Conflit étudiant: Monsieur Charest, c’est maintenant l’heure!

Ça doit bien faire une dizaine de semaines que ça dure, maintenant.  Ce qui avait débuté par des marches dites « pacifiques » a désormais dégénéré en des séances d’anarchie « stagées », mettant en vedette des groupuscules comme le Black Block.  Ce qui était somme toute sympathique au début est maintenant devenu dangereux.  Et quand quelque chose devient dangereux pour la population (des manifestants lançaient des projectiles sur les véhicules circulant sur l’autoroute Ville-Marie, depuis l’avenue Saint-Laurent!), les représentants de ladite population, les élus, doivent agir, afin que cela cesse.  C’est pourquoi je m’adresse aujourd’hui à mon premier ministre, Jean Charest.

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Monsieur Charest.

Le conflit étudiant dure maintenant depuis dix bonnes semaines.  Or, on constate de plus en plus que l’augmentation de 325$ par année, pendant 5 ans, des frais de scolarité aux études universitaires, est devenu un accessoire, tant les revendications changent de jour en jour, pour ne pas dire d’heure en heure.  Devant la casse que tout cela occasionne, et le danger qu’un jour ou l’autre, il se produira un incident regrettable, qui entraînera mort d’homme, il faut que le gouvernement, dont vous êtes le principal représentant, prenne les choses en mains, et mette fin à cette situation, qui dure depuis déjà trop longtemps.

Comme les étudiants, même s’ils n’y sont pas assujettis, se campent dans les méthodes du Code du travail, dans l’évolution de leur conflit – du moins jusqu’à tout récemment, je vous suggère d’intervenir de la façon qu’un gouvernement agit quand un conflit de travail dégénère, et atteint un point de non-retour.  Et j’ai nommé le recours à une loi spéciale.

Une loi avec des dents, comme on dit à l’occasion.

Une loi qui agirait simultanément sur deux fronts; directement sur le retour en classes des étudiants, d’une part, et d’autre part sur l’empêchement systématique dudit retour en classes.  Et qui, dans les deux cas, entraîneraient des conséquences lourdes, en cas de refus d’obtempérer.  Par exemple, sur le premier front, un étudiant refusant de se présenter à ses cours se verrait imposer une amende de 1000$ par jour de refus.  Autre exemple, cette fois sur le deuxième front, quiconque (étudiant, prof, anarchiste, etc.) empêcherait un étudiant de se présenter à son cours se placerait en situation d’outrage, ce qui l’exposera à sept jours de prison par acte d’empêchement.

Nous savons que la session d’hiver de 2012 n’est pratiquement plus récupérable, maintenant.  Alors autant agir sur le retour de l’ordre public.  Aussi, aucun diplôme ne devra être émis pour cette session, qui ne sera prolongée d’aucune façon, et dont les examens habituels se dérouleront aux dates prévues, les résultats de ceux-ci servant à établir la priorité d’admission à la session suivante; les cours restants pourraient porter sur une éventuelle préparation à la prochaine session, celle qui commencera en août prochain, avec la loi spéciale qui continuera de s’appliquer pour deux ans.  Comme les profs ont soutenu, pratiquement en bloc, la soi-disant « lutte » des étudiants, ils devront composer avec le fait qu’aucun cours se sera prolongé, ce qui signifie aucun revenu supplémentaire pour eux.  Le fait de ne pas prolonger la session permettra aux étudiants d’occuper des emplois d’été de façon normale, afin qu’ils puissent engranger de quoi payer les frais de scolarité pour la session à venir.

Monsieur Charest, vous vous êtes permis de blaguer, à propos du conflit étudiant, vendredi dernier, lors de l’inauguration du Salon Plan Nord; c’est maintenant le temps de prouver à vos commettants qu’il y a un temps pour badiner, et un temps pour passer aux choses sérieuses.

Merci de votre attention.

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3 réflexions sur “Conflit étudiant: Monsieur Charest, c’est maintenant l’heure!

  1. Je regrette que l’acteur Lino Ventura ne soit plus de ce monde. S’il serait encore parmi nous, il aurait dit sa manière de penser à Gabriel Nadeau-Dubois comme dans le film « L’aventure, c’est l’aventure » que Richard Martineau a mentionné dans son blogue
    http://blogues.journaldemontreal.com/martineau/franc-parler/tout-est-foutu/

    Et voici un extrait provenant de l’émission Maurais Live où on interview Laurent Proulx, un étudiant de l’Université Laval qui avait demandé une injonction pour continuer ses cours; réplique à Gabriel Nadeau-Dubois. http://www.radioego.com/ego/listen/10850

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  2. On voit ce que ça fait une génération éduquée à imposer aux autres ses intérêts égoïstes en les faisant passer pour collectifs. Il n’y a aucune raison pour que les citoyens paient pour l’irresponsabilité des parents qui ont gâté pourri leurs enfants au lieu de mettre leurs culottes et de les éduquer sur le respect de la vie en société et des autres.

    Belle gang de victimes hypocrites. J’ai hâte de voir ça payer des impôts…

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  3. J’ai lu une lettre mentionné dans le blogue de Richard Martineau http://blogues.journaldemontreal.com/martineau/franc-parler/les-vrais-laisses-pour-compte-du-boycott/

    Et certains répondants mentionne le parti-pris des médias ou devrais-je dire le complexe « média-syndicalo-artistique » (un petit jeu de mot basé sur le terme « complexe militaro-industriel » mentionné dans le discours d’adieu du président Eisenhower) pour continuer la grève ou le boycott. Un répondant sur le blogue de Martineau avait mentionné un boycott des médias. Je commence à me demander si ça ne serait pas tentant de boycotter certains médias comme la SRC, TVA, Télé-Québec, LCN, RDI et regarder à la place Prise 2, V, Télétoon, RDS, TSN, YTV, Cinépop, TVA Sports, CTV(CFCF-12), CBC, Global, CBS, NBC, ABC, Fox, louer un film ou des jeux vidéos…. mais malheureusement je dois avouer que c’est plus facile à dire qu’à faire. ^^;

    Je ne veux pas me faire alarmiste et pessimiste mais j’ai l’impression qu’il y aura une discorde entre étudiants au point de tourner à une émeute qui pourrait être aussi pire que les émeutes qu’il y avait eu lieu à Détroit en 1967 et qui avait fait la manchette à l’époque (le chanteur Gordon Lightfoot avait mentionné dans sa chanson « Black Day in July »).

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