Burkini: Tant de chi-chi pour un bout de chiffon?

Depuis quelques jours, ce mot brûle toutes les lèvres, et le morceau de tissu qu’il désigne fait grimper beaucoup de gens sur leurs ergots; le burkini.  Pour les rares qui ne le sauraient pas encore, le burkini est un maillot de bain que portent certaines femmes, majoritairement musulmanes, et qui couvre tout le corps, à l’exception du visage et des extrémités (mains, pieds).

La dame à gauche porte un burkini. (Photo issue du site web de Paris Match.)

La dame à gauche porte un burkini. (Photo issue du site web de Paris Match.)

Parmi les personnes qui ont grimpé dans les rideaux, notons la caquiste Nathalie Roy, qui a donné un coup d’épée dans l’eau, puisque son parti a déclaré tenir une position beaucoup plus modérée par la suite.  D’autres, comme Richard Martineau, et Mathieu Bock-Côté, se sont également montrés très fermés face à ce nouveau vêtement de plage, chacun pour des raisons différentes, mais qui finissent par se rejoindre.

Premièrement, je me demande comment on pourrait se définir comme un pays libre si l’on interdit le port de certains vêtements pour de simples raisons d’opinions religieuses?  Car il n’est écrit nulle part que la femme musulmane doit porter le burkini; ce n’est donc pas une règle officielle, mais plutôt… bref, on ne sait même pas de quoi il s’agit; est-ce une règle que le mari impose à sa femme, pour lui permettre d’aller à la plage, ou à la piscine, lorsqu’il fait chaud, ou est-ce plutôt un compromis trouvé par la femme, afin de faire fermer le clapet aux anciens de la famille?

Ensuite, il faut se rappeler que si l’on recule de quelques décennies, les femmes catholiques, qui en passant portaient le nom de leur mari (oui, oui, la femme, par exemple, de Jean-Paul Belleau, s’appelait madame Jean-Paul Belleau!) devaient porter un chapeau pour aller à l’église.  Pour les plus anciens d’entre-nous, vous vous souvenez de la loi qui fut adoptée pour libérer les femmes de l’emprise de l’église catholique, et par extension, de leur mari possessif?  Vous ne vous en souvenez pas, et ce pour une raison bien simple; il n’y a jamais eu de loi pour permettre cela!  Les femmes se sont libérées de l’emprise des curés par elles-mêmes, une par une, à leur rythme.

Plus souvent qu’autrement, c’étaient les filles de la famille qui, une fois adultes, disaient à leur mère que le chapeau qu’elle devait porter – et ce qu’il représentait – était ridicule, et que de plus en plus de femmes refusaient de le porter.  Avec le temps, en effet, moins de femmes le portaient, jusqu’à presque plus du tout.  Il a fallu des décennies aux femmes pour se libérer – et certaines, même en 2016, ne le sont pas encore tout à fait!  Aussi, il ne faut pas croire que les musulmanes seront libérées de la soi-disant oppression conjuguée de leur religion et de leur mari comme ça, du jour au lendemain, au simple passage d’une loi qui, dans les faits, aura autant d’effet qu’une loi contre les tempêtes de neige!

Finalement, il faut avouer que certaines femmes sont passablement jolies, là-dedans.  Tant et si bien que les ventes de burkini explosent en Europe, et ce auprès… des non-musulmanes!  En effet, ce ne sont pas toutes les porteuses de burkini qui sont soumises à un mari islamiste, là-bas!  Certaines le portent pour qu’on leur foute la paix, d’autres parce que c’est différent, bref, il y a probablement autant de raisons que de femmes qui le portent. Alors il faudrait peut-être prendre son gaz égal, comme on dit parfois, et laisser les femmes, musulmanes ou non, porter ce qu’elles veulent!

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Josée Legault sur le salaire minimum: Same old, same old…

Hier après-midi, au retour de mon travail, j’ai mis la main sur un exemplaire du Journal de Montréal, et j’ai pris le temps de lire la chronique de Josée Legault intitulée “Ces pauvres qui travaillent”.

Comme j’aime bien faire de temps à autres, je commenterai le texte de madame Legault directement dans celui-ci; madame Legault parlera en bourgogne, et en italique, alors que je répondrai avec le caractère normal.

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«Le travail enrichit». On connaît le refrain. Dans nos sociétés avancées, les travailleurs et les travailleuses «pauvres» sont pourtant nombreux. Et pour cause.

…pour cause?  Quelle cause?  La question qu’il faut se poser est la suivante; Qui travaille au salaire minimum, et pourquoi?  La réponse peut varier, mais la plupart du temps, les jobs au salaire minimum sont occupés par des gens qui commencent sur le marché du travail, comme des étudiants, des gens qui en furent longtemps exclus, etc., et ils y sont le temps de se mettre – ou de se remettre – dans le marché du travail.  On remarquera aussi que les entreprises offrant majoritairement des postes à salaire minimum ont aussi un taux de roulement de personnel plus élevé que la moyenne, ce qui prouve que ces gens recherchent, pour la plupart, à améliorer leur situation.

Le 1er mai, le salaire minimum monte d’un microscopique 20 ¢. À 10,75 $ de l’heure, pas besoin d’un doctorat en économie pour deviner l’impossibilité concrète de se donner un niveau de vie même minimalement décent.  À ce taux, l’achat d’une passe d’autobus mensuelle vaut à elle seule une journée entière de travail. Bref, on est ici à des galaxies du mythique 1 % des plus fortunés, des médecins ou même de la classe moyenne.

Tout est proportionnel, madame Legault!  Le niveau de vie d’un travailleur à salaire minimum est sûrement moins élevé que le vôtre, mais meilleur que celui d’un assisté social.  De toute façon, on occupe un job à salaire minimum non pas pour se donner un niveau de vie, mais bien pour se tailler une place sur le marché du travail, ce qui signifie, en bout de ligne, que ce type de job est avant tout temporaire.  C’est d’ailleurs l’erreur que perpétuent continuellement ceux qui prétendent “se battre contre la pauvreté”, à savoir définir cette situation, ou pire encore, celle de l’aide sociale, comme en étant une dans laquelle on pourrait passer toute sa vie.

L’écart se creuse

Pendant ce temps, les écarts de richesse se creusent en Occident. Même aux États-Unis, ça débat fort sur l’urgence d’un salaire minimum à 15 $. C’est tout dire.

Nos voisins du Sud ne sont pas à l’abri de la connerie, vous savez!  Eux aussi ont des groupuscules qui se battent contre les moulins à vent, et ceux-ci sont gâtés, pendant cette campagne à la présidence qu’ils vivent, d’avoir un digne représentant en la personne de Bernie Sanders.  Après l’urgence d’un salaire minimum à 15$, ils débattront sur l’urgence d’un salaire minimum à 20$,…  Ainsi va la vie, mes amis!

Cette semaine, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) avance le concept de «salaire viable». En se basant entre autres sur les disparités régionales et familiales et les prestations gouvernementales, l’IRIS établit ce «salaire viable» à 15,10 $ de l’heure pour un emploi à temps plein.

Si vous voulez mon avis, l’IRIS est à Québec solidaire ce que la firme de sondages Léger est au PQ, c’est à dire une boîte qui peut se permettre de torturer les chiffres pour leur faire dire ce qu’elle veut bien leur faire dire.  On pourrait prendre un autre “institut de recherche”, et lui faire dire que le salaire minimum est une situation enviable!

L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) abonde dans le même sens. Très loin du pactole pour les travailleurs pauvres et souvent sans avantages sociaux, on se rapprocherait néanmoins d’un pouvoir d’achat relativement meilleur.

Le piège, avec la hausse marquée du salaire minimum, est que la hausse somme toute relative du pouvoir d’achat qu’elle apporte est tout à fait temporaire.  En effet, l’employeur, qui ne peut pas espérer une hausse de productivité équivalente, devra compenser la hausse du salaire minimum par une hausse de prix de ses produits et/ou services, ce qui apportera une baisse de ses ventes, comme cela arrive à chaque hausse de prix.  Ainsi, au mieux, il verra son chiffre d’affaires baisser, et au pire, devra faire des mises à pied parmi son personnel.  Ainsi, loin de profiter d’une hausse de niveau de vie, les employés ainsi remerciés seront confrontés au chômage.

Beaucoup de monde

Selon l’IRIS, plus d’un million de personnes au Québec gagnent moins de 15 $ l’heure, dont 57 % sont des femmes et 60 % ont plus de 24 ans. Ça fait beaucoup de monde à vivre une grande fragilité financière et ses effets négatifs amplement documentés sur la santé.

Je posais la question, au début; Qui travaille au salaire minimum, et pourquoi?  On passe par un job à salaire minimum le temps d’apprendre – ou de réapprendre – à travailler, et ensuite, on va faire autre chose de plus valorisant, de plus payant, etc.  Éliminer le job à salaire minimum, c’est éliminer ce lieu d’apprentissage qui pardonne davantage les erreurs que dans des postes à responsabilités plus élevées, et dans les faits, cela n’arrivera jamais, puisqu’il faut toujours commencer quelque part.  Aussi, si l’on se rend malade à conserver un job à salaire minimum, ce n’est pas d’une augmentation de salaire que l’on a besoin, mais plutôt d’un psychologue!

Surtout, il y a quelque chose de révoltant à fermer les yeux devant la pauvreté quand on peut mieux la combattre. Il en va ainsi d’un salaire minimum trop bas. Mais aussi d’une aide sociale qui, même pour les prestataires inaptes à vie, les laisse avec encore moins.

Comme on dirait en bon québécois, “voilà le chat”!  La pauvreté – financière – est supposée être une situation temporaire, un moment où l’on atteint le fond du baril avant de mieux rebondir, et relancer sa vie sur de nouvelles bases.  Si l’on décide de rester dans la pauvreté – car il s’agit là d’une décision, il ne s’agit plus là d’une situation financière, mais bien d’un état d’esprit.  Combattre la pauvreté n’est pas le job d’un gouvernement, mais bien une tâche individuelle, qui incombe à chacun d’entre nous.  Se sortir du salaire minimum, c’est comme se sortir de l’aide sociale; il faut des efforts individuels que chacun doit faire, selon sa situation propre.

On passe notre temps à dire des phrases creuses comme “Ce n’est pas grave de tomber; l’essentiel, c’est de se relever”; ce n’est pas tout de les dire, ou de les coller sur son mur Facebook, on doit aussi les mettre en action au quotidien!  Pour ma part, j’ai passé par une fermeture d’entreprise; après avoir traversé le chômage, les “jobines” et l’aide sociale, je suis allé en formation (à 51 ans!), et j’ai repris le collier depuis plus d’un an, maintenant.  J’ai une bagnole de 25,000$ dans l’entrée (en plus de mon bon vieux pick-up), des cartes de crédit – pas toutes “loadées” – dans mes poches, et pourtant, je n’ai rien d’un superhéros!  Je ne suis qu’un homme qui a retroussé ses manches, s’est craché dans les mains, et a travaillé à améliorer sa situation.

Et le jour où l’on encouragera les gens à améliorer eux-mêmes leur situation, au lieu de leur faire miroiter la victoire héroïque d’une utopique lutte contre la pauvreté, il restera davantage de ressources pour finalement donner toute l’aide nécessaire à ceux que madame Legault appelle les “prestataires inaptes à vie”.

Affaire Guy Turcotte: Il nous faut notre psycho-drame!

Hier, 26 septembre, on apprenait, sur le site Canoë.ca, que le ministère public déposait une requête en Cour d’appel pour faire renverser la décision du juge André Vincent, de la Cour supérieure, qui remettait Guy Turcotte en liberté moyennant une panoplie de conditions à respecter, liberté pour laquelle son frère a dû prendre une hypothèque légale de 100,000$ sur sa maison.

Tout cela en période de restrictions budgétaires.

Je veux dire, le fait que ce soit la Couronne qui aille en appel n’est pas gratuit; il faut payer le fonctionnement de l’appareil judiciaire, et tout le monde sait que les avocats ne travaillent pas au salaire minimum!  Les juges non plus, d’ailleurs.

Vous me direz qu’il est question de sécurité du public, ici.  Parlons-en donc, de la sécurité du public, puisque vous y tenez!

Dans la période pendant laquelle Guy Turcotte fut en liberté, soit entre sa sortie de Pinel et le moment où il s’est rendu – de lui-même – aux policiers, suite à l’annonce de son nouveau procès, qu’a-t-on pu lui reprocher?  Rien!  Absolument rien!  Zéro, pis une barre!  Il a suivi ses conditions à la lettre.  Aucun enfant, ni aucun adulte, n’a été en danger du fait qu’il soit dehors!  Peut-être qu’elle ne l’avouera pas – je m’en balance, en fait, mais Isabelle Gaston, son ex, a pu continuer à vaquer à ses occupations sans aucune forme de menace.  Mais là, à cause que la Cour a statué qu’il doive subir un nouveau procès, Guy Turcotte deviendrait tout à coup un danger public, qui risque de s’attaquer au premier passant qui se pointe devant lui?

Nous sommes tous en train de devenir paranoïaques?

Va-t-on user l’affaire Guy Turcotte jusqu’à la corde afin de maintenir les émotions des québécois sur le vif?  Va-t-on faire halluciner les gens jusqu’au point où un malade va lui tirer une balle dans la tête en plein palais de justice?  Et le cas échéant, pourquoi pas l’incinérer, et mettre ses cendres dans une chape de plomb, enfermée dans une dalle de béton, juste pour être bien certain qu’il n’en sorte pas?  Tant qu’à y être,…

Le Québec a besoin de son psycho-drame!

Devant cette affaire, je nous sens revenir, comme société, à l’âge de pierre, du temps où on pendant les criminels – autant les tueurs d’enfants que les voleurs de saucissons – haut et court, sur la grand place!  J’ai l’impression que même une fois que Guy Turcotte sera mort, incinéré, et ses cendres bien sécurisées, Isabelle Gaston pourra jouer la corde sensible de la peur, et que dès qu’elle ouvrira la bouche, le ministère public va dépenser, sans compter, pour multiplier les démarches, parfois à coups de centaines de milliers de dollars, sinon à coups de millions, dans le but qu’elle se sente rassurée.  Mon opinion; si elle a des problèmes avec sa sécurité, qu’elle foute patience à l’état, et qu’elle aille consulter un psy!

Bizarre, le père des trois enfants de Drummondville, tués – présumément – par leur mère, Sonia Blanchette, n’a pas droit à autant d’égards.  Vrai que cette affaire fut beaucoup moins médiatisée.  Et que l’accusée est une femme!

Laïcité: Certains constatent – enfin – que ça dérape!

En ce dimanche soir suffisamment froid pour nous rappeler que l’hiver s’en vient, je furetais sur Twitter (@levraiRichard3), quand je suis tombé sur ce billet d’Évelyne Abitbol, communicatrice et idéatrice éclectique – c’est comme ça qu’elle est identifiée, publié sur Huffington Post Québec, et intitulé “Laïcité: le débat a-t-il été mal engagé, est-il en train de déraper pour de bon?” Elle y traite d’une déclaration, rédigée la semaine dernière, et signée par une quarantaine de femmes laïques originaires du Maghreb et du Moyen-Orient, dont voici le texte.

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Déclaration commune des Femmes originaires du Maghreb et du Moyen-Orient pour la laïcité de l’État

ENSEMBLE

NOUS, citoyennes québécoises originaires du Maghreb et du Moyen-Orient. Arabes ou berbères de condition Juives, chrétiennes ou musulmanes de tradition Démocrates, laïques et féministes de conviction

NOUS joignons notre voix à toutes celles et à tous ceux qui croient en un Québec inclusif, égalitaire et pluraliste.

Un Québec où la citoyenneté ne se limite pas à la somme des libertés individuelles

Où la vraie neutralité des employés de l’état consiste à n’afficher ni sa conviction religieuse ni sa conviction antireligieuse, au même titre qu’elle suppose une réserve absolue en matière d’opinions politiques

Où la cohabitation pacifique entre croyants de toutes origines, mais aussi celle entre croyants et non-croyants dans les institutions publiques n’a de sens que si tous les représentants de l’État sont soumis au même devoir de réserve, dans leur apparence comme dans leurs agissements

Nous qui avons connu les affres de la division ethno religieuse, de la marginalisation de nos minorités et de l’homogénéisation après des siècles de cohabitation pacifique

Nous tenons à réaffirmer notre attachement à la neutralité religieuse de l’État, seule garante de la liberté de conscience des individus.

La laïcité que nous défendons exclut autant la xénophobie larvée que le fondamentalisme ostentatoire.

La citoyenneté que nous prônons est responsable, parce que notre droit à la liberté individuelle est indissociable de notre devoir de solidarité avec celles qui en sont privées ici au Québec comme ailleurs, dans nos pays d’origine.

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J’ai voulu mettre un commentaire, à la suite de l’article, mais il y avait une limite de 250 mots, que j’étais convaincu de défoncer allègrement.  Aussi, je mettrai mes réactions ici.

Je dirai qu’à mes yeux, et en fonction de ce que je peux en connaître, le principal problème, dans ce débat, c’est que d’aucuns croient que le Québec est devenu moderne du jour au lendemain, au tournant de la Révolution tranquille. L’émancipation des “québécois catholiques de souche”, principalement face à la religion catholique romaine, mais aussi face à l’ancien schème de domination de la femme par l’homme, s’est plutôt faite personne par personne, famille par famille, et ce sur des générations, suivant la même courbe en S que tous les développements, technologiques ou autres, proposés à la population. Il existe même, à l’aube de 2014, des familles au sein desquelles cette évolution tarde encore! Et on s’imagine qu’une charte va tout régler, pour l’ensemble des religions, du jour au lendemain.

Je vous dirai qu’une charte ne règlera rien du tout!  Au contraire!

D’abord parce que le problème, tel qu’on l’illustre, dans la fonction publique, est à peu près inexistant.  Depuis que des immigrants musulmans arrivent au Québec, combien de femmes musulmanes portant un voile qui cache, en partie ou en totalité, le visage, travaillent au sein de la fonction publique?  Devrait-on plutôt demander y en a-t-il?  Si tant est, il s’agit d’une infime minorité, et le fait qu’elles soient stigmatisées au travail, que ce soit par leurs collègues, ou par la clientèle, ne passe pas aux nouvelles du soir.  Donc, il faut se demander si le problème existe vraiment, et le cas échéant, est-ce que la gravité dudit problème exige une réponse aussi puissante que la charte déposée par le gouvernement actuel.

Prenons justement l’aspect de l’emploi, qui serait menacé par le port du voile, ou d’autre signe religieux ostentatoire, advenant l’adoption telle quelle de la charte.  Cet aspect touche surtout les grands centres, comme Montréal, Québec, et les villes de 100,000 habitants et plus.  Là-dessus, le gouvernement – et accessoirement le Parti québécois – nous servent régulièrement l’exemple de la France, qui a aussi légiféré pour interdire le voile islamique; là-bas, après des menaces de quitter le pays, les musulmanes, pour la plupart, sont rentrées dans le rang. Ici, la situation est différente; si on interdit le voile, la famille musulmane, dont les membres sont déjà citoyens canadiens, ou en voie de le devenir, mettra ses trucs dans un camion, et roulera deux heures vers l’ouest, pour refaire sa vie en Ontario! Pas besoin de recommencer tout le processus d’immigration, comme les musulmans devenus français d’adoption auraient été obligés de faire, pour échapper à la loi. Bref, ce que ces nouveaux français auraient souhaité, les musulmans d’ici se le voient offrir sur un plateau d’argent!  Du coup, ces immigrants, que nous sommes allés chercher, principalement au Maghreb, et au Moyen-Orient, pour qu’ils mettent leur talents, et leurs compétences, à notre service, iront servir sous d’autres cieux, et nous aurons à tout recommencer!  Postes à combler par dizaines dans les domaines de la santé, de l’éducation, et des services de garde, entre autres, seront au rendez-vous.

Cet aspect est rarement évoqué, lors de débats, ou d’interventions publics.  On s’attarde surtout au port du voile comme tel, et au symbole que cette pratique véhicule, aux yeux de plusieurs.  Or, pour celles qui portent le voile, ou ceux qui portent d’autres signes religieux, la signification du signe qu’elles ou ils portent est-il la même que pour les personnes qui le voient?  Cette question ne peut pas être répondue collectivement, puisque les vêtements, et les accessoires qui l’accompagnent, relèvent du choix personnel.  Par exemple, la femme qui se couvre intégralement ne le fait peut-être pas par signe de soumission, mais plutôt pour “acheter la paix”, pendant que son mari, ou sa famille, a encore du chemin à faire, dans son cheminement vers l’égalité homme-femme.  Bref, il faudra une ou deux, peut-être trois générations aux musulmanes, pour s’affranchir du voile, comme il a aussi fallu une, deux ou trois générations aux femmes catholiques d’ici, pour s’affranchir face à la religion.  Et cela va se faire personne par personne, famille par famille.  Cela ne se fera pas par une loi.  Et cela ne se fera définitivement pas du jour au lendemain.

Je crois que si des débats publics dérapent, comme ce fut le cas lors de celui du samedi 23 novembre, à l’UQÀM, ce n’est pas tant en raison du port, ou non, du signe religieux ostentatoire comme tel, mais plutôt parce que le gouvernement s’en mêle.  Avant qu’il soit question de la charte du gouvernement actuel, de tels débats dérapaient-ils autant?  D’abord, avaient-ils lieu?  Parlait-on des signes religieux en général, et du voile en particulier, dans les bulletins de nouvelles, au même rythme qu’on le fait depuis le début de l’automne?  Force est d’admettre que la réponse est non.  À part pendant la période communément dite des “accommodements déraisonnables”, qui a donnée naissance à la commission Bouchard-Taylor, le Québec vivait, somme toute, dans un climat qu’on pourrait facilement qualifier d’harmonieux.  Bien sûr, il y avait bien quelques demandes d’accommodements, ici et là, que des médias montaient en épingle, à l’occasion, mais ces cas isolés s’estompaient aussi vite qu’ils étaient lancés, sauf peut-être aux yeux d’une certaine frange xénophobe, qui ne représente pas la majorité de la population.  Et aux yeux du gouvernement actuel, il va sans dire.

Quant à l’affirmation que “La charte proposée par le gouvernement est tout sauf ambigüe”, je m’excuse à l’avance, mais permettez-moi d’en rire! Il y a des exceptions, et des exemptions, par dizaines, dans cette proposition de charte.  De la mesure des crucifix, jusqu’aux “droit acquis” pour le personnel déjà en place, j’en passe, et des meilleures.  Cette proposition de charte fut principalement avancée par le gouvernement minoritaire du Parti québécois dans le but de soulever le côté émotif des québécois dits “de souche”, afin de les amener à voter pour le parti, de façon à former un gouvernement majoritaire, lors d’une éventuelle élection générale référendaire.  Et le côté émotif des québécois a bien répondu, surtout en région, là où le “problème de l’immigration” n’est vu à peu près nulle part, sauf aux nouvelles du soir, ou quand un groupe de touristes étrangers traverse leur patelin.  Sur les médias sociaux, j’ai lu des dizaines et des dizaines de commentaires du genre “s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à retourner dans leur pays!”  Or, les gens des régions n’ont pas à vivre l’afflux d’immigrants au quotidien; les municipalités sont, pour la plupart, en déclin de population, et ce depuis des années.

En tout et pour tout, le seul point que le gouvernement avait à préciser, concernant toute cette question, était que la prestation de services, entre le gouvernement et le citoyen, doit se dérouler à visage découvert.  Comme le sont les transactions dans une banque, par exemple.  Le type qui porte une cagoule de laine, par moins 25 degrés, parce qu’il travaille à l’extérieur, en hiver, va la retirer lorsqu’il entre à la banque, et ce pour des raisons évidentes de sécurité, et d’identification.  C’est la même chose en ce qui concerne les tenues cachant partiellement, ou complètement, le visage.  Il ne s’agit pas de jouer les “idiots utiles”, ni d’encourager la vision de “la femme plus esclave et soumise que jamais”, mais plutôt de faire preuve de tolérance face à cette femme, que nous pouvons bien sûr cataloguer, en vertu de symboles que l’on croit universels, mais dont nous ne savons rien de la situation particulière.

Autre point; il y a, dans la déclaration, un truc qui me chicote, et c’est ce passage: “Où la vraie neutralité des employés de l’état consiste à n’afficher ni sa conviction religieuse ni sa conviction antireligieuse, au même titre qu’elle suppose une réserve absolue en matière d’opinions politiques”.  Il faut comprendre ici que l’État du Québec est, et doit être neutre, pas nécessairement ses employés.  Or, l’interdiction des signes politiques fut adoptée il y a de cela très longtemps, à une époque où le fonctionnaire faisait de la politique dans son travail, et qu’il risquait rien de moins qu’un congédiement si le gouvernement changeait de parti.  À cette époque, le “service rendu” par le fonctionnaire l’était en fonction de la conviction du citoyen en faveur du parti au pouvoir, ce qui n’est plus le cas maintenant, le fonctionnaire jouissant de la sécurité d’emploi.  Or, une telle situation face à la religion – ou la non-religion – pratiquée par le citoyen s’adressant au fonctionnaire, ou par le fonctionnaire lui-même, est tout simplement inexistante.  De là la non-nécessité de légiférer en ce sens.  Aucune plainte ne fut formulée aux autorités compétentes, concernant un citoyen lésé par un fonctionnaire sur une question religieuse.  De là mon affirmation du début, à savoir que le problème de religion dans la fonction publique est inexistant.  Au final, pourquoi faire adopter une charte pour régler un problème qui n’existe pas?  Le gouvernement crée le problème de toute pièce pour s’investir en héros du peuple, et recueillir le vote des citoyens.  Ça revient à la même chose qu’un pompier qui allumerait des incendies pour faire l’étalage de ses compétences de sapeur.

Je terminerai en mentionnant qu’il y a une différence nette entre la laïcité et la neutralité, et c’est la suivante; le laïc s’oppose à toutes les religions, alors que le neutre ne s’occupe pas des religions, et les laisse vivre à leur guise.  Il y a des extrémistes laïcs, comme il y a des extrémistes catholiques, juifs ou musulmans, mais pas d’extrémistes neutres.  Bref, le laïc combat, et le neutre applique le “vivre et laisser vivre”.  Ce sont deux choses très différentes.  Et l’article d’Évelyne Abitbol le démontre bien; elle, et les cosignataires de sa déclaration, indiquent qu’elles sont laïques, alors que moi, j’affirme ma neutralité.

(Finalement, j’ai bien fait de répondre ici; ce billet approche les 2000 mots!)

Les « Janettes »: Comment exprimer son racisme sous le couvert de sa notoriété

(Voir la mise à jour, à la fin du texte.)

Depuis quelques jours, on entend parler des “Janettes”, dans les médias.  C’est que Janette Bertrand (oui oui, “la” Janette Bertrand), auteure et activiste bien connue, a écrit une lettre ouverte, signée par une vingtaine de femmes, et publiée dans plusieurs quotidiens, ce mardi 15 octobre.  La lettre, qui tient en quatre petits paragraphes, tente de faire un lien entre la lutte des femmes pour l’égalité avec les hommes, au Québec, lutte qui a abouti, entre autres, au droit de vote pour les femmes, et une autre lutte, celle pour le “dévoilement” des femmes voilées, qu’elle essaie tant bien que mal d’associer à la Charte des valeurs québécoises, déposée par le gouvernement de Pauline Marois, il y a de cela quelques semaines.

D’abord, elle a le droit de dire qu’elle “se souvient” de la lutte pour le droit de vote aux femmes, mais il faut s’en tenir à la textuelle, et ne pas conclure qu’elle a elle-même lutté pour ce droit.  Lorsque le gouvernement d’Adélard Godbout a adopté la loi accordant le droit de vote aux femmes, le 25 avril 1940, Janette avait 15 ans et un mois, tout juste!  Elle peut donc très bien s’en souvenir, mais je serais très surpris qu’elle soit elle-même sortie sur la place publique, à l’époque.

Mais le pire ne vient pas de la lettre elle-même, mais des entrevues accordées aux médias, suite à la publication de la lettre.  Jeannette Bertrand elle-même a déclaré, dans une entrevue à La Presse, “Je n’aimerais pas être soignée par une femme voilée.  J’aurais peur.  Je me dirais: Tout d’un coup, dans sa religion, qu’on ne soigne pas les femmes autant que les hommes, qu’on laisse partir les vieux plus vite.”  Sur quoi se base-t-elle pour dire de tels propos?  Cela devient du racisme à peine voilé, c’est le cas de le dire!  De toute façon, si madame Bertrand n’a pas confiance au système de santé québécois, de peur de tomber sur une femme voilée, elle peut toujours se faire suivre aux USA, elle en a sûrement les moyens!

Et que dire de Denise Filiatrault, autre signataire de la lettre ouverte.  À Paul Arcand, dans une entrevue au 98,5 fm, lorsque celui-ci lui a demandé “Qu’est-ce que vous dites aux femmes qui disent avoir choisi de porter le voile?”, elle lui a répondu “Fuck off, c’est pas vrai, ça. C’est des histoires de bonshommes. Quand elles ne le portent pas, elles se font réprimander quand c’est pas pire et au bout, quand ça marche plus, on les sacre dans le lac. C’est notre choix? Voyons donc, ce sont des folles.”  L’extrait audio nous montre bien le ton utilisé par madame Filiatrault; c’est un ton de mépris, le ton de celle qui regarde la chose du haut de sa hauteur, le ton de celle qui dit “C’est moi, qui a raison, et les autres, vos gueules!”

Il faut également tenir compte de certains faits.  D’abord, ce n’est pas la loi ayant accordé le droit de vote aux femmes qui a affranchi celles-ci de la domination, par la religion catholique romaine, dans les années 1960 et 1970, mais bien un ensemble de prises de conscience qui a mis des décennies à se mettre en place, famille par famille.  Ainsi, le parallèle que tente de faire Janette Bertrand, dans sa lettre, ne tient pas la route.  Ce n’est pas une loi qui a permis l’émancipation des femmes face à l’église (et accessoirement face aux hommes), et encore une fois, ce n’est pas avec une loi que l’on finira par réconforter les Janettes.  Ensuite, comme Janette Bertrand ose le prétendre, si une femme voilée pourrait risquer de moins soigner les femmes, ou les vieux, ce n’est pas le port, ou non, du voile qui va y changer quoi que ce soit.  Un homme médecin musulman pourrait avoir les mêmes objectifs, et les mettrait à exécution à visage découvert.  Comprenez-moi bien, toutefois; mon but n’est pas de soupçonner les médecins musulmans de ne pas soigner tous les patients, loin s’en faut, mais bien de dire que, de deux choses l’une; soit que Janette Bertrand se fait des peurs pour rien, ou encore qu’elle se sert du côté émotif des québécois de souche pour leur mettre des idées préconçues dans la tête.  Et si c’est la seconde option qui prime, Janette Bertrand fait alors dans le racisme le plus primaire!

À l’image de la religion catholique romaine, la religion musulmane finira par se “décloîtrer”, et c’est déjà commencé; de plus en plus de gens vont et viennent librement, sans se soucier de l’heure de la prière, ou dans quelle direction se trouve La Mecque.  Mais comme pour les cathos, il faudra lui laisser le temps.  Il a fallu des décennies pour retirer l’influence catholique de la politique, et cela n’empêche pas des milliers de femmes de porter le crucifix!  Ce n’est pas en obligeant les musulmanes à se dévoiler complètement, serait-ce par une loi, que l’on fera avancer les choses plus rapidement. Tout ce que l’on risque de faire, c’est de braquer les gens les uns contre les autres, et Janette Bertrand, de par sa lettre, y a mis du sien.

MISE À JOUR (18 octobre 2013, 10h42)

Sur le site web de La Presse, ce matin, voici que Denise Filiatrault s’excuse, pour certains propos exprimés lors de l’entrevue avec Paul Arcand.  Trop peu, trop tard, madame!  Souvenez-vous de l’histoire du gamin et de la clôture!

Le 4 septembre 2012, c’est jour d’élections, au Québec!

Eh ben oui, nous y sommes!

C’est aujourd’hui, 4 septembre 2012, que les électeurs de partout, à travers la province, vont décider des gens qui les représenteront à l’Assemblée nationale du Québec.  Malgré les bons coups, et les gaffes, de tous les partis politiques, les positions ont peu bougé, depuis le début de la campagne électorale, le 1er août dernier.  La lutte sera à trois; le Parti québécois (PQ) a su garder quelques points d’avance, dans la grande majorité des sondages, alors que dans le rétroviseur, la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), celui-là au pouvoir depuis 9 ans, s’échangeaient les positions.  Par contre, les sondages donnent toujours des chiffres qui comprennent une répartition proportionnelle des indécis, dont le nombre demeure élevé, d’une part, et d’autre part, la différence entre les partis demeure plus ou moins à l’intérieur des marges d’erreur des sondages.  Bref, tout peut arriver, et chaque vote compte; il s’agit qu’un des trois partis ne parvienne pas à “faire sortir le vote”, et la tendance peut changer du tout au tout.

On s’attend à ce que le taux de participation soit supérieur au faible 57,43% du dernier scrutin, soit celui du 8 décembre 2008.  À la dissolution de l’Assemblée nationale, le PLQ de Jean Charest détenait le pouvoir, comptant 64 députés, alors que le PQ de Pauline Marois formait l’Opposition officielle, avec 47.  Il est à noter qu’il faut avoir fait élire 63 députés pour obtenir la majorité des 125 sièges à l’Assemblée nationale, et qu’un parti doit avoir 12 députés en poste pour obtenir la reconnaissance officielle.  Ainsi, les députés des autres partis étaient décrits comme indépendants; la CAQ de François Legault (non-élu) en comptait 9, Option nationale (ON) et Québec solidaire (QS) en comptaient chacun un, en les personnes de Jean-Martin Aussant, et Amir Khadir, respectivement, alors que deux autres députés, Pierre Curzi et Lisette Lapointe,  n’avaient aucune affiliation politique.  Finalement, la circonscription de Bourassa-Sauvé était vacante.

En ce qui concerne le vote comme tel, comme je ne suis membre d’aucun parti, je ne tenterai pas d’influencer votre vote en faveur de l’un ou l’autre des 20 partis officiellement enregistrés auprès du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), dont 18 présenteront au moins un candidat.  Si l’on ajoute tous les candidats indépendants, et “sans désignation”, ce n’est pas moins de 892 candidats qui s’affronteront aujourd’hui, un record!  Par contre, s’il y a un tuyau que je puisse vous donner, c’est le suivant; si vous ne savez pas trop quel parti est le meilleur – ou le moins pire – pour diriger la province, faites comme les vieux faisaient dans le bon vieux temps, c’est à dire de voter “l’homme”, avant de voter le parti.  Vous savez, si vous avez un bon député, dans votre patelin, qu’il fait un excellent boulot, il continuera de bien travailler même s’il se retrouve dans l’opposition.  C’est même souvent mieux d’avoir un excellent député dans l’opposition qu’un laquais de service au pouvoir!  Comme plus de 16% des électeurs, je me suis prévalu du vote par anticipation, et j’ai voté l’homme!  Évidemment, si votre député est une femme,… enfin, vous avez compris le principe!

Je voudrais compléter ce billet non pas par une prédiction, puisque tout peut arriver, mais plutôt par un merci bien sincère à tous ceux et celles qui vont travailler, lors de ce scrutin général.  En fait, je leur dis merci, mais surtout bon courage, car ces gens en auront bien besoin!  D’une part, la plage d’ouverture des bureaux de scrutin s’étale de 9h30 à 20h00, soit sur une période de dix heures et demie, et qu’à part un petite pause rapide, pour besoins naturels, de temps en temps, ils doivent être sur place en tout temps, afin que l’électeur qui se présente n’ait à attendre le moins possible.  Ajoutez à cela la préparation du bureau de vote, qui prend environ une demi-heure, et la fermeture de celui-ci, qui comprend le décompte des votes, et diverses procédures de manutention des bulletins (par exemple, les bulletins de chaque candidat doivent être placées dans des enveloppes spécifiques, les bulletins rejetés dans une autre, etc.), et cela fait une bonne journée.  Et comme plusieurs bureaux de vote sont souvent regroupés dans un seul édifice, on ne peut quitter les lieux qu’au moment où chaque bureau est bien fermé, et il y a toujours au moins une table de retardataires!  Tout cela mis ensemble, on se retrouve facilement avec une journée de travail de plus de 12 heures.

Je vous encourage donc à exercer votre devoir de citoyen, ne serait-ce que pour que le salaire de tout le personnel du DGEQ ne soit pas gaspillé!  Sans compter que, comme disait la chanson du groupe Vilain pingouin, “(…) j’ai compris que le droit de voter, c’est aussi le droit de chialer!”

Route 158: Ça frappe encore!

À mon arrivée à la maison, ce soir, j’ai pris connaissance de l’accident survenu ce matin sur la route 158, à Sainte-Geneviève-de-Berthier, dans la région de Lanaudière.  Pour ceux qui ne sont pas au courant, l’accident impliquait deux véhicules, soit un autobus scolaire, dans lequel prenait place 13 jeunes, plus le chauffeur, autobus qui se dirigeait vers l’école secondaire Pierre-de-Lestage, de Berthierville, et une fourgonnette, occupée par les 8 membres d’une équipe de chargement de volailles, qui revenaient d’une nuit de travail.  Au moment d’écrire ceci, le bilan était toujours de 4 morts, 4 blessés graves, et 14 blessés légers.  Il est à noter que tous les morts et les blessés graves prenaient place dans la fourgonnette.  Pour être plus précis, sur le lieu de l’accident, il s’agit de l’intersection des routes 158 et 345.

Cette photo date de l’été de 2009, et figurait dans un billet que j’avais à l’époque publié au sujet de la route 158, et en particulier des divers travaux réalisés et à venir, sur cette route.  Selon les informations que j’avais, dans le temps, cette intersection devait être reconstruite… l’année précédente!  Ce n’est donc pas d’hier que la problématique de cet endroit est connue de tous, que ce soit des gens qui habitent tout près, des utilisateurs locaux et régionaux du réseau routier, des autorités municipales, des gens du MTQ, des policiers et autres intervenants en urgence, j’en passe, et des meilleurs.

On le voit peu, sur cette photo, mais le profil de la route 158, à cet endroit, est très incliné, et la route 345 se situe en haut de l’inclinaison.  Ainsi, lorsque la route est couverte de glace noire, et que l’on arrive exactement à l’endroit que l’on voit, sur la photo, un simple coup de freins, dans le but de tourner à droite, fait que le véhicule glisse vers la gauche, soit directement dans la voie opposée.  C’est probablement l’une des hypothèses qui expliqueraient l’accident de ce matin; il y avait effectivement présence de glace noire, sur la chaussée, au moment de la collision.  Le truc, c’est de monter le plus haut possible – le plus à droite – avant de freiner, quitte à rouler un peu sur l’accotement, de façon à combattre l’angle d’inclinaison de la route, et ainsi éviter de glisser.  Mais il faut retenir qu’un truc demeure un truc; il n’est pas garanti que ça marche à chaque fois!  Bref, il n’y a pas de formule magique; la prudence est de mise, à cet endroit.

Je ne sais pas précisément quels étaient les travaux prévus à cette intersection, d’une part, et d’autre part, je ne suis pas vraiment porté sur ce genre d’aménagement, à la base, mais je crois que cette intersection serait l’endroit idéal pour aménager un carrefour giratoire.  D’abord, l’espace est disponible.  Ensuite, un carrefour giratoire permettrait d’éliminer l’inclinaison, dans le profil de la route 158.  Mais d’abord et avant tout, un tel aménagement abaisserait définitivement la vitesse, à cet endroit.  Il est connu de tout le monde, dans les environs, que sur la route 158, ça roule!  D’ailleurs, l’inclinaison, dans le profil de la route, fut créée justement dans le but de négocier la courbe rapidement.  L’aménagement d’un carrefour giratoire permettrait donc de réparer une erreur du passé, et de rendre l’intersection des routes 158 et 345, à Sainte-Geneviève-de-Berthier, nettement plus sécuritaire.

MISE À JOUR – 9 février, 21h30

Mon bon ami Jean Tremblay vient de m’annoncer, comme j’entrais sur Twitter, que l’autoroute 50 a encore tué, hier matin, à la hauteur de Lachute.  Cette fois, c’est une jeune femme de 19 ans, Stéphanie Duguay-Sénécal, qui a perdu la vie, après que sa voiture soit entrée en collision avec un VUS.  Le vendredi précédent, c’est à Grenville-sur-la-Rouge, que la mort attendait un autre conducteur; la voiture de celui-ci a embouti l’arrière d’un camion-remorque, qui était stationné sur l’accotement de la bretelle de sortie, à la fin de cette section de l’autoroute 50.

MISE À JOUR – 10 février, 22h15

Ce matin, les médias, dont Cyberpresse.ca, et l’agence QMI (via le site web Canoë), rapportent un cinquième décès, parmi les occupants de la fourgonnette.