Régie du logement: Avec des fonctionnaires comme ça,…

Le gouvernement du Québec devait dévoiler aujourd’hui le nouveau formulaire de bail.  Il fut le fruit d’un long processus de révision, le plus important depuis 1996, si l’on se fie à cet article, publié il y a une semaine sur le site Argent de Canoë.ca.  Or, au cours de la préparation de ce nouveau formulaire, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) avait fait différentes requêtes, dont la principale fut de retirer la section G du bail, dans laquelle le propriétaire était obligé d’indiquer le loyer précédent.  Or, cette requête fut rejetée par le gouvernement.

On peut être pour ou contre ce développement, et ce dépendamment des bottes que l’on chausse.  Selon l’article, Hans Brouillette, porte-parole de la CORPIQ, fut fort déprimé de la décision; non seulement cette section n’a-t-elle pas été retirée, elle sera même mise en évidence, surlignée en jaune fluo, juste à côté des signatures du propriétaire et du locataire.  On peut lire dans l’article que “la section G incite les locataires à contester une hausse de loyer et ça ne permet pas de remettre les loyers au niveau du marché”, selon Hans Brouillette.  “En cas de litige, le locataire va toujours gagner.”  Quant à Martin Thériault, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), il réagit dans une direction diamétralement opposée.  “Si un locataire n’a aucune idée du loyer précédent, il ne pourra pas s’opposer à une hausse abusive”, mentionne-t-il, précisant que la section G permet au locataire de prendre conscience de ses droits.

Ce qui me répugne au plus haut point, dans toute cette affaire, n’est pas la réaction, somme toute prévisible, de l’une ou de l’autre des parties, mais plutôt celle de la Régie du logement du Québec, par l’entremise de son porte-parole, Denis Miron.  Celui-ci a déclaré, entre autres, que “La section G du bail réfère à des articles du Code civil du Québec qui n’ont pas été modifiés par le gouvernement”, ce qui n’est pas faux.  Et ce n’est pas cette citation qui me donne de l’urticaire.  C’est plutôt le passage précédent, dans le même paragraphe de l’article, que l’on identifie comme un rappel de la Régie;

Une augmentation de loyer n’obéit pas aux lois du marché, mais aux lois de la province”.

Par cette simple déclaration, la Régie du logement confirme, noir sur blanc, qu’elle s’ingère carrément dans le marché de l’immobilier locatif, et qu’elle a un parti pris on ne peut plus clair en faveur du locataire.  Le surnom de “Régie du locataire”, qu’elle s’est attirée depuis des années, semble donc tout à fait justifié!  Dans les faits, celle-ci semble oublier que les produits et services nécessaires à l’entretien et à la réparation des édifices à logements, qu’il s’agisse d’un simple duplex, ou de tout un parc immobilier, voient leur prix obéir aux lois du marché, et non pas à celles de la province.  Si les propriétaires de grands parcs immobiliers peuvent toujours profiter de certains prix de gros sur les matériaux, en plus de se payer quelques employés permanents, le petit propriétaire de duplex sera à nouveau défavorisé puisqu’il devra payer le prix de détail pour ces produits et services, d’une part, et d’autre part, qu’il ne bénéficiera de bien peu, sinon d’aucune aide gouvernementale.  Il y aura donc encore plus de gens, parmi les petits propriétaires, qui verront l’immeuble à revenus qu’ils ont acquis dans le but d’amasser de l’argent pour leurs vieux jours, devenir… un immeuble à dépenses.  Et là, je n’ai pas encore parlé des taxes, municipales et scolaires, dont les récents taux d’augmentation annuelle furent beaucoup plus vertigineux que ceux accordés aux loyers par la Régie du logement.

Évidemment, je ne dis pas ici que tous les propriétaires sont excellents, ni que tous les locataires sont détestables.  Par contre, il est clair qu’avec des fonctionnaires comme ça, ce n’est pas demain la veille du jour où la propriété locative deviendra une opportunité souhaitable pour faire des profits, si petits puissent-ils être.  Pour information, le nouveau formulaire de bail devrait être disponible aux lieux de distribution habituels aux environs de février 2015, juste à temps pour les renouvellements de juillet prochain.

Conflit étudiant: Monsieur Charest, c’est maintenant l’heure!

Ça doit bien faire une dizaine de semaines que ça dure, maintenant.  Ce qui avait débuté par des marches dites « pacifiques » a désormais dégénéré en des séances d’anarchie « stagées », mettant en vedette des groupuscules comme le Black Block.  Ce qui était somme toute sympathique au début est maintenant devenu dangereux.  Et quand quelque chose devient dangereux pour la population (des manifestants lançaient des projectiles sur les véhicules circulant sur l’autoroute Ville-Marie, depuis l’avenue Saint-Laurent!), les représentants de ladite population, les élus, doivent agir, afin que cela cesse.  C’est pourquoi je m’adresse aujourd’hui à mon premier ministre, Jean Charest.

*********************************************

Monsieur Charest.

Le conflit étudiant dure maintenant depuis dix bonnes semaines.  Or, on constate de plus en plus que l’augmentation de 325$ par année, pendant 5 ans, des frais de scolarité aux études universitaires, est devenu un accessoire, tant les revendications changent de jour en jour, pour ne pas dire d’heure en heure.  Devant la casse que tout cela occasionne, et le danger qu’un jour ou l’autre, il se produira un incident regrettable, qui entraînera mort d’homme, il faut que le gouvernement, dont vous êtes le principal représentant, prenne les choses en mains, et mette fin à cette situation, qui dure depuis déjà trop longtemps.

Comme les étudiants, même s’ils n’y sont pas assujettis, se campent dans les méthodes du Code du travail, dans l’évolution de leur conflit – du moins jusqu’à tout récemment, je vous suggère d’intervenir de la façon qu’un gouvernement agit quand un conflit de travail dégénère, et atteint un point de non-retour.  Et j’ai nommé le recours à une loi spéciale.

Une loi avec des dents, comme on dit à l’occasion.

Une loi qui agirait simultanément sur deux fronts; directement sur le retour en classes des étudiants, d’une part, et d’autre part sur l’empêchement systématique dudit retour en classes.  Et qui, dans les deux cas, entraîneraient des conséquences lourdes, en cas de refus d’obtempérer.  Par exemple, sur le premier front, un étudiant refusant de se présenter à ses cours se verrait imposer une amende de 1000$ par jour de refus.  Autre exemple, cette fois sur le deuxième front, quiconque (étudiant, prof, anarchiste, etc.) empêcherait un étudiant de se présenter à son cours se placerait en situation d’outrage, ce qui l’exposera à sept jours de prison par acte d’empêchement.

Nous savons que la session d’hiver de 2012 n’est pratiquement plus récupérable, maintenant.  Alors autant agir sur le retour de l’ordre public.  Aussi, aucun diplôme ne devra être émis pour cette session, qui ne sera prolongée d’aucune façon, et dont les examens habituels se dérouleront aux dates prévues, les résultats de ceux-ci servant à établir la priorité d’admission à la session suivante; les cours restants pourraient porter sur une éventuelle préparation à la prochaine session, celle qui commencera en août prochain, avec la loi spéciale qui continuera de s’appliquer pour deux ans.  Comme les profs ont soutenu, pratiquement en bloc, la soi-disant « lutte » des étudiants, ils devront composer avec le fait qu’aucun cours se sera prolongé, ce qui signifie aucun revenu supplémentaire pour eux.  Le fait de ne pas prolonger la session permettra aux étudiants d’occuper des emplois d’été de façon normale, afin qu’ils puissent engranger de quoi payer les frais de scolarité pour la session à venir.

Monsieur Charest, vous vous êtes permis de blaguer, à propos du conflit étudiant, vendredi dernier, lors de l’inauguration du Salon Plan Nord; c’est maintenant le temps de prouver à vos commettants qu’il y a un temps pour badiner, et un temps pour passer aux choses sérieuses.

Merci de votre attention.

Bienvenue à Saint-Barthélémy!

À travers ce superbe média qu’est Le blogue (merci à WordPress, en passant; même si je suis là depuis trois ans et demi, je n’ai eu à affronter aucune augmentation de tarif!  À tous les mois, ça me coûte gratis!), je vous ai montré toutes sortes de choses; de l’eau, des chantiers, des routes en décrépitude avancée, et encore de l’eau, beaucoup d’eau!  Cette fois, je vous amène à Saint-Barthélémy, municipalité située à la limite des régions de Lanaudière et de la Mauricie.

Cette municipalité a fait parler d’elle il y a presque un an, alors que le maire de l’endroit, Pierre Roy, a soulevé l’ire de plusieurs de ses concitoyens en s’accordant une légère augmentation de salaire de… 400%!  Pas de 400 dollars, mais bien 400 pour cent!  Le salaire du maire était, à l’époque, de 10,500$, et il l’a augmenté à 42,000$, à savoir 28,000$ de salaire proprement dit, auquel s’ajoute 50% du salaire en compensation des dépenses encourues, soit 14,000$, le tout pour un total de 42,000$.

Vous me direz qu’un simple maire d’arrondissement, à Montréal, gagne 60,000$ de salaire de base, à part les dépenses, les comités, etc.  Oui, c’est vrai, mais la municipalité de Saint-Barthélémy ne compte que 1973 personnes, selon les derniers chiffres du Répertoire des municipalités du gouvernement du Québec.  On en parlait, l’an dernier, sur le site web Canoë; un vidéoreporter, Frédéric Perreault, avait réalisé cet article, doublé d’une vidéo, sur toute l’affaire.

À Saint-Barthélémy, on doit s’occuper de tous les problèmes du réseau routier local, et cela comprend, bien sûr, les ponts qui ont dépassé leur durée de vie utile.  Nous voyons donc ici ce qui, je l’espère, est une solution temporaire; un pont installé par-dessus un autre pont!  Je ne sais pas si c’est une idée du maire Roy, pour « sauver de l’argent », mais ça laisse perplexe!

On voit bien, ici, que le pont temporaire repose tout simplement sur l’ancien pont, qui n’a jamais été retiré!  On m’a même dit qu’il s’agissait… d’un pont loué!  J’espère que le maire a obtenu un bon prix, parce que je n’ai aucune idée du loyer d’un pont.  Cette scène se déroulait en février dernier, sur le rang du Fleuve.

Nous sommes maintenant à la sortie est du village, sur le chemin York.  La signalisation montre bien que l’asphalte, à cet endroit, a été retiré.  Je ne sais pas pour quelle raison; probablement pour l’installation de conduites d’eau, ou de gaz, je ne pourrais dire.  Reste que le pavage fut retiré sur environ la moitié de la largeur de la route, et à certains endroits, sur toute sa largeur.  Mais le problème, c’est qu’on a l’impression que ça fait deux ans, que l’asphalte a été enlevé!  Il n’y a pas l’ombre d’un travailleur, sur les lieux!

Au moment de la prise de la photo, il faisait doux, la neige fondait, et le chemin York ressemblait à une « trail à vaches ».  Avec le printemps qui n’en finit plus de finir de s’installer, il est clair que la route n’est pas des plus praticables.

Aussi, les utilisateurs du chemin York roulent parfois à droite, parfois à gauche, selon l’état de la partie sans asphalte, et le niveau de confort de leur véhicule, entre autres raisons.  Et c’est comme ça que ça se passe sur environ 800 mètres.

L’article de Perreault se terminait sur une certaine note d’espoir, disant que c’est à la longue que l’on saura si l’augmentation de salaire de 400% du maire Pierre Roy sera vraiment justifiée!  En tout cas, jusqu’à maintenant, il semble que les économies se font particulièrement sur le dos des usagers de la route!

Le Medley ferme ses portes: Pauvre LNI!

Le site web de LCN nous apprenait, hier, que le Medley fermera ses portes en décembre prochain.  La direction de la salle de spectacles affirme qu’une faible rentabilité, ainsi que les coûts « énormes » d’une éventuelle rénovation de l’édifice, qui a d’abord abrité « le Vieux Munich », créé en 1967, la force à cesser ses activités le 31 décembre qui vient.  L’article nous informe aussi qu’en raison de la situation qui prévaut au Medley, la Ligue nationale d’improvisation (LNI) devra se trouver une autre salle pour présenter ses matches d’impro.  Celle-ci revient donc à la charge pour réclamer un domicile permanent – rien de moins, afin d’éviter, évidemment, d’avoir à revivre un autre scénario de déménagement.

Est-il nécessaire d’ajouter que plusieurs comédiens appuient l’idée de doter la LNI d’un domicile permanent; l’article nomme le député péquiste Pierre Curzi, ainsi que Raymond Legault, Jacques L’Heureux, Pierrette Robitaille et Marcel Sabourin.  La direction de la LNI a rappelé, pour sa part, que l’organisme culturel a déjà sensibilisé la ministre de la culture, Christine St-Pierre, à la situation que vit la troupe, qui existe depuis maintenant 32 ans.

Et devinez donc qui devra payer ce domicile permanent.

Comme vous le savez sûrement, le citoyen a le dos large, et le portefeuille bien garni, surtout en ces temps de crise économique, et paiera bien sûr un domicile permanent à la LNI.  Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas aussi en fournir un à la gang de Broue?  Le Québec est l’état le plus taxé en Amérique du Nord, et pis après?  Les syndicats du public et du para-public ne demandent que 11,25% d’augmentations salariales sur trois ans; il doit sûrement rester de la place, sur la marge de crédit de notre bon gouvernement, pour un domicile permanent à la LNI.  Et pendant que nous y sommes, on pourrait en confier la construction à des entreprises appartenant à Tony Accurso.  Le pauvre, il vient de perdre son auberge, à la pourvoirie Aventure Joncas, dans le parc de La Vérendrye, victime d’un malheureux incendie; le contrat du domicile permanent de la LNI lui permettrait de se refaire les poches, et de reconstruire son auberge, dans laquelle la Fraternité interprovinciale des ouvriers en électricité (FIPOE, affiliée à la FTQ) était également impliquée.

Je sais, j’exagère.  À peine.

Mais je me demande bien ce que feraient, dans la vraie vie, les artistes, s’ils n’avaient pas le gouvernement, pour leur accorder plein de largesses.  La LNI était au Medley depuis 10 ans; savez-vous qu’en dix ans, il y a des gens qui déménagent tellement souvent que je dois prendre les doigts de mes deux mains pour les compter?  Compter les déménagements, pas les gens!  Vous allez me dire que ces gens-là, ce ne sont pas des artistes.  Peut-être, mais qu’est-ce qu’on en sait?  Un déménagement aux dix ans, ça ne fait pas mourir son homme, que je sache!  D’ailleurs, la LNI n’hésite pas à se déplacer pour présenter des matches « sur la route ».   J’allume, là; la LNI veut un nouvel amphithéâtre!  Ils n’ont qu’à aller voir le maire de Montréal, fraîchement réélu, Gérald Tremblay; celui-ci doit sûrement rêver de damer le pion à son homologue québécois, Régis Labeaume, qui veut obtenir, lui aussi, un nouvel amphithéâtre qui servira à accueillir une éventuelle concession de la LNH.  Après tout, LNI, LNH, ça se ressemble, non?

Personnellement, si la LNI veut un domicile permanent, elle n’a qu’à aller sur le marché, s’acheter un terrain, et se le construire, mais surtout, elle doit se le payer elle-même.  En tant que contribuable, j’ai le citron suffisamment pressé comme ça; je paie pour beaucoup trop de choses que je ne veux pas.  J’espère que le gouvernement se tiendra debout, et que la LNI se contentera de puiser dans les nombreux programmes culturels existants.  Voilà.

Turcot: Des demandes utopiques!

Selon un article de Serge Forgues, de l’agence QMI, repris par le site Canoë, le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) exhorte la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet, d’intégrer la réduction de la circulation automobile au projet de réfection de l’échangeur Turcot. L’article mentionne qu’aux dires du CRE-Montréal, 94 % de tous les mémoires déposés lors des audiences, qui se sont dernièrement tenues devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), à tout le moins les mémoires qui traitaient de l’enjeu de la circulation, en viennent à la conclusion que de réduire le nombre de véhicules circulant dans le secteur est souhaitable.

Remarquez bien que d’éliminer toute la pollution dans le monde est également souhaitable.  La grande majorité des gens souhaiterait aussi faire plus d’argent tout en travaillant moins. Mais le fait qu’une chose soit souhaitable ne signifie pas nécessairement qu’elle soit pour autant réalisable. Le CRE-Montréal semble oublier que l’échangeur Turcot est l’une des principales plaques tournantes – sinon la principale plaque tournante – de la circulation automobile dans le grand Montréal, et que la réduction de sa capacité se traduira forcément par une circulation accrue dans le réseau local. Le plus bel exemple de ce que j’avance est la rue Notre-Dame, vers l’est; à chaque fois qu’il y a problème, sur cette artère, le quartier Hochelaga-Maisonneuve est pris d’assaut par les automobilistes qui cherchent une porte de sortie.

Mais la palme de la citation la plus utopique revient à Richard Bergeron, chef du parti politique Projet Montréal; « On doit déclasser Turcot sur l’axe est-ouest, afin de faire passer de 150 000 à 50 000 le nombre de véhicules circulant quotidiennement entre l’échangeur Turcot et le tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine. »  En lisant une telle déclaration, on voit tout de suite le lien entre cette formation politique et Québec suicidaire (1).  Bien sûr, que je vous crois, monsieur Bergeron.  Et les 100,000 personnes (en imaginant qu’elles sont seules, dans leur véhicule) que vous voulez retirer de la circulation, elles vont se déplacer comment, en parachute?  Et les personnes que vous souhaitez éliminer de la circulation, monsieur Bergeron, vous les choisissez selon quels critères; vous tirez à la courte paille?  Le réseau de transport en commun n’a définitivement pas la capacité d’absorber une augmentation de 100,000 usagers, dans l’axe est-ouest, entre les rues Notre-Dame et Sherbrooke.  Et ça, vous le savez autant que moi, monsieur Bergeron.

J’ai une autre idée, pour ceux qui rêvent d’air pur; allez vivre à la campagne, dans le bois, sur le bord d’une rivière, au bout d’un champ de maîs, n’importe où, mais quittez Montréal!  Au cas où vous ne vous en seriez pas encore rendus compte, Montréal, c’est une ville, avec des camions, et des voitures, qui circulent, et des gens dedans, qui espèrent se rendre là où ils veulent aller.  D’ailleurs, l’échangeur Turcot a été construit, il y a plus de 40 ans, pour aider ces personnes à se rendre à destination, et ce plus rapidement qu’à pied.  Or, si les gouvernements n’ont pas ajusté le réseau routier en fonction du nombre d’utilisateurs de la route, ce n’est pas la faute de ces derniers, puisque ceux-ci ont payé plus que leur part en taxes et impôts de toutes sortes.

Une réduction de la capacité de l’échangeur Turcot tient tout simplement de l’utopie.  Il s’agit d’ailleurs d’un autre exemple flagrant qui illustre bien que les propos de Frédéric Bastiat, dans son pamphlet intitulé « Ce qu’on voit, et ce qu’on ne voit pas« , sont encore très à propos, même si l’auteur est décédé en 1850.  Le CRE-Montréal, et Richard Bergeron, croient que si l’on réduit la capacité de l’échangeur Turcot, moins de véhicules vont l’emprunter.  C’est ce qu’on voit.  Ce qu’on ne voit pas, c’est que d’abord, la capacité d’une artère routière est souvent théorique; l’autoroute Décarie fut construite avec une capacité de 90,000 véhicules par jour, si l’on comprend la circulation sur les six voies rapides, et les six voies de service, alors que selon des chiffres qui datent des environs de l’an 2000, les seules voies rapides supportaient en moyenne 120,000 véhicules par jour.  Et c’est qu’ensuite, on sait que lorsqu’une voie de circulation est remplie à capacité, les utilisateurs cherchent des alternatives, dans le but de gagner du temps, et que ces alternatives passent souvent par le réseau des rues locales.  Et je crois sincèrement que ce n’est vraiment pas ce que recherchent les gens du quartier Saint-Henri.

(1) Bon, je m’excuse, mais ce fut plus fort que moi.

Réjean Parent: L’art de dire n’importe quoi

La Presse canadienne rapporte, dans un article de Rémi Nadeau, et repris par le site web Canoë, que le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, accuse le député démissionnaire de la circonscription de Rousseau, le péquiste François Legault, de colporter un « mantra » néolibéral.  Il ajoute, avec ironie, que les libéraux sont devenus plus social-démocrates que les péquistes.  Selon Parent, les employés se tuent à l’ouvrage pendant que l’ancien ministre répand un discours néolibéral, le tout bien sûr en réaction à la sortie récente de Legault, au sujet des « vaches sacrées » québécoises.  Je risque de ne pas me faire aimer de Réjean Parent, et de plusieurs membres de la CSQ, mais je dirai que le monsieur vient de démontrer qu’il est vraiment excellent dans l’art de dire n’importe quoi, probablement dans le but d’attirer l’attention des journalistes sur le congres annuel de la CSQ, qui s’ouvre ce vendredi.

Dans les faits, j’ose avancer que l’un n’empêche pas l’autre.  Il est tout à fait probable que les employés – en général – se tuent effectivement à l’ouvrage, mais les demandes syndicales répétitives, depuis la révolution tranquille, ont tellement pollué le système gouvernemental que les gens travaillent comme des damnés, et ce sans apporter de résultats convaincants, aux yeux de la population.  Un peu comme le hamster qui court dans sa roue, sans avancer d’un seul centimètre, le personnel s’essouffle, mais les résultats continuent à laisser sérieusement à désirer.  Aussi, dans le contexte actuel, seule une réorganisation complète du travail, sur la base du rendement, ou des performances, pourrait apporter l’amélioration de l’efficacité que souhaite François Legault.  Mais ça, les syndicats, dont la centrale que préside Réjean Parent, n’en veulent pas.  Pire encore, les centrales se sont regroupées en front commun, afin d’exiger une augmentation de 11,5% sur trois ans.  Comme si les contribuables avaient les moyens d’avancer de telles sommes, surtout en cette période que nous traversons.

Bref, Réjean Parent, en plus de vouloir passer aux nouvelles, essaie de brasser la cage à ses membres, afin de les mobiliser vers les objectifs inatteignables que le front commun s’est fixé.  Mais en le faisant de cette façon, il prouve à tout le monde qu’il est carrément déconnecté de la réalité.

Information: Comment décoder la « vraie » nouvelle, dans un article publié?

D’aucuns diront que lorsque l’on s’informe, que ce soit à la télé, à la radio, dans les imprimés ou sur le web, il faut aller au fond des choses, et ne pas se contenter du grand titre.  J’irais même plus loin, et j’avancerai qu’il faut aussi prendre le temps de bien saisir les nuances, qui sont mises dans un texte, que celui-ci soit lu par quelqu’un ou par vous-même.  Il arrive même, et plus souvent qu’on puisse le croire, que le titre n’ait plus rien à voir avec la « vraie » nouvelle.  Le site Canoë nous en montre un exemple on ne peut plus flagrant, aujourd’hui, avec cette dépêche, au sujet du nombre de journées où l’air est nocif, à Montréal.

Voyons d’abord le titre, « Le nombre de journées où l’air est nocif a doublé« .  Avec un tel titre, on s’attend que le nombre de journées soit passé du simple au double.  Or, c’est loin d’être le cas, si l’on se fie à la première ligne de la manchette; celle-ci vient carrément démentir le titre.  La première ligne du texte dit « Ce n’est pas qu’une impression; le nombre de journées où l’air est nocif à Montréal a augmenté de plus de 50 pour cent en 2008. »  Le drame vient donc d’être coupé en deux.  Les chiffres viennent dans la phrase suivante; « La Ville a recensé 68 jours où l’air était de mauvaise qualité l’an dernier, alors qu’il y en avait eu seulement 44 en 2007. »  Ceci vient confirmer que le nombre de jours n’a jamais doublé; le double de 44 est 88, et non pas 68.  Viennent ensuite les explications, à savoir que « Il semble que tous ces épisodes soient attribuables à une forte concentration de fines particules polluantes, dont la majorité est émise par des poêles et des foyers au bois. La météo serait aussi responsable puisque la pluie fait en sorte que les particules sont projetées au sol; donc l’air est moins pollué. »  Dans ces deux phrases, mises bout à bout, on vient installer une confusion suffisante pour permettre au lecteur de finalement s’accrocher au seul titre de la manchette.  Puis on complète le texte avec la phrase suivante; « Lorsque l’été est pluvieux, comme en 2007, on compte moins de jours où la qualité de l’air est mauvaise. »  Elle vient couronner le tout, et ajouter à la confusion.  Si l’on ne se questionne pas sur la provenance de l’information, on serait porté à finalement ne retenir que le titre, puisque le reste demande plus de réflexion, afin de tout décoder, et en venir à croire que oui, l’air fut nocif deux fois plus souvent en 2008 qu’en 2007.

Prenons le temps de décoder, maintenant.  Remettons le texte du court article, afin d’en refaire le tour.

Ce n’est pas qu’une impression; le nombre de journées où l’air est nocif à Montréal a augmenté de plus de 50 pour cent en 2008.

La Ville a recensé 68 jours où l’air était de mauvaise qualité l’an dernier, alors qu’il y en avait eu seulement 44 en 2007.

Il semble que tous ces épisodes soient attribuables à une forte concentration de fines particules polluantes, dont la majorité est émise par des poêles et des foyers au bois. La météo serait aussi responsable puisque la pluie fait en sorte que les particules sont projetées au sol; donc l’air est moins pollué.

Lorsque l’été est pluvieux, comme en 2007, on compte moins de jours où la qualité de l’air est mauvaise.

D’abord, en affirmant que « ce n’est pas qu’une impression« , on vient presque dire au lecteur qu’il est carrément déconnecté de la réalité, s’il n’a remarqué aucune différence notable, entre 2007 et 2008, et que tout le monde a effectivement eu l’impression que l’air était plus nocif en 2008.  Cette affirmation met le lecteur en situation de doute sur lui-même, et sur ses propres connaissances, et va l’amener à croire qu’il va apprendre des révélations énormes, alors qu’en fait, le diffuseur a simplement créée la confusion nécessaire pour amener le lecteur à poursuivre sa lecture.  En affirmant ensuite que l’augmentation fut « de plus de 50 pour cent« , on ajoute le deuxième élément de confusion; 50 pour cent, c’est la moitié, soit une division par deux, alors que le titre parle du double, c’est à dire une multiplication par deux.  Ensuite, le diffuseur vient ajouter les chiffres, qui viennent confirmer qu’il s’agit bien de plus de 50 pour cent, sachant trop bien que le lecteur ne prendra pas le temps de contre-vérifier le calcul.  D’ailleurs, les chiffres sont eux-mêmes confondants; le double de 44 étant 88, le fait que le nombre de journées d’air plus nocif soit de 68 ajoute lui-même à la confusion, puisque si l’on ne retient que le dernier chiffre du nombre, deux fois 4 font 8.  Dès ce moment, le lecteur un peu plus sceptique ne se questionnera plus sur le calcul.  La cause invoquée, soit la « forte concentration de fines particules polluantes, dont la majorité est émise par des poêles et des foyers au bois« , ramène sur le tapis la nouvelle réglementation adoptée par la ville de Montréal, il y a quelques mois, sur le chauffage au bois, confirmant ici au lecteur qu’il peut dormir sur ses deux oreilles, parce que la ville a fait ce qu’elle devait faire, et ainsi, n’est désormais coupable de rien.  Avec le début de la phrase suivante, qui dit que « La météo serait aussi responsable (…)« , le lecteur persiste à croire qu’il n’y est pour rien, dans la situation, alors que si on prend le temps de bien lire, nous comprendrons que la météo n’a rien à voir avec l’augmentation du nombre de journées d’air nocif, au contraire, puisque la pluie vient clouer au sol lesdites particules polluantes, au lieu de les laisser dans l’air.  On vient achever le lecteur en disant que « Lorsque l’été est pluvieux, comme en 2007, on compte moins de jours où la qualité de l’air est mauvaise. »  Or, quand on y réfléchit bien, on parle de l’été pluvieux de 2007; vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui chauffent au bois… pendant l’été?  De plus, le fait de ne pas avoir les chiffres de 2006, dans le court article, empêche le lecteur de situer l’année 2007 parmi les pires années, ou encore parmi les moins pires, à cause de l’effet de la pluie.

Tout cela pour dire que cette information, diffusée sur LCN, et sur le site Canoë, est à prendre avec un gros grain de sel.  Par contre, les enviro-nazis n’hésiteront pas à prendre ce court entrefilet afin de confirmer que le désastre est à nos portes.