Motion pour l’élargissement de l’A-50 adoptée à l’Assemblée nationale; et les autres?

C’est sorti hier sur le fil des actualités d’ICI (la SRC) Ottawa-Gatineau; une motion en faveur de l’élargissement de l’autoroute 50, déposée par le député péquiste de Verchères, Stéphane Bergeron, vient d’être adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale.  Elle vise à faire pression sur le gouvernement, et son ministre des Transports, Laurent Lessard, afin de faire de l’A-50 une autoroute en bonne et due forme.

Ma question à l’ensemble des députés; et les autres autoroutes en super-2, elles ne sont pas dangereuses?  Pourquoi l’A-50, et pas les autres?  Pourquoi pas l’A-55, entre les autoroutes 30 et 20, où le nombre de morts continue annuellement d’augmenter, là aussi?  Il reste de moins en moins de ces super-2; pourquoi ne pas en profiter pour les compléter, elles aussi, et les rendre sécuritaires?

Par contre, il y a d’autres routes, qui ne sont pas (ou ne sont plus) identifiées comme autoroutes, mais qui auraient besoin du même traitement.  On a qu’à penser à la route 158, entre Saint-Esprit et Joliette, pour ne nommer que celle-là; elle était identifiée comme étant un tronçon de l’A-50, dans les années 1980, puis ces panneaux furent retirés.

C’est là que l’on voit la différence du rapport de force des députés d’une région; les députés de l’Outaouais ont fait une sortie publique, le député de Verchères a saisi la balle au bond, et la motion a été adoptée.  Les députés du Centre-du-Québec, ou ceux de la région de Lanaudière, savent maintenant quoi faire; s’ils font aussi adopter des motions pour le réseau routier de leur région, le gouvernement devra se surveiller au niveau de ses engagements, sinon on pourra leur taper sur les doigts.  La question qu’il faut se poser, c’est “Vont-ils agir?”

Loi 3 adoptée: Les syndicats finiront-ils par comprendre?

Le site web de la Société Radio-Canada nous rapporte que le premier coup de barre à être imposé aux syndicats du secteur public par le gouvernement de Philippe Couillard, à savoir la loi 3, concernant les fonds de retraite des employés municipaux, a finalement été adoptée aujourd’hui lors d’un vote à l’Assemblée nationale du Québec, avec 85 votes pour (PLQ, CAQ), et 28 contre (PQ, QS).  De son côté, le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, a promis de poursuivre la pression, en plus de contester la nouvelle loi devant les tribunaux.

Ce qui m’épate, de la réaction de monsieur Ranger, c’est cette citation contenue dans un article de Tommy Chouinard, de La Presse.  Le journaliste mentionne la phrase suivante, dans son article; “Selon lui, « l’opinion publique va finir par s’apercevoir » que les employés municipaux se font « voler » leurs conditions de travail négociées.”, phrase dans laquelle on comprend bien sûr que “lui” représente Marc Ranger, et que les passages «entre guillemets» sont des termes utilisés par Ranger lui-même.

Ce que monsieur Ranger ne semble pas comprendre, c’est que la majorité de la population a tout a fait compris que lesdites conditions de travail négociées le furent pratiquement à la pointe du couteau, et que les villes ont plus ou moins signé ces conditions à reculons.  D’un autre côté, il ne semble pas comprendre non plus que la majorité de la population a également compris que lorsque les conditions changent, il faut parfois renégocier des conventions déjà signées qui deviennent trop lourdes à supporter; cela se voit couramment dans le secteur privé.  La majorité de la population sait aussi très bien que quand une convention devient trop lourde à supporter pour une entreprise, celle-ci a toujours le loisir de mettre la clé sous la porte, et d’envoyer tout le monde au chômage.  Ce que ne peut évidemment pas faire une municipalité; celles-ci n’ont toujours pas le droit au lock-out, contrairement à la plupart des employés municipaux qui eux ont le droit de grève.

Autrement dit, Marc Ranger aura beaucoup de travail à faire pour amener “l’opinion publique à finir par s’apercevoir” que les employés municipaux se font “voler” leurs conditions de travail négociées.  J’ai plutôt l’impression que monsieur Ranger va finir par s’apercevoir, tôt ou tard, que l’opinion publique continuera de croire que la majorité des employés municipaux, et particulièrement ceux des grandes villes, sont des enfants gâtés, et qu’ils veulent continuer de se payer des régimes de retraite que bien des contribuables ne pourront jamais s’offrir.  Selon moi, Marc Ranger s’en est probablement aperçu depuis longtemps, mais ça, il n’osera jamais l’avouer devant toutes ces personnes qu’il représente, et encore moins devant les médias.

Je lisais dernièrement quelque part que les employés du secteur public sont moins bien traités que ceux du secteur privé*; s’ils sont si mal traités, les employés municipaux devraient, en principe, se ruer aux portes des entreprises privées pour mettre la main sur un poste équivalent à ce qu’ils font.  Mais bizarrement, la tendance de migration du public vers le privé n’est pas aussi forte que ce à quoi on pourrait s’attendre; serait-ce parce qu’il y a quelque chose qui n’est pas inclus dans la comparaison?

* La comparaison est faite entre les employés du secteur public et ceux des entreprises de 200 employés et plus du secteur privé.

Futur pont Champlain: Va-t-on en revenir, du péage?

Ce matin, Martin Croteau, de La Presse, publie un article à propos d’une étude, réalisée par la firme Steer Davies Gleave, pour le compte d’Infrastructures Canada, portant sur un éventuel péage à appliquer sur le futur pont Champlain, titrant que l’étude est gardée secrète.  Dans les faits, La Presse a obtenu copie du rapport de cette étude, mais la majorité des 214 pages de ce rapport, oh malheur, sont caviardées!  Ainsi, le journaliste ne peut pas s’y fier pour conclure au désastre anticipé par plusieurs suite à l’éventuelle application d’un péage sur la nouvelle structure à construire.

C’est que la grande majorité des intervenants ont conclu que devant l’obligation d’un péage, les automobilistes se lanceront à l’assaut des autres ponts de la rive-sud, afin d’éviter le péage.  Ce que tout ce beau monde refuse d’admettre, toutefois, c’est qu’une telle situation demeure somme toute temporaire, et ne dure au plus que quelques mois.  En effet, lors de l’avènement du péage, les utilisateurs voudront économiser les quelques dollars exigés (j’appréhende entre 2,50$ et 3,00$ le passage), et seront tentés d’aller prendre Victoria, ou Jacques-Cartier, afin de traverser le fleuve.  Puis ceux-ci se rendront bien compte qu’il coûte moins cher de dépenser quelques dollars pour passer sur le nouveau pont que de brûler entre 5 et 10 dollars d’essence supplémentaire dans un bouchon de circulation plus gros, et reviendront sur Champlain.

Je conviens que l’exemple du pont Olivier-Charbonneau, sur l’autoroute 25, n’est pas tout à fait comparable, puisqu’il s’agit d’un pont ajouté à l’offre existante à ce moment-là, mais on peut quand même constater que l’achalandage du nouveau pont ne cesse d’augmenter, au fur et à mesure que le temps passe.  Les usagers de la route se rendent compte qu’il coûte moins cher de payer un passage plus rapide que d’attendre dans le trafic, d’autant plus que le temps gagné compte aussi pour beaucoup.  Selon les chiffres de l’Atlas des transports, de site web du Ministère des transports du Québec (MTQ), entre 2010 et 2012, (le pont Olivier-Charbonneau fut ouvert en 2011), les ponts entre Montréal et Laval, comprenant Médéric-Martin (A-15), Viau (route 335), Papineau-Leblanc (A-19), Pie-IX (route 125) et Charles-de Gaulle (A-40, entre Montréal et Terrebonne) ont vu leur achalandage baisser de 1000 à 14,000 véhicules par jour, en moyenne selon le pont, au profit d’Olivier-Charbonneau.

Tout cela pour dire que même si l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité contre un péage sur le futur pont Champlain, le dernier mot reviendra au gouvernement fédéral, puisque c’est à lui, et à lui seul, qu’appartiendra la nouvelle infrastructure.  Autrement dit, il faudra bien en revenir!  Pour ma part, le fait de ne pas augmenter le nombre de voies sur le futur pont, mises à part les voies réservées au transport en commun, me désole beaucoup plus que la possibilité d’un péage.

Au-delà de l’indignation,… il y a l’action!

Bon, je suis convaincu que vous, comme moi d’ailleurs, êtes indignés de ce que vous entendez à la commission Charbonneau, et particulièrement dans l’épisode des syndicats, et de la relation de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) avec certains membres du gouvernement actuel.

À ce sujet, l’animateur de radio et auteur Éric Duhaime a publié une lettre ouverte sur le site web de La Presse, ce matin, lettre intitulée “Au-delà de l’indignation”.  Il y relate ses états d’âme au sujet de la situation actuelle, de la commission Charbonneau, des liens entre le monde interlope et les grands syndicats.  Il conclut en disant “C’est bien beau et légitime d’être dégoûté par les témoignages de Jean Lavallée ou de Michel Arsenault devant la juge France Charbonneau. Mais il faudra un jour qu’un élu brise la loi du silence et ait le courage de proposer une solution durable au problème endémique de la corruption et de la collusion dans l’industrie de la construction. Sinon, l’actuelle commission d’enquête n’aura été qu’un vaste subterfuge.”  Je respecte Éric Duhaime, et j’ai bien aimé sa lettre ouverte.  Mais il faut aller au-delà de cela.  J’ai soumis à mon tour une lettre ouverte à La Presse, dans le but qu’elle soit publiée sur le site web du quotidien, à défaut de l’être dans ses pages papier.  Juste au cas où l’équipe éditoriale déciderait de ne pas la publier du tout, en voici le texte intégral.

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Au-delà de l’indignation,… il y a l’action!

J’ai du respect pour Éric Duhaime, auteur et animateur de radio, et j’ai bien aimé son texte, intitulé « Au-delà de l’indignation », publié en ces pages. Mais pour aller au-delà de l’indignation, quand on constate que les partis actuels ne font rien, il faut avancer une autre solution politique.

C’est vrai que les chefs des partis actuellement représentés à l’Assemblée nationale sont très timides à avancer des solutions pour régler le problème qui mine la productivité sur les chantiers de construction, et qui fait que les travailleurs sont pratiquement les otages des centrales syndicales. C’est vrai aussi que quarante ans après la commission Cliche, les noms ont changé, mais le système est resté, comme le dit monsieur Duhaime au sujet des rackets entre le crime organisé et les syndicats. Mais une chose est claire; pour changer les lois, il faut d’abord se faire élire à l’Assemblée nationale. Et comme les partis actuels ne sont pas très chauds à faire des changements, il faudra donc créer un autre parti.

À l’été de 2010, une demi-douzaine de militants de droite, dont Éric Duhaime, ont fondé le Réseau Liberté Québec (RLQ), dont l’un des buts était de réseauter les tenants de la droite économique au Québec, et de faire connaître au grand public les idées dites de droite. Nous savons tous que le fait de se dire de droite, ici, relève pratiquement de la maladie honteuse, tant les élites du Québec ont détruit tout l’héritage tiré des années de Maurice Duplessis, époque que l’on n’a pas hésité de qualifier de « Grande noirceur » (comme si l’époque précédente des libéraux Taschereau et Godbout fut d’une grande clarté!), parce qu’il pratiquait le « patronage », comme on disait à l’époque. Loin de moi l’idée de dire que Duplessis était parfait, mais force est de constater que les dirigeants que le Québec a eu depuis la mort de Duplessis, tous partis confondus, sont également très loin de la perfection. La dette qu’ils ont laissé à la province en représente une preuve éloquente.

Donc, nos militants de droite se sont réseautés, et se sont réunis, entre autres, à quatre reprises, lors de meetings à Québec (octobre 2010), Montréal (avril 2011), Lévis (mars 2012), et Trois-Rivières (mars 2013). Nous réservent-ils un autre « rendez-vous » en mars 2014, que nous n’en savons rien pour l’instant; leur site web fait encore la promotion de celui de Trois-Rivières! Mais en bout de ligne, tout ce réseautage, et toutes ces rencontres, se sont soldées par quoi? Quelle fut la suggestion du RLQ lors des dernières élections? Quel parti le RLQ voyait-il alors, et voit-il aujourd’hui, comme le meilleur porteur de ses idées? « Mott, la tombe », comme on disait dans Séraphin, autrefois! Ou comme on dit aujourd’hui, « Zéro, pis une barre »!

Cet exercice, qu’est le RLQ, a-t-il servi à autre chose qu’à échanger entre amis, à prendre une bière ensemble, et à refaire le monde? Pas pour l’instant! Si Éric Duhaime veut vraiment que les choses changent, au Québec, il doit nous montrer le chemin, il doit nous dire quel est le parti qui changera les choses. Quitte à le fonder lui-même!

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Le dernier communiqué de presse, sur la liste des communiqués du site du RLQ, date du 14 février 2013.  Est-ce à croire que le RLQ est mort de sa belle mort, ou encore est-il juste en hibernation?  Il reste que tant et aussi longtemps que les porte-parole de la droite économique se contenteront de quelques apparitions dans certains médias, toujours les mêmes, ils ne feront que prêcher à des convertis.  Il faut que le message traverse les frontières du “déjà vu”, et atterrisse aux heures de grand écoute.  Par quel moyen?  Je l’ignore totalement!  Mais il faudra, d’une façon ou d’une autre, que le cercle fermé de la droite s’ouvre beaucoup plus, et se montre au grand jour.

Jean-Martin Aussant retourne à Londres: Analyse d’une mauvaise veine

Toute la twittosphère à gauche de la ligne centrale est tombée des nues en apprenant que l’ancien chef et fondateur du parti Option nationale, Jean-Martin Aussant, était retourné à Londres, en Angleterre, à l’emploi de la firme Morgan Stanley, où il a officié pendant quelques temps; il y a même été vice-président, de 2003 à 2005, selon Wikipédia!

Une théorie en valant bien une autre, j’ai ma petite théorie sur le passage – plus ou moins bref selon qui analyse – de monsieur Aussant dans le monde politique québécois.  La voici donc.

Selon Wikipédia, encore, monsieur Aussant, sûrement pris du mal du pays, revient au Québec en 2005, et prend un poste de gestionnaire de portefeuille principal chez Investissements PSP, une firme basée à Montréal qui, quoique se décrivant sur son site web comme “l’un des plus grands gestionnaires de fonds pour des caisses de retraite au Canada”, n’a pas le prestige, ni l’influence de Morgan Stanley.  Il finira sûrement par se lasser de ce poste, puisqu’il deviendra consultant en finance quantitative en 2007.  Souverainiste reconnu, il fut probablement recruté par le parti québécois (PQ) pendant la période du gouvernement minoritaire libéral de 2007, parce que c’est suite à cela qu’il se présente dans la circonscription de Nicolet-Yamaska, lors de l’élection générale du 8 décembre 2008, et remporte le siège, devançant son plus proche rival, le libéral Mario Landry, par une majorité écrasante de… 175 votes!

Fort de cette victoire à l’arrachée, la chef du PQ, Pauline Marois, le fait aussitôt critique de l’opposition officielle en matière d’économie.  Mais rapidement, monsieur Aussant se rend bien compte que la souveraineté n’a pas autant d’importance dans l’esprit de madame Marois que dans le sien, et commence à trouver le temps long.  Pendant ce temps, la grogne se fait parfois forte au sein du parti, et plusieurs remettent en question le leadership de madame Marois.  Puis, le 6 juin 2011, coup de théâtre; trois députés péquistes, Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe, démissionnent du PQ pour devenir députés indépendants.  Jean-Martin Aussant saute sur l’occasion pour démissionner à son tour le lendemain, 7 juin, mais pour des raisons tout à fait différentes que celles des trois autres déserteurs.  Les siennes sont que la chef n’est pas assez souverainiste à son goût, et que le dossier de la souveraineté ne chemine pas assez rapidement.  Il s’attend probablement à ce que plusieurs souverainistes “purs et durs” suivent le mouvement, mais à part Benoît Charette, quelques jours plus tard, peu de nouvelles démissions suivront celle de monsieur Aussant.

Le 19 septembre de la même année, dans le but de secouer les purs et durs du PQ, et de les confronter dans leur mécontentement face à une Pauline Marois qui s’accroche à la chefferie, Jean-Martin Aussant annonce la fondation d’un nouveau parti, Option nationale, dont le but premier est de faire la souveraineté du Québec coûte que coûte.  Malheureusement, bien peu de ces purs et durs du PQ ont emboîté le pas pour suivre monsieur Aussant dans sa nouvelle aventure.  Il se tourne donc vers les jeunes, enthousiastes – et influençables, dans le but d’augmenter son membership, ce qu’il réussit quand même assez bien.  Le printemps suivant, les étudiants sortent dans la rue, protestant contre les augmentations des droits de scolarité décrétées par le gouvernement libéral de Jean Charest, allant même jusqu’à manifester à chaque soir, à Montréal.  Monsieur Aussant les soutient, faisant même la promotion de la gratuité universitaire, ce qui augmenta à nouveau son membership, principalement auprès des étudiants.  Lorsque le premier ministre Charest décrète des élections pour le 4 septembre 2012, Option nationale présente 120 candidats sur une possibilité de 125, ce qui constitue un record d’organisation, compte tenu du temps minime dont il dispose.  Mais malheureusement pour monsieur Aussant, aucun candidat d’Option nationale ne parviendra à remporter la victoire, lui-même perdant le siège de la nouvelle circonscription de Nicolet-Bécancour aux mains de Donald Martel, candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ), et ce par une marge de 1876 votes.

Étant obligé de faire son action politique depuis l’extérieur de l’Assemblée nationale, et désormais sans salaire de député, Jean-Martin Aussant demande – et obtient – un salaire du parti, de l’ordre de 88,000$ par année, lors du congrès de la formation politique, qui se tenait les 2 et 3 mars 2013 au Palais des congrès de Montréal.  Mais rapidement, monsieur Aussant se rend compte que si l’on peut adopter le versement d’un salaire au chef, c’est beaucoup plus difficile de mettre des fonds dans le compte chèques; avec environ 5000 membres, à 10$ par année, plus des dons désormais fixés à un maximum de 100$ annuellement, il faudra choisir entre le chef… et le bureau-chef!

C’est ainsi que le 19 juin suivant, Jean-Martin Aussant annonce qu’il démissionne à titre de chef d’Option nationale, et que le conseil de direction a nommé la présidente du parti, Nathaly Dufour, à titre de chef par intérim.  Dans son annonce, il dit qu’il ne peut pas concilier la chefferie du parti et l’éducation de ses jeunes jumeaux.  Probablement dans le but de financer l’éducation de ces mêmes jeunes jumeaux, on apprend, le 13 août de la même année, que monsieur Aussant retourne travailler au sein de la firme Morgan Stanley, à Londres, en Angleterre, là même où il a officié de 2003 à 2005, bouclant ainsi la boucle de son passage dans la belle province.  J’espère seulement qu’il n’oubliera pas sa femme et ses jumeaux avant de partir.

Bon, évidemment, même si de nombreux passages de cette théorie sont véridiques, vous comprendrez qu’il ne s’agit que d’une théorie.  Par contre, je me pose plusieurs questions, au sujet de toute cette affaire.

– Entre le congrès de mars et sa démission comme chef, Jean-Martin Aussant a-t-il reçu un salaire de son parti, ou celui-ci a-t-il tenté de reporter le tout aux calendes grecques?

– Lorsqu’il a annoncé qu’il préférait s’occuper de ses jeunes jumeaux, était-ce une raison bidon, parce que le parti ne lui avait pas encore versé un sou, ou était-ce plutôt sa femme qui l’a mis au pied du mur, lui ordonnant, comme dans la chanson de George Thorogood and The Destroyers, “Get a Haircut and Get a Real Job”?

– Selon cet article du Devoir, monsieur Aussant dit ne pas avoir vu d’ouverture substantielle chez des employeurs du Québec.  Serait-ce parce qu’il demandait un traitement trop élevé en fonction de ses compétences, ou était-ce vraiment à cause de ses vues souverainistes?

Il demeure que lorsque l’on s’affiche à certaines couleurs, il faut aussi être prêt à composer avec les conséquences de ses gestes.  Mais le fait qui m’agace le plus, dans tout cela, n’est pas qu’il retourne à Londres; après tout, il peut bien gagner sa vie comme il l’entend.  C’est plutôt qu’encore une fois, la famille a le dos large, quand vient le temps, pour un politicien, de se pousser d’une fonction qu’il ne désire plus assumer.  Cela laisse un parfum de malhonnêteté dans l’air, et du coup, l’individu devient moins crédible.

Primes de départ de députés démissionnaires: Qu’est-ce que le PQ veut nous cacher?

Depuis plusieurs jours que je n’étais pas allé sur Twitter (@levraiRichard3), j’ai décidé d’aller y faire un tour, hier soir (12 août), voir de quoi il en retournait.  Les péquistes s’épivardaient à qui mieux mieux au sujet de la prime de départ du député de Viau, le libéral Emmanuel Dubourg, qui a remis sa démission pour briguer les suffrages, lors de la prochaine élection partielle, dans la circonscription fédérale de Bourassa, afin d’essayer de prendre le siège laissé vacant par la démission de Denis Coderre, qui lui, tentera sa chance à la mairie de Montréal, en novembre prochain.

L’un de ceux qui parlent le plus contre cette prime de départ est le ministre Bernard Drainville, qui a parrainé un projet de loi pour priver de sa prime de départ un député qui démissionne avant la fin de son mandat, projet de loi qui, comme on le sait, fut renversé à l’Assemblée nationale.  Mais curieusement, monsieur Drainville est resté surtout dans les médias officiels (télé, radio, journaux), laissant le champ libre, sur Twitter, aux “spinneux” habituels du parti québécois (PQ), qui sont payés pour balancer des messages, de façon anonyme ou non, sur la twittosphère.  D’ailleurs, tous les partis politiques ont leurs “spinneux”, plus ou moins officiels, et plus ou moins connus.

Je ne m’inquiète pas outre mesure, contrairement à ces “spinneux”, des primes de départ versés aux députés qui quittent avant la fin de leur mandat.  D’ailleurs, quand on leur mentionnait que de nombreux péquistes, dont la chef Pauline Marois elle-même, ont profité de cette prime de départ, ils pondaient toutes sortes d’arguments pour tenter de différencier la situation des leurs de celle de monsieur Dubourg.  Or, quand on fait le total des primes versées aux députés qui démissionnent en cours de mandat, pendant une année, on arrive, bon an mal an, à moins d’un million de dollars.  Cette somme, pour laquelle les péquistes déchirent leurs chemises, présentement, correspond approximativement à la somme qui sera versée pour retaper la piaule de Gilles Vigneault, à Natashquan, qui sera probablement visitée par une centaine de personnes par année.  Pendant que les membres et sympathisants du PQ crient au loup avec une prime de départ de 100,000$ versée au député de Viau, ils passent sous silence les 400,000$ dépensés pour la mise en place de la Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012, communément appelée la “commission des carrés rouges”, autre exercice dont les conclusions démontreront sûrement l’inutilité.

Bref, je m’inquiète beaucoup plus de ce que le gouvernement minoritaire péquiste va nous passer en douce pendant qu’ils nous aveugle avec la prime de départ d’Emmanuel Dubourg.

Démission de Daniel Breton: L’un n’empêche pas l’autre!

Depuis la sortie, dans les médias, de ce que l’on pourrait qualifier de “l’affaire Daniel Breton”, les commentaires se succèdent à un rythme d’enfer, sur Twitter.  Les plus ardents défenseurs du député, qui a remis sa démission comme ministre, tout en conservant son siège de Sainte-Marie–Saint-Jacques, comparent leur protégé avec tout et n’importe quoi, du moment que cela semble pire; des libéraux à la commission Charbonneau, en passant bien sûr par Hitler.

D’accord, j’exagère.

À peine!

Il faudra que quelqu’un finisse par comprendre que le fait de soulever des irrégularités sur un individu n’empêche pas le reste de l’actualité – ni l’appareil judiciaire – de suivre son cours.  Personne n’a demandé, ni obtenu, l’arrêt des activités de la commission Charbonneau, ni des palais de justice, ni des enquêtes sur le terrain, autant de l’Unité permanente anti-corruption (UPAC) que de l’escouade Marteau.  Par contre, il faut aussi spécifier que jusqu’à présent, à part l’ancien ministre Toni Tomassi, pour l’affaire d’abus de confiance auprès du Bureau canadien d’investigation et d’ajustement (BCIA), non-reliée à la construction, aucun élu politique provincial n’a été accusé de quoi que ce soit, en ce qui concerne le scandale de collusion et de corruption dans l’industrie de la construction.  Au municipal, le seul élu arrêté jusqu’à maintenant demeure le maire de Mascouche, Richard Marcotte, et dans ce cas, la justice suit son cours.

Alors s’il vous plaît, pourrait-on se calmer le pompon, juste un petit peu?

Daniel Breton a démissionné, soit.  C’est ce qu’il avait de mieux à faire.  Quelques mois sur les banquettes arrière de l’Assemblée nationale lui donneront le temps de régler ses affaires, tout en servant de purgatoire, afin qu’il puisse, peut-être, redevenir ministre plus tard.  Quant au reste, ne craignez rien; tout porte à croire que la commission Charbonneau complètera son mandat.  Dans les délais, ça, je ne pourrais le confirmer, car on ne peut dire l’avenir, mais il se complètera.  Y aura-t-il des élus qui devront faire face à la justice?  Ça, c’est une autre histoire!