Bataille des Plaines: Sarkozy avait totalement raison!

Radio-Canada nous apprend que suite à tout le déchirage de chemises des souverainistes, concernant la reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham, et du risque d’affrontements violents qui pourraient y survenir, le président de la Commission des champs de bataille nationaux, André Juneau, a finalement décidé de faire marche arrière, et d’abandonner le projet de reconstitution de la bataille de 1759, entre les hommes de Montcalm et soldats de Wolfe.

On avait beau dire que de telles reconstitution se déroulaient partout ailleurs, dans le monde, et que personne ne s’en offusquait outre mesure, les « séparatisses » n’ont rien voulu savoir.  La ministre fédérale Josée Verner avait beau se dire profondément dégoûtée du comportement de certains porte-parole des opposants à la reconstitution, ceux-ci en rajoutaient, et menaçaient ouvertement de saboter toute l’opération, n’hésitant pas à faire usage de la violence.  Si cela ne représente pas du « sectarisme », et du « détestement de l’autre », dans le sens exprimé par Nicolas Sarkozy, lors de la décoration de Jean Charest, à l’Élysée, la semaine dernière, alors qu’est-ce que c’est, dites-moi?

Devant un tel comportement, approuvé par le parti québécois, et le bloc québécois, de par leur inaction à se dissocier de ces mouvements d’opposants, le président de la CCBN avait-il le choix?  Je me demande, par contre, s’il serait possible de porter des accusations, contre ces individus qui appelaient au soulèvements violents, ne serait-ce que pour avoir troublé la paix publique?  Même si de telles accusations se traduisent habituellement par des peines du genre « 50$ d’amende, et deux ans de paix », le fait de se retrouver avec un dossier criminel, et tout ce qui en découle, les aurait peut-être ramené à de meilleurs sentiments.

J’imagine qu’à l’heure où vous lisez ces lignes, les « séparatisses » doivent déjà célébrer leur « victoire ».  Et j’ai l’impression qu’ils l’étireront jusqu’aux prochaines élections fédérales.  Ils seront fiers de casser les oreilles de tout le monde en disant qu’ils ont « vaincu l’envahisseur anglais », une fois de plus.  Ils ne se souviennent malheureusement pas du fait que les « gentils français », qui nous ont laissé tomber en faveur de quelques kilomètres de plages, testaient l’affûtage de leurs épées sur les bras des « sauvages ».  Et après, ils viendront tenter de nous convaincre que les québécois ne sont pas remplis de « sectarisme », et de « détestement de l’autre ».  Bien sûr.

J’espère qu’un jour, la population va finir par se réveiller.

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6 réactions sur “Bataille des Plaines: Sarkozy avait totalement raison!

  1. Je ne crois pas que ce soit la preuve d’un sectarisme ou de quoi que ce soit de la sorte, et que Sarkozy ait eu raison ou non le point en litige c’est que ce n’est pas son travail de se mettre le nez dans les affaires internes d’un autre pays et non pas de savoir si les souverainistes sont de méchants gens avec des idées de renfermement et de réclusion sur soi.

    Je trouve ça un peu facile d’avancer tout cela sans nuance. Quand on pense que même le premier ministre du Québec a déclaré que si ça a lieu il ne s’y présentera pas, je ne vois pas pourquoi ce serait une réalisation souverainiste que d’avoir fait échouer le plan. Pensons-y : une célébration du début de la domination anglaise sur le Québec, à Québec. Ça prend quand même un sacré culot! Fêtent-ils la conquête française en Algérie? Les gazaouis fêtent-ils les israeliens?

    Que l’on soit fédéraliste ou souverainiste, j’ai assez de fierté en ce que tous les francophones d’Amérique ont accompli en se battant très fort après cet événement qui leur a nuit pour me sentir insulté qu’on veuille, dans le Canada anglais, rejouer la cassette question de fêter l’écrasement de « l’autre ». Je m’explique mal comment vous pouvez tout simplement rire des déclarations des souverainistes qui se disent non haineux et qui ne détestent pas le reste du canada sans pour autant constater que le reste du Canada prétend la même chose. La différence cependant c’est que ce beau pays dit ça pendant qu’il nous reconstruit une pièce de théâtre pour nous montrer comment nos ancêtres se sont fait descendre et qu’on est à leur merci maintenant.

    « On ne vous déteste pas, mais on aimerait bien vous rappeler qu’on a gagné voilà un certain temps contre votre nation. Et des Québécois se lèvent pour dire qu’ils ne les détestent pas mais qu’il laisseront pas passer une insulte nationale comme ça, les plaines c’est sérieux après tout… Et on les traite d’extrémistes fermés sur eux même? »

    Les gens disent ce qu’ils croient eux-même. Et les voix qui se font entendre pour beugler et insister qu’un rappel de la conquête sur ton joyeux ait lieu ici sont les voix de ministres Canadiens dont le mandat est de faire croire qu’on est une seule nation, qui sont payés par le Canada pour dire cela, ligne de parti oblige. Et peu importe votre orientation politique, faut être franchement autruche ou pas Québécois pour pas se rendre compte qu’on est un pays à deux nations. J’exige moi aussi que l’autre fasse preuve d’humilité en ne me mettant pas dans la face le pourquoi on est une province (pro victus: pour les vaincus).

    Pour Sarkozy, bah il fait ce qu’il a toujours fait: occuper de l’espace médiatique sur des sujets auxquels il ne connaît pas grand chose. Demandez aux français.

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  2. Vivement qu’un jour quelqu’un entarte Pierre Falardeau et les autres membres de la « clique du plateau ». Ils recevoir le boomerang qu’ils ont lancé.

    Le groupe « Prenez garde aux chiens » a fait un sketch humoristique sur les plaines d’Abraham http://www.prenezgardeauxchiens.com/783/les-plaines-a-abraham et le Blogue du Québécois libre a un bon billet sur le sujet http://www.leblogueduql.org/2009/02/les-avantages-de-la-conqu%C3%AAte-de-la-nouvelle-france-par-la-grande-bretagne-selon-marcel-trudel.html le meilleur commentaire vient de B. Vallée dont j’ai décidé de citer

    …Ce matin, dans le très convenable journal « Le Soleil », de Québec, des scribouillards revenaient sur la controverse entourant la reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham pour donner globalement raison, sur le fond, aux… nationalistes québécois ! Finalement, les journalistes du Soleil considèrent cette reconstitution comme étant potentiellement offensante, et inappropriée… C’était prévisible.

    Ce qui nous ramène, une fois de plus, au double standard régnant dans les médias québécois. Il serait, semble-t-il, « offensant » d’organiser une reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham. Offensant pour les « nationalistes », c’est-à-dire tous, ou presque tous les Québécois (les nationalistes ont la manie de se réclamer du vrai « peuple » de la vraie « majorité »)…

    Mais on peut, comme cela s’est fait à maintes reprises au parc des champs de bataille, y tenir des spectacles ultra-nationalistes, où des « artistes » s’emploieront à « crinquer » des millers de jeunes excités en chiant sur la tête de tous ceux qui entravent la marche triomphale de la gauche nationaliste, au Québec. Sous couvert de « culture », les médias rapporteront même favorablement de tels spectacles.

    Autrement dit : si vous êtes nationaliste et de « gauche », au Québec, vous avez droit au respect. Mais si vous êtes de « droite » et fédéraliste ou, tout simplement, partisan du libéralisme économique et des libertés individuelles, on peut vous chier sur la tête, en toute bonne conscience. Et tant pis si vous vous sentez « offensé ». Vous ne méritez pas mieux, semble-t-il…

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  3. Également, un note un peu hors-sujet sur Sarkozy, Sarkozy avait bien raison de parler de sectarisme et de réparer l’erreur ou devrais-je dire la gaffe (enfin si c’est une gaffe?) de DeGaulle avec son « Vive le Québec libre » (quoique on devrait se demander si DeGaulle avait vraiment fini sa phrase? Un sketch de RBO avait parodié DeGaulle en disant « Tu m’as pas laissé finir, je voulais dire « vive le Québec libre de profiter des bienfaits du biculturalisme canadien », toutefois on pourrait se demander si DeGaulle avait fumé un joint de mauvaise qualité, on peut dire que DeGaulle a récolté en quelque sorte ce qu’il a semé en mai 1968 http://www.libres.org/francais/editorial/archives/editorial_0508/2008_mai_68.htm 😉 ). « L’establishement gauchiste » chiale contre Sarkozy pour son ingérence mais comme Jean-Guy Dubuc l’avait signalé dans un édito de La Tribune de Sherbrooke, ces mêmes personne se ferment les yeux quand DeGaulle avait fait de l’ingérence pour leur cause.

    Je crois que Pierre Falardeau et ses sbires ont pas de tête sur leurs épaules. Pourquoi? Il y a ce proverbe que certains attribuent à Georges Clémenceau, d’autres à Winston Churchill, la voici: « si tu n’es pas de gauche à 20 ans, c’est que tu n’as pas de coeur, si tu l’es encore à 40 ans, c’est que tu n’as pas de tête »

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  4. @ Guillaume Charette:

    J’argumenterai plusieurs points de votre commentaire, à savoir:

    – Des membres, ou des sympathisants, du Réseau résistance du Québec (RRQ) proposent de s’en prendre à l’événement, à coups de fusils à « paintball », de couteaux et de machettes, alors que d’autres parlent carrément d’appel au meurtre, selon un extrait de cet article, alors que l’on sait qu’une telle reconstitution implique des milliers de figurants, dont de nombreux enfants. Et vous croyez que cela n’est pas du sectarisme? Ni du détestement de l’autre? Vraiment?

    – Comme le spécifie Stéphane Dumas, dans son second commentaire, les paroles de Sarkozy équivalent bien, dans le sens de mettre son nez dans les affaires internes du Québec, au « Vive le Québec libre » de Charles De Gaulle, il y a plus de 40 ans, mais ça, aucun souverainiste ne l’évoque dans ce sens.

    – Il est vrai que Jean Charest a déclaré qu’il ne participerait probablement pas à la reconstitution, mais il serait faux de croire que ce fait, à lui seul, ait provoqué ne serait-ce que le commencement de « l’échec du plan« , comme vous l’appelez, de la CCBN. D’ailleurs, si ce n’est pas une réalisation souverainiste, que d’avoir fait échouer cette présentation, j’aimerais bien que vous me nommiez le nom d’un seul fédéraliste, qui a directement participé à l’élaboration de cet échec.

    – La définition que vous faites, de cette bataille, à savoir le « début de la domination anglaise sur le Québec« , est légèrement tirée par les cheveux; la véritable domination anglaise a commencé après la capitulation du 8 septembre 1760, mais surtout à la suite de la signature du traité de Paris, le 10 février 1763, lorsque la France a préféré conserver les plages des Antilles, plutôt que nos arpents de neige. D’ailleurs, il suffit de lire un tant-soit-peu l’histoire du Canada pour se rendre compte que, « all in all », la contribution des anglais au développement de notre pays (de 1763 à 1982, année du rapatriement de la constitution) fut, et de loin, supérieure à celle des français (de 1534 à 1763), et ce sur des plages de temps à peu près équivalentes. Évidemment, je ne dis pas que tous les anglais furent des gentlemen, loin de là. Mais il faut également admettre que ce n’était pas le cas de tous les français non plus.

    – Quant à savoir si l’on fête la conquête française en Algérie, ou les israéliens à Gaza, ces événements sont trop frais pour être commémorés. Il s’agit d’exemples qui pourraient bien être contrebalancés, par contre, par ceux des reconstitutions de batailles de la guerre civile des USA, qui n’offusquent personne, pas même les descendants des sudistes, ou encore des parades annuelles, qui commémorent la victoire de l’ordre d’Orange, en Irlande du Nord, parades qui, si elles furent à l’origine de nombreuses émeutes, parfois mortelles, pendant de nombreuses années, se déroulent désormais dans le calme.

    – Pour que je ressente, personnellement, que le Canada anglais veuille « rejouer la cassette question de fêter l’écrasement de “l’autre”« , il faudrait minimalement que je me sente écrasé. Or, c’est loin d’être le cas; je suis libre de travailler, de gagner de l’argent, et hormis les impôts et taxes légalement dûs, je peux faire ce qui me plaît de celui-ci. Je suis libre de me déplacer où cela me tente, au moment où je le désire, et de la façon que je préfère. Je peux parler à n’importe qui, de n’importe quel sujet, publiquement ou privément, sans que qui que ce soit ne m’en empêche. Je pourrais allonger la liste de mes droits et libertés, qui sont également les vôtres, encore longtemps. Pas si mal, pour un peuple écrasé! Si c’est ça, être « à la merci » de l’autre, je n’ai aucun problème avec cela; je peux l’être jusqu’à la fin de mes jours!

    – Quand vous dites “On ne vous déteste pas, mais on aimerait bien vous rappeler qu’on a gagné voilà un certain temps contre votre nation. Et des Québécois se lèvent pour dire qu’ils ne les détestent pas mais qu’il laisseront pas passer une insulte nationale comme ça, les plaines c’est sérieux après tout… Et on les traite d’extrémistes fermés sur eux même?”, le rappel qu’ils ont gagné, justement, n’est que cela; un rappel. Un rappel d’un événement qui s’est produit il y a 250 ans, et que, je vous le fais remarquer, seul Pierre Falardeau, ainsi que des extrémistes proches du RRQ, ont voulu transformer en vraie bataille. Des rappels historiques, tout le monde en vit, et il appartient à chacun d’en faire ce qu’il veut. Le fait de les ignorer ne les rendent pas moins historiques, ni moins existentiels. Si vous considérez cette bataille de 1759 comme le début d’un écrasement, pour ma part, je la vois plutôt comme un changement de garde, qui fut bénéfique pour les québécois de l’époque, et par extension pour ceux d’aujourd’hui, en ce sens que les québécois de l’époque ont dû commencer à se fier sur eux-mêmes, et du coup, cesser d’attendre après une mère-patrie qui se contrefoutait carrément de leur existence même.

    – Le fait que l’on vive dans un pays à deux nations n’a vraiment rien d’incompatible avec le fait d’organiser une reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham. Il s’agit d’un événement historique, que les deux nations pourraient très bien regarder, ensemble, en se disant que si la défaite fut amère, sur le coup, pour l’une des deux nations, tout cela fait partie du passé, et que les deux nations sont désormais capables de travailler, de s’amuser, bref, de vivre ensemble. Quand je parle avec un « canadien anglais », je n’ai pas la bataille de 1759 en mémoire, et je ne le regarde pas comme un conquis qui souhaite assouvir sa vengeance. Et de son côté, il ne me regarde pas d’un air qui veut dire qu’il m’a bien eu, il y a 250 ans.

    – Vous faites probablement partie de ceux qui utilisent l’origine du mot « province », soit « pro victus », qui voudrait dire « pour les vaincus », pour tenter de convaincre qui veut l’entendre que les québécois sont pratiquement réduits à l’esclavage, ce dont chaque individu refuse définitivement de croire, et ce dès le moment où il met les pieds au Québec. En passant, les albertains, les terreneuviens, les manitobains, bref, tous les canadiens, à part ceux des territoires nordiques, vivent dans des provinces, eux aussi. Sont-ils également des « vaincus »? Posez-vous la question; si les québécois ont conservé une attitude de conquis, n’est-ce pas davantage les suites de la domination de l’église catholique sur ses paroissiens, que celles de la domination des anglophones sur les francophones? Il ne faut pas confondre ces deux aspects de la vie de l’époque.

    – À mes yeux, Nicolas Sarkozy n’est pas nécessairement un modèle, comme politicien. Par contre, on ne peut pas prétendre qu’il ne dit pas ce qu’il pense. Il dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. Peut-être même un peu trop, à l’occasion. Cela n’est sûrement pas la seule raison de son impopularité; peut-être qu’il touche également aux acquis de certains, ce qui risque de leur déplaire. Mais comme on dit, on ne peut pas plaire à tout le monde, et à son père, en même temps. Peu importe le politicien au pouvoir, il y aura toujours des mécontents.

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  5. Pour ce qui est de la décision d’éliminer la reconstitution des batailles des plaines d’Abraham, je crois que ce fut une très sage décision de la part des instances publiques de laisser tomber.

    Ca aurait pu très mal viré, cette reconstitution historique, car certains esprits aurait pu se réchauffer de part et d’autres. Donc vaut-mieux pas prendre de chance

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  6. Mon cher Ghislain, après que Pierre Falardeau ait déclaré qu’il « allait leur brasser le cul, aux Loyalistes », et que des membres, ou des sympathisants, du RRQ lançaient carrément des appels au meurtre, je crois que le président de la CCBN n’avait plus vraiment d’autre choix, en effet, que d’annuler la reconstitution. Il est clair, dans mon esprit, qu’à partir du moment où des menaces à la sécurité, autant celles des figurants que celle des organisateurs ou des spectateurs, étaient ouvertement proférées, il n’y avait plus aucune chance à prendre.

    Par contre, je me questionne aussi, à savoir si des accusations pourraient être portées contre ces personnes, qui ont proféré des menaces contre la tenue de l’événement, à commencer par Pierre Falardeau lui-même. Car une telle façon de faire, restée impunie, sera facilement répétée à la moindre idée d’organiser un événement, qu’il soit festif ou commémoratif, qui ne fera pas l’affaire de la go-gauche nationaliste.

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