La route Saint-Donat — Mont-Tremblant: Le « monument » de Guy Chevrette

Le réseau TVA a fait un reportage « exclusif » sur une route « non-complétée » de 18 millions$, qui se termine en fait dans la municipalité de Lac-Supérieur, au lieu de se rendre directement à la station de ski Mont-Tremblant.

Route St-Donat–Tremblant

Cette route, c’est le cadeau qu’a fait Guy Chevrette aux développeurs et aux élus municipaux du nord de la région de Lanaudière à la fin de ses 25 ans et plus de carrière comme député de Joliette. Même si, dans le reportage de Charles Faribault, ceux-ci semblent contredire « Ti-Guy ». Dans le temps, parce que cela fera bientôt six ans que Chevrette a lancé la serviette (certains se souviendront de sa démission fracassante, ainsi que celle de son collègue Jacques Brassard, suite à une certaine démotion proposée par le nouveau chef du PQ de l’époque, Bernard Landry, ce que l’on pourrait considérer, dans le cas de Chevrette, comme l’ultime vengeance de l’intello de Saint-Jacques-de-Montcalm contre le petit gars de Saint-Côme), les élus municipaux de Saint-Donat quémandaient au gouvernement des « retombées économiques » du développement de la région voisine de Mont-Tremblant, et Ti-Guy leur a alors fourni cette route.

À mi-chemin entre St-Donat et Lac-Supérieur

À mi-chemin entre Saint-Donat et Lac-Supérieur.

Une voiture au sommet d’une pente

Tiens donc, une voiture!

Un passage dans le roc

Un passage ouvert dans le roc, photographié pendant que je roulais.

Une traverse de piétons au beau milieu du bois

Qui l’aurait cru, un passage pour piétons au beau milieu de la forêt!

Un autre passage dans le roc

Un autre passage dynamité à même les montagnes.

Retour à la civilisation…

Retour à la civilisation, dans la municipalité de Lac-Supérieur.

Malgré ce que peut dire Faribault dans son reportage, pour l’avoir utilisé moi-même plusieurs fois, cette route est bel et bien un lien direct entre Saint-Donat et Mont-Tremblant, puisque l’extrémité ouest de cette route donne sur le réseau routier existant de la région, à savoir le chemin Duplessis, qui se termine, quant à lui, à quelques mètres du « nouveau village », au pied des pentes de ski.

Le chemin Duplessis, avec, au loin, un pont en reconstruction

Le chemin Duplessis, à Lac-Supérieur. Au loin, le pont en reconstruction.

Un pont temporaire, de type Baileys

Un pont temporaire, de type Baileys, à Lac-Supérieur.

Le chemin Duplessis mène au chemin du Lac Tremblant Nord

Arrivée à Mont-Tremblant, chemin du Lac Tremblant Nord.

La fontaine du carrefour giratoire

La fontaine du carrefour giratoire, chemin du Lac Tremblant Nord et chemin Ryan, Mont-Tremblant.

À Saint-Donat, c’est facile de casser du sucre sur le dos de Guy Chevrette, surtout qu’une telle nouvelle permet de détourner l’attention des médias des indemnités de départ versées à l’ancien directeur général de la ville, Jean Robidoux. C’est à croire que l’administration publique a la mémoire courte, ou encore qu’elle ne connaît pas la théorie de la paille, dans l’oeil de l’autre, et de la poutre dans le sien. À moins que ce ne soit une mesure de diversion prise par les élus de Saint-Donat pour essayer de détourner l’attention des citoyens, et de dire que ce ne sont pas eux, les gaspilleurs? De toute façon, le reporage sur la fameuse route fait état, même si j’ai quelques doutes sur ce nombre, de 200 à 300 véhicules par jour – ça fait changement des bouchons de la Métropolitaine, pas vrai, Faribault? – sur cette route, et j’ajouterai que la raison de cette sous-utilisation est tout à fait facile à comprendre; comparativement à Mont-Tremblant, il n’y a vraiment pas grand chose à faire, à Saint-Donat. Alors pourquoi les gens de Mont-Tremblant iraient faire 40 kilomètres dans le bois pour aller ne rien foutre à Saint-Donat, alors qu’ils peuvent très bien faire la même chose chez eux?

Maintenant qu’ils ont la route, les élus de Saint-Donat maugréent sur le fait qu’elle représente de l’argent gaspillé, parce que l’argent des touristes n’entre pas au rythme voulu. Mais que font-ils, en fait, pour attirer les touristes?

Dumont va-t-il conviancre les péquistes?

La Presse canadienne nous rapporte que le chef de l’action démocratique du Québec, Mario Dumont, a déposé une motion de blâme envers le gouvernement de Jean Charest au sujet des commissions scolaires. Il a été inspiré en ce sens par le taux de participation très bas aux élections scolaires de dimanche dernier, et encouragé par l’appui unanime de son caucus.

Selon moi, notre girouette nationale s’énerve avec pas grand chose. Parce que tout d’abord Pauline 1ère ne le suivra pas dans ce sens, le parti québécois s’étant commis depuis qu’il existe dans la multiplication des structures décisionnelles de tout acabit. Il ne va sûrement pas défaire le gouvernement du vire-capot frisé d’Amérique dans le seul but d’en arriver à l’abolition de l’une de ces structures. Souvenons-nous qu’il a par ailleurs sauvé le gouvernement en y allant d’une stratégie humiliante, empreinte de lâcheté, lors du budget de l’été dernier. D’ailleurs, les réactions du leader en chambre du deuxième groupe d’opposition (avouez que ç’aurait été gênant pour les députés du parti québécois de se faire qualifier de membres d’un tiers parti), François Gendron, laissent croire que le PQ ne prend pas trop la motion de Dumont au sérieux.

Ensuite, parce que le PQ ne veut pas déclencher des élections qu’il serait certain de perdre. La flambée de popularité de Pauline 1ère a été quelque peu refroidie par le projet de loi 195, qu’elle défend bec et ongles depuis qu’elle l’a rendu public. Les seuls qui l’ont le moindrement soutenu, parmi la population, sont ceux qui ne sortent pas vraiment voter, donc qui ne permettraient pas au PQ d’engranger le nombre de votes nécessaire pour prendre le pouvoir. D’autant plus que le fossoyeur de chefs péquistes, Bernard Landry, est sorti contre le projet de loi de Pauline 1ère, et que malgré tout ce que l’on peut penser de lui, Landry a sa base de supporteurs.

Alors tout cela pour dire que je ne m’attends pas à aller voter avant le début de l’année 2008.