Émeutes de la faim: Merci aux environnementalistes!

Nous savons que depuis quelques semaines, plusieurs pays, parmi les plus pauvres, sont aux prises avec des problèmes d’approvisionnement en denrées de base, plus particulièrement des céréales.  Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Khan, va même jusqu’à prétendre que la situation actuelle pourrait conduire à des risques de guerre.  Pendant que d’aucuns spéculent sur la suite des choses, dans ces pays, nous pouvons prendre le temps, de notre côté, de tenter de voir d’où origine cette crise alimentaire mondiale.

Vous souvenez-vous, il y a de cela quelques années, que des environnementalistes sommaient les gouvernements de prendre le virage vert, dans le domaine de l’énergie, et de privilégier la production massive d’éthanol?  On disait que ce carburant était moins polluant que l’essence conventionnelle, qu’il était tout aussi performant, et que l’utilisation du maïs allait donner des débouchés supplémentaires aux agriculteurs.  Bref, plein de beaux discours « verts », dans le but d’embarquer tout le monde dans cette galère.

Au Québec, une usine de production d’éthanol fut construite à Varennes, dans le comté de l’ancien premier ministre Bernard Landry.  Ce dossier avait causé toute une polémique, à l’époque, parce qu’à l’origine, ladite usine devait être construite dans le comté de Gilles Baril, soit dans la région de Berthierville!  À l’époque, tout ce qui prêchait par le vert disait que peu importe où l’usine serait construite, il fallait aller de l’avant, car on allait se faire damer le pion par l’Ontario.  L’usine fut fortement subventionnée par le gouvernement du parti québécois, qui annoncait qu’il faisait un pas dans la bonne direction.  Aux USA, les choses furent prises en main par les multiples coopératives agricoles, qui construisirent de nombreuses usines de production.  Là-bas aussi, le gouvernement subventionne la production; les subsides devraient atteindre quelque chose comme 8 milliards$ cette année.

Bref, d’un côté comme de l’autre de notre frontière, les agriculteurs ont intensifié la culture de maïs, mais pour le vendre aux différents producteurs d’éthanol.  Pour ce faire, ils ont réduit leur production d’autres céréales, afin de semer plus de terres en maïs.  Paradoxalement, malgré l’augmentation marquée de la production de maïs, celui-ci se trouva en quantité moindre sur les marchés alimentaires.  C’est évident que si le prix proposé par les producteurs d’éthanol était plus élevé que celui proposé par les producteurs alimentaires (merci aux subventions!), les agriculteurs ont vendu plus de maïs à l’industrie du carburant qu’à celle de la bouffe.  Ce qui devait arriver arriva; les céréales étant plus rares sur les marchés alimentaires, le prix de celles-ci a grimpé, atteignant des sommets inégalés.  Et devant de telles augmentations, les pays pauvres ne pouvaient plus acheter autant que par le passé, ce qui déboucha sur la crise actuelle.

Certains diront que ma théorie est simpliste, et que dans les faits, d’autres facteurs sont intervenus.  Je veux bien le croire.  Sauf que d’aucuns s’entendent pour dire que l’augmentation marquée de la production d’éthanol demeure l’un des principaux éléments de la crise alimentaire mondiale que nous connaissons maintenant.  Et selon vous, pour que les gouvernements, dont celui des USA, subventionnent généreusement la production d’éthanol, qui est allé frapper à leur porte?  Les pétrolières?

C’est là que je dis un gros merci aux environnementalistes.

Ce sont eux qui ont fait des pressions sur les gouvernements pour que l’éthanol remplace de plus en plus le pétrole dans les véhicules automoblies.  Ils ont fait des pressions pour aller de l’avant avec leurs théories (carburant plus propre, utilisation réduite du pétrole), mais ont fait fi des conséquences de leurs gestes.  Aujourd’hui, alors que l’on constate les ravages d’une telle politique, autant du côté du bilan environnemental, où l’on prend conscience que si l’éthanol polluait moins « sur papier », les résultats étaient beaucoup plus décevants « sur le terrain », que de celui de l’accroissement de la faim dans le monde, ces mêmes environnementalistes viennent brailler que les pauvres crèvent de faim parce que « les riches prennent tout le maïs pour faire rouler leur gros 4×4 énergivores« .  Ils se gardent bien de mentionner quelque implication de leur part, ces dernières années, dans le but de pousser les gouvernements à subventionner la production d’éthanol.

Maintenant, ces mêmes activistes se plaignent aussi que les gouvernements ne font pas assez pour soutenir une autre de leurs théories foireuses; le protocole de Kyoto.

Compte tenu de ce que je vois, dans les pays pauvres, suite à l’application de l’une de leurs théories foireuses, vous savez ce que je leur dis, moi, aux environnementalistes?

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10 réactions sur “Émeutes de la faim: Merci aux environnementalistes!

  1. Pourvu que l’éthanol cellulosique extrait à partir de déchets forestiers, agricoles ou d’autres plantes comme la panic érigé réhabiliteront l’éthanol. Au train que ça va, certains mettreront l’éthanol sur le même « piedestal » que l’amiante (là par contre, je pense que j’exagère pas mal fort).

    Je sais aussi que l’université de Sherbrooke va expérimenter aussi une autre technique par le biais de déchets ordinaires, on n’est pas loin du concept du « bioréacteur » « Mr.Fusion » dans le film « Retour vers le futur » qui remplaça le plutonium sans oublier d’autres compagnies se sont mis aussi dans la « course cellulosique » comme Coskata
    http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol41/n19/a_ethanol.html
    http://www.greentechmedia.com/articles/coskata-begins-building-demonstration-plant-778.html
    http://www.visiondurable.com/article-119410-Ethanol-Le-bois-et-les-matieres-residuelles-plutot-que-le-mais.html

    Au train que ça va, je me demande si on devrait renommer l’éthanol par un autre nom ou prendre un autre alcool comme le butanol? Je sais qu’il y a la voiture électrique mais pour construire des centrales hydro-électriques, on aura droit à un tollé de protestations si on sort le projet Grande-Baleine des boules-à-mites. Les éoliennes attirent les NIMBYS (pas dans ma cour) qui ne veulent pas voir de la pollution visuelle et pour ce qui est du nucléaire, la mémoire de Three Mile Island et Tchernobyl sans oublier le film « Le syndrôme chinois » reste encore bien présente… Pour l’hydrogène, il resterait surtout le problème de stockage à regler. Comme dirait le dicton: « pas moyen de faire des omelettes sans casser des oeufs ».

    Pour revenir à la crise de la faim, le blogue du Québecois libre a aussi un dossier sur le sujet http://www.leblogueduql.org/2008/04/la-crise-alimen.html ainsi que des billets dans le blogue Antagoniste http://www.antagoniste.net/?p=3228 http://www.antagoniste.net/?p=3215

    Et pour remplacer le moteur à combustion interne, peut-être il faudra sortir l’idée du moteur à turbine du classeur, Chrysler l’avait essayé dans les années 1960 http://www.leblogauto.com/2008/02/breve-rencontre-chrysler-turbine.html http://www.canadiandriver.com/articles/bv/chrysler_turbine.htm Mais à l’époque, la consommation du moteur à turbine était son plus gros désavantage. Plus récemment Jay Leno avait présenté au SEMA en 2006, un supercar avec un moteur à turbine qui marche au biodiesel, les progrès au fil des ans à peut-être palier certains inconviénents du moteur à turbine. http://news.caradisiac.com/Jay-Leno-s-Ecojet-supercar-a-turbine-Bio-Diesel-472

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  2. Les environnementalistes ne pouvaient en aucun cas prévoir les fluctuations du marché. C’est tout simplement ridicule ce que vous dites. Au moins, ils ont essayé de régler un problème. Contrairement à tous ceux qui ne font pas attention à l’environnement et qui en créent en ne réglant rien. Je dois avouer que vous jouez très bien avec les mots. Par contre, il faut être des moins informés pour croire à vos niaiseries. Lâchez l’honnêteté et informez-vous! Comme si tous les mots du monde étaient de la faute aux environnementalistes.

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  3. @ Stéphane Dumas: Merci pour tous ces liens. Le problème avec l’éthanol, qu’il soit cellulosique ou extrait du maïs, est qu’il requiert beaucoup d’énergie pour sa transformation. Par contre, le fait de le produire à partir de déchets forestiers ou agricoles (même s’il entraînera d’autres rejets polluants, soit ceux des camions transportant ces déchets, en plus de l’énergie supplémentaire requise pour extraire l’éthanol, dû au fait que ces déchets donnent moins de rendement que le maïs, ce qui jouera, globalement, dans le bilan environnemental) aura au moins le bénéfice de réaffecter les récoltes de maïs vers les marchés alimentaires.

    @ Myriam: En quoi les environnementalistes ne pouvaient-ils pas prévoir les fluctuations du marché, dites-moi? En faisant pression sur les gouvernements afin que ceux-ci subventionnent la production d’éthanol, ils devaient bien se douter que le maïs, nécessaire à la production de l’éthanol, n’allait pas tomber du ciel, mais qu’il allait pousser dans les champs. Grâce aux subventions, les producteurs d’éthanol pouvaient offrir un meilleur prix aux agriculteurs que les producteurs alimentaires, ce qui a entraîné les fermiers à vendre leurs récoltes aux producteurs d’éthanol, privant ainsi les marchés alimentaires de céréales. Donc, de par leurs pressions sur les gouvernements, les environnementalistes ne se sont pas contentés de ne pas prévoir les fluctuations du marché; ils les ont carrément provoquées!

    Ceci est un bel exemple d’une théorie qui est excellente “sur papier”, mais qui demeure foireuse lorsque mise en application. D’ailleurs, la très grande majorité des théories environnementalistes ne passeraient pas une épreuve toute simple, soit celle du pamphlet de Frédéric Bastiat, intitulé “Ce qu’on voit, et ce qu’on ne voit pas”. Ce que je veux dire, c’est que la pseudo-réduction de la pollution promise par les environnementalistes, avec le remplacement de l’essence par l’éthanol, était ce qu’on voit, alors que la crise alimentaire mondiale faisait définitivement partie de ce qu’on ne voit pas. Ou à tout le moins ce que les environnementalistes ont refusé de voir. Parce que même si ceux-ci ont délibérément caché cet aspect de l’affaire aux politiciens, le monde entier en prend les conséquences en pleine gueule, aujourd’hui. Nous sommes chanceux, ici, dans des pays riches, comme le Canada, puisque nous pouvons nous payer les produits alimentaires malgré les augmentations. Ce n’est malheureusement pas le cas partout.

    Et c’est sur ce même fond de théories foireuses que les environnementalistes tentent d’entraîner le monde. Myriam, la prochaine fois que vous verrez – ou entendrez – des environnementalistes qui voudront essayer de régler un problème, comme vous dites, rendez-nous service; dites-leur de cesser de jouer avec la paix dans le monde, s’il vous plaît.

    D’un autre côté, il est hors de question que je lâche l’honnêteté! Je fais de l’honnêteté mon point d’honneur, et je ne vais pas cesser parce que vous croyez que je ne suis pas informé. L’information est une chose, et la désinformation en est une autre. Je ne suis pas convaincu que ce que véhiculent les activistes de par le monde soit réellement de l’information; je serais plutôt porté à dire que cela s’approche davantage de la propagande. Mais bon, il s’agit seulement de mon point de vue…

    Pour terminer, ma chère Myriam, je n’ai jamais dit que tous les maux du monde étaient de la faute des environnementalistes. Par contre, avouez que ce serait la moindre des choses qu’ils avouent leurs torts, et prennent la responsabilité des maux qu’ils ont eux-même causé. Quant à vous, si vous êtes envoûtée par les gourous de l’environnement, ça vous appartient, mais moi, je refuse de marcher dans cette galère! Désolé!

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  4. j’ai trouvé d’autres liens menant à divers articles ainsi que des entrées de Wikipédia sur le panic érigé et des « biocarburants » (que certains appellent « agrocarburant ») de 2ème génération. Le panic érigé aurait été un meilleur cheval à parier que le maïs
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Panicum_virgatum
    http://www.lavoieagricole.ca/content/fullnews.cfm?newsid=5151
    http://www.mapaq.gouv.qc.ca/Fr/Regions/chaudiereappalaches/journalvisionagricole/2005decembre/panic.htm
    http://www.hebdos.net/lsv/edition182006/articles.asp?article_id=128133
    http://www.laterre.ca/?action=detailNouvelle&menu=9&section=editionCourante&idArticle=3961
    http://www.lavoieagricole.ca/content/fullnews.cfm?newsid=5961
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Biocarburant#Les_fili.C3.A8res_de_deuxi.C3.A8me_g.C3.A9n.C3.A9ration

    et question de rire à se dilater la rate le temps de quelques secondes 😉 des extraits de la BD Gaston Lagaffe qui convertit sa voiture au gazogène

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  5. @ Stéphane Dumas: Un autre problème demeure, avec les biocarburants (en passant, pourquoi commence-t-on à remplacer ce mot par “agrocarburant”, sinon pour tenter de retirer à l’éthanol l’étiquette “bio”, chère aux environnementalistes, et refiler l’odieux de l’opération aux agriculteurs?), et c’est celui-ci; que ce soit du maïs, ou du panic érigé, il faudra bien le semer quelque part. Les terres utilisées pour produire du carburant ne produiront toujours pas d’aliments, ce qui risque de faire perdurer la crise alimentaire. D’un autre côté, si l’on détruit des forêts pour obtenir plus de terres agricoles, comme c’est le cas en Afrique, ou en Indonésie, c’est le “poumon de la terre” qui rapetissera encore.

    C’est pourquoi cette quête à l’éthanol demeure donc, à mes yeux, un plan foireux des environnementalistes. Et à l’image des antimondialistes, curieusement devenus des “altermondialistes”, après s’être rendus compte par eux-mêmes que la mondialisation avait plus de bon que de mauvais, les environnementalistes refusent d’être honnêtes, et de prendre leur part de responsabilité dans ce plan foireux.

    Par contre, c’est davantage la hausse marquée du prix de l’essence à la pompe qui risque de botter les fesses des chercheurs, afin de les amener à découvrir des façons de produire des véhicules à carburants vraiment alternatifs, comme l’hydrogène, à des prix plus abordables, ce qui entraînerait un commencement de relâche sur la demande mondiale de pétrole. En fait, il faudrait faire concorder cette possibilité avec l’émergence de plus en plus évidente de pays comme la Chine, l’Inde et le Pakistan, trois pays qui entraînent déjà à la hausse la demande pétrolière mondiale.

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  6. Non Myriam…

    Tous les maux du monde ne sont pas la faute des environnementistes, vous avez raison. Il y a encore quelques points qu’ils ont « oublié » à ce jour… mais parions qu’on y viendra!!!!

    En fait, ce commentaire tient plus de la blague qu’autre chose, bien entendu !!

    Mais un fait demeure cependant…

    Certes, les environnementalistes proposent des solutions à divers problèmes. Nous en sommes tous très conscients et personne n’est contre la vertu.

    Par contre, il est clair également, et avec preuves à l’appui qui plus est (i.e. les conséquences visibles des solutions proposées) que lesdites solutions proposées sont étudiées de façon incomplète, que l’on ne tient pas compte (volontairement ou non) de plusieurs facteurs importants et c’est là où le bas blesse je pense…

    Lorsque les environnementalistes agiront « vraiment » pour le bien de la planète, de l’environnement… sans tenir compte des « lobbys », des « intérêts » de quelques « privilégiés »… en un mot, que leurs « solutions » seront totalement désintéressées et étudiées avec sérieux et profondeur (au-delà de la simple surface)… que tout ceci sera plus qu’une « belle image dans notre société irresponsable »… Alors oui, on pourra dire que les environnemetalistes ne sont pas responsables de tous les maux de la planète…

    Mais quand le remède est parfois pire que le mal, on doit savoir prendre suffisamment de « recul » pour ne pas se limiter au remède le plus facile et en chercher un qui soit plus efficace!!!!!

    Parions que je fais aussi partie des gens « mal informés », n’est-ce pas???

    M

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  7. @Richard: la raison de l’origine du terme « agrocarburant » (que même Ekopédia, un wiki version écolo de Wikipédia a même repris http://fr.ekopedia.org/Agrocarburant), j’ai trouvé l’explication sur l’entrée Wikipedia que je poste un extrait http://fr.wikipedia.org/wiki/Biocarburant#D.C3.A9nomination

    <>

    Et pour l’hydrogène, j’ai trouvé des liens de concept-cars qui utilisent soit le moteur à cycle Otto ou le rotatif Wankel qui peuvent être ravitaillé en hydrogène et BMW commence à distribuer des Séries 7 qui fonctionnent à peu près de la même manière.
    http://www.moteurnature.com/actu/2004/ford_focus_cmax_hydrogene.php
    http://www.moteurnature.com/actu/2003/rx8.php
    http://www.greencar.com/features/trifuelpickup/
    http://en.wikipedia.org/wiki/BMW_Hydrogen_7

    et j’ai hâte de voir tes prochaines photos de l’autoroute 25 😉

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  8. Encore une fois Richard, bravo pour votre bon travail 🙂

    J’abonde dans le même sens que vous. Oui, les environnementalistes font un bon travail quand vient le tempos d’éveiller la population aux danger de la pollution, mais tout comme les syndicats, ils ne devrait pas se mêler de politique. Ils (syndicats et écolons)font de plus en plus de lobbyisme alors qu’ils reprochent la même chose aux compagnies.

    Comme le disait M. Dumas au commentaire #1 : Pas moyens de faire d’omelette sans cassé d’œufs. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients.

    Patrice

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