Autoroute 30, au Centre-du-Québec: au-delà des campagnes, une vraie autoroute, SVP

Je lisais, ce matin, sur le site web du quotidien Le Nouvelliste, un article de Marilou Bourassa-Legault qui traitait de la deuxième phase de la campagne de sensibilisation sur la sécurité routière commencée l’an dernier. Sous le thème “Ton attitude change ta route”, la campagne tend à faire changer le comportement de certains automobilistes, et autres usagers de la route, dans le but de diminuer le nombre d’accidents sur ce bout d’autoroute qui, en fait, n’a d’autoroute que le nom.

Je veux dire, il faudrait d’abord s’ouvrir les yeux sur le fait que cette section de l’autoroute 30 n’est qu’une route à accès plus ou moins limité, puisque la journaliste rapporte que l’on y retrouve aussi… des tracteurs agricoles, qui normalement n’ont pas leur place sur une vraie autoroute.

Avec un débit journalier moyen annuel (DJMA) variant entre 4700 (entre la route 263 et l’ancienne centrale nucléaire Gentilly-2) et 13,400 véhicules par jour (entre l’avenue des Jasmins et l’A-55), il y aurait de quoi doubler ce chemin pour en faire une véritable autoroute, surtout entre l’A-55 et le parc industriel et portuaire de Bécancour, question d’éliminer les intersections à niveau, quitte à ramener la route à une seule voie par direction à l’est du boulevard Alphonse-Deshaies.

La sécurité sur l’A-30 à Bécancour passe par un meilleur comportement des usagers de la route, bien entendu, comme c’est le cas sur l’A-55 elle-même, que l’on a commencé à doubler entre Bécancour et l’A-20, mais aussi par une mise à jour de la route elle-même, à savoir son doublement, afin d’en faire ce qui pourra définitivement attirer de nouvelles entreprises, c’est à dire une véritable autoroute.

Réseau autoroutier: Y a-t-il des “autoroutes vers nulle-part”, au Québec?

Il y a quelque temps, déjà, je visionnais sur YouTube une vidéo qui montrait quelques projets autoroutiers non-complétés aux USA, qu’ils appellent “highways to nowhere”, ou en français, des “autoroutes vers nulle-part”. Cela m’a donné l’idée de voir si nous avons, nous aussi, au Québec, des projets commencés, mais pas encore complétés, que ce soit des projets intéressants, mais mis “sur la glace”, faute de budget, ou encore de vieux trucs oubliés au fil des décennies.

Devinez quoi? J’en ai trouvé.

Je dois préciser que toutes les images de ce billet proviennent de Google Earth.

En voici une première, qui se situe sur la rive-sud de Montréal, plus précisément aux limites de Brossard et de La Prairie. J’ai déjà écrit sur ce projet, probablement enterré pour toujours, et qui serait probablement devenu l’autoroute 6.

Il y a ensuite, bien entendu, les “chaînons manquants” de l’autoroute 40, à Trois-Rivières et à Québec.

Retournons sur la rive sud du fleuve, cette fois aux limites des régions de l’Estrie et du Centre-du-Québec, là où devaient se rejoindre les autoroutes 55 et 51.

Un autre site qui, celui-là, est bien visible sur les images satellites, est celui de la sortie 258 de l’autoroute 50, au sud de la ville de Lachute.

Voici maintenant un endroit où vous vous direz sûrement que l’on n’aura probablement jamais besoin d’une autoroute, c’est à dire juste un peu au nord de la frontière Québec-New York.

À voir certains endroits, tout porte à croire que le MTQ a déjà eu un département de planification à long terme du réseau routier. On peut alors se demander si ce département existe toujours, et s’il a laissé des documents que l’on pourrait consulter, afin de constater les planifications effectuées par le passé, et peut-être découvrir d’autres projets que le MTQ envisageait. De nos jours, par contre, il est clair que la planification du réseau routier tient beaucoup plus de contexte électoral que de celui de la fluidité de la circulation; le gouvernement actuel promettait, lors de la campagne électorale de 2018, le début de la construction du 3e lien Québec-Lévis avant la fin de ce mandat électoral, alors que la ministre des transports, sept ans plus tard, se promène encore avec ses cartables. Ce gouvernement n’a plus de crédibilité, et d’ici aux élections de 2026, on verra les ministres de démener, comme des diables dans de l’eau bénite, entre les coupures de budgets et les promesses électorales.