemment, il ne s’agit pas de mesures généralisées, mais seulement appliquées à certaines sections d’autoroutes, dans des endroits bien précis.  En Colombie-Britannique, ce sont les routes 5 (Coquihalla), entre Hope et Kamloops, 97C (the Connector), et 19 (the Island Highway), entre Parksville et Campbell River.  Ce mouvement de hausse de certaines limites de vitesse fait suite à de nombreuses études qui démontrent que la hausse de la vitesse sur les routes entraînent le nombre d’accidents mortels… à la baisse!

Ces études démontrent que ce n’est pas la vitesse comme telle qui cause les décès sur les routes, mais plutôt la différence de vitesse entre deux objets impliqués dans un impact.  C’est pourquoi on installe des glissières d’acier, ou de béton, devant les objets fixes, comme les structures de signalisation surélevées, par exemple.  Et c’est aussi la raison pour laquelle il est très important de ne pas s’arrêter sur les voies carrossables d’une autoroute.  Même pour des canards!  En permettant à tous les véhicules de rouler plus vite, l’impact potentiel entre deux véhicules roulant dans la même direction, et à des vitesses semblables, ne sera pas plus fort, que la vitesse soit limitée à 100, ou à 120, voire même à 130 km/h.  Pour avoir moi-même roulé en Utah, sur l’Interstate 15, où la limite était de 80 milles à l’heure, je vous dirai que cette route n’est pas plus dangereuse que celles situées dans l’état de New York (65 mph/105 km/h), ou en Californie (70 mph/113 km/h), au contraire!

Évidemment, sur Facebook, plusieurs personnes ont sauté aux conclusions – à leurs propres conclusions, et ont grimpé dans les rideaux, disant que si une telle mesure venait à s’appliquer au Québec, nos autoroutes deviendraient de véritables hécatombes.  Et j’exagère à peine!  Il faut toutefois se rappeler de certaines choses, si l’on en venait à augmenter les limites de vitesse chez nous; de un, une limite de vitesse de 120, ou de 130 km/h, s’appliquerait sur certaines sections précises d’autoroutes – pas de super-2, là où la conception de la route, et la configuration des lieux le permettent, et non pas partout à la grandeur du territoire.  De deux, il conviendra de voter une loi – ou d’appliquer une loi existante – qui spécifie clairement que la voie de gauche ne doit servir qu’au dépassement seulement.  De trois, les statistiques de la Société de l’assurance-automobile du Québec (SAAQ) sur la mortalité routière au Québec fait état de baisses du nombre de morts sur les routes depuis plusieurs années, et ce même si cela fait une vingtaine d’années que la “tolérance zéro” n’est pas appliquée sur les autoroutes.

Bien entendu, ce que je dis là n’est que spéculation, car à mes yeux, ce n’est pas demain la veille du jour où l’on affichera une limite de vitesse de plus de 100 km/h au Québec.

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5 réflexions sur “Limites de vitesse: La Colombie-Britannique part en hausse!

  1. Oups, mauvais lien pour la vidéo originale, voici le bon vidéo, enfin j’espère…^_^;; quoique le précédent vidéo pourraient nous aider à nous remémorer certaines règles pour piétons. 😉

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  2. Merci pour les liens, Stéphane!

    J’ai jeté un oeil sur un bouquet d’articles – il y en avait sur une page et demie – dans le Journal de Montréal d’aujourd’hui, où l’on semblait dire que la chose ne se réaliserait pas au Québec, à tout le moins à court terme. À part l’habituel expert auto-proclamé, Jean-Marie deKoninck, qui se plaignait, on y plaidait entre autres que de rouler à 120 km/h coûtait plus cher, et ne faisait pas vraiment gagner de temps. Bon, il faut dire que l’exemple était calculé en conséquence de leur argument.

    Mais je vais te dire – et à tout le monde aussi – ce qui est la vraie raison, selon moi, et qui bien sûr n’était pas nommée dans les articles du Journal, pour laquelle on ne fera rien bouger, chez nous. Au Québec, les autoroutes (qui en passant sont une chasse gardée de la SQ), hors des secteurs urbains, sont limitées à 100 km/h, mais on y tolère allègrement 120, ce qui fait qu’en bout de ligne, les gens roulent en moyenne autour de 120 à 130 km/h. Or, quand un policier intercepte un véhicule qui roule, mettons à 132 km/h, le constat indique un dépassement de la limite de vitesse de l’ordre de 32 km/h, ce qui donne 135$ d’amende (à part les frais), et 3 points d’inaptitude.

    Si l’on fixait la limite à 120 km/h, les gens rouleraient, en moyenne, aux mêmes vitesses, si l’on se fie aux diverses expériences vécues ailleurs en Amérique du Nord, expériences qui sont bien expliquées dans la vidéo dont tu as mis le lien, c’est à dire autour de 120 à 130 km/h. Sauf que le constat du type intercepté à 132 km/h n’indiquerait qu’un dépassement de l’ordre de 12 km/h, ce qui serait beaucoup moins payant pour les coffres de l’état, avec seulement 35$ d’amende (à part les frais), et un seul point d’inaptitude.

    Cela revient à l’explication, aussi donnée dans la vidéo, quand le type dans la voiture dit qu’il ne paiera pas son ticket, alors que celle qui semble jouer sa conjointe veut plutôt le calmer. Les policiers de la SQ, en appliquant la loi actuelle en fonction de la tolérance non-écrite, sont donc malgré eux des extorqueurs de fonds.

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  3. Vous oubliez une chose importante : le pourquoi historique des 100 km/h.

    Il y a eu au cours des années 70 une importante crise du pétrole. Et il y a eu en cette même décennie le passage du système impérial au système SI métrique. Quel rapport y a-t-il entre les deux ? Une légère baisse de pratiquement toutes les limites de vitesse pour des questions non pas de sécurité, mais de consommation de pétrole. Et ce n’était pas qu’au Québec ou au Canada, mais dans bien des pays occidentaux, y compris aux États-Unis. La flambée des prix du pétrole a eu des effets désastreux sur l’économie des pays non producteurs et toute mesure visant à diminuer la consommation (y compris une réduction des limites de vitesse sur les routes et autoroutes) était envisagée et souvent mise en place.

    Avant la crise du pétrole et le passage au SI, les vitesses limites étaient au Québec de 30 mi/h dans les villes et villages, de 60 mi/h sur les routes nationales et de 70 mi/h sur les autoroutes à voies divisées. Le passage à 50, 90 et 100 km/h sur ces mêmes routes implique donc une diminution de la vitesse maximale.

    Le Québec a tout à gagner à diminuer sa consommation de pétrole. Cette trop grande consommation a toujours nui à son économie. Alors, si on relevait les limites de vitesse, c’est certain que la vitesse moyenne augmenterait et partant, la consommation – à moins que les gens demeurent sensibles au fait que la consommation augmente avec la vitesse, et ici, on observe qu’au moment d’une augmentation brutale du prix du pétrole à la pompe, on voit davantage de gens rouler plus lentement sur les autoroutes (l’effet ne dure pas longtemps, mais assez pour se faire sentir).

    Plusieurs années après cette importante crise du pétrole, il y a encore des pays dont l’économie reste sensible (le Québec est parmi eux). En Espagne au plus fort de la récente crise économique, on a temporairement réduit la vitesse maximale sur les routes et autoroutes afin de diminuer cette saignée qu’est la consommation de pétrole dans un pays non producteur.

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  4. Monsieur Richard, je voudrais d’abord préciser certaines choses, dans votre exposé.

    D’abord, la crise du pétrole fut le fruit d’un tas d’événements distincts, pas tous reliés entre eux, comme l’atteinte du pic de production américaine de pétrole, en 1971 (les USA étaient alors les premiers producteurs de pétrole au monde), la guerre du Kippour, en Israël, puis certaines décisions prises par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à cette époque. Les mesures visant à diminuer la consommation de pétrole qui furent prises chez nous le furent par effet d’entraînement davantage que pour réellement éviter la situation américaine; nos voisins du Sud furent beaucoup plus mal pris que nous, ayant à composer avec une rareté provoquée par l’OPEP, ce qui a entraîné un rationnement de l’essence à la grandeur du pays. Un système de drapeaux fut même instauré, dans les stations-service, afin d’informer les clients de la disponibilité du précieux liquide. Wikipédia en fait un bon exposé; c’est par ici.

    La situation actuelle est totalement différente. Le Canada étant lui-même producteur de pétrole, la consommation aide davantage l’économie qu’elle nuit à celle-ci, du moment que nous consommons du pétrole canadien. Les prix du pétrole brut ont retrouvé une certaine stabilité, somme toute relative, mais quand même, ce qui fait que les approvisionnements ne sont pas en danger, comme ce fut le cas dans les années 1970. Aussi, on peut regarder de plus près l’aspect de la sécurité routière lorsque vient le temps de fixer la limite de vitesse d’une route. C’est d’ailleurs ce que plusieurs juridictions ont fait ces derniers mois, augmentant les limites sur plusieurs tronçons de route, et diminuant la limite sur certains autres, ce qu’a fait la Colombie-Britannique, à l’instar d’autres états.

    Évidemment, les environnementalistes voudront toujours livrer une guerre au pétrole, mais l’histoire nous a démontré à plusieurs reprises que ces activistes n’ont pas le monopole de la raison, au contraire!

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