Réforme du mode de scrutin: Il y aura toujours des mécontents

Ce matin, je tombe sur un article de La Presse, signé Fanny Lévesque, et intitulé  “Réforme du mode de scrutin: pas de «prime au vainqueur», dit LeBel”.  On y raconte que dans la nouvelle loi qu’entend proposer la ministre de la Justice et des Institutions démocratiques, Sonia LeBel, l’attribution de 45 sièges aux régions, sur les 125 de l’Assemblée nationale, selon un calcul compensatoire, ne serait pas assez proportionnel, et favoriserait les grands partis.

C’est du moins ce que prétend le Mouvement Démocratie Nouvelle, le premier groupe à s’adresser, mercredi, à la Commission des institutions.  Louis Massicotte, professeur à la retraite, et spécialiste des modes de scrutin, abonde dans le même sens, toujours selon l’article.

Auprès des puristes de la démocratie, je m’excuse d’être bête, mais voici la vérité toute crue; notre système de scrutin actuel est, et de loin, le meilleur, démocratiquement parlant.  Et voici pourquoi.

D’abord, nos campagnes électorales doivent rester courtes; à 35 jours, plus ou moins, on a déjà hâte que ça se termine.  Alors imaginez si nous avions deux tours, comme en France, ou encore un système interminable de primaires, comme chez nos voisins du Sud, qui entraînent des campagnes électorales quasi-permanentes. Avec un système à un seul tour, ça demeure court.

Ensuite, ça doit rester simple; un électeur, un bulletin, un vote, et c’est tout.  Croyez-le ou non, le système actuel en est un directement proportionnel, mais à l’échelle de la circonscription; la personne qui recueille le plus de votes gagne. Point. Le problème, c’est que les tenants de la proportionnelle voudraient que le système soit proportionnel, mais à l’échelle de la province.  Avec un tel système, on évacue la personne, et on élit des partis. Les députés sont nommés, à partir de listes, comme cela se fait dans certains pays d’Europe. On se retrouve avec des bulletins de vote qui ressemblent à des anciennes cartes routières, tellement ils sont énormes, et ce au grand bonheur des imprimeurs.

Partout où il y a des systèmes dits proportionnels, le scrutin se situe quelque part entre les deux extrêmes; on garde des limites territoriales, donc des représentants locaux, puis on ajoute des listes de personnes qui sont nommées à la proportionnalité du vote global, et ce dans une proportion, et selon des règles, uniques à chaque système.  Il devient donc presque impossible d’élire un gouvernement majoritaire, qui a les coudées franches pour faire avancer la nation.  On se retrouve avec des coalitions plus ou moins solides, qui se font et se défont pour un oui ou pour un non, et avec lesquelles il faut six mois de débats pour acheter une boîte de crayons.

Pour revenir à l’article, on y mentionne finalement que Québec solidaire propose pas moins de 45% de femmes, sous peine d’amendes!  Pourquoi pas un pourcentage de pauvres, tant qu’à faire? Ou encore un nombre maximum d’avocats?  Un minimum de jeunes, de vieux, d’handicapés, d’itinérants?

On ne s’en sortira jamais!  Et il y aura toujours des mécontents.

Pitbulls: Les gouvernements n’attaquent pas le bon bout de la laisse

Lise Ravary, du Journal de Montréal, y est allée d’un court billet de blogue, intitulé “Un pitbull attaque des handicapées”, dans lequel elle termine en posant une question; “C’EST QUOI NOTRE PROBLÈME ?”, inscrit en majuscules dans son texte.

Notre problème, madame Ravary, c’est que nos autorités ne travaillent pas au bon bout de la laisse. Dans un monde idéal, au lieu d’interdire l’une ou l’autre des très nombreuses races de chiens, nos différents paliers de gouvernement devraient s’entendre sur une procédure unique d’enregistrement de tous les animaux de compagnie; qu’il s’agisse d’un chat, d’un chien, d’un canari ou d’un serpent, pas de différence, il doit être enregistré, et son propriétaire en est responsable.

À partir de là, s’il arrive quelque événement que ce soit qui met en cause ledit animal, son propriétaire doit répondre de ses actes, qu’il s’agisse des actes de l’animal (attaque sur autrui, nuisance chez un voisin), ou de ceux du propriétaire (dressage dans un but dangereux, ou illégal, ou simplement abandon de l’animal). Si le chat de monsieur X va faire ses besoins chez le voisin, monsieur X devra s’entendre avec le voisin, et s’arranger pour éviter que cela se reproduise.  Si madame Y abandonne son serpent à sonnettes lors de son déménagement et que celui-ci se faufile dans les murs de l’appartement, madame Y devra défrayer les coûts pour récupérer le serpent, et le nourrir jusqu’à ce que l’on en dispose. Si le chien de monsieur Z a attaqué à mort une personne, monsieur Z sera accusé d’homicide involontaire, et devra en répondre devant la Cour.  That’s it!

La même chose que pour la conduite avec les facultés affaiblies; c’est toi, avec ta bagnole, qui a tué, c’est toi qui doit répondre de tes actes.

Interdire une race spécifique de chiens ne fera que repousser le problème; avant les pitbulls, il y a eu les rottweiler, et avant, les doberman, et encore avant, les bergers allemands.  Pas nécessairement dans cet ordre, mais vous voyez certainement ce a quoi je veux en venir; si vous interdisez une race, on en dressera une autre, “on” incluant entre autres les propriétaires de chiens qui s’en servent comme “penis enhancer”, ou si vous préférez, pour appuyer leur masculinité.  Manière de dire “si je ne suis pas assez fort, mon chien va t’achever!”  On voit de ces types dans tous les festivals, au Québec.

Bref, si une loi rendait responsables les propriétaires d’animaux de compagnie, les gens y penseraient à deux fois avant d’aller s’en chercher un.

Évidemment, madame Ravary, ceci se passerait dans un monde idéal.  Mais malheureusement, nous ne vivons pas dans ce monde idéal.