La ligne 747 de la STM: Concurrence déloyale!

Dans un article publié aujourd’hui sur le site Canoë, l’agence QMI, par l’entremise de Jean-Louis Fortin, nous informe que les chauffeurs de taxi fulminent, après avoir appris que la STM allait lancer, le 29 mars prochain, un nouveau circuit d’autobus, appelé “747”.  L’utilisation de la figure emblématique du gros porteur de Boeing n’est pas le fruit du hasard; le nouveau circuit reliera le centre-ville, plus particulièrement la gare d’autobus, près de la station de métro Berri-UQAM, et l’aéroport Montréal-Trudeau.

Les chauffeurs de taxi, qui chargent habituellement 38$ pour une course du centre-ville à l’aéroport, crient à l’injustice.  Facile à voir; le circuit sera accessible pour la modique somme de 7$, payée comptant, somme qui permettra également d’utiliser l’ensemble du réseau de la STM pour une durée de 24 heures.  Un titre valide pour 72 heures, principalement destiné aux touristes, sera aussi disponible moyennant 14$, alors que les détenteurs d’une carte CAM, ou TRAM, pourront utiliser gratuitement le nouveau service.

Évidemment, cela constitue une excellente nouvelle pour les bien des voyageurs, alors que la STM vise aussi les travailleurs de l’aéroport, avec ce nouveau circuit.  Par contre, les chauffeurs de taxi sont furax, et à mes yeux, avec raison.  Pourquoi?  Parce qu’ils doivent concurrencer avec un organisme public, qui puise dans les poches des contribuables – dont les leurs – pour financer ses services, alors qu’eux ne peuvent compter que sur leur clientèle pour couvrir leurs frais.  De là mon constat que la ligne 747 de la STM constitue – encore une fois – de la concurrence déloyale.  La STM défie la survie même des taxis, avec sa nouvelle ligne, et ce en toute légalité; or, qu’arriverait-il si les chauffeurs de taxi se regroupaient et nolisaient des autobus, pour concurrencer la STM?  On les mettrait en prison, car c’est illégal!  La STM jouit d’un monopole, sur l’île de Montréal (plusieurs citoyens de Montréal-Est l’ont appris à la dure!), et quiconque veut y lancer un service d’autobus doit obtenir le consentement de la STM.  C’était le cas de l’Aérobus, un service entre le centre-ville et Montréal-Trudeau assuré par le Groupe La Québécoise, que l’on pouvait prendre moyennant 16$ pour un aller simple.  Évidemment, ce service sera aboli; l’article ne mentionne toutefois pas si la firme, spécialisée en transport par autocar, abandonne son service de son plein gré, ou si elle fut forcée de le cesser par la STM.

Encore une fois, comme dans l’affaire des BIXI, les pouvoirs publics viennent s’immiscer dans un marché où certains peinent déjà à vivre.  Mais tout le monde sera content.  Bien sûr.  Mais quand on aura besoin d’un taxi,…

Publicités

Mirabel: ADM ne change pas d’idée

Un court article de la Presse canadienne, signé Rollande Parent, et publié sur le site Cybrepresse.ca, raconte qu’une centaine de citoyens en colère se sont présentés à l’assemblée annuelle d’Aéroports de Montréal (ADM), dans le but de se plaindre du bruit, et des vols de nuit, ainsi que pour demander le déménagement des activités aéroportuaires à Mirabel.  Le directeur général d’ADM, James Cherry, leur a répondu qu’il était hors de question de fermer l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, de Dorval, au profit du site de Mirabel.  Il ne faut pas compter non plus sur l’abolition des vols de nuit, ni de ceux très tôt le matin.

Il fallait s’y attendre; ADM vient d’investir plus d’un milliard de dollars, ces dernières années, pour rénover Montréal-Trudeau, y compris la construction d’une nouvelle jetée internationale.  À partir du moment où le gouvernement fédéral a consenti à ADM le maintien des activités à Trudeau, malgré que cet aéroport soit maintenant enclavé, c’était la fin des haricots pour Mirabel.  On a eu beau y implanter une zone franche, ça n’a rien changé.  Depuis que cette décision a été rendue, rien n’a pu faire reculer ADM.  Même si l’on avait construit l’A-13, plus un TGV entre l’aéroport des basses-Laurentides et le centre-ville de Montréal, on savait que l’administration des aéroports de la région métropolitaine se concentrerait sur celui de Dorval.

Au moins, le fait de donner le nom de l’ancien premier ministre libéral à l’aéroport de Dorval a eu du bon; cela nous donne une raison de plus de « sacrer après Trudeau ».