L’entrevue de Julie Couillard: Trop drôle!

Je viens de visionner l’entrevue accordée au journaliste Paul Larocque par Julie Couillard, l’ex de l’ex-ministre des affaires extérieures, Maxime Bernier.  Si vous ne l’avez pas vue, vous pouvez le faire, vous aussi, sur le site canoe.tv.

À mes yeux, cette entrevue pue le sensationnalisme à plein nez.  Du vrai TVA!

Mon opinion rejoint, à peu de choses près, celle de Richard Martineau, qu’il exprimait dans sa colonne du Journal de Montréal de ce matin; « Elle s’est rendu compte que son nouveau milieu était aussi coupe-gorge que son ancien ».  En effet, il y a peu de différences entre le milieu du crime organisé, et celui de la politique.  L’un utilise les armes à feu, alors que l’autre se sert d’enregistrements, ou d’autres formes de documents.  La blessure est différente, certes, mais l’effet dissuasif demeure le même; dans les deux cas, on apprend à marcher « les fesses serrées ».

Or, Max Bernier, comme beaucoup de beaucerons, est plutôt du genre à aimer épater ses « chums », ce qui le pousse parfois à en mettre plus que le client en demande.  Demandez aux militaires canadiens s’ils ont apprécié leurs « Jos Louis », un excellent produit de la Beauce.  Mais de là à prétendre qu’il s’est servi de l’image de madame Couillard pour « se donner de l’exposure médiatique », pour utiliser le terme de la dame, c’est d’étirer la sauce un peu trop, tant et si bien qu’elle ne goûte plus grand chose.  Maxime Bernier n’avait pas du tout besoin de Julie Couillard pour avoir de l’exposure dans la presse; ses nombreuses gaffes lui en ont donné beaucoup plus qu’il n’en aurait voulu.

Facile aussi, pour madame Couillard, de dire que « C’est lui, le politicien, c’est lui qui connaît les games en politique », et que « C’était son monde à lui, pas le mien. »  Je regrette, mais quand on se mouille dans un monde, au point de rencontrer George W. Bush en personne, de prendre le souper avec le premier ministre du pays, ou encore de se rendre à Paris lors d’un voyage officiel, cela devient aussi son propre monde, qu’on le veuille ou non.  Quand on se présente au bras d’un ministre lors de son assermentation, c’est que l’on a des entrées privilégiées, que le commun des citoyens n’ont pas.  Ce faisant, et quoi qu’elle en dise, ce monde est ainsi devenu celui de Julie Couillard.

C’est comme lorsqu’elle mentionne que dans le monde des motards criminalisés, « je me sentais beaucoup plus en sécurité qu’au cours des trois dernières semaines ».  Dans ce monde, très peu de choses sortent dans le domaine public, ou dans les médias, si ce n’est les arrestations faites par la police, ou les derniers cadavres découverts.  Et quand « on en sait trop », on ne donne pas d’entrevue à la télé.  On disparaît, mystérieusement.  Si, dans le monde des motards, elle se sentait respectée, et en sécurité, c’est de deux choses l’une; soit qu’elle en savait bien peu, ou encore qu’elle tenait des personnes très influentes « par les couilles ».  Maintenant qu’elle est connue dans les médias, l’avenir nous dira bien laquelle de ces deux options s’appliquait dans son cas.

Par contre, une chose est sûre; le fait de s’amouracher de Julie Couillard n’aura pas été le seul manque de jugement de Max Bernier.  Il travaillait au ministère des affaires extérieures de la même façon, probablement, qu’il le faisait du temps qu’il était président de l’Institut Économique de Montréal (IEDM), c’est à dire en garantissant très peu ses arrières.  Sauf que ce n’est pas vraiment nécessaire de le faire, à l’IEDM.  La bosse de Max Bernier se situait dans le domaine de l’économie, pas dans celui de la diplomatie, et il en a fait la preuve à plusieurs occasions.  Maintenant que Stephen Harper a pris toute la dimension de son propre manque de jugement, et que Maxime Bernier est devenu un « backbencher », le pays ne s’en portera que mieux.

Et pour la dignité de Julie Couillard, c’est le temps, beaucoup plus que cette fameuse entrevue, qui la rétablira.

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8 réactions sur “L’entrevue de Julie Couillard: Trop drôle!

  1. Maxime Bernier est un « backbencher » mais pour combien de temps? Il sera intéressant de voir si, après quelques temps, il rebondira à l’avant-scène, j’ai trouvé sur le blogue « La voie de droite » un intéressant billet de « politique-fiction » sur Maxime Bernier http://lavoiededroite.blogspot.com/2008/05/bernier-ladq-ainsi-quun-court-extrait.html

    Quoi qu’il en soit, c’est pas ça qui me fera pencher mon vote pour Stéphane Dion 😉

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  2. Moi non plus, Stéphane, je ne vais pas me mettre à voter libéral pour si peu.

    Tous les partis politiques qui ont composé – ou non – avec le pouvoir ont déjà eu leur exemplaire du « loose cannon » typique, c’est à dire qui connaissent une carrière somme toute intéressante dans le privé, mais qui perdent les pédales dès qu’ils entrent dans le domaine public. Habituellement, ils profitent de leur nouveau carnet d’adresses, retournent dans le privé, et font du fric comme de l’eau.

    Bref, je ne m’inquiète pas du tout pour l’avenir de Max Bernier. Peut-être terminera-t-il son mandat de député, peut-être pas. Tout dépendra des opportunités qui s’offriront à lui.

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  3. Pas certaine que, finalement, cette « pauvre femme sans défense » (sic) n’ait pas rendu un fier service à son « ex » en agissant de la sorte…

    De 1, cette entrevue n’a rien qui puisse « rétablir sa crédibilité » (loin s’en faut)…

    De 2, l’allégation « d’écoute électronique » prépare assez bien le terrain à une défense du genre « Pas ma faute, on m’avais mise sous écoute » pour la moindre « fuite » éventuelle du contenu de ce document…

    De 3, quand on fréquente le « milieu » durant plus de 10 ans, c’est au moins un signe qu’on a « des nerfs d’acier »… Alors, que cette « dame » soit « dévastée » par toute la couverture médiatique, permettez-moi d’en douter…

    Pour ma part, cela tient plus de la « douce revanche » d’une femme « bafouée » (du moins selon elle) que de la remise de pendules à l’heure…

    Harper aura bien essayé de « conserver » son ministre québécois en fonction, histoire de conserver quelques votes, mais il est évident que Maxime Bernier n’avait rien d’une Candalica Rice…

    Par ailleurs, si l’on prend un minimum de temps à « étudier » les déclarations de cette chère dame Couillard, il y a tellement de « détails » qui ressortent d’entre les lignes, que je suis bien certaine que bien des gens doivent être « très décus » de la tournure des choses actuellement…

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  4. Quel était l,e Titre de le Club Playboy de Moms Boucher, Sweetie, Mama ou Old Lady???
    Une chose est certain, avec ses seins notre chère Julie devait être très occupée,en comtemplant les étoiles, en serviçant ces gentilhommes, la crème des Angels!
    Je veux récupérer ma réputation, dit elle à la TV!!!!Notre Julie a tout un chemin a faire pour réussir
    cette Mission Impossible!
    Once an Angels alway an Engels!
    Ghislain

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  5. Dans le « 7 jours » !!!!!!!!!!!

    Elle fera bientôt compétition à Céline, rien de moins… rireeeeeeeeeeeee

    Mais bon… soyons magnanimes… Il faut bien qu’elle se « refasse une santé financière » la pauvre….

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  6. Bien sûr, surtout que dans le Journal de Montréal de ce matin, on parle de cet article. Un passage de ce papier (signé “D’après PC”, évidemment, puisque les différentes ramifications de Québécor doivent demeurer indépendantes) dit:

    En contrepartie, elle soutient n’avoir jamais cherché à profiter de sa relation avec un ministre du gouvernement fédéral. « Je suis constamment avec des hommes d’affaires qui gagnent beaucoup de sous. Un ministre, ç n’a pas d’argent », dit Julie Couillard.

    Serait-ce qu’elle évoque que le “pauvre” n’avait pas les moyens de la faire vivre?

    …je sais, j’suis méchant!

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  7. Certaines personnes « carburent » au fric… d’autres au « pouvoir »… d’autres encore à leurs propres « fantasmes de pouvoir »…

    Mais bon… je m’arrête maintenant… car le simple fait d’en rajouter sur le sujet accorde à « notre Julie nationale » plus d’importance qu’elle n’en a jamais méritée au fond…

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  8. Peut-être qu’en commentant les faits et gestes de Julie Couillard, on lui accorde une importance qu’elle ne mérite pas, en effet.

    Par contre, nombreux sont ceux qui aimeraient bien en voir, comment dire,… un peu plus; mon billet d’hier (29 mai), dans le titre duquel j’ai pris soin de placer le mot « photo », en plus du nom de la belle, est en train de défoncer tous les records de mon blogue! Même que quand je suis allé sur mon « tableau de bord », j’ai vu ma face en troisième position dans la liste des billets les plus consultés sur WordPress.com! Ça prouve que sur le web, il y a bien des petits curieux!

    Quant à savoir à quoi carbure l’ex de Max Bernier, je ne le sais pas vraiment, et je n’ai pas davantage envie de le savoir. Je me demande plutôt combien de temps elle va vivre, parce que partie comme elle l’est, il y a probablement quelqu’un, quelque part au fond d’une cellule (bien équipée, certes, mais une cellule quand même), qui est en train de rager, de peur qu’elle laisse s’échapper un quelconque détail (en prenant pour acquis qu’elle doit en savoir un peu), et qui se demande ce qu’il attend pour passer un coup de fil à un de ses potes.

    Par contre, les chroniqueurs du Journal de Montréal y vont chacun de leur point de vue sur l’affaire, depuis le milieu de la semaine, et certains passages sont plutôt rafraîchissants. Comme la chronique de Christopher Hall, dans l’édition d’aujourd’hui, qui explique que malgré les apparences, le couple Bernier-Couillard était en fait une brillante stratégie. Voici sa conclusion.

    Pourtant, tous s’entendent pour dire que le couple Bernier-Couillard n’était pas destiné à être nos représentants sur la scène internationale. C’est que vous n’avez tout simplement pas compris leur stratégie. Bernier n’était pas à la tête des Affaires étrangères, des intrigues, des manigances et du top-secret pour rien. On le voyait comme un simple commis-voyageur de gâteau Vachon, mais en fait, il était le James Bond de notre diplomatie! Je suis convaincu que l’ex-ministre Bernier cultivait sa relation avec Julie Couillard pour pouvoir infiltrer le milieu criminel au Canada pour ensuite se rendre jusqu’au pavot en Afghanistan! Pour ce qui est de madame Couillard, vous l’avez sous-estimée dangereusement. Elle est beaucoup plus qu’une simple Bond Girl. Bon, on savait déjà qu’elle est super hot en bikini, mais ne négligez pas ses habiletés en politique. À elle seule, elle est venue plus près de faire tomber le gouvernement Harper que Stéphane Dion et toute son équipe. « Mon nom est Bernier… Maxime Bernier. »

    Quant à Marie-France Bazzo, également dans l’édition de ce vendredi, elle revient sur « l’instinct de femme » que Julie Couillard aurait dû écouter, de son propre aveu, au lieu de mettre la fameuse robe. Elle y va d’exemples d’instincts très sûrs, que voici.

    C’est certainement son instinct de femme qui a poussé la Mata Hari du 450 à fréquenter en série les motards. Instinct de femme, encore, qui l’a amenée à s’associer au 50 watts de la politique fédérale.
    Instinct de femme: celui d’Hillary Clinton, qui lui a fait verser au moment opportun une larme stratégique, et qui lui fait étirer sa fin de campagne au-delà du raisonnable?
    Instinct de femme, celui de Michaëlle Jean, qui l’a poussée vers l’improbable job de GG où elle en fait beaucoup, et qui lui ouvrira toutes grandes les portes d’un avenir diplomatique rayonnant, plus glamour qu’une salle de nouvelles?
    Si une femme invoque l’instinct féminin, on ne discute pas. Même si c’est de la langue de bois ou un paravent pur téflon.
    Pourtant, les femmes sont aussi manipulatrices, et pas que dans la sphère de l’intimité. La manipulation, à petite ou large échelle, est un outil de pouvoir qui n’est pas interdit aux femmes. Certaines sont d’ailleurs fort douées. Seulement, on lui met une petite écharpe rose, et on appelle ça « instinct de femme ».

    Bref, nous ne sommes pas les seuls à jaser de cette affaire. Même que notre bon gouvernement Charest pourrait bien profiter de ce brouhaha pour nous filer quelques petites passes en douce, que je n’en serais point surpris.

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