Augmenter la vitesse minimale de 60 km/h sur les autoroutes: Enfin, une parole sensée

Selon LCN, la ministre des transports du Québec, Julie Boulet, aurait évoqué la possibilité d’augmenter la vitesse minimale sur les autoroutes du Québec, prétextant qu’une telle vitesse est dangereuse non seulement pour l’automobiliste qui roule aussi lentement, mais également pour les autres utilisateurs de la route. Sur l’autoroute 31, et seulement sur le viaduc surplombant l’autoroute 40, à Lavaltrie, la limite minimale est fixée à 30 km/h, et la limite maximale à 90 km/h, et ce afin de permettre aux tracteurs agricoles de traverser l’autoroute 40. Partout ailleurs, la limite minimale de vitesse est présentement fixée à 60 km/h

Est-il nécessaire de spécifier que je suis d’accord à 100% avec une telle mesure?

Certains crieront à la vitesse excessive, puisqu’il s’agit d’une hausse de la vitesse. Cela n’est vrai qu’en théorie, parce que dans la pratique, quiconque roule à une telle vitesse devient un danger public, du fait que cela cause des changements de voie très vifs, qui peuvent résulter en des accidents, et éventuellement en des accidents mortels. Je suis du genre à prétendre qu’il y a des endroits pour rouler, et d’autres où il faut avoir la pédale douce. Pour ma part, je crois que l’on devrait foutre la paix aux automobilistes sur les autoroutes, afin de libérer des effectifs supplémentaires pour surveiller les endroits où justement, il faut avoir la pédale douce, comme les rues résidentielles des villes. Car c’est prouvé que la seule façon d’exercer un réel contrôle sur les agissements des gens, c’est par une surveillance policière accrue. Et dans certaines villes, particulièrement celles où le mandat de sécurité publique est confié à la Sûreté du Québec, cette surveillance fait cruellement défaut.

Nouvelle tuile pour Saint-Eustache

Selon LCN, ainsi que le Journal de Montréal de ce matin, le pont Arthur-Sauvé, qui fut réparé d’urgence au coût de 335,000$ pas plus tard qu’en 2005, sera complètement démoli et reconstruit et ce, à compter de l’an prochain.

Ainsi donc, après avoir passé l’été de 2005 au complet avec des travaux sur le pont qui leur permet d’atteindre l’île Jésus, les citoyens de Saint-Eustache vont devoir passer encore une couple d’années à devoir patienter pour aller à Laval, ou encore de devoir se taper un détour de plusieurs kilomètres pour passer ailleurs que sur leur pont. Les gens du MTQ n’ont pas inspecté la structure, lors des réparations d’urgence?

Il semble que les ingénieurs et inspecteurs en structures du MTQ se parlent bien peu, puisque le pont Arthur-Sauvé est la deuxième structure en peu de temps à être vouée à la démilition peu de temps après des réparations importantes. Le 13 octobre dernier, le Journal de Montréal rapportait qu’un viaduc surplombant l’autoroute 10, soit celui du chemin Roy, à Orford, en Estrie, a été démoli après avoir été rénové au coût de 300,000$. Combien de structures seront démolies et reconstruites ainsi après avoir été réparées ou rénovées à grand coût? Au temps où c’est parti, on aura tôt fait de se rendre compte que les 30 milliards$ récemment annoncés par les libéraux de Jean Charest risquent d’être insuffisants pour remettre le réseau routier dans un état acceptable.

Il faut dire qu’à Québec, nous sommes drôlement bien équipés à titre de ministre des transports. La ministre, Julie Boulet, est avantageusement connue dans la région de Saint-Tite comme… pharmacienne, ainsi que des médecins du coin, parce qu’elle leur fournissait gratuitement des locaux pour leur pratique, ce qui est interdit. Quand cela s’est su, elle a démissionné de son poste de ministre déléguée à la santé, aux services sociaux et à la condition des aînés, et de celui de ministre responsable des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec, postes qu’elle avait obtenus à peine quelques semaines plus tôt, lors de l’élection des libéraux de Jean Charest à Québec. Mais soit que celui-ci a le pardon facile, soit que madame la ministre était, comment dire, « indispensable » à notre vire-capot frisé d’Amérique, il réinstalla madame Boulet à titre de ministre déléguée aux transports et responsable de la Mauricie. Lors de l’élection de 2007, le titulaire du ministère des transports, Michel Després, a perdu sa circonscription aux mains de Jean-François Gosselin, de l’ADQ, et n’était désormais plus disponible pour continuer. C’est ainsi que Julie Boulet a donc hérité du ministère des transports.

Mais à la base, Julie Boulet n’en connaît pas trop long dans l’asphalte et le béton. Aussi, elle a rapidement repris ses anciennes habitudes de pharmacienne; quand survient un coup dur au MTQ, on a l’impression qu’elle demeure cachée derrière un comptoir, en train de compter des pilules. Quand on la voit dans un point de presse, ça s’appelle « pas trop de questions, messieurs les journalistes », puis elle disparaît aussitôt. Bref, on ne peut pas exiger qu’elle contrôle les compétences des décideurs de son ministère puisqu’elle-même en a bien peu en la matière. La question que je me pose est la suivante; pourquoi n’y a-t-il pas, dans ce gouvernement, quelqu’un de plus qualifié que Julie Boulet pour prendre les responsabilités des transports?

De toute façon, les 30 milliards$ de l’annonce faite en grande pompe pour les infrastructures ont déjà fait l’objet de nombreuses annonces de moindre importance. Ce n’est donc pas de l’argent neuf. Alors ne nous faisons pas trop d’illusions; au Québec, l’alignement de votre véhicule ne durera pas plus longtemps qu’avant.