Beaconsfield: « De quoi j’me mêle? »

Voici une triste histoire qui démontre bien que malgré que l’on paie ses taxes, et que l’on soit propriétaire de sa résidence, nous ne sommes jamais vraiment « chez-nous ».

L’affaire se passe à Beaconsfield, dans le West-Island, et est rapportée par LCN.  Une dame, Francine Palombo, héberge quatre personnes lourdement handicapées, et dans le but, entre autres, d’assurer leur sécurité, a fait installer un toit rétractable, au-dessus de sa piscine, une nouveauté, dans le domaine.  Une installation qui lui a coûté la bagatelle de 26,000$.  Or, des voisins se sont plaints à répétition, prétextant que le toit de la piscine de madame Palombo, qui a les apparences d’une serre, « dégrade le paysage ».  Résultat: la ville de Beaconsfield a imposé à madame Palombo une amende de 144$, en plus de la sommer de démolir son toit rétractable.  Évidemment, madame Palombo entend bien contester le tout, devant la cour, s’il le faut.

C’est certain que d’aucuns me diront que je n’ai pas tous les détails de l’affaire, ce qui est bien vrai.  Mais je vais émettre mon opinion quand même.

Si les voisins n’aiment pas le toit de la piscine de madame Palombo, ils n’ont qu’à cesser d’écornifler chez leurs voisins!  Madame Palombo est chez elle, que je sache!  Sa piscine n’empiète pas chez les voisins, sauf erreur, alors où est le problème?  Sur la photo, qui accompagne l’article, sur le site Canoë, on remarque que le fameux toit dépasse à peine la hauteur de sa clôture; il est si bas qu’elle doit se pencher, pour marcher dessous.  En plus, de quoi la ville de Beaconsfield se mêle?  Elle devrait commencer par installer des trottoirs, le long de ses rues.  Madame Palombo n’a pas installé un pylône, que je sache; elle a seulement protégé les personnes qu’elle héberge contre d’éventuelles chutes dans la piscine.  Juste à la façon dont le maire de Beaconsfield, Bob Bendetti, baragouine devant la reporter, il est évident qu’il n’est pas trop à l’aise avec sa réglementation stupide.  Moi non plus, d’ailleurs, je ne suis pas du tout à l’aise – pour des raisons fort différentes – avec les villes qui réglementent la couleur de la peinture de la remise de jardin, ou la température ambiante dans le sous-sol.  Et j’exagère à peine.

Les villes se sont dotées de règlements qui briment totalement les libertés individuelles des citoyens.  On utilise le prétexte de l’uniformité du quartier, de la beauté du paysage, ou plein d’autres critères tout à fait discutables, pour empêcher les citoyens de faire ce qui leur plaît.  Si j’étais un avocat célèbre – et plein aux as, j’en ferais une cause symbolique, devant les tribunaux.  Quarante ans après que Pierre-Elliott Trudeau ait déclaré que l’état n’a pas sa place dans la chambre à coucher des citoyens, force est de constater que les villes prennent manifestement – et au détriment des citoyens – leur place dans les cours arrières.

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3 réactions sur “Beaconsfield: « De quoi j’me mêle? »

  1. Mon grand-pere m’a dit que chez lui, a Sylvan Lake en Alberta, il est maintenant interdit de laver ou reparer sa voiture… dans le cours. Il faut etre dans son garage, si tu en as un.

    Mais comment laver sa voiture dans un garage, ca devrait etre pas mal plus de trouble…

    quel M…

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  2. Richard, arrête de me piquer mes sujets!

    Non, je blague! Voilà un cas difficile de règlements municipaux. En effet, la structure est moins haute qu’une remise, mais elle reste imposante. Qui plus est, c’est une mesure de sécurité. En soi, je ne vois pas moi non plus en quoi avoir un tel équipement constitue une atteinte à la jouisance des voisins de leur propriété.

    Je serais néanmoins curieux de savoir quel est précisément la règle auquel la dame a dérogé. Construction sans permis? Construction non autorisée? En tout cas, si elle va en cour avec ce dossier, je lui souhaite la meilleure des chances!

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  3. Ce que je déplore le plus, dans tout cela, c’est l’envahissement systématique des municipalités dans la vie privée des gens, alors que cela fait déjà 40 ans que Trudeau a déclaré que l’état n’a pas sa place dans la chambre à coucher du citoyen.

    Je peux comprendre que certains aspects d’une propriété peuvent, à la rigueur, être réglementés; les devantures, pour des question d’esthétique (pour éviter une trop grande différence entre la valeur des propriétés d’un même secteur), des trucs d’hygiène du milieu (genre le terrain pas entretenu, où les insectes peuvent se reproduire, ou les amoncellements de détritus, où c’est la vermine, cette fois, qui règne en maître), ainsi que la hauteur de certaines structures (comme le pylône de l’antenne de CB du voisin d’en-face, qui brouille le signal de toutes les télés du pâté de maisons, ou qui risque de tomber chez les voisins, par grands vents), mais la cour arrière, il me semble que c’est privé, non? Je veux dire, si le voisin n’aime pas le toit rétractable de la piscine de madame Palombo, dans le cas présent, excusez-moi pour le terme, mais c’est que le voisin en question « va sentir » chez madame Palombo! Il surveille les activités de la dame, et ça, c’est à la limite de l’envahissement de domicile. C’est au minimum un beau cas de voyeurisme!

    Je crois que les règlements municipaux sont allés beaucoup trop loin, et que l’exagération continue de plus belle. Quand on voit ce qui se passe, avec le dossier de madame Palombo, on peut se demander, au niveau de la règlementation municipale, quelle sera l’étape suivante; le choix de la chaîne de télé que l’on regarde, celui de la couleur de la peinture de la chambre à coucher, ou encore la longueur du maillot de bain que l’on porte, pour aller plonger dans sa propre piscine. Il me semble que lorsque l’on paie le prix d’une propriété (rappelons que le prix médian, pour une maison unifamiliale à Montréal, est de 247,000$, selon les données de juillet 2009 de la Chambre immobilière du grand Montréal), on devrait au moins avoir le droit d’être chez soi dans sa cour arrière, bordel!

    J’aime bien le terme utilisé par LBII, soit une « atteinte à la jouissance » de sa propriété. Dans le cas présent, le voisin de madame Palombo, de par sa plainte, et la ville de Beaconsfield, de par le constat d’infraction émis contre madame Palombo, empêchent définitivement celle-ci de jouir de sa propriété. Or, la liberté d’un individu s’arrête là où commence celle de son prochain. Si le voisin est « dérangé » par ce qui se passe dans la cour arrière de madame Palombo, il n’a qu’à cesser d’y regarder. C’est tout.

    Combien faudra-t-il débourser pour que sa vie privée soit vraiment privée?

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