Avortement gratuit en clinique: Nouvelle méthode de contraception

Le site de nouvelles LCN rapporte que le gouvernement du Québec s’est conformé à un jugement de la Cour supérieure, lequel enjoignait le gouvernement à garantir la gratuité des avortements en clinique spécialisée, alors qu’auparavant, les femmes qui allaient dans de telles cliniques devaient débourser jusqu’à 400 dollars en frais de procédure. Le jugement faisait suite à un recours collectif de quelque 45,000 femmes qui, depuis 1999, ont dû payer de tels frais en clinique spécialisée pour se faire avorter. Les avortements, en CLSC ou dans les hôpitaux, ne demandaient quant à eux qu’une simple présentation de la carte d’assurance-maladie.

Dans cet autre cas, le gouvernement s’arrange encore pour s’occuper de femmes irresponsables qui préfèrent se faire avorter sur le bras des contribuables en cas de grossesse surprise plutôt que de prendre leurs responsabilités et de prendre la pilule, ou d’autres méthodes contraceptives. De là à déclarer que l’avortement est devenue, dans notre société distincte, une nouvelle méthode contraceptive, il n’y a qu’un pas, que le ministre de la santé, Philippe Couillard, ne fera certainement pas, de peur de provoquer l’opinion publique – et d’augmenter sensiblement le nombre d’avortements – mais que moi, je n’hésiterai pas une seconde à faire.

Pas parce que je refuse qu’une femme, financièrement défavorisée, victime d’une agression sexuelle, et qui se retrouve enceinte suite à cet acte, ne puisse pas se faire avorter gratuitement, ce que je trouve raisonnable, puisqu’il s’agit là d’un véritable cas de grossesse non-désirée, mais plutôt pour dénoncer encore une fois le fait que je paie – malgré moi – pour quelque chose que je ne veux pas. Pour dénoncer le fait qu’une femme qui gagne 100,000$ par année puisse aller se faire avorter dans une clinique spécialisée, tout simplement parce que le « timing » n’était pas bon pour qu’elle tombe enceinte, et que ce soit moi, qui gagne quatre fois moins, qui paie la note. Ce sont des exemples comme celui-là qui illustre le côté sale de l’universalité. Le problème, dans mon exemple, est-il dû au fait que la femme gagne 100,000$ par année? Pas du tout. Il est dû au fait que le gouvernement ait adopté une loi qui lui permette de le faire en toute légalité, au nom de l’universalité des soins. Il est là, le problème. Un système de santé comme le nôtre devrait fournir des soins essentiels à la vie, comme des traitements contre le cancer, pour lesquels les listes d’attente montrent des délais qui se chiffrent en mois, sinon en années, alors qu’une femme peut aller se faire avorter gratis.

Je serais curieux de connaître les délais d’attente pour un avortement. Ce n’est pas compliqué; il n’y en a pas! Parce qu’il existe des cliniques spécialisées en avortement, qu’une femme peut prendre rendez-vous, et aller se faire avorter sans engorger les salles d’urgence. Ça, c’est correct. Par contre, ouvrir une clinique spécialisée en traitement contre le cancer, où l’on peut prendre rendez-vous, et aller se faire traiter en payant de sa poche, c’est de la médecine à deux vitesses, pis ça, y faut pas! Alors pour éliminer la médecine à deux vitesses, on va mettre les avortements en clinique spécialisée gratis pour tout l’monde! Vive la liberté sexuelle! Pis si tu tombes enceinte, ma belle, c’pas grave, tu te feras avorter, c’est gratis!

Pis nous autres, les pauvres caves, on paie!

Oui, on paie! Parce que même si le gouvernement vous dit « Allez-y, c’est gratis! », dans les faits, ce n’est pas vraiment gratis. Il y a quelqu’un, quelque part, qui paie, et ce quelqu’un, c’est le contribuable, le payeur de taxes. Celui qui travaille, et qui paie des impôts, et qui en plus, si ses revenus sont suffisamment élevés, paiera une contribution supplémentaire pour le fonds des soins de santé. C’est à même ce fonds que le gouvernement paiera la clinique qui procédera à l’avortement.

À mes yeux, l’avortement ne devrait tout simplement pas être gratuit, ni en clinique spécialisée, ni en CLSC, ni en centre hospitalier. Sauf, évidemment, lors de cas très spécifiques, comme pour une femme victime de viol, ou encore si la grossesse met en danger la vie de la femme. Pas que je sois contre l’avortement; c’est une décision que seule la femme – et non pas le gouvernement – doit prendre, parce qu’elle aura à vivre avec sa décision, et avec les conséquences de celle-ci. Mais parce que la femme doit également composer avec les conséquences de ses propres gestes. Par exemple, si je m’achète une voiture, c’est à moi que revient la responsabilité de l’entretenir, et non pas à l’état. C’est pareil pour la femme; si elle prend la décision d’avoir des relations sexuelles, et qu’elle tombe enceinte suite à celles-ci, ce n’est pas à l’état d’assumer l’arrêt volontaire de sa grossesse. Elle doit agir de façon responsable, et assumer les conséquences de ses propres décisions.

Elle pourrait toujours se faire rembourser les frais de son avortement par le type avec qui elle a eu des relations sexuelles, mais ça, c’est une autre histoire.

MISE À JOUR – 20 janvier 2008, à 4h30

Le grand Charles, dans son blogue empreint de sarcasme, nous montre sur quoi il est tombé, du côté de la mère patrie. Pas vraiment mieux qu’ici, finalement. Même pire.

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13 réflexions sur “Avortement gratuit en clinique: Nouvelle méthode de contraception

  1. une relation sexuelle faite sans moyen de contraception n’est pas seulement la responsabilité de la femme, le gars là-dedans est autant responsable que la fille et la décision est prise à deux. La seule différence c’est que ce n’est pas lui qui porte le foetus

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  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi, Y-man, sur le fait que ce genre de décision se prend à deux. Ce que je dénonce, c’est le fait que la femme, quel que soit son revenu, qui se retrouve avec une grossesse non-désirée (parce que tu comprends comme moi que ce n’est pas tous les couples qui ont des relations sexuelles qui ont nécessairement l’intention de procréer), puisse aller se faire avorter sans aucun problème, et que ce soit toi et moi qui paie pour cela.

    Dans mon texte, je fais porter la responsabilité à la femme d’une part parce qu’il s’agit de son corps à elle, et d’autre part parce que ce sont toujours des groupes de femmes qui ont revendiqué le droit à l’avortement libre et gratuit. Si je n’ai aucun problème avec la liberté de l’acte, c’est au niveau de la gratuité, que je m’inscris en faux. Le fait que le gouvernement permette l’avortement gratuit risque de banaliser l’avortement en tant que tel, et d’en faire, comme je le disais dans mon billet, une nouvelle méthode contraceptive. Pour une personne vivant de l’aide sociale, par exemple, on pourrait même conclure qu’il revient moins cher de se faire avorter gratuitement en cas de malchance que de payer, même à tarif réduit, la pilule anticonceptionnelle à chaque mois.

    La gratuité des soins de santé, telle qu’on l’entend dans les lois qui nous régissent, devrait s’appliquer aux soins nécessaires à la vie, comme les traitements contre le cancer, ou les chirurgies qui permettent de soigner des gens malades, pour ne nommer que ces exemples. Quant à l’avortement, il ne s’agit pas d’un soin nécessaire à la vie, sauf dans le cas précis où la grossesse peut mettre en réel danger la vie même de la mère. Il s’agit donc, à mes yeux, d’une intervention tout à fait accessoire, pas plus utile à la vie qu’une augmentation mammaire ou une chirurgie esthétique (et par chirurgie esthétique, j’entends par là quelqu’un qui veut se faire remonter le visage, comparativement à une chirurgie reconstructive, suite par exemple à un accident). Pour de telles opérations, je crois que la personne devrait payer de sa poche, afin de préserver les fonds publics pour les soins nécessaires à la vie.

    Évidemment, si les deux personnes qui ont des relations sexuelles ensemble vivent en couple, il auraient tout à loisir de décider – et de payer – ensemble. Par contre, comme je le disais, la décision finale reviendra toujours à la femme, d’abord parce qu’il s’agit de son propre corps, et ensuite parce que le père biologique de l’enfant à naître ne devrait pas avoir le droit, à mes yeux, de forcer la mère à mener sa grossesse à terme.

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  3. je suis enceinte de 2 mois.. pendant 6 mois mon copain et moi avons fait l’amour sans protection en sachant tres bien ce qui allai se passer. moi jai déja une fille de 4 ans. mais lui na pas denfants. jai peur mais jimagine que cest normal. lui des fois il prefererai que javorte.

    mais je vous donne entierement raison ce nest pas au contribuable a payer !. jai voulu vous écrire sur une chose : les condom on les payes, la pilule on la paye, la patche on la paye pi lavortement c’est gratis !!! wtf ! ca pas d’allure .

    d’un coté jaimerais le garder pour que ma fille ne soit pas unique et du meme fait jaurai fonder ma famille. mais d’un autre j’ai peur mais au deuxime y parait cest normal d’avoir plus peur.. le pire c’est que je pourai meme pas vous dire pourquoi :/ . je vais aller consulter une interveante du clsc pour en discuter..

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  4. Le pourquoi de votre peur, Judith, c’est peut-être tout simplement de l’insécurité.

    Vous savez, depuis maintenant 4 ans, ce que représente la responsabilité d’avoir un enfant, quand le papa n’est plus dans le portrait, sur une base permanente; c’est sur vous que tout repose. Mais essayez de vous souvenir de la peur que vous aviez quand vous étiez enceinte de votre fille. Probablement que cette peur était reliée à l’inconnu; vous ne saviez pas comment cela allait se passer, et contrairement à du gardiennage, ce n’est pas une question de quelques heures, ou de quelques jours. C’est pas mal plus long, si je puis dire. Vous n’en parlez pas dans votre commentaire, mais je présume que ça va plutôt bien. Si c’est le cas, vous êtes à même de constater que même si la peur était normale, vous vous en sortez à merveille.

    C’est probablement ce qui va se produire, suite à la naissance de votre deuxième enfant. Il est évident que la « logistique », si je peux employer ce terme, sera différente, avec deux enfants. Mais je suis convaincu que si tout va pour le mieux, présentement, avec votre fille, la situation continuera d’aller comme sur des roulettes. Quant à votre copain, qui préférerait, par moments, que vous avortiez, il serait bon de discuter des raisons, derrière ses préférences; peut-être a-t-il seulement peur, lui aussi. Il vous voit aller avec votre fille, et peut-être se dit-il qu’il n’arrivera pas à vous suivre. Vous savez, peut-être trouvez-vous qu’il est fantastique, dans sa relation avec votre fille, pendant que lui, se dit que ce ne sera jamais pareil.

    Aussi, autant je trouve que c’est une excellente idée de consulter une intervenante, autant je suis aussi d’avis que ce serait bien que votre copain se joigne à vous, pour une consultation subséquente. Évidemment, il ne sera peut-être pas d’accord, à prime abord. C’est un gars, après tout. Mais après deux ou trois rencontres, que vous aurez avec votre intervenante, vous serez à même de lui témoigner du bien que cela vous apporte, et pourrez toujours lui demander de « venir avec vous, juste pour cette fois-ci », question qu’il puisse « voir comment ça se passe ». Par contre, un argument du genre « R’garde, on l’a fait à deux, on va y aller à deux! » risque de l’insécuriser davantage, et pourrait provoquer, comment dire, des « dérapages », pouvant même aller jusqu’à la rupture. Parce que même si c’est un gars, il peut avoir peur, et comme un homme parle peu de ce qu’il vit, à l’intérieur, une trop forte pression pourrait faire en sorte que la peur s’exprime par… la fuite, ce qui ne serait pas vraiment une bonne chose. Aussi, il est préférable de soumettre l’idée, comme ça, et de ne pas trop insister.

    Je vous souhaite, Judith, la meilleure des chances, pour la suite des choses, afin que tout continue à très bien aller.

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  5. hmm m’ouais mais la fille qui gagne 100,000$/année a paye des impôts aussi là. Ya pas juste toi qui paye, Richard, pour qu’une gang de pauvres filles se fassent dégrossir. La fille « riche » va payer assez d’impôts pour couvrir amplement les 400$ de frais d’avortement.

    Et pis la comparaison de l’entretien d’un char avec une grossesse… wow. Je sais que c’est une analogie et tout, mais c’est pas dans le plus réluisant. Un garagiste; un gynécologue. Un changement d’huile; un…ah pis jveux pas savoir.

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  6. Je veux bien croire que la fille qui gagne 100,000$ par année paie sa part d’impôts, et toute proportion gardée, sa part est probablement plus grande que la mienne. Mais le but n’est pas là, Phil.

    Qu’elle gagne 100,000$, 25,000$, ou encore 2 millions$ par année, je crois que ce n’est tout simplement pas à l’état de prendre en charge les avortements libres (où le mot « libre » veut dire suite à la seule décision de la mère, et dont la grossesse n’est pas la conséquence d’un viol, ni ne représente un risque pour sa vie). Si l’état ne paie pas la pilule anticonceptionnelle, les condoms, ou toute autre forme de contraception, pourquoi devrait-il payer pour l’avortement libre? La RAMQ devrait se contenter de payer pour les actes médicaux en rapport avec le maintien de la vie, et le maintien de la santé. Or, à mes yeux, un avortement libre, c’est la même chose qu’une augmentation mammaire, une greffe de cheveux, ou un « face lift »; c’est un acte médical d’accommodation, qui n’a rien à voir avec le maintien de la vie, ni avec le maintien de la santé.

    Quant à l’analogie entre la voiture de l’automobiliste, et le corps de la femme, elle n’a jamais été faite dans le but d’être reluisante, mais bien dans celui d’illustrer les responsabilités des individus. Je suis d’accord avec le fait que la femme soit la seule à avoir le droit de disposer de son propre corps comme elle l’entend, mais c’est également à elle seule, selon moi, à assumer la responsabilité – et les coûts – de ses propres décisions. Pas à l’état.

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  7. Heum… Vous critiquez le fait qu’il n’y ait pas de délais d’attente pour les avortements. C’est qu’après un certain nombre de semaines, l’avortement devient plus dangereux, et surtout plus moralement difficile, dû au fait que le foetus ressemble de plus en plus à un bébé… Et au fait, on fait quoi si le médecin donne un délais de 10 mois… Quand la gestation d’une femme dure 9 mois ?

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  8. Pourquoi l’état devrait payer pour l’avortement ? Tout simplement pour ne pas ouvrir la porte aux avortements clandestins.

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  9. Bienvenue dans mon blogue, Laurence.

    Je veux bien croire qu’après un certain nombre de semaines, l’avortement devient plus dangereux, et plus moralement difficile. Alors vous croyez que c’est préférable de le faire au plus tôt, alors que le foetus a l’air de rien? À mes yeux, l’un n’est pas plus moralement acceptable que l’autre. Et l’autre truc, que je trouve moralement inacceptable, c’est que les fonds publics consacrés à l’avortement ne soient plus disponibles pour financer des traitements contre le cancer; ils ont l’air de quoi, ces patients-là, après un trop grand nombre de semaines, sur une liste d’attente?

    D’autre part, si l’état doit payer les avortements dans le seul but de ne pas ouvrir la porte aux avortements clandestins, est-ce à croire que l’état devrait aussi fournir gratuitement le cannabis, et les autres drogues, afin de pouvoir compter sur un produit de qualité? L’avortement n’est pas une maladie; il est un geste médical, qui sert à interrompre une grossesse. Si la grossesse est due à une acte non-désiré, comme un viol, ou encore si elle met en danger la vie de la mère en devenir, l’état doit payer, puisqu’il s’agit des suites d’un crime, ou d’assistance à une personne en danger, selon la situation. Dans TOUS les autres cas, l’avortement met fin à une grossesse qui découle d’un geste consentant, et consenti, entre deux personnes, et à ce titre, ce n’est pas le devoir de l’état à payer pour leurs négligences, mais bien à eux seuls.

    Je ne crains pas les avortements clandestins parce que l’information circule, et que l’avortement n’est pas interdit par la loi; quiconque désire se faire avorter peut se rendre dans un CLSC, où l’on s’occupera de son cas. La clandestinité apparaît dans le seul but de contourner une interdiction, ou d’éviter un tabou, ce qui n’est plus le cas depuis longtemps, en ce qui concerne l’avortement. Quand il ne restera qu’à payer pour l’acte comme tel, une personne qui manque de sous pour n’importe quelle autre raison parvient toujours à s’arranger; je ne vois pas pourquoi cela serait différent dans le cas d’un avortement.

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  10. ma fille a 18 ans, bientôt 19. hélas, elle obliait souvent sa contraception. elle est enceinte de deux mois.ils veulent le garder. sauf que son copain n’est absolument pas responsable de ses comptes encore bien moins d’un bébé.il ne paye pas ses paiement auto,ni le téléphone il a de la misère à payer son loyer et acheter de la nourriture.c’est nous qui lui fournis nourriture et médicaments quand notre fille est malade. en plus elle a démissionnée de son emploie pour partir avec lui à Québec.elle aurait eu deux emplois dans le coin de lévis, mais vu qu.ils avaient des hommes qui travaillaient là.il lui a interdit d’aller travailler et ce trouvée autre chose.
    elle a passée un entrevue dans un magasin à rayon mais vu qu’elle avait placée dans le département homme. il s’est chicané avec pour qu.elle ne se présente pas Le Lundi matin comme prévue.alors, pour l’avortement je suis d’accord pour certain cas. pourquoi mettre un enfant et une jeune fille dans la misère comme bien les jeunes filles hélas.si vous lisez cela vous allez comprendre que des fois des enfants resteron toujours des enfants. et que la misère de certains petits être ne devrait pas en être ainsi.j’ai beau à lui dire de ne pas le garder par ce sera l’enfer…..

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  11. Bienvenue dans mon humble blogue, Michelle.

    Il ne faut pas tout voir en noir, vous savez. Les deux sont encore jeunes; votre fille aura bientôt 19 ans, et son copain semble avoir plus ou moins le même âge, alors la vie se chargera bien de leur donner des leçons. Par contre, peut-être que je mets mon nez là où je n’ai pas d’affaire, mais selon la description que vous m’en faites, le copain de votre fille me semble plutôt du genre manipulateur; il contrôle la recherche d’emploi de votre fille, l’éloigne de sa famille, etc. Je crois que le problème se situe davantage de ce côté. Et le fait qu’elle soit enceinte de lui augmente définitivement son emprise sur elle. Alors à voir la direction que les choses semblent prendre, j’espère que votre fille a gardé une très bonne communication avec vous, car ce sera là le seul lien qui restera entre vous et votre fille, et si le gars est vraiment manipulateur, il tentera probablement de le rompre, question de la priver d’une porte de sortie, et d’obtenir ainsi le contrôle total.

    Question, juste comme ça; si vous, ou d’autres personnes, parlez à votre fille de son copain, et de l’emprise qu’il a sur elle, ses réponses ressemblent-elles à des trucs du genre « Pourquoi vous voulez vous mêler de ma vie, c’est moi que ça regarde! » Si c’est le cas, c’est qu’elle ne voit tout simplement pas la spirale dans laquelle elle est embarquée, et qui risquera de la faire énormément souffrir, un jour ou l’autre. Et malheureusement pour tout le monde, il n’y a pas de remède miracle; il faudra attendre que votre fille se rende compte par elle-même de la situation dans laquelle elle se trouve, et à ce moment-là seulement, elle acceptera de se faire aider. C’est pourquoi j’insiste sur la très bonne communication, entre elle et vous. Car le jour où elle s’ouvrira les yeux, elle se demandera pourquoi elle n’a rien vu. Et ce jour-là, ce n’est pas de remontrances, qu’elle aura besoin, mais d’abord et surtout d’amour. De beaucoup d’amour.

    Et vous savez quoi? Il est très souvent difficile de pointer un coupable du doigt. Souvent, on se dit qu’on a failli, en tant que parent, quand on voit son enfant prendre une telle direction, et il existe une façon de savoir si vous y êtes pour quelque chose. Commencez par regarder la situation, dans son ensemble, et demandez-vous si vous avez fait quelque chose (action, geste, parole, etc.), en sachant que cela allait placer votre fille dans son problème actuel. Et à partir du moment où vous avez su que cela allait causer problème, avez-vous persisté? Si vous répondez non à l’une ou l’autre de ces deux questions, vous n’avez rien à vous reprocher. Votre fille a probablement subi des influences, comme nous en subissons tous, à un moment ou à un autre de nos vies. Et du côté de son copain, il n’est probablement pas né manipulateur, lui non plus; il ne fait probablement que reproduire ce qu’il a vu, et vécu depuis sa plus tendre enfance, à la maison ou ailleurs, et est devenu comme ça à la longue. Probablement que lui non plus, ne se voit pas aller comme il le fait, il le jour où il se rendra compte du mal qu’il fait, il le regrettera, et s’en voudra énormément.

    Vous savez, je ne suis pas contre l’avortement en tant que tel; du moment où la décision revient à la mère, et qu’elle la prend après y avoir bien réfléchi, où est le problème? Mon propos, dans le billet que j’ai écrit, c’est qu’en rendant l’avortement gratuit, les gens qui visent « l’avortement sur demande » penseront de la même façon que ce qui se passe pour votre fille et son copain, qui comptent sur votre appui pour remplir le frigo; ils savent que quelqu’un d’autre va payer, ce qui les encouragera à se déresponsabiliser.

    J’espère, en terminant, que tout se passera bien pour votre fille, et ce quelle que soit la décision qu’elle prendra.

    Bon courage, Michelle.

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  12. En faisant une recherche sur l’avortement je suis tombée sur votre billet. Je sais que je suis en retard et que peut-être jamais personne ne lira ce billet, mais j’ai été tellement révoltée par les propos qui y sont tenus que je ne peux m’empêcher d’y laisser un commentaire.

    « Le gouvernement paie pour limiter les avortements clandestins »
    Très juste, un avortement clandestin coûterait encore plus cher à l’état qu’un avortement en clinique spécialisée. De plus, vous savez tous comment sont les services à l’urgence et en hôpital, je comprends les femmes de vouloir se tourner vers les cliniques spécialisées où elle sont sûres qu’elles ne seront pas jugées. Personnellement, c’est le choix que je ferais, j’ai actuellement le statut d’étudiante et je me vois mal en charge d’un enfant. Malgré le fait que j’utilise une protection qui se dit sûre et fiable, on est jamais à l’abris d’un accident.

    « Je suis obligé de payer pour des irresponsables »
    Premièrement toutes les grossesses non désirées ne sont pas nécessairement irresponsables. 1 femme sur 100 qui prend la pilule pourrait tomber enceinte. Ça fait quand même beaucoup. Mais permettez moi d’ajouter, je suis obligée de payer pour des imbéciles, pas travaillant qui attendent leur chèque le premier du mois. Le bien-être social coûte hautement plus cher que l’avortement et pourtant, j’ai entendu personne ici en faire mention. Ce qui m’insurge ce sont les jeunes d’une vingtaine d’années qui sont « gelés » à longueur de journée, au début du mois avec du THC et à la fin avec des solvants (comme ceux contenus dans la colle) je suis étudiante mais je sais que sur mes impôts seront prélevés des montants faramineux pour permettre à une classe de fainéants de procrastiner au frais de la société. Je suis prête à payer bien des avortements, mais un lâche ça jamais et pourtant je le fais quand même.

    « L’avortement méthode de contraception »
    Certes, l’avortement sur demande pour reprendre vos mots pourrait devenir une méthode de contraception. Toutefois, trop d’avortement répétés pourraient avoir des effets néfastes sur la matrice et ainsi causer une stérilité. À mon avis, bien pris qui croyait prendre. L’avortement n’est pas une méthode de contraception, celle qui subit des avortements à répétition est clairement irresponsable, mais soyez rassuré, elle ne se reproduira pas!

    Je sais que j’ai des idées très arrêtées, mais je crois que les femmes libérées seront toutes en faveur d’un avortement accessible à toutes dans les meilleurs conditions possibles.
    Je n’ai aucune pitié pour les gens profitant du système sans scrupules, mais pour moi ce ne sont pas ces pauvres femmes, ce sont les gens en bonne santé bénéficiant de l’aide sociale.

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  13. Bienvenue dans mon humble blogue, Audrey.

    D’abord, il n’y a pas de « retard », dans mon blogue; tant que les commentaires sont ouverts, dans un sujet, ils sont les bienvenus.

    Je veux bien croire qu’un « accident » est toujours possible, malgré l’utilisation d’une méthode de contraception réputée comme étant très sûre, je demeure convaincu que de telles situations ne sont pas monnaie courante. Quant à savoir si les femmes seront jugées ou pas, les membres du personnel des CLSC et des hôpitaux se doivent d’agir comme des professionnels, puisqu’ils en sont; ainsi, le personnel n’a pas à porter de jugement envers les patientes, et s’il le fait, il risque de devoir faire face à une plainte, si la patiente se sent lésée.

    Parlons des irresponsables, maintenant. Je suis d’accord pour croire que les grossesses non-désirées ne sont pas toutes irresponsables; de nombreuses femmes qui se retrouvent dans cette situation prennent leurs responsabilités, avec ou sans leur conjoint, et font face à la musique. D’un autre côté, ce ne sont pas tous les assistés sociaux qui sont irresponsables non plus; si je n’en ai pas fait mention dans ce billet, je vous invite à lire les plus de 400 autres que j’ai écrits. Certains de ceux-ci vous permettra de connaître mon opinion devant le phénomène de l’aide sociale; moi aussi, je trouve que le nombre d’assistés sociaux aptes au travail est trop élevé. Au sujet des jeunes qui se « gèlent », il y en a beaucoup, oui, et ils sont loin d’être tous des assistés sociaux; beaucoup de « fils-à-papa » s’adonnent également à cette pratique. Et il n’y a pas que des gars.

    L’avortement sur demande est-il devenu une méthode de contraception parmi tant d’autres? En France, c’est le cas. Et je crains qu’au Québec, la situation se répète également; déjà, une grossesse sur trois, dans le grand Montréal, se termine par un avortement. Une sur trois! Personnellement, j’ai une nièce qui en est rendue à deux, et je suis loin d’approuver; mais que puis-je faire? C’est son corps, pas le mien, et comme on dit communément, elle est « majeure et vaccinée ». Si un jour, elle veut avoir un enfant, et qu’elle n’y arrive pas, elle n’aura qu’elle à blâmer!

    Je suis aussi en faveur d’un avortement accessible à toutes, dans les meilleures conditions possibles. Sauf qu’à mes yeux, « accessible » ne veut pas nécessairement dire « gratuit ». Il est vrai de dire que des gens sans scrupules profitent du système, qu’il s’agisse de femmes qui se font avorter « sur le bras », ou de personnes aptes au travail qui végètent sur l’aide sociale. Et je ne vois pas pourquoi l’une de ces deux catégories serait plus ou moins scrupuleuse que l’autre.

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