Péages sur les ponts de Montréal: Il y a un prérequis important!

Cela fera une semaine demain, un rapport était publié par la Commission de l’écofiscalité du Canada, un groupe de recherche indépendant regroupant des économistes de tout le pays, rapport qui proposait d’instaurer des péages sur tous les ponts conduisant à l’île de Montréal, et ce soi-disant dans le but de réduire la congestion routière dans la région métropolitaine.  Le quotidien La Presse le rapportait, sous la plume de Bruno Bisson.

Sauf et à soustraire qu’il y a tout un monde entre la théorie d’un rapport, et ce qui se passe sur le plancher des vaches.  Car si de telles mesures, implantées à Londres et à Stockholm, ont effectivement réduit la congestion routière dans les zones tarifées, qu’en est-il de l’économie locale de ces deux villes?  Les commerces locaux ont-ils vu une baisse, ou une hausse, de leur chiffre d’affaires?  Une telle mesure implantée à Montréal représenterait une mine d’or pour le Quartier Dix30, et tous les autres centres d’achats et “power centers” situés autour de Montréal, et ce pour la simple et bonne raison que les clients de l’extérieur de l’île vont désormais magasiner… à l’extérieur de l’île!  Montréal se plaindra alors d’une baisse de l’achalandage de ses commerces.  Un autre problème, c’est que les gens qui tentent leur chance avec les transports en commun regardent souvent passer des trains (ou des rames de métro, ou des bus) déjà remplis à capacité, et doivent attendre longtemps avant d’obtenir une place, ce qui les reconduit inévitablement vers leur voiture; puisqu’il faut attendre, autant le faire en tout confort!

Mais il y a un prérequis encore plus important que cela, si l’on veut instaurer un péage général autour de l’île de Montréal, et j’ai nommé une autoroute périphérique digne du nom.  Si l’on vient des Laurentides, par exemple, via l’autoroute 15, et que l’on veut se rendre à Salaberry-de-Valleyfield, la seule façon de faire, sans toucher l’île de Montréal, est de se taper le traversier d’Oka, ou encore un détour par Hawkesbury!  Et on pourrait donner de multiples exemples d’itinéraires pour lesquels les automobilistes n’ont pas d’autre choix que de passer par l’île de Montréal.  Si l’on veut réduire la congestion dans l’île, il faudrait d’abord faire en sorte que ceux qui n’ont pas affaire à Montréal puissent contourner l’île rapidement.  Et ça, même si c’est promis depuis le milieu des années 1950, ça n’existe pas encore!

Ainsi, une fois que le grand Montréal aura été ceinturé par une véritable autoroute périphérique, là, et seulement là, on pourra parler de péage sur tous les ponts menant à l’île de Montréal.

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Les ponts de l’A-40 à Berthierville: Le contrat est enfin signé

Il y a de cela presque deux semaines, j’écrivais un billet sur des ponts jumeaux plutôt mal en point, situés sur l’autoroute 40, tout près de la sortie 144, à Berthierville.  Je mentionnais entre autres que les offres pour la reconstruction des ponts, et le réaménagement des bretelles de l’échangeur, ont été ouvertes le 9 juin dernier, mais que le contrat était en attente de conclusion.

Grâce au site web du Système électronique d’appels d’offres (SÉAO), sur lequel transite à peu près tous les appels d’offres du Ministère des transports du Québec (MTQ), nous avons appris que le contrat a finalement été conclu le 30 juillet dernier.  Parmi les sept soumissions déposées par autant d’entreprises, c’est celle de Roxboro Excavation Inc., de presque 38 millions$, qui fut retenue.  Voici la liste des dépositaires d’offres sur ce contrat.  Il est à noter que toutes les soumissions déposées étaient admissibles et conformes.

– Roxboro Excavation Inc., 37 985 447,39$

– Groupe Hexagone, S.E.C., 39 339 339,00$

– Coentreprise Sintra – Grandmont, 39 901 891,42$

– Coffrage Alliance Ltée, entrepreneur général, 40 369 000,00$

– Les entreprises Claude Chagnon Inc., 42 611 132,05$

– TNT2 Inc., 44 349 998,35$

– Groupe Alta – 8801-13-1105 S.E.N.C., 50 413 500,51$

C’est donc dire que dans les prochaines semaines, les gens de Berthierville et des environs, ainsi que les usagers de l’A-40 en général, verront les camions bleus de la firme Roxboro commencer à circuler sur les lieux, alors que les citoyens du chemin RoxboroDumpTruckdu Rang-Bayonne-Nord, à Sainte-Geneviève-de-Berthier, y compris les agriculteurs, avec leur machinerie lourde, perdront bientôt le privilège de circuler sous l’autoroute, et devront se résoudre à faire un détour de quelques kilomètres, via le boulevard Gilles-Villeneuve, et ce pour toute la durée des travaux.  La durée prévue du contrat, selon ce que l’on peut lire sur le site web du SÉAO, est d’un à trois ans, ce qui nous mènera quelque part en 2017.

Alors la prochaine fois que vous passerez… sur la route de Berthier¹, prêtez un moment d’attention à ces deux ponts qui traversent la rivière Bayonne; pour le plus grand bien de tous, ils seront bientôt remplacés par de bien meilleures structures.  Enfin, souhaitons-le!

 

¹ En fait, cela s’adresse aux usagers de la route en provenance de Trois-Rivières, et de Québec; ceux et celles en provenance de Montréal, et qui prendront la sortie 144, quitteront juste avant ces deux ponts..

Conflit étudiant: Monsieur Charest, c’est maintenant l’heure!

Ça doit bien faire une dizaine de semaines que ça dure, maintenant.  Ce qui avait débuté par des marches dites « pacifiques » a désormais dégénéré en des séances d’anarchie « stagées », mettant en vedette des groupuscules comme le Black Block.  Ce qui était somme toute sympathique au début est maintenant devenu dangereux.  Et quand quelque chose devient dangereux pour la population (des manifestants lançaient des projectiles sur les véhicules circulant sur l’autoroute Ville-Marie, depuis l’avenue Saint-Laurent!), les représentants de ladite population, les élus, doivent agir, afin que cela cesse.  C’est pourquoi je m’adresse aujourd’hui à mon premier ministre, Jean Charest.

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Monsieur Charest.

Le conflit étudiant dure maintenant depuis dix bonnes semaines.  Or, on constate de plus en plus que l’augmentation de 325$ par année, pendant 5 ans, des frais de scolarité aux études universitaires, est devenu un accessoire, tant les revendications changent de jour en jour, pour ne pas dire d’heure en heure.  Devant la casse que tout cela occasionne, et le danger qu’un jour ou l’autre, il se produira un incident regrettable, qui entraînera mort d’homme, il faut que le gouvernement, dont vous êtes le principal représentant, prenne les choses en mains, et mette fin à cette situation, qui dure depuis déjà trop longtemps.

Comme les étudiants, même s’ils n’y sont pas assujettis, se campent dans les méthodes du Code du travail, dans l’évolution de leur conflit – du moins jusqu’à tout récemment, je vous suggère d’intervenir de la façon qu’un gouvernement agit quand un conflit de travail dégénère, et atteint un point de non-retour.  Et j’ai nommé le recours à une loi spéciale.

Une loi avec des dents, comme on dit à l’occasion.

Une loi qui agirait simultanément sur deux fronts; directement sur le retour en classes des étudiants, d’une part, et d’autre part sur l’empêchement systématique dudit retour en classes.  Et qui, dans les deux cas, entraîneraient des conséquences lourdes, en cas de refus d’obtempérer.  Par exemple, sur le premier front, un étudiant refusant de se présenter à ses cours se verrait imposer une amende de 1000$ par jour de refus.  Autre exemple, cette fois sur le deuxième front, quiconque (étudiant, prof, anarchiste, etc.) empêcherait un étudiant de se présenter à son cours se placerait en situation d’outrage, ce qui l’exposera à sept jours de prison par acte d’empêchement.

Nous savons que la session d’hiver de 2012 n’est pratiquement plus récupérable, maintenant.  Alors autant agir sur le retour de l’ordre public.  Aussi, aucun diplôme ne devra être émis pour cette session, qui ne sera prolongée d’aucune façon, et dont les examens habituels se dérouleront aux dates prévues, les résultats de ceux-ci servant à établir la priorité d’admission à la session suivante; les cours restants pourraient porter sur une éventuelle préparation à la prochaine session, celle qui commencera en août prochain, avec la loi spéciale qui continuera de s’appliquer pour deux ans.  Comme les profs ont soutenu, pratiquement en bloc, la soi-disant « lutte » des étudiants, ils devront composer avec le fait qu’aucun cours se sera prolongé, ce qui signifie aucun revenu supplémentaire pour eux.  Le fait de ne pas prolonger la session permettra aux étudiants d’occuper des emplois d’été de façon normale, afin qu’ils puissent engranger de quoi payer les frais de scolarité pour la session à venir.

Monsieur Charest, vous vous êtes permis de blaguer, à propos du conflit étudiant, vendredi dernier, lors de l’inauguration du Salon Plan Nord; c’est maintenant le temps de prouver à vos commettants qu’il y a un temps pour badiner, et un temps pour passer aux choses sérieuses.

Merci de votre attention.

Suicide de Marjorie Raymond: Que s’est-il réellement passé?

L’ensemble des médias a fait grand état du suicide de la jeune Marjorie Raymond, âgée de 15 ans et, dit-on, victime d’intimidation depuis longtemps.  On n’en avait que pour la « pauvre jeune victime », aujourd’hui, à une certaine station de radio de Québec, que j’écoutais aujourd’hui, alors que je livrais dans ce secteur.

Or, un journaliste de la station de radio a réussi à communiquer avec la mère d’une ancienne amie de Marjorie, puis avec l’ancienne amie elle-même.  Je dis “ancienne amie” car les relations, entre les deux filles, s’étaient tendues, et ce depuis environ trois semaines.  La jeune fille a raconté que Marjorie, depuis son arrivée à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, semblait faire continuellement “des petites conneries”, selon ses mots; quand le journaliste lui a demandé quel genre de conneries, elle répond avec des trucs du genre “partir avec le chum de l’une, parler dans le dos de l’autre”.  C’est ce genre de comportement qui, toujours selon l’ancienne amie, aurait amené les autres à l’intimider.  Quant à la mère de cette jeune fille, elle dit que la relation, entre sa fille et Marjorie, s’est tendue, et a mené à une bagarre, entre les deux, il y a environ trois semaines, parce que Marjorie aurait “couché avec le chum” de sa fille.

Bon, c’est clair que je ne peux pas certifier la véracité de ces dires, autant ceux de la mère que ceux de la fille.  C’est pourquoi je parlerai au conditionnel, ici.  Mais si les deux disent vrai, est-ce à croire que la pauvre Marjorie aurait elle-même causé la situation qui lui a valu toute cette intimidation, et qui l’aura éventuellement poussée à se suicider?  Ça, on ne le saura jamais!  La situation est délicate, et compte tenu que l’on ne sait pas tout, je ne suis pas prêt à dire que Marjorie Raymond est une sainte victime, blanche comme neige, et que les autres, les intimidateurs, sont tous coupables sans procès.  Dans ce cas, rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc; nous pataugeons parmi des multitudes de teintes de gris.

Par contre, cette situation témoigne, selon moi, de cette différenciation qu’on ne fait plus entre l’instruction, et l’éducation.  Je m’explique.

L’instruction, c’est ce qu’on apprend à l’école, plus précisément le domaine académique; lire, écrire, et compter, d’abord, puis les autres matières, de plus en plus complexes, au fur et à mesure que l’élève monte en niveau.  L’éducation, c’est ce que l’on apprend normalement à la maison, plus précisément le domaine social, et comportemental; savoir comment se comporter avec les autres, les notions de respect d’autrui, de politesse, de savoir vivre.  Lors de la Révolution tranquille, on créa le Ministère de l’éducation, nom qui amènera les gens à croire que les mots “instruction” et “éducation” sont tout simplement synonymes.  Puis, les obligations toujours plus nombreuses, les deux parents qui travaillent à l’extérieur, etc., ont amené les parents à déléguer leurs responsabilités sociales – l’éducation de leurs enfants – vers les écoles.  Finalement, le gouvernement québécois a aussi pris sur lui de garder les enfants d’âge préscolaire, avec un réseau de garderies – les Centres de la petite enfance (CPE) – pour lequel les parents ne paient présentement que 7 dollars par jour de garde, le reste étant à la charge de l’État, donc des contribuables.  Résultat; les enfants n’apprennent pas les mêmes normes sociales que leurs parents, ce qui crée une coupure, entre parents et enfants.  On se demandera pourquoi les enfants n’ont plus de respect pour personne!

Bref, presque tout reste à apprendre, sur les détails entourant le suicide de Marjorie Raymond, et les prochains jours devraient apporter un éclairage plus précis des tenants et aboutissants de toute cette affaire.  Je tenterai d’y revenir, dans les prochains jours.  Par contre, pour l’instant, je ne peux que déplorer le fait que les relations parents-enfants ne soient plus ce qu’elles étaient, avant que le gouvernement s’en mêle.

Je suis allé sur le Plateau Mont-Royal!

Il est rare que je fasse des apparitions publiques, mais cette fois, je me suis laissé convaincre.  Enfin, je suis passé incognito, mais j’étais là!

Jeudi dernier, sur Twitter, le chroniqueur Éric Duhaime a lancé l’invitation d’aller s’acheter des chaussures à la boutique Le Marcheur, située sur la rue Saint-Denis, au coeur du Plateau Mont-Royal, à Montréal, ce samedi 18 décembre, entre 13 et 15 heures.  Pas qu’il ait quelconque lien avec les propriétaires de cette boutique, ni pour une signature d’autographes, mais plutôt pour montrer à quelques manifestants qu’ils n’empêcheront pas les propriétaires de faire des affaires.  Et en effet, il y avait foule, dans le magasin.  C’est que depuis une dizaine de semaines, des manifestants, du groupe de pression Palestiniens et Juif unis (PAJU), se réunissent devant cette boutique de la rue Saint-Denis, pour manifester contre la situation qui prévaut en Israël; il semble que les palestiniens feraient l’objet d’un véritable régime d’apartheid, selon les dires des manifestants.

Vous allez me demander “Mais pourquoi devant cette boutique en particulier?”, et je vais vous le dire, évidemment.  C’est que parmi la sélection de chaussures de la boutique Le Marcheur, il y a la marque Beautifeel, une collection de chaussures pour dames, et que ces chaussures sont fabriquées… en Israël!  Il ne s’agit pas d’un produit de contrebande; les Beautifeel sont vendues au Québec, comme de nombreux produits israéliens, en vertu d’une entente de libre-échange entre le Québec et Israël, entente comme il en existe avec plusieurs autres nations à travers le monde.

Bref, tous les samedis après-midi, depuis octobre, les manifestants de PAJU pratiquent la bonne vieille tactique des communistes québécois, à savoir de s’en prendre à des innocents, un innocent commerçant, dans le cas présent, qui ne font que gagner honnêtement leur vie, au lieu d’aller manifester directement à l’endroit où il faudrait le faire, c’est à dire, en l’espèce, devant l’ambassade israélienne.  C’est connu, on aime mieux s’en prendre à plus petit que soi, chez les communistes!  Et comme PAJU est soutenu, entre autres, dans cette affaire, par Amoudjafar Khadir, communiste connu et reconnu, qui est le père du député local, il est clair que l’on utilise les méthodes communistes.

Là où le bât blesse, c’est quand le député Amir Khadir lui-même se mêle aux manifestants, en distribuant des tracts, et en encourageant les gens à ne pas entrer dans la boutique.  Ce faisant, il nuit aux affaires d’un honnête commerçant de sa propre circonscription, et cela me laisse sans voix.  On demande aux députés de ne pas se mettre en situation de conflit d’intérêt, et Amir Khadir ne se prive pas de le rappeler aux autres membres de l’Assemblée nationale, lorsqu’il a des doutes, en la matière.  Pendant ce temps, le porte-parole de Québec solidaire ne se prive pas de frayer avec des groupes radicaux, et de poser des gestes qui ne sont pas dignes d’un député à l’Assemblée nationale.

Aussi, dans cette affaire, je demande au député de Gouin° de choisir son camp; député, ou activiste.  S’il veut continuer de militer pour les communistes, de fronder des chaussures (l’attrait de la godasse est manifestement fort, chez ce bonhomme!), ou de nuire aux affaires d’un commerçant, qu’il renonce à son poste à l’assemblée nationale!

Ah oui, je disais que je suis allé sur le Plateau.  En fait, je suis allé à la boutique Le Marcheur, et je me suis acheté de superbes pantoufles; elles sont si confortables que j’ai l’impression de marcher sur un nuage!  Le plus drôle, c’est qu’avant d’entrer dans le commerce, une dame m’a tendu un tract, dénonçant la situation pour laquelle PAJU manifeste.  Je lui ai répondu que leur groupe n’était pas écologique, parce qu’ils gaspillent des arbres pour imprimer leur propagande, et en sortant, j’ai souhaité à la même dame une bonne fin de journée, en lui montrant fièrement le sac, à l’effigie du magasin.  Je suis ensuite allé acheter le portable sur lequel je tape ce billet, mais ça, c’est une autre histoire.

° J’ai fait une erreur; Amir Khadir n’est pas le député de Gouin, mais bien le député de Mercier.  Merci à GC pour le correctif.

Circulation: C’est bouché, à Montréal, et NAVTEQ l’a vu!

Selon un article de Canoë.ca, l’autoroute 15 serait l’un des segments de route les plus congestionnés en Amérique du Nord; l’article prend ses données d’une compilation publiée lundi dernier (22 novembre) par l’agence NAVTEQ, une agence basée à Chicago, qui fournit des données cartographiques aussi variées que la densité de circulation, les routes fermées, ou encore la hauteur libre sous les ponts et viaducs.  En fait, la plupart des véhicules équipés de GPS reçoivent leurs données de l’agence NAVTEQ, et c’est aussi le cas de la majorité des services cartographiques sur téléphones mobiles et sur internet.  Cette compilation, publiée juste avant le Thanksgiving américain, montre aussi qu’à l’exception de New York, la seule ville à revenir deux fois dans le top 10 est nulle autre que… Montréal!

Quand on prend le temps de regarder la description faite dans l’article de Canoë.ca, on se rend toutefois compte qu’il ne s’agit pas vraiment de l’autoroute 15 comme tel; l’article décrit la route en question comme étant “le tronçon est de l’autoroute 15, située entre les boulevards Décarie et L’Acadie”.  En fait, si l’on comprend bien la description faite, il s’agit plutôt de la Métropolitaine, vers l’est, soit la section que l’on appelle communément “entre les deux 15”.  Ce tronçon de route se situe au troisième rang des routes les plus congestionnées sur le continent, derrière le Brooklyn-Battery Tunnel, vers le nord, ainsi que le George-Washington Bridge, en direction est, respectivement première et deuxième, les deux étant situées à New York.  On peut aussi voir que le George-Washington Bridge, dans l’autre direction, arrive au sixième rang du top 10, alors que la Métropolitaine, vers l’ouest, n’y figure pas; elle doit probablement arriver au 11e, ou au 12e rang!  L’autre route congestionnée de Montréal, qui se retrouve au 5e rang du palmarès, est la route 138, en direction ouest.  Nous pouvons présumer qu’il s’agit du tronçon du pont Mercier.

À voir l’ampleur de la tâche de l’agence NAVTEQ, qui célèbre ses 25 ans, cette année, on peut bien leur pardonner leurs petites erreurs de précision; ses quelques 400 experts surveillent la circulation dans 113 marchés différents, dont plusieurs sont suivis 24 heures par jour, 7 jours par semaine.  Dans le communiqué de NAVTEQ, sur lequel Canoë.ca a basé son article, on peut lire que “le personnel de l’agence compile plus de 45 millions d’incidents de circulation par jour, et qu’à moins de garder les gens à la maison, il n’y aura pas vraiment moyen d’échapper à la foule; les aéroports seront remplis, devant composer avec 24 millions de passagers, alors que les routes populaires de trains et d’autocars n’auront plus que des places debout à offrir.  Et tout cela mis ensemble n’accommodera que 15% des gens qui se déplaceront pour le souper du Thanksgiving; les 85% restants vont prendre la route, et plus de la moitié d’entre-eux s’attendent à faire un voyage de plus de 60 milles (96 kilomètres).” (Traduction libre)

Alors à l’avenir, quand vous regarderez votre GPS, vous saurez que beaucoup de gens travaillent derrière le petit écran.  Et que Montréal est, après New York, la ville la plus congestionnée en Amérique du Nord.  Et dire qu’il y en a qui ne veulent pas augmenter la capacité de Turcot!

Échangeur Turcot: Préparez-vous au pire!

Depuis quelques semaines, on entendait moins parler du projet de reconstruction du complexe Turcot.  Mais maintenant, préparez-vous à en voir – et à en lire – des vertes et des pas mûres!  Le projet, revu et corrigé par le MTQ, qui soit dit en passant, paiera la facture à 100%, doit être dévoilé au public mardi, alors que les membres du conseil exécutif, et les chefs des partis d’opposition, de la ville de Montréal, ont eu droit à une avant-première, cet après-midi.

De ce que l’on en sait (vous avez accès à pas moins d’une vingtaine d’articles, en cliquant ici), le nombre de structures en hauteur passerait de presque rien à 40%, réduisant substantiellement le nombre de celles préalablement prévues en remblais, et le nombre d’expropriations, qui se situait d’abord à 160 unités de logement, serait également réduit.  Par contre, sans même en savoir davantage, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a décidé de ne pas être solidaire du conseil exécutif de la ville de Montréal.  Il avait même menacé de quitter cette instance, si la nouvelle mouture du projet ne lui convenait pas.  Devant la situation, le maire, Gérald Tremblay, a décidé de prendre les devants, et de montrer la porte du conseil exécutif à Bergeron.  Celui-ci, en conférence de presse, aujourd’hui, promettait une bataille de tous les instants, maintenant qu’il a retrouvé, disait-il, son droit de parole.

Mon point de vue, là-dessus, est qu’il faudrait d’abord, avant d’avancer quoi que ce soit, prendre connaissance du projet en tant que tel, ce que les élus ont fait aujourd’hui même.  Je m’attends donc à du déchirage de chemise de la part de Richard Bergeron, disant qu’il avait bien raison de vouloir démissionner.  Ensuite, une fois cette étape franchie, ainsi que celle du dévoilement public, mardi prochain, il faudra procéder rapidement.  Parce que, voyez-vous, l’échangeur Turcot, pour le bénéfice de l’information de ceux qui n’y sont jamais passé, est en train de tomber en ruines.  Et le mot est faible!  Pour assurer l’unique surveillance de l’infrastructure, question de pouvoir déceler la moindre défectuosité susceptible de causer des dangers, autant à ceux qui roulent dessus qu’à ceux qui vivent en-dessous, il en coûte annuellement, au MTQ, la modique somme de 10 millions$, que se partagent pas moins de trois firmes de génie-conseil.  Et ce montant ne comprend pas la réparation du moindre nid-de-poule!

Quant à ceux qui sont curieux, allez prendre une marche dans les rues qui bordent l’échangeur, de façon à le voir d’en-dessous.  Lorsque vous aurez tout vu, vous viendrez me dire si vous avez confiance que l’échangeur actuel va durer jusqu’en 2017, ou 2018, moment prévu où les nouvelles infrastructures seront complétées.  Et ça, bien sûr, c’est à condition que tout tourne rondement, sur le chantier.  Pour ma part, quoique je roule encore sur les bretelles de l’échangeur quand il le faut, même en camion, j’ai l’impression qu’une section de l’échangeur va s’effondrer au sol bien avant que les travaux soient complétés, et le nouvel échangeur ouvert au public.  C’est que, voyez-vous, je crois que j’aurai le temps de mourir de vieillesse avant que le nouvel échangeur Turcot soit complété.