Échangeur A-40/A-640: Il faudra rénover tout ça!

En ce beau dimanche après-midi, que l’on avait d’abord annoncé comme orageux, l’échangeur A-40/A-640, aux limites de Charlemagne et de Terrebonne (Lachenaie), a été le théâtre d’un accident pour le moins spectaculaire.  Un camion-citerne, transportant des produits pétroliers, aurait, selon les premières constatations (mais cela reste à éclaircir), manqué la seconde courbe de la bretelle menant de l’A-40 est vers l’A-640 ouest.  Ce faisant, il aurait été déporté vers les glissières de sécurité longeant la voie de gauche de cette dernière, et se serait renversé sur celles-ci, le tout provoquant une explosion, suivie d’un gigantesque incendie.  Le bilan, selon ce que rapporte l’agence QMI dans cet article, serait d’un mort et de deux blessés.

Le problème, ici, comme on peut le voir sur cette image captée sur Google Earth, c’est que cette bretelle de l’échangeur, que j’ai surligné en rouge, est composée d’une ligne droite qui connecte deux courbes serrées, et la seconde l’est encore davantage que la première.  De plus, elle tourne de façon bête, puisqu’elle se retrouve au bout d’une ligne droite suffisamment longue pour permettre de prendre de la vitesse, et que la signalisation en place n’est pas particulièrement annonciatrice de la situation.A40A640CharlemagneBretelleA40EA640O  À tout le moins, elle ne l’était pas selon mes souvenirs de mes années de livraison, qui se sont terminées en 2012.  Les images de la bretelle, que l’on peut voir sur Google Street View, correspondent à ces souvenirs; un panneau suggérant une vitesse de 35 km/h, et quelques flèches peintes sur l’asphalte.

En fait, il faudrait revoir totalement cet échangeur, et le rénover au complet, afin d’éliminer ces courbes serrées, et de rendre certaines bretelles directionnelles, au lieu de ce trèfle à quatre feuilles qui était peut-être fort efficace dans les années 1980, mais qui ne répond plus du tout au volume de circulation actuel.  On pourrait lui donner un air semblable à celui que l’on voit sur cette deuxième image, A40A640Charlemagne2sur laquelle la bretelle problématique où s’est produit l’accident de cet après-midi serait remplacée par la ligne en jaune, bretelle que l’on pourrait même construire à deux voies, tout comme celle en rouge, qui représentent, à elles deux, les directions où se produisent le plus de congestion dans cet échangeur.

Par contre, comme nous l’avons vu dans le cas de l’échangeur de l’A-10 et du boulevard Taschereau (route 134), à la hauteur de Brossard, ou comme nous le voyons présentement dans celui de l’échangeur A-15/A-640, aux limites de Sainte-Thérèse et de Boisbriand, la refonte complète d’un échangeur majeur prend au moins une dizaine d’années de travaux, et coûte au bas mot entre 100 et 200 millions$.  Autrement dit, ce n’est pas demain la veille du jour où un tel projet sera terminé.  Je sais que j’utilise souvent cette expression, mais je crois que je serai mort de vieillesse avant que cet échangeur soit à nouveau vraiment fonctionnel.

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Les canards de l’A-30: Le jury délibère

Tout a été dit, les 12 jurés ont reçu leurs instructions, et sont maintenant séquestrés jusqu’à ce qu’ils en arrivent à une décision unanime, à savoir si Emma Czornobaj est coupable, ou non, de négligence criminelle ayant causé la mort de deux personnes, le dimanche 27 juin 2010, sur l’autoroute 30, à Candiac.  Selon la décision prise par le jury, ils auront à décider ensuite si madame Czornobaj est coupable, ou non, de conduite dangereuse.

Selon cet article de Claudia Berthiaume, dans le Journal de Montréal, la juge Éliane Perreault a donné ses instructions au jury ce lundi, et hier (mardi), environ 15 minutes avant la fin des délibérations, ils ont demandé à la juge si la vitesse de la moto, estimée entre 113 et 129 km/h, devait être prise en compte, ce à quoi la juge donnera sa réponse ce matin.

Les délibérations doivent reprendre par la suite.

MISE À JOUR – 19 juin à 11h30

Si l’on se fie à cet article d’Éric Thibault, de l’agence QMI, les délibérations du jury s’annoncent ardues.  Publié à 15h06 hier, 18 juin, il fait état de trois points de droit soulevés par le jury, et ce même après que la juge Éliane Perreault ait passé presque deux jours à donner des directives aux deux femmes et dix hommes.  Celle-ci a donc passé une partie de l’avant-midi, hier, à répéter l’exercice avec eux, leur expliquant les différences entre la négligence criminelle entraînant la mort (passible d’emprisonnement à perpétuité), la conduite dangereuse entraînant la mort, pouvant entraîner une peine maximale de 14 ans, et la conduite dangereuse, que l’on pourrait qualifier de “simple”, qui peut signifier un maximum de cinq ans.  Évidemment, le jury peut aussi décider d’acquitter Emma Czornobaj, s’il le juge à propos.

À mes yeux, le Code criminel est très mal fait, à ce sujet.  À la lumière des faits mis en évidence, pendant le procès, il est clair dans mon esprit que Madame Czornobaj fut manifestement négligente.  Mais le chef de négligence criminelle entraînant la mort se traduit par une “perpète”, ce que ne mérite pas l’accusée, à mes yeux.  On colle les mots “négligence” et “criminelle”, mais il semble qu’il n’y ait aucun chef d’accusation qui sépare ces deux mots.  Bref, il faudrait éventuellement revisiter le Code, afin de distinguer, et de souligner fortement, la négligence que je qualifierais de naïve, comme dans le cas du geste de madame Czornobaj, de la véritable négligence criminelle.  J’y reviendrai.

Sainte-Adèle: Attendons les résultats de l’enquête!

Tout le monde, je crois, a entendu parler de l’affaire du jeune de 17 ans qui fut tué par un policier dans le stationnement arrière de l’école secondaire Augustin-Norbert-Morin, à Sainte-Adèle, mercredi dernier.  Pour les rares qui n’étaient pas au courant, le jeune homme, David Lacour, était au volant d’une voiture volée lorsqu’un ou des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont voulu l’intercepter.

Et c’est à partir de là que les témoignages diffèrent.  Selon ce que le journaliste Mathieu Sainte-Marie a publié, sur le site web de l’hebdomadaire local, le journal Le Nord, le policier aurait fait feu en direction de Lacour alors que celui-ci aurait tenté de foncer sur lui avec la voiture, piste que semblait aussi privilégier, à prime abord, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM), à qui l’enquête fut confiée par souci d’indépendance, comme c’est toujours le cas en de pareilles circonstances.  C’est du moins ce que soulignait le reporter Maxime Deland, de l’agence QMI.  Il mentionne d’ailleurs que lorsque le policier est descendu de son véhicule, le jeune aurait fait marche arrière, tentant ainsi de heurter le policier, et qu.il y aurait eu impact entre les deux véhicules.  Mais selon la petite amie du jeune homme, qui prenait place dans la voiture quelques minutes à peine avant l’intervention de la SQ, petite amie dont le témoignage fut recueilli par Élizabeth Laplante de TVA Nouvelles, Lacour aurait levé les mains, sur ordre du policier, avant les coups de feu.  Bref, c’est l’enquête du SPVM qui devra tirer toute cette affaire au clair.

Ce qui sera beaucoup plus difficile à éclaircir, c’est tout le côté humain de l’affaire.  C’est évidemment triste, et à la limite choquant, de voir un policier faire feu sur un jeune de 17 ans.  Par contre, tout le monde s’entendait pour dire que David Lacour n’était pas un enfant de choeur, et qu’il était davantage connu pour ses frasques que pour ses bons coups.  Sa copine a beau dire que c’était un “vraiment bon gars”, reste que beaucoup de gens demanderont des arguments plus logiques, et moins émotifs, pour en être convaincus.

Bref, pour avoir le fin mot de l’histoire, il vaudra mieux attendre les résultats de l’enquête policière.  Évidemment, ça va être long.  De nombreux témoins devront être rencontrés. c’est sûrement déjà fait pour certains, la scène doit être passée au peigne fin, ce qui fut fait en fin de journée, et durant la nuit de mercredi à jeudi.  Un coroner va peut-être aussi s’en mêler, puisqu’il y a eu décès de causes non-naturelles.  Il faudra donc s’armer de patience, et de courage.

Futur pont Champlain: Un autre « Jos Connaissant » vient de parler!

Ce dimanche matin, le responsable du transport au Comité exécutif de la ville de Montréal, Réal Ménard, a rencontré la presse, pour faire valoir ce qui serait la position de la ville concernant le projet de remplacement du pont Champlain, position qui fut communiquée au ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, dans une lettre envoyée le 30 janvier dernier, co-signée par le maire, Michael Applebaum, et monsieur Ménard.

Ce dernier expliquait que la position de la ville était principalement de ne pas augmenter la capacité du pont, en termes de nombre de véhicules.  Il a mentionné, comme on peut l’entendre dans l’extrait vidéo contenu dans cet article de l’agence QMI, publié sur le site Canoe.ca, que “Le gouvernement fédéral doit s’assurer que le pont Champlain n’augmente pas sa capacité routière. Conformément à notre plan de transport, la Ville de Montréal ne veut pas avoir la capacité actuelle du pont, en terme de voiture, et la fonctionnalité du nouveau pont devra tenir compte de la vocation des autres ponts de Montréal reliant la Rive-Sud et éviter les débordements dans l’ensemble du réseau routier.”  Est-ce à croire que Réal Ménard ne veut plus de “chars” dans sa ville?  Rien de plus simple; les banlieusards n’ont qu’à demander un transfert ailleurs, n’importe où, mais pas à Montréal!

L’autre truc, c’est quand je vois tous les politiciens halluciner sur les systèmes légers sur rails, les fameux SLR.  Puisqu’il faut absolument des trains, pourquoi pas installer un système normal, de trains normaux, sur des rails normaux?  Pourquoi il faut nécessairement une autre “patente”, compatible avec rien, et qui va bénéficier d’un circuit limité?  Avec un train conventionnel, on pourrait continuer au-delà du pont Champlain, se rendre jusqu’à Saint-Jean-sur-Richelieu, ou même à Granby!  Autrement dit, partout où il y a une vraie voie ferrée digne du nom!  Ben non; il faut proposer des belles affaires “cutes”!  Après tout, les élections municipales arriveront plus vite que vous ne le pensez!  Le 3 novembre, ça s’en vient rapidement!

Et ça, c’est sans compter l’attribution des contrats, les chicanes entre les fournisseurs, les devis techniques qu’il faudra changer, parce que non-compatibles avec nos hivers, et j’en passe, et des meilleures!  Bref, rien pour vous permettre de souffler, financièrement parlant!  De toute façon, j’aurai le temps de mourir de ma belle mort, avant que le remplacement du pont Champlain soit complété!

Daniel Breton: Le chat sort du sac!

Plusieurs personnes ont eu une réaction de surprise, lorsque le président du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), puis son vice-président, furent limogés par ordre du nouveau ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Daniel Breton.  Puis est arrivée l’affaire de la visite des commissaires, aux bureaux du BAPE, par le ministre.  Maintenant, sur Twitter, on compare allègrement Daniel Breton à un “Bougon”, en référence à la série télévisée diffusée il y a quelques années.  Voyons voir.

Ce mercredi, en fin de journée, le Journal de Québec a publié cet article, signé Charles Lecavalier, de l’agence QMI, dans lequel, en plus des réactions sur vidéo de Yolande James (PLQ) et de François Bonnardel (CAQ), on raconte que l’actuel ministre de l’environnement aurait été expulsé de son logement, à deux reprises, par deux propriétaires différents.  Selon l’article, les sommes dues n’ont toujours pas été versées par monsieur Breton, malgré les jugements rendus.  Dans les réactions, il est aussi question, entre autres, de permis de conduire suspendu.

Du côté de TVA Nouvelles, on reprend le texte de Lecavalier, et on ajoute le reportage de Félix Séguin, qui rapporte les mêmes trucs que l’article, et en ajoute; permis de conduire suspendu, en avril 2011, pour avoir atteint 15 points d’inaptitude, fausses déclarations à l’assurance-emploi, infraction auprès du Ministère du Revenu du Québec.  Bref, il tire tout un portrait du ministre Breton.

Chez La Presse, c’est Fabrice de Pierrebourg, un ex-lockouté du Journal de Montréal, qui pilote le dossier.  Il mentionne, en plus des trucs de l’assurance-chômage et de Revenu Québec, que Daniel Breton a aussi été condamné en 1997 pour «conduite alors que le permis est révoqué».  Il aurait aussi été trouvé coupable de nombreuses infractions, principalement pour excès de vitesse, infractions demeurées longtemps impayées, mais dont les sommes auraient été acquittées tout récemment.  À Radio-Canada, on a titré “Marois forcée de défendre le ministre Breton”.

Pour ma part, je préfère regarder tout cela de façon rationnelle.  D’abord, qu’est-ce qui a été payé, et qu’est-ce qui ne l’est toujours pas.  Si Daniel Breton a “le pied pesant”, comme on dit communément, mais qu’il en assume l’ensemble des conséquences, c’est à dire de rouler vite dans des endroits où il ne met pas la vie des autres en danger, et qu’il paie ses constats d’infraction, ça ne me cause pas de problème.  Mais il semble que ce ne soit pas nécessairement le cas, particulièrement au niveau du paiement de ses infractions.  Quant aux jugements prononcés contre lui, en faveur de deux propriétaires, devant la Régie du Logement, ils ne semblent toujours pas payés.  L’un d’entre eux, celui de décembre 2009, implique une somme de 6320$, somme qui, avec les intérêts qui s’accumulent toujours, avoisinerait les 8000$.

Il semble que le truc qui revient constamment, dans tous les dossiers, c’est que le ministre est clairement négligent dans le règlement de ses infractions.  Même des jugements ne sont pas respectés.  Il s’agit, dans ce cas, comme dans celui de Gabriel Nadeau-Dubois, récemment, de non-respect d’une décision de la Cour, voire d’outrage au tribunal, et sur cet aspect, Daniel Breton devrait démissionner, ne serait-ce que de son poste de ministre.  Quelques mois passés sur les banquettes arrière de l’Assemblée nationale suffiraient, selon moi, à régler sa dette envers les citoyens, et à lui ramener la confiance du public.  Ce fut le cas pour l’ancienne ministre libérale Julie Boulet, qui avait fourni gratuitement des locaux à une clinique médicale, à même l’édifice abritant sa pharmacie.  Elle avait démissionné de son poste de ministre, et passé plus ou moins un an comme simple députée, avant de revenir au conseil des ministres, cette fois pour y rester, et ce jusqu’à la défaite des libéraux, le 4 septembre dernier.

On semble maintenant dire, au gouvernement, que Breton va payer les sommes dues.  La question que je me pose, c’est de savoir si c’est bel et bien Daniel Breton, qui va payer, ou si ce sont les contribuables.  Une chose est sûre; pour ceux et celles qui ne connaissaient pas Daniel Breton, le chat sort du sac.

L’affaire Wagner-Thibert: Un beau coup de pub pour les deux!

Maintenant que la poussière est presque toute retombée, et que tous ceux qui voulaient grimper dans les rideaux l’ont déjà fait, et sont en train de tenter d’en redescendre, c’est à mon tour de donner mon point de vue sur ce qu’on pourrait appeler l’affaire Wagner-Thibert, qui a fait ce qu’elle devait faire, c’est à dire beaucoup de bruit.

D’abord, il faut spécifier que Guillaume Wagner a été cité hors-contexte.  Parce qu’il y avait un contexte, autour de la fameuse blague.  Or, à peu près tous ceux qui ont relayé la blague l’ont fait sans communiquer le contexte global du numéro de Wagner.  Dans cette partie de son spectacle, qui en passant s’appelle Cinglant, ce qui en dit long sur le genre d’humour dont il est question, il dit faire de l’humour pour les jeunes, et ne veut pas de “matantes”, entre autres, dans son public.  Puis il donne un exemple de, je ne connais pas les termes exacts, parce que n’étant pas sur place, mais résumons en disant que c’est un exemple de “joke-pour-faire-fuir-les-matantes”, puis il récite sa blague sur Marie-Élaine Thibert.  Pensait-il vraiment ce qu’il disait, dans ladite blague?  Non!  Il dit lui-même que c’est un exemple!  Son show au complet est plutôt décapant, comme le souligne Samuel Fradier, de l’agence QMI, en ces termes.

Arrogant, vulgaire, cinglant, Guillaume Wagner ose dire toutes les horreurs que l’on peut parfois penser en secret, et ça marche. Le public embarque, réagit et rit de bon coeur.

Est-ce à croire que c’est seulement Marie-Élaine Thibert, qui ne l’a pas trouvée drôle?  Quant à Éric Clément, de La Presse, il fait les mêmes constats.

Vêtu d’une veste et de bottes de cuir, l’humoriste de 29 ans a averti le public dès le début. «Ce que vous allez voir est le même show que d’habitude sauf qu’on ajoute du jugement!» Ça fesse donc en entrant et pendant deux heures, le Québec kétaine, coincé, conformiste, cynique, individualiste, arriviste ou superficiel s’est fait dire ses quatre vérités. Pas de place à ce qui va bien chez nous, ce n’est pas au programme.

Évidemment, ces deux critiques furent publiées avant qu’une personne ne cite “la joke de Marie-Élaine Thibert”.  On peut lire la lettre de madame Thibert, publiée sur sa page Facebook, ainsi que la réponse de Wagner, qu’il a aussi publiée sur sa page Facebook, à partir de cet article, publié sur le site Améri-Québec.

Donc, il semble que celle-ci fut alertée par des fans, qui lui auraient communiqué la blague, mais on ne sait pas s’ils lui ont fait toute la mise en contexte.  Or, par sa réaction, il est clair que madame Thibert est juste… en tabarnak!  Elle a pété une coche!  Mais ce qui m’a le plus fait rire, là-dedans, c’est qu’elle se soit dite victime… d’intimidation!  Rien de moins!  Évidemment, l’intimidation a bonne presse, depuis quelques mois, et rien de mieux, pour faire parler de soi, que de se dire victime d’intimidation.

Que madame Thibert se soit sentie blessée, je veux bien le croire.  Même si, à mes yeux, elle n’a pas le physique pour se faire Playboy, je ne la classe pas parmi les laiderons non plus.  Elle est, pour ma part, ni plus ni moins que ce que les américains appellent communément une “girl next door”, une “average girl”, ou comme on dirait, en bon québécois, une fille ben ordinaire.  Pas plus jolie qu’il ne le faut, mais pas laide non plus.  Aussi, qu’elle se soit sentie insultée, ouais, c’est plausible.  Qu’elle ait ressenti de la frustration; sa lettre le démontre fort bien!  Mais intimidée?  Comme disent les newyorkais, “no fuckin’ way!”

Marie-Élaine Thibert, malgré le respect que je dois à tout être humain, n’a jamais été intimidée, dans cette affaire.  Dans le cas contraire, c’est qu’elle a une définition bien particulière de l’intimidation.  À moins que quelqu’un lui ait proféré des menaces, suite à cela, ou encore l’aurait harcelé sur les médias sociaux, ou dans la rue, ce qui pourrait équivaloir à de l’intimidation, comment dire, “à relais”.  Mais directement, Guillaume Wagner n’a jamais intimidé Marie-Élaine Thibert; il a fait une joke, comme la plupart des humoristes font à tous leurs shows!  À la limite, on pourrait dire que c’est une comparaison!  Par exemple, Robert Charlebois a chanté, dans un de ses plus grands succès, qu’il avait “le coeur en mille miettes, gros comme Lise Payette”; celle-ci s’est-elle plaint à qui que ce soit?

Quand on devient une personnalité publique, il faut prendre tout le “package”, pas seulement les bons côtés!  Les blagues, fondées ou non, mauvaises ou non, font partie du bagage qui vient avec la notoriété.  Que Marie-Élaine Thibert se le tienne pour dit, et son chum aussi!  Au lieu de se plaindre, cette dame devrait contempler sa chance, et compter ses bénédictions; grâce à Star Académie, elle s’est sauvée d’une bonne dizaine d’années de shows peu payants, dans des bars crasseux, organisés par des gérants aux mains longues, et est montée directement dans l’autobus du show-business sans passer par les ruelles!  Au lieu de péter une coche sur Guillaume Wagner, elle devrait plutôt dire un autre merci à Julie Snyder!  Madame Thibert a aussi un autre élément de chance; Wagner a accepté de retirer ladite blague de son spectacle.  Il y a beaucoup d’humoristes, au Québec, qui s’en seraient servis comme publicité directe!

Donc, en bout de ligne, le bruit causé par toute cette affaire ne fut pas vain; la popularité de Guillaume Wagner se maintient, selon Éric Clément, alors que Raphaël Gendron-Martin, du Journal de Montréal, rapporte plutôt que l’humoriste est encore plus populaire!  Quant à Marie-Élaine Thibert, les prochaines semaines nous diront probablement si les ventes de ses albums vont profiter de sa saute d’humeur.  Mais à prime abord, si la chanteuse sort un album de Noël, cette année, elle aurait dû le mettre en vente le lendemain de sa crise de colère; elle aurait ainsi profité d’un bon coup de pub gratuite!  Qui sait; dans un mois, il sera peut-être trop tard!

Le sénateur Boisvenu: Que dire de plus?

À lire les commentaires, principalement sur Twitter, concernant la déclaration du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, à savoir l’histoire de la corde, dans chaque cellule de condamné à un crime grave, et que j’ajoute ces commentaires à tous ceux que je lis lorsqu’il est question de types comme Guy Turcotte, ou comme Paul Laplante, qui fut accusé d’avoir tué sa conjointe, Diane Grégoire, je me rends compte à quel point le peuple québécois, pris dans son ensemble, semble souffrir de bipolarité.  Je m’explique.

D’abord, il me semble que le fait d’être sénateur ne soit pas une raison valable pour empêcher une personne d’exprimer une opinion.  Aussi, ceux et celles qui sont à l’origine de pétitions, ou d’autres moyens de pression, pour virer Pierre-Hugues Boisvenu du Sénat, devraient y penser à deux fois, avant d’entreprendre une telle croisade.  D’une part, une telle pétition revient à priver un individu de son droit à la libre expression.  Car il faut bien préciser, ici, que le sénateur n’a pas déposé un projet de loi; il a exprimé un commentaire, point!  Que l’on soit chef d’entreprise, sénateur, ou assisté social, la liberté d’expression existe pour tous, et quiconque l’empêche se voit rapidement pointé du doigt.  Vous n’êtes pas d’accord avec les propos de Boisvenu?  Soit, mais ce n’est pas une raison de le priver de son job.  D’autre part, personne n’est tenu à quitter son emploi à la suite d’une pétition, pas plus un sénateur qu’un premier ministre.  Le mandat de Boisvenu va se terminer, un jour, et en fonction des lois en vigueur, à ce moment-là, il pourra continuer, pour un nouveau mandat, ou retourner chez lui.

Ensuite, si l’on condamne facilement un sénateur, à la suite d’une déclaration, et que celle-ci soit malhabile ou non n’y change rien, dites-moi, qui voudra devenir sénateur?  Déjà que l’on se plaint de la piètre qualité de nos élus!  C’est Joseph Facal, qui avait fait une comparaison entre un élu et un chef d’entreprise, comparaison qui illustrait à merveille la raison pour laquelle les meilleurs ne vont pas en politique.  Si l’on s’en prend à un sénateur, dès que celui-ci fait une déclaration le moindrement controversée, plus personne ne voudra aller au Sénat non plus!

Quant à la pertinence de la question, à savoir si “chaque cellule devrait avoir sa corde”, nous savons que cette image était mal choisie, et la première personne à l’avouer fut Pierre-Hugues Boisvenu lui-même.  Comme Jérôme Lussier le mentionnait, sur le site web du journal Voir, dans le deuxième de ses trois commentaires rapides, sur l’affaire, “La proposition de Boisvenu ouvre la porte à une espèce de peine de mort volontaire. Personne n’est condamné à mort, mais l’État n’interviendra pas pour vous empêcher de mettre fin à vos jours si vous êtes condamné à la prison à perpétuité. L’image de la corde est évidemment frappante, mais le résultat serait le même si on donnait aux prisonniers le droit de garder leur ceinture. Il y aurait plusieurs nuances à apporter — notamment sur la distinction entre l’intention de compassion et celle de punition, et le caractère « incitatif » de la proposition du sénateur — mais je pense que les partisans du suicide assisté devraient expliquer en quoi une liberté qu’ils voudraient accorder à certaines personnes « condamnées par la maladie » ne devrait pas aussi être accordée aux gens condamnés à la prison à vie.”  Il y a là, effectivement, matière à réflexion.  Souvenons nous que le gouvernement du Québec a mis en place une commission mobile connue sous le nom de “Mourir dans la dignité”, et qui étudiait, justement, la pertinence de permettre à certaines personnes de mettre fin à leurs jours.  Je crois qu’une telle façon de faire, bien sûr dans le cas de personnes condamnées, et non pas en attente de procès (la nuance est importante, ici), devrait aussi être étudiée.

Car après tout, si l’on se souvient de l’affaire de Paul Laplante, qui fut accusé du meurtre de sa conjointe, Diane Grégoire, plusieurs ont salué sa mort, prétextant qu’on venait de libérer la société d’un “déchet”, et ce avant même de savoir s’il était vraiment coupable de quoi que ce soit, son procès n’étant pas encore commencé, au moment de son suicide.  En fait, était-il coupable que quelque geste que ce soit, ou se savait-il plutôt condamné à l’avance par le public – et les médias – avant même d’être entendu, comme ce fut le cas pour Guy Turcotte?  On ne le saura jamais.

Le problème, avec la sortie de Boisvenu, c’est qu’elle vient mettre la lumière sur un sujet que d’aucuns voudraient laisser camouflé, à savoir si un individu coupable de crime grave devrait pouvoir mourir.  Pour l’heure, on l’envoie dans un pénitencier, pour plus ou moins longtemps, ou à perpétuité, en fonction du crime pour lequel il a été déclaré coupable, et donc, dans une certaine mesure, on l’oublie, et ce depuis que la peine de mort n’est plus prononcée, au Canada.  Or, justement, un sondage Angus-Reid, publié au début de 2010, et que rapporte ici Lysiane Gagnon, de La Presse, conclut que 62% des canadiens – et 69% des québécois – sont en faveur de la peine capitale.  Cela vient donc dire que le sénateur Boisvenu n’est pas si déconnecté de la réalité que d’aucuns le laissent croire; d’ailleurs, cet article de l’agence QMI rapporte qu’entre 500 et 600 courriels ont été envoyés à monsieur Boisvenu, en appui à sa déclaration.  Aussi, les chances que celui-ci soit poursuivi, que ce soit par Jacques McBrearty, de Saguenay, comme le rapporte ici le quotidien de la rue St-Jacques, selon une dépêche de la Presse Canadienne, ou par tout autre individu, risquent d’être symboliques, sans plus, et n’iront pas plus loin que dans les médias.

Bref, tout cela pour dire qu’au Québec, le fait de réfléchir tout haut peut parfois provoquer des tempêtes.