L’autoroute 610: De qu’ossé?

Hier soir, la Presse canadienne publiait une courte nouvelle concernant un accident mortel sur l’autoroute 610, à Sherbrooke. Quoiqu’un accident mortel soit toujours triste, et je compatise avec la famille de la victime, je me demande, par la même occasion, quelle est la logique du MTQ pour avoir renuméroté une partie de l’Autoroute 10, qui passe au nord de l’agglomération sherbrookoise, autoroute 610.

Si l’on prend le système de numérotation des routes, au Québec, tel qu’élaboré par le MTQ, on dit d’une autoroute numérotée à trois chiffres, dont le premier chiffre est pair, qu’elle est une autoroute de déviation, et qu’elle doit en principe (parce qu’aucune autoroute au Québec ne le fait pour l’instant) se rattacher à l’autoroute principale à ses deux extrémités. On explique même que pour l’instant, il n’y a pas vraiment d’autoroute de déviation, et on illustre l’exemple de l’A-640, qui se rattache à une seule extrémité de l’A-40, mais qui devrait en principe le faire éventuellement à l’autre parce qu’elle a été prévue en ce sens. Ceci étant dit, je me demande à quoi pourrait se rattacher l’autoroute 610. On pouvait se dire, en regardant une carte de la région, que l’autoroute 410, qui devrait éventuellement contourner l’agglomération de Sherbrooke par le sud, qu’elle finirait par rejoindre l’A-10, mais l’A-10 est devenue l’A-610. Je ne comprends plus rien à la logique du MTQ, dans cette région. Quelqu’un pourrait m’expliquer?

À moins qu’il s’agisse de faire travailler un peu l’équipe de la signalisation. Vous savez, ces types, avec le camion jaune muni d’un espèce de bras canadien qui sert à planter les poteaux des panneaux de signalisation. Ils devaient n’avoir rien à faire, alors la direction régionale leur a fait changer les panneaux de l’A-10 pour des panneaux marqués A-610. C’est comme dans le grand Montréal, on change quelques fois les panneaux dans le but de diriger la circulation sur une voie rapide plutôt qu’une autre. Par exemple, les automobilistes en provenance du West-Island ou de l’Ontario, qui empruntent l’A-40, ont pu remarquer que l’on indique désormais « Montréal centre-ville » vers l’A-13 sud, et qu’à partir de l’échangeur de l’A-13, vers l’est, on indique maintenant « Québec » au lieu de « Montréal », sur les panneaux de l’A-40 est. On peut comprendre que ce changement peut amener des automobilistes à ne pas prendre l’autoroute Décarie, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Un autre changement, encore plus récent, pour ceux qui prennent l’A-40 vers l’ouest; on a commencé à remplacer l’appellation « Hull/Ottawa » par « Ottawa/Gatineau » sur tous les panneaux. Je ne sais pas à quoi sert ce dernier changement, mais ça tient les gars occupés.

Par contre, je ne comprends toujours pas l’affaire de l’A-610, à Sherbrooke…

Nouvelle tuile pour Saint-Eustache

Selon LCN, ainsi que le Journal de Montréal de ce matin, le pont Arthur-Sauvé, qui fut réparé d’urgence au coût de 335,000$ pas plus tard qu’en 2005, sera complètement démoli et reconstruit et ce, à compter de l’an prochain.

Ainsi donc, après avoir passé l’été de 2005 au complet avec des travaux sur le pont qui leur permet d’atteindre l’île Jésus, les citoyens de Saint-Eustache vont devoir passer encore une couple d’années à devoir patienter pour aller à Laval, ou encore de devoir se taper un détour de plusieurs kilomètres pour passer ailleurs que sur leur pont. Les gens du MTQ n’ont pas inspecté la structure, lors des réparations d’urgence?

Il semble que les ingénieurs et inspecteurs en structures du MTQ se parlent bien peu, puisque le pont Arthur-Sauvé est la deuxième structure en peu de temps à être vouée à la démilition peu de temps après des réparations importantes. Le 13 octobre dernier, le Journal de Montréal rapportait qu’un viaduc surplombant l’autoroute 10, soit celui du chemin Roy, à Orford, en Estrie, a été démoli après avoir été rénové au coût de 300,000$. Combien de structures seront démolies et reconstruites ainsi après avoir été réparées ou rénovées à grand coût? Au temps où c’est parti, on aura tôt fait de se rendre compte que les 30 milliards$ récemment annoncés par les libéraux de Jean Charest risquent d’être insuffisants pour remettre le réseau routier dans un état acceptable.

Il faut dire qu’à Québec, nous sommes drôlement bien équipés à titre de ministre des transports. La ministre, Julie Boulet, est avantageusement connue dans la région de Saint-Tite comme… pharmacienne, ainsi que des médecins du coin, parce qu’elle leur fournissait gratuitement des locaux pour leur pratique, ce qui est interdit. Quand cela s’est su, elle a démissionné de son poste de ministre déléguée à la santé, aux services sociaux et à la condition des aînés, et de celui de ministre responsable des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec, postes qu’elle avait obtenus à peine quelques semaines plus tôt, lors de l’élection des libéraux de Jean Charest à Québec. Mais soit que celui-ci a le pardon facile, soit que madame la ministre était, comment dire, « indispensable » à notre vire-capot frisé d’Amérique, il réinstalla madame Boulet à titre de ministre déléguée aux transports et responsable de la Mauricie. Lors de l’élection de 2007, le titulaire du ministère des transports, Michel Després, a perdu sa circonscription aux mains de Jean-François Gosselin, de l’ADQ, et n’était désormais plus disponible pour continuer. C’est ainsi que Julie Boulet a donc hérité du ministère des transports.

Mais à la base, Julie Boulet n’en connaît pas trop long dans l’asphalte et le béton. Aussi, elle a rapidement repris ses anciennes habitudes de pharmacienne; quand survient un coup dur au MTQ, on a l’impression qu’elle demeure cachée derrière un comptoir, en train de compter des pilules. Quand on la voit dans un point de presse, ça s’appelle « pas trop de questions, messieurs les journalistes », puis elle disparaît aussitôt. Bref, on ne peut pas exiger qu’elle contrôle les compétences des décideurs de son ministère puisqu’elle-même en a bien peu en la matière. La question que je me pose est la suivante; pourquoi n’y a-t-il pas, dans ce gouvernement, quelqu’un de plus qualifié que Julie Boulet pour prendre les responsabilités des transports?

De toute façon, les 30 milliards$ de l’annonce faite en grande pompe pour les infrastructures ont déjà fait l’objet de nombreuses annonces de moindre importance. Ce n’est donc pas de l’argent neuf. Alors ne nous faisons pas trop d’illusions; au Québec, l’alignement de votre véhicule ne durera pas plus longtemps qu’avant.

Le discours du Trône: …ça, c’est fait

En ben voilà, le sort en est jeté. Le vote sur le discours du Trône a eu lieu aujourd’hui, et il a été adopté, tel quel, à 126 voix contre 79. Ainsi, les conservateurs vont pouvoir imposer leur programme.

La manchette de LCN avance que les 49 députés bloquistes et les 30 députés néo-démocrates ont voté contre le discours, alors que les libéraux se sont abstenus de voter. Cela démontre assez bien à quel point Stephen Harper a mis Stéphane Dion et les libéraux dans sa petite poche, et pourra faire somme toute ce qu’il veut d’ici la fin de son mandat, prévu pour l’automne de 2009, évidemment si rien ne vient renverser la vapeur d’ici-là. Faut-il se rappeler qu’il s’agit tout de même d’un gouvernement minoritaire, et qu’il pourrait être renversé sur d’autres questions. Mais il sera quand même gênant pour les libéraux de voter contre l’un ou l’autre des projets de loi qui feront suite au discours du Trône, les conservateurs pouvant leur remettre sur le nez leur « non-rejet » du discours, et ce même s’il contenait l’enterrement de Kyoto, ainsi que la poursuite de la mission en Afghanistan jusqu’en 2011.

J’imagine Stephen Harper, dans son bureau, après le vote…

« Bon, le discours du Trône, ça, c’est fait,… quel est le point suivant, maintenant? »

La loi de Pauline 1ère sur les tablettes

Il semble que le voeu de Pauline 1ère sur la teneur en français des nouveaux arrivants ne sera pas exaucé. Jean Charest a annoncé que le projet de loi 195 sur l’identité québécoise sera tabletté.

Bizarre que Pauline 1ère ait voulu rassembler les québécois dans le « nous » en exigeant des immigrants de passer un test sur leur capacité à parler et à comprendre le français au moment même où la commission Bouchard-Taylor se promène de ville en ville et prend toute la place dans les médias. Le passage à Trois-Rivières, à quelques minutes de voiture du célèbre symbole qu’est devenu le village d’Hérouxville, de la commission itinérante (quoique les deux co-présidents sont pourtant loins de l’être) a permis aux gens de voir les médias s’agglutiner encore une fois autour du conseiller municipal à l’origine du fameux code de vie local, André Drouin, qui a ainsi pu se donner en spectacle à nouveau. Loin de moi l’idée de mettre ici quelque jugement de valeur que ce soit, à tout le moins pour l’instant. J’ai des opinions bien arrêtées sur le sujet des accommodements raisonnables, et je les émettrai en temps et lieu.

Pendant ce temps, l’autre commission itinérante, celle de la ministre Marguerite Blais, sur les conditions de vie des personnes âgées, se déroule dans la plus totale indifférence. Était-ce un coup de stratégie des libéraux?

Saïd Jaziri est arrivé en Turquie

LCN nous a informé que l’imam Saïd Jaziri est arrivé en Turquie, ce pays où il craignait devoir subir la torture. Dans une entrevue téléphonique depuis la résidence de ses parents, il a raconté avoir été « torturé psychologiquement et physiquement » par les agents… canadiens!

Si cela peut lui faire plaisir, il pourra toujours demander aux autorités tunisiennes le statut de réfugié parce qu’il a été torturé au Canada, par des agents canadiens, et ainsi joindre Myriam Bédard et son mari, Nima Mazhari, dans leur lutte au « terrorisme canadien ». Toujours est-il que dans sa voix, on pouvait saisir la souffrance de cet imam déchu, qui a été sauvagement arrêté comme le pire des criminels. Bon, ça va, j’arrête le mode « sarcasme »…

N’empêche que s’il s’attendait à être torturé en Tunisie, Saïd Jaziri a pour l’instant été plutôt bien accueilli là-bas. Il est retourné chez papa et maman, où il pourra toujours se plaindre comme les ignobles canadiens. Bien sûr, je m’attends bien à ce que quelques gogauchistes prétendent que c’est parce que le premier ministre Stephen Harper se rapproche de George W. Bush dans son modèle d’administration. D’ailleurs, Jaziri lui-même se disait « comme s’il était à Guantanamo ». Il a certainement dû y aller souvent pour savoir si bien ce qui se passe là-bas…

En bref, je maintiens que Saïd Jaziri a filé une corde pour se pendre, et qu’il s’est accroché avec, voilà.