Assurance-emploi: Il y a un prix à payer pour jouer les héros

Hier soir, je suis tombé, au hasard de Google Actualités, sur un article de Guillaume Bourgault-Côté, du quotidien Le Devoir, concernant le congédiement de Sylvie Therrien, cette dame de Vancouver qui a dénoncé ce qu’elle appelait des quotas dans la recherche de fraudeurs de l’Assurance-emploi (AE).  J’avoue avoir lu les commentaires des lecteurs en diagonale, mais la presque totalité de ceux-ci condamnaient le “méchant” gouvernement de Stephen Harper, et portaient madame Therrien aux nues, faisant d’elle une véritable héroïne.  Mais il y a un hic; tous les héros ont un prix à payer, et ce prix est l’exclusion.  Je m’explique.

Madame Therrien travaillait dans une entreprise, définitivement publique, mais entreprise quand même, dont le produit est un revenu temporaire permettant de ne pas perdre tous ses moyens lorsque l’on se retrouve entre deux emplois.  Or, il y a des conditions à respecter, et certains prestataires profitent indûment de ce produit, au détriment d’autres personnes, qui y ont droit.  Les dirigeants de l’entreprise ont donc pris des mesures dans le but de faire cesser les fraudes – car il s’agit bien de cas de fraude.  Les agents de recouvrement ont une panoplie de paramètres, dans le but de les aider à effectuer leur travail, et ils doivent les appliquer dans les cas où ils ont des doutes.  Si les agents appliquent ces paramètres aux gens honnêtes, ceux-ci réagiront, et seront bien sûr en droit de le faire.  Comme il arrive également, dans des enquêtes policières, que certaines personnes soient suspectées, mais qu’au final, elles ne soient accusées de rien.

Mais voilà!  On voudrait que la police arrête tous les coupables, sans jamais interroger des innocents.  Du même souffle, on voudrait que tous les fraudeurs de l’AE soient démasqués, mais sans jamais déranger quiconque en reçoit honnêtement.  Et c’est là que les troubles commencent.  Parce que lorsque l’on enquête sur des gens honnêtes – ou qui semblent l’être, on risque de prendre leur histoire au sérieux, au point de tomber rapidement dans la pitié, dans l’apitoiement sur leur sort, enfin, appelez cela comme vous le voulez, mais on prend la part de ceux que l’on doit enquêter, alors que les fraudeurs se trouvent parmi eux.  Bref, on achète leur histoire.  Jusqu’au point où on oublie sa mission première; on se retourne alors contre l’entreprise qui nous emploie, l’accusant de tous les maux.

Croyez-vous que les policiers n’entendent pas des histoires de pauvres gens qui n’ont rien à manger, lorsqu’ils arrêtent un voleur?

Les seuls cas où les soupçons, l’enquête complète, et l’arrestation du ou des coupables – sans erreur sur la personne – se produisent en-dedans de trois heures, se voient… au cinéma!  Dans la vraie vie, les fraudeurs auront toujours de bonnes excuses, de bonnes raisons, pour avoir “juste un tout petit peu” dépassé les normes du système, tout comme la personne qui roulait à tombeau ouvert à travers les rues de la ville avait aussi une bonne raison pour ne pas se faire intercepter, ou pour ne pas recevoir de constat d’infraction.

Si on achète leur histoire, c’est clair que l’on arrêtera personne!

Le rôle de l’agent de recouvrement est de distinguer le fraudeur de l’honnête chômeur, et afin d’illustrer l’importance des sommes perdues à cause de la fraude, on divise les pertes par le nombre d’agents.  On y ajoute ensuite toutes sortes de calculs, et de probabilités statistiques, de façon à arriver à un nombre, qui devient l’objectif à atteindre.  De là à interpréter ce nombre comme un quota, il n’y a qu’un pas, que madame Therrien a probablement franchi.

De telles façons de faire font partie de la mécanique interne d’un travail, ou d’une tâche à accomplir.  Or, comme toutes les entreprises, qui protègent leurs façons de faire, afin de ne pas les dévoiler à la concurrence, l’AE a le droit de garder ses méthodes secrètes, si elle veut mener à bien son travail de récupération des sommes versées indûment, et d’interception des fraudeurs.  Si on révèle au grand public les façons de faire de l’AE, la fraude n’en deviendra que plus facile!  Et c’est là que madame Therrien a erré; croyant bien faire, en dénonçant une administration qui y allait trop fort, selon ses paramètres à elle, Sylvie Therrien a rendu public, par l’entremise du quotidien Le Devoir, le document de référence pour le travail qu’elle avait à effectuer.  Imaginez; c’est comme si un commis de la banque de la ville, constatant que les gens ont peu de liquidités, annonçait à tout le monde la combinaison du coffre-fort!  Si l’ensemble des citoyens n’ira pas jusqu’à tenter d’y retirer des sommes, ne croyez-vous pas que des voleurs vont prendre la chance d’en profiter?

Tout cela pour dire que si la situation de madame Therrien est tout à fait déplorable, celle-ci demeure tout de même l’artisane de son propre malheur.  Et maintenant, elle devra traîner la réputation de l’employée qui n’est pas capable de garder un secret.  Le problème, c’est qu’il s’agit de l’un des principaux critères d’embauche, et ce dans tous les types d’entreprises, depuis la simple franchise PFK jusqu’à la grande multinationale pharmaceutique.  Dans plusieurs entreprises, on fait signer, pendant la toute première entrevue menant à une éventuelle embauche, une déclaration de confidentialité dans laquelle il est mentionné que la divulgation d’un secret interne amènera la cessation immédiate du lien d’emploi.  D’autres vont beaucoup plus loin; on peut vous poursuivre si vous travaillez dans une entreprise concurrente pendant un certain délai suivant votre démission!  En fait, un secret d’entreprise est plus important que n’importe quel lien d’emploi.  Dans le public comme dans le privé.

En clair, comme disait l’autre, “toute vérité n’est pas bonne à dire”!

Madame Therrien l’a appris à la dure, mais j’espère qu’elle d’abord, et que tout le monde aussi, aura appris la leçon.  Aujourd’hui, la dame est condamnée par le marché du travail; elle voudrait faire le trottoir qu’elle n’y arriverait pas, ses clients potentiels ayant peur d’être dénoncés!  Bon, d’accord, j’exagère, pour faire image, mais vous voyez ce que je veux dire; quand on ne supporte pas la violence, on ne s’engage pas dans l’armée!  Même chose ici; si l’on n’a pas la force de caractère pour aller au-delà des belles histoires de pauvreté des fraudeurs, on ne va pas travailler comme agent de recouvrement de l’AE.

Comme je le disais au début, les héros ont un prix à payer.  Superman ne vit pas dans un chic appartement de New York.  Batman ne prend pas le petit-déjeuner au coeur de Gotham City.  Et désormais, Sylvie Therrien ne goûtera plus aux bénéfices du marché de l’emploi.  À moins que Le Devoir, qui a largement profité du scoop, ne lui offre un poste de correspondante à Vancouver, bien sûr.

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Matricule 728: Toujours la même question; pourquoi résister?

Comme un peu tout le monde, j’ai jeté un oeil sur les images d’un reportage de la Société Radio-Canada (SRC), hier, concernant une intervention de l’agent Stéphanie Trudeau, du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), mieux connue sous l’appellation “matricule 728”, et ce depuis certaines interventions, lors des manifestations des étudiants, le printemps dernier, interventions que l’on pourrait qualifier de musclées, si l’on se fie aux commentaires qui ont passé dans les médias sociaux.

Évidemment, la SRC mettra bien les images qu’elle veut, dans son reportage, question que sa nouvelle passe bien, et fasse réagir.  Par contre, quel que soit le dossier, et dans celui-ci comme dans tous les autres, il nous manquera toujours les images des premières minutes de l’intervention, celles avant que les policiers utilisent la force.  Et c’est encore le cas ici.  Pas que madame Trudeau soit de tout repos; ses propos, enregistrés à son insu, semble-t-il, montrent qu’elle a “du caractère autant que sa bière”, comme disait une vieille pub de Molson.  Le problème est que lorsque l’on ne voit que les séquences où les policiers utilisent la force, cela laisse l’impression, à ceux et celles qui visionnent le reportage, que l’utilisation de cette force est la pratique courante, ce qui est loin d’être le cas.  Personnellement, j’ai eu affaire avec des policiers, à plusieurs reprises, et la norme fut que le tout se déroulait sans aucun contact physique, minimalement, à défaut de cordialité.

La question que je pose souvent, dans le cas d’une intervention policière, est la suivante; pourquoi résister?  Lorsque l’agent demande de s’identifier, on s’identifie, et la discussion s’engage.  Mais si l’on réagit avec une question, ou que l’on proteste contre le simple fait de s’identifier, il arrive que le policier en remette, question de justifier son travail, et c’est là que les troubles commencent, et que l’escalade des moyens se met en marche.  Le principe est pourtant simple; le policier est payé, avec vos impôts, pour veiller à l’application des lois.  Donc, quand un policier intervient, il fait tout simplement le travail pour lequel vous le payez!  Dans le cas présent, l’agent Trudeau a constaté un individu, en l’occurrence Rudy Orchietti, avec une bière à la main, sur la voie publique, à savoir le trottoir.  Le comportement que monsieur Orchietti aurait dû adopter est de s’identifier; à ce moment, l’agent lui aurait probablement signifié qu’il est interdit de consommer de l’alcool sur la voie publique, ce à quoi le citoyen aurait pu tout simplement réagir par un « M’ouais, j’aurais dû laisser ma bière dans la maison! »  L’agent aurait pu alors l’avertir, tout simplement, ou au pire, lui remettre un constat d’infraction, que le type aurait eu tout à loisir de contester devant la cour.

Mais à voir le reportage de la SRC, ce n’est manifestement pas ce qui s’est produit; Rudy Orchietti a résisté, et il a eu le malheur de tomber sur “Matricule 728”.

Dans cette affaire, il est clair que madame Trudeau n’y est pas allé “avec le dos de la main morte”, comme dirait l’autre.  Elle en a mis beaucoup plus que ce que le client demande.  Par contre, était-il nécessaire que monsieur Orchietti se rebute à la simple demande de s’identifier?  Si le citoyen était vraiment calme, et n’avait opposé aucune résistance, tant verbale que physique, il aurait été surprenant que l’agent Trudeau, même avec son caractère bouillant, ne passe à une intervention physique.  Car un individu qui veut démontrer sa domination, policier ou non. ne frappe pas sur quelqu’un qui répond à ses demandes par un “oui”!

À la base, le policier représente l’autorité; se dépêcher à le contrarier dès sa première demande, c’est courir après le trouble!  Plusieurs individus l’ont constaté, et souvent à leurs dépens.  Si Dany Villanueva s’était identifié, au lieu de résister à son interception, à l’été de 2008, son frère Fredy serait probablement encore de ce monde.  Si les étudiants avaient été mieux organisés, et plus conciliants, envers les policiers, il y aurait probablement eu beaucoup moins d’interventions musclées, le printemps dernier.  Des dizaines de citoyens sont interpellés, à chaque jour, et on n’entend à peu près jamais parler d’utilisation d’une force plus grande que nécessaire, de la part des policiers.

Ici, la question n’est pas de savoir ce que doit être le comportement exemplaire du policier, mais bien d’éviter les problèmes.  Car à peu près personne, sur cette planète, n’a un comportement exemplaire; certains ont un seuil de tolérance plus élevé que d’autres, que ce soit d’un côté ou de l’autre de la balance.  Si un individu a le droit d’avoir l’air bête, parce que sa journée est merdique, pourquoi le policier devrait-il être au-dessus de tout cela?  Il est un être humain, lui aussi, avec ses forces et ses faiblesses; on a beau lui fournir un entraînement particulier, le policier ne sera jamais une machine, qui réagit toujours de la même façon aux situations qui se présentent à lui.  Autre point; puisque le seuil de tolérance varie, d’un individu à l’autre, il est donc possible que monsieur Orchietti se croyait dans son droit, alors que la policière croyait le contraire.

Ceci étant dit, je répète que l’agent Stéphanie Trudeau est allé trop loin, dans le cas qui nous concerne.  Mais faut-il rappeler que Rudy Orchietti n’a probablement pas été exemplaire, lui non plus.  Il aura la possibilité de contester toute l’affaire, et Dieu merci, ce n’est définitivement pas moi qui va rendre la décision finale.

Fusillade à Montréal: On accuse toujours la police…

On accuse toujours la police de toutes les calamités.  Mais quand on a besoin d’elle, par exemple,…

Il y a une chanson de Plume Latraverse, qui se termine avec ces mots.  Elle s’appelle “Mémoire courte”, et se trouve sur l’album “Autopsie canalisée”, sorti en 1983.  Et c’est à cette phrase que je pensais, lorsque j’ai lu les premiers commentaires, sur ce que certains, dont des journalistes, n’ont pas hésité à qualifier de “bavure policière”.  Je parle de la fusillade qui s’est produite à l’intersection des rues Saint-Denis et Christin, à Montréal, le mardi 7 juin dernier, vers 6h40 du matin, et dans laquelle deux personnes ont finalement perdu la vie, soit Mario Hamel, un itinérant de 40 ans, armé d’un couteau, et qui était en état de crise, selon la plupart des échos entendus jusqu’ici, ainsi que Patrick Limoges, un homme de 36 ans qui se rendait tout bonnement à son travail, et qui a été atteint d’une balle, qui aurait vraisemblablement ricoché.  Soulignons ici que selon cet article, paru sur le site web de la SRC (et dans lequel, accessoirement, le journaliste qualifie l’intervention de bavure policière), trois des quatre agents impliqués ont dû être traités à l’hôpital pour choc nerveux.

Pour ceux qui s’imaginent que le travail de policier en est un comme les autres, et qu’on peut parler d’une affaire comme celle-ci avec le même calme que si l’on racontait n’importe quoi (comme diraient les anglos, “been there, done that, bought the t-shirt”), je leur suggère de comparer une de leur journée de travail à celle d’un policier.  Et à chaque fois que la personne dira « Ben là, j’me suis trompé, ça arrive! », elle devra se dire qu’elle n’a pas le droit à l’erreur, et qu’elle devra faire l’objet d’une enquête méticuleuse, et approfondie, concernant tout ce qui entoure chacune de ces fois où elle s’est trompée.  Une enquête qui peut durer plusieurs mois, parfois quelques années.  Période pendant laquelle l’opinion publique, plus souvent qu’autrement, ne lui fera pas de cadeau, et où les médias n’hésiteront pas à la déclarer coupable, souvent avant même le début de l’enquête.

Voyons avec quoi les policiers doivent travailler, dans l’accomplissement de leurs tâches.

Ils ont une arme de service, et du poivre de Cayenne.  Avec tout ce qu’on a dit au sujet du pistolet “Taser”, il est facile de comprendre que très peu d’agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), sinon aucun, n’en sont équipés.  Cela reste à vérifier, par contre.  Alors nous allons nous attarder sur leur arme de service, et sur le poivre de Cayenne.

Mentionnons d’abord que depuis les événements, plusieurs parlent de la “règle des 21 pieds”, qui est enseignée à tous les policiers.  Il s’agit en fait de la distance qu’un assaillant peut parcourir pendant le temps requis pour qu’un policier dégaine son arme, et fasse feu sur la masse corporelle dudit assaillant, distance qui fut évaluée à 21 pieds, soit 6,4 mètres.  D’après la version anglaise du site Wikipédia, cette règle a été conceptualisée par le sergent-formateur Dennis Tueller, de la police de Salt Lake City, en Utah, chez nos voisins du Sud.  Là-bas, l’entraînement des policiers à cette règle s’appelle tout simplement le “Tueller Drill”.  Dans cet extrait vidéo, de TVA Nouvelles, l’expert en enquêtes policières Richard Dupuis (aucun lien de parenté avec votre humble serviteur), autrefois au SPVM, explique à Pierre Bruneau ce qu’est la règle des 21 pieds, ainsi que les raisons pour lesquelles, selon son expertise, les policiers impliqués ont procédé de la façon qu’ils l’ont fait.  La question qui se pose ici; le poivre de Cayenne est-il efficace, à 21 pieds?

J’ai moi-même suivi, il y a de cela très longtemps, un cours de maniement des armes à feu.  On enseigne, entre autres, qu’il y a deux sortes de tir, lorsque l’on utilise une arme qui tire un projectile unique, à savoir le tir rasant, et le tir fichant.  Quand on pratique la chasse, on doit utiliser le tir fichant; si le projectile n’atteint pas la cible, il se fiche dans le sol, et s’y arrête.  Il s’agit du tir le plus sécuritaire.  Le tir rasant, comme son nom l’indique, fait que le projectile, s’il rate sa cible, passe à ras le sol, et poursuit sa course; le projectile est donc sujet à ricocher, que ce soit sur un arbre, sur la surface d’un lac (eh oui, un projectile ricoche aussi sur l’eau!), ou ailleurs, et nul ne peut prédire où la balle va s’arrêter.  Dans le cas de l’intervention policière de mardi dernier, comme dans la plupart des interventions en milieu urbain, d’ailleurs, le tir fichant est pratiquement impossible à réaliser; le policier doit réagir de façon instinctive, de façon à se protéger, et à protéger le public, de l’assaillant.

En passant, j’ai lu quelque part un commentaire, qui disait qu’un policier doit protéger le public, et non pas se protéger lui-même.  Je regrette, mais puisque un policier mort ne peut protéger personne, le policier doit d’abord se protéger lui-même, s’il veut protéger le public.

Une enquête a été entreprise, sur cette affaire, et par souci de transparence, elle a été confiée à la Sûreté du Québec (SQ).  Celle-ci nous permettra, espérons-le, d’en apprendre plus long sur les événements tragiques de mardi dernier.  Je profite de l’occasion pour offrir mes plus sincères sympathies aux familles de Mario Hamel (qui n’était probablement pas conscient de ses actes) et de Patrick Limoges (carrément au mauvais endroit au mauvais moment), deux personnes qui, probablement de l’avis même des policiers, n’avaient pas à mourir.

Manif du COBP, version 2011: Fallait-il vraiment s’attendre à autre chose?

Mardi dernier, c’était le 15 mars.  Et que se passe-t-il, le 15 mars?  C’est un jour béni par les amateurs de voitures, parce qu’on a le droit de remettre les pneus d’été sur sa bagnole.  Mais encore?  C’est également un jour béni par les amateurs de bisbille!  Eh oui, c’est le jour où la marmaille étudiante, entre autres, a le droit de se fâcher contre les policiers!  Enfin, c’est ce qu’ils tentent de démontrer à chaque année; en 2009, j’avais écrit ce billet, sur la protestation, et sur le grabuge qui en a résulté.  J’aurais pu reprendre le même billet, et le mettre à jour, mais j’ai préféré en écrire un tout nouveau.

Ainsi, cette année n’a pas fait exception; pour les protestataires en devenir (lire “ceux qui n’ont pas encore les moyens de se présenter sur le site de meetings politiques, du genre G20, pour aller y faire du grabuge”), et pour d’autres plus expérimentés (lire “ceux que l’on voit régulièrement autour du Centre Bell lorsque le Canadien remporte une série”), le 15 mars représente une excellente occasion de pratique générale.  Et à chaque année, depuis 1997, le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) organise sa traditionnelle manifestation improvisée, question de bien aiguiser les réflexes – mais surtout de tester les limites de la patience – des policiers en service, ce soir-là.

Bilan de la manif de cette année; 258 arrestations, dont la quasi-totalité (239) se sont soldées par la délivrance d’un constat d’infraction pour avoir entravé la voie publique.  Car il faut comprendre ici que le parcours utilisé par le Comité organisateur de la baston contre la police (COBP) n’est pas communiqué aux forces de l’ordre, contrairement à ce qui se passe pour toutes les autres manifestations; c’est bien sûr ce qui lui donne ce petit côté improvisé.  Mais le fait que la police ne connaisse pas le parcours de la manifestation fait en sorte que ceux-ci ne peuvent pas sécuriser à l’avance le parcours, afin d’éviter des accidents.  De ce fait, les manifestants entravent la voie publique, ce qui constitue une infraction au Code de la sécurité routière (CSR).

Évidemment, certains se sont plaints d’avoir été encerclés pendant plusieurs heures, et ce sans avoir reçu “aucun avertissement” de quitter les lieux au préalable.  C’est du moins ce que rapporte cet article de Josianne Desjardins, de l’agence QMI, citant les propos de Dominic Palladini, manifestant, mais aussi membre de l’Organisme de défense des prisonniers politiques (ODPP).  Cela fait sûrement de lui un expert en arrestation; je présume qu’il était sur les lieux afin de vérifier de visu si les agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) savaient faire des arrestations tout à fait légales.

Il faut supposer que celles-ci laissent encore à désirer; Sophie Sénécal, porte-parole du Collectif omniprésent des braillards persécutés (COBP), est allée dire à la même journaliste que son organisation réclame que l’enquête publique sur le travail des policiers du SPVM, demandée par rien de moins que le Comité des droits de l’homme de l’Organisation des nations unies (ONU), en 2005 (soit avant même l’affaire Villanueva), soit enfin réalisée.  Madame Sénécal est convaincue que les policiers “font tout en leur pouvoir pour saboter cette manifestation”, toujours selon ce que rapporte l’article.  Cela nous permet donc de croire que les policiers du SPVM sont tous mûrs pour le Tribunal international de La Haye, à tout le moins si l’on se fie à la porte-parole de la Coalition organisatrice du bourbier puérile (COBP).

Une chose m’intrigue, au sujet de cette manifestation; la sympathique Sonia Palato, qui a fait parler d’elle il y a un peu moins d’un an, entre autres dans ce billet, publié sur le blog Écran radar, était-elle sur place, et le cas échéant, portait-elle un beau chandail rose-nanane style pyjama du Canadien de Montréal?

Trêve de plaisanteries, j’ai quelques craintes pour la manifestation… de l’an prochain; en 2012, le COBP fêtera les 15 ans de la tenue annuelle de leur protestation, et tout porte à croire que les participants tenteront de battre des records, qu’il s’agisse du nombre de participants, du nombre d’arrestations, ou encore du nombre de vitrines fracassées.  Peut-être tentera-t-on de battre le record du nombre de policiers blessés!  Bref, on peut s’attendre à un gros party, l’an prochain!

Personnellement, je suis privilégié; d’une part, j’habite à Terrebonne, une ville (j’allais dire “un village”, mais la population dépasse les 100,000 habitants, désormais) dans laquelle tout le monde est “de Terrebonne-humeur”, ce qui signifie qu’il y a très peu de manifestations, et d’autre part, je parviens toujours à m’arranger pour ne pas être à Montréal le 15 mars, à l’heure de la sortie des classes.

A-50, été 2009: De l’autre côté de la Rouge, au chemin Falloon

Après avoir tenté de vous montrer le chantier du pont de la rivière Rouge, la dernière étape de ma visite du 1er août dernier fut le long du chemin Falloon, une petite route qui grimpe à même la montagne.  Et contrairement à l’autre petit chemin montagneux que je vous ai montré, celui-là connaît beaucoup plus de chambardement.

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Lorsque l’on descend la montagne, en direction de la route 148, on constate que l’on est encore en plein travaux, ici.  Un feu de circulation ne laissait passer les véhicules que dans un sens à la fois.  L’espèce de truc, que l’on voit, à droite,…

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…est fabriqué de dizaines de semelles de pneus, attachées ensemble pour former une sorte de couverture, avec laquelle on recouvre le roc que l’on fait exploser, à la dynamite, et ce afin de réduire au minimum les risques de cailloux qui s’envolent au loin.  Heureusement, il n’y avait pas de dynamitage, lors de mon passage.

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Je me suis arrêté sous le viaduc, et j’ai regardé vers le nord.  On voit que l’on est à encastrer le chemin Falloon dans le roc.

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Grâce au zoom, on peut voir que c’est la compagnie L. A. Hébert Limitée, qui s’occupe de cette partie de l’A-50.  On voit de plus en plus souvent cette entreprise dans des tâches de terrassement de base, de dynamitage et de construction de structures, comme des ponts et viaducs.  On les voit, entre autres, sur les chantiers de l’A-30, sur la rive-sud de Montréal.

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Revenons en direction sud, pour constater que la courbe sera plutôt prononcée, à la sortie du viaduc.

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On a placé un grillage, sur la paroi rocheuse restante, alors que des tuyaux permettront le drainage du sol, autour de la pile du viaduc.

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Toujours vers le sud, on voit une partie du massif à être dynamité.

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Des marqueurs, déposés ça et là, sur le roc, indiquent la profondeur de la coupe à effectuer, afin de préparer le dynamitage.  Est-il nécessaire de spécifier de ne jamais déplacer ces marqueurs, car cela peut retarder les travaux, et éventuellement mettre en danger les travailleurs, ainsi que les résidents du coin, et leurs biens.

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C’est une vue d’ensemble, en direction nord, depuis le début de la zone de travaux, alors qu’en me tournant un peu vers la droite,…

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…on se rend compte de ce qui reste à dynamiter, afin de donner au chemin Falloon sa largeur finale.

C’est certain que l’on ne laisserait pas tout le chantier comme ça, s’il était situé en ville, ou dans un secteur plus densément peuplé; tout serait totalement bouclé, et surveillé par des agents de sécurité.  Le chemin Falloon est une petite route de montagne, où il ne passe que quelques véhicules à l’occasion; il en est passé qu’un ou deux pendant la demi-heure où j’étais sur place.  D’ailleurs, des instructions claires, concernant le dynamitage, sont affichées dès l’intersection de la route 148, et aussi, probablement, au nord du chantier, alors les passants savent à quoi ils s’exposent.

Ce site vous montre à quel point les chantiers situés à l’ouest de la rivière Rouge sont beaucoup moins avancés que ceux situés à l’est ce celle-ci.  Évidemment, comme les photos furent prises le 1er août dernier, les choses ont sûrement beaucoup changé depuis.  Faut-il rappeler que cette partie du chantier global de l’A-50 fait partie du tronçon qui devrait laisser passer la circulation à l’automne de 2010, c’est à dire dans environ un an.  Il reste donc beaucoup de pain sur la planche, pour en arriver à un résultat final.

Virginie Roy tente sa chance, et parle politique!

Probablement que le lock-out, au Journal de Montréal, fera en sorte que vous verrez des associations, entre les individus et les sujets, qui seront pour le moins étonnantes.

Par exemple, imaginez Virginie Roy en chroniqueuse politique.  Incroyable, mais vrai!  La jolie scribe environnementaliste y va d’une chronique où elle tente de faire un lien entre l’égoïsme de l’homme et l’environnement, avec pour toile de fond, le dernier budget du gouvernement conservateur.  Bon, d’accord, Virginie ne signe pas une vraie chronique politique.  Par contre, elle tente de faire des liens en revenant sur des évidences que tout le monde connaît, ou à tout le moins, a déjà lu quelque part.

D’entrée de jeu, elle définit le budget fédéral comme étant « l’ultime exemple qui prouve ce phénomène« , à savoir que l’homme est un être égoïste.  Pour ma part, je crois qu’il existe des exemples beaucoup plus frappants de l’égoïsme de l’homme qu’un budget de gouvernement, mais bon, laissons-lui sa chance.  Madame Roy tente ensuite de nous apprendre ce que nous savons tous déjà, à savoir que le budget proposé par le gouvernement Harper est davantage libéral que conservateur, question d’obtenir l’appui de Michael Ignatieff, et des libéraux, afin de sauver ses fesses, et de garder le pouvoir pour encore un certain temps.  Elle poursuit en essayant de nous convaincre que « la population attendait impatiemment sa petite pilule.  Le budget devait régler, comme par magie, tous les maux.  Et il y avait de quoi avoir des attentes! »  Soyons sérieux.  Entre vous et moi, qui, au sein de la population, s’attendait vraiment à une solution miracle, de la part d’un gouvernement qui pile sur son orgueil, ainsi que sur tous ses principes, et ce dans le seul but de sauver sa peau?

J’ouvre une parenthèse, ici, pour ajouter que toutes les études des décisions économiques prises à la suite de la grande dépression des années 1930 démontrent que les interventions étatiques massives, dans l’économie (la pensée keynésienne), n’ont fait que prolonger la crise de plusieurs années.  Les ressources étant limitées, celles accaparées par les gouvernements, pour soi-disant relancer l’économie (alors que dans les faits, ils ne font que prendre les ressources des uns pour les redonner à d’autres) ne sont plus disponibles pour les entreprises, ce qui retardent leurs investissements (ceux qui créent la richesse), et par extension, la véritable reprise.  Et qu’ont fait tous les gouvernements des pays industrialisés, cette fois-ci?  Exactement la même chose!

Nous n’avons qu’à regarder aller les USA; au rythme où vont les dirigeants politiques, chez nos voisins du sud (c’est à dire encore plus rapidement depuis l’accession de Barack Obama au bureau ovale), je me risque à tenter une prédiction; le dollar US sera remplacé par un « nouveau dollar US », et ce d’ici trois à cinq ans.  Avec les sommes incroyables que le gouvernement investit dans des plans de relance aussi nombreux que téméraires, il est évident que les USA ne pourront pas financer tout cela sur les marchés internationaux.  Ils n’auront pas d’autre choix que de faire rouler la planche à billets « à vide ».  Cela se traduira, dans quelques temps, par une inflation galopante, tant et si bien qu’il leur faudra une brouette pleine de billets de banque pour aller acheter un pain.  Et j’exagère… à peine.  Ceux qui ont étudié l’Allemagne des années 1930 peuvent en témoigner.  Je ferme la parenthèse.

Revenons à Virginie Roy.  Après avoir tenté de nous prouver ses compétences en politique, elle commence enfin à parler de l’environnement, et des retombées de la crise économique sur ce domaine.  Elle traite des multiples sollicitations qu’ont reçu les environnementalistes, puis des réponses « visiblement très optimistes » – ce sont ses propres mots – de ceux-ci.  Puis elle en vient à une conclusion que je connais depuis longtemps; « Les Canadiens n’ont rien à faire de l’environnement quand on touche à leur portefeuille.  La preuve c’est que le budget du gouvernement Harper réserve des miettes pour l’environnement. »  Si je sais que la première phrase a pratiquement toujours été vraie, la seconde, ce qu’elle appelle « La preuve », ne prouve absolument rien, dans le sens que je suis loin d’être convaincu que les fonctionnaires du gouvernement fédéral aient commandé un sondage pour connaître l’intention des canadiens, en rapport avec l’environnement.  Ils ont fait comme avec tous les autres thèmes; ils ont saupoudré, un point, c’est tout!

Mais je vous laisse le soin d’aller lire la conclusion de Virginie Roy directement dans son texte.  C’est un peu comme si elle se rendait à l’évidence.  En temps de crise économique, il y a, effectivement, des priorités.  Quand un type a perdu son job, il se fout un peu des répercussions environnementales d’une recherche d’emploi; il veut un autre job, point!  Bref, je ne crois pas que Virginie Roy, que je félicite, en passant, pour son poste au sein de l’Agence QMI, ne devienne une chroniqueuse politique, d’ici les prochaines semaines.  Par contre, l’expérience commence à rentrer, et elle est en train de devenir une bonne scribe.  Il faudra qu’elle mette un peu plus de rigueur, dans le fil conducteur de ses textes.  Mais comme le dirait un agent d’immeuble, elle a « beaucoup de potentiel ».

A-25: Lentement, mais sûrement…

À Montréal, et à Laval, même si l’hiver fait rage, les travaux du prolongement de l’autoroute 25 se poursuivent, lentement, mais sûrement.

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Ici, c’est l’intersection temporaire des boulevards Perras et Louis-Hippolyte-Lafontaine.  Le détour a été pratiqué pour libérer l’espace de l’intersection, afin de construire le viaduc qui surplombera l’autoroute.  Je suis à l’est, et je regarde vers l’ouest.

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Voici les bureaux de chantier de Kiewit-Parsons, le partenaire privé du MTQ, pour le projet de l’A-25. Ils sont situés en bordure du boulevard Perras, à l’ouest du chantier.  Sur le panneau vert, adossé à la première roulotte, on peut lire que l’équipe est rentrée à la maison, sans avoir subi d’accident, et ce depuis 206 jours.  À droite, derrière la clôture, la bagnole de la gardienne de sécurité, en service, cet après-midi là, une espèce de bonne femme qui croyait avoir tous les pouvoirs, et qui pensait avoir affaire au dernier des imbéciles.  Je vous raconterai la discussion, qui eut lieu après la prise des photos, un de ces jours.

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Une autre vue de l’intersection des boulevards Perras, et L.-H.-Lafontaine, cette fois depuis l’accès au chantier.

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À la hauteur du boulevard Gouin, cette fois.  Les responsables ne veulent même pas que les gens observent, à cet endroit.  En fait, ils ont prévu un autre site, plus sécuritaire, de l’autre côté du chantier, où l’on a un meilleur point de vue.  J’ai quand même pu prendre cette pose, qui illustre le coffrage de l’un des piliers du pont à haubans.

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En face de l’autre, un second pilier, dont le coffrage a été retiré.

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Nous sommes de l’autre côté du chantier, toujours sur le boulevard Gouin.  La grue, au centre de l’image, est au beau milieu du boulevard.

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Au sud du boulevard Gouin, en haut du talus, la machinerie attend la reprise des opérations.

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Au centre de l’image, les bases d’un autre pilier, au nord du boulevard Gouin, tout juste au bord de la rivière des Prairies.

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Un peu plus au nord, un pont temporaire, qui permet à l’équipe de se rendre sur le site des autres piliers en rivière, tout près de l’île Boutin.

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Une grue, installée pour planter des poutres, sur le site de l’un des piliers en rivière.

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Les photos suivantes furent prises du côté de Laval.  Depuis le boulevard Lévesque, on voit cet autre pont temporaire, qui permet d’atteindre le site, en rivière, de l’un des deux piliers principaux, qui supporteront les haubans du pont.

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Voici le site du pilier principal en rive, à Laval.  Je présume que les caissons blancs, au sommet des deux piliers, servent à couper le vent, et à aider les travailleurs, dans leurs opérations.  On le voit à peine, mais derrière la grue inclinée, il y a un sapin, au sommet du caisson du pilier de droite.  Quelqu’un pourrait bien me dire qu’est-ce qu’un sapin fait là?

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Toujours depuis le boulevard Lévesque, à Laval, on voit maintenant le site du pilier principal en rivière.

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La barrière, qui ferme l’accès au chantier, dans la ligne naturelle du boulevard Lévesque.  Non, ça ira.  Je n’irai pas plus loin.

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Ici, on voit la montée Masson (route 125), au niveau de l’intersection des bretelles de l’A-25 nord.  La bretelle d’entrée est barrée depuis plusieurs mois, maintenant.  À l’avant-plan, le capot de la blogue-mobile.

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Deux viaducs, sous lesquels passeront la circulation qui se dirigera de l’A-440 est vers l’A-25 sud, pour le premier, et de l’A-25 nord vers l’A-440 ouest, pour le deuxième, un peu plus loin.  Ces deux bretelles sont les mêmes que celles qui traversent le « monstre ».  Quoi?  Vous ne vous souvenez pas du monstre?  Alors jetez-y un coup d’oeil par ici.

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Cette fois, un tunnel, au beau milieu de nulle part!  En fait, il passera sous la chaussée de l’A-25 nord, et permettra au usagers de celle-ci de se rendre sur l’A-440 ouest.  La bretelle passera par ce tunnel, puis par le monstre, et finalement sous le deuxième viaduc que vous avez vu, sur la photo précédente.  Au bas de la photo, on peut voir la glace latérale de la blogue-mobile, que je n’avais pas suffisamment abaissée.

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Nous voilà sur le dessus – ou sur le dos – du monstre.  Nous voyons l’intersection de la montée Masson et du rang du Bas-Saint-François.  À la droite de l’intersection, il n’y a qu’un banc de neige, pour l’instant, mais ce sera le début de la voie réservée aux autobus en site propre.

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Toujours sur la montée Masson, cette fois, nous voyons les piliers qui soutiendront le viaduc de l’A-25 nord.  Les feux de circulation permettront l’accès à la future bretelle d’entrée de l’A-25 nord.

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Nous voyons ici la future bretelle d’entrée de l’A-25 nord, en direction de Terrebonne.

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Terminons avec une image, captée depuis l’actuelle A-25 sud, à la hauteur du kilomètre 17,5, qui montre le profil de chaussée de la future A-25 nord.

Les accès à ce chantier sont étroitement surveillés.  Il fallait s’y attendre, compte tenu de toutes les attaques des écologistes fondamentalistes, contre ce projet, allant même jusqu’à un procès pour rendre tout le projet illégal, que les écolos ont perdu, au demeurant.  Aussi, il faut prendre des photos à distance, et montrer patte blanche, quand quelqu’un, à bord d’un véhicule identifié, ou portant un uniforme, vient à votre rencontre, ce qui s’est toujours bien passé jusqu’à maintenant.  Par contre, il y a des limites à montrer patte blanche, comme dans le cas de cette rencontre avec une bonne femme qui se prenait pour Steve McGarrett, dans Hawaii 5-0.

Quoi, vous voulez que je vous raconte maintenant?  Allons-y, alors.

Je voulais faire un petit clip vidéo, avec comme sujet un feu de traverse pour piétons, dont le chronomètre a été installé à l’envers, genre sens dessus dessous.  C’est à l’intersection du boulevard L.-H.-Lafontaine, et de la rue Arthur-Léveillé.  Pour me permettre de tourner le clip, je dois donc traverser le boulevard L.-H.-Lafontaine, et celui-ci longe le chantier de l’A-25.  Je laisse donc la blogue-mobile sur l’ancienne emprise du boulevard, près de la rue Arthur-Léveillé, puis je m’apprête à traverser le boulevard lorsque une voiture, identifiée au Bureau canadien d’investigation, tourne l’intersection, la conductrice me faisant signe de ne pas traverser le boulevard, et de retourner vers la blogue-mobile.  Bon joueur, j’obtempère.  Une fois revenu à mon véhicule, la dame baisse la vitre de sa voiture, et la conversation s’engage.

– Monsieur, vous n’avez pas le droit de stationner ici.

– Je n’ai pas le droit, ah bon…

– Et vous n’avez pas le droit de traverser la rue à cet endroit.

– Ah, non?  Mais alors pourquoi il y a des traverses de piétons?

– Il n’y a pas de traverses de piétons, il n’y a rien de l’autre côté.

– Et le truc, avec la main, et le chiffre zéro (en lui montrant les feux de traverse de piétons, de l’autre côté du boulevard), c’est pour les extra-terrestres?  Chez moi, ça s’appelle une traverse de piétons, ça, madame.

– Qu’est-ce que vous voulez faire, de l’autre côté?

– Prendre une photo (en lui montrant mon appareil).

– Vous n’avez pas le droit de prendre des photos.

Je commence à perdre patience.

– Maintenant, on n’a pas le droit de prendre des photos?

– Il n’y a rien, c’est juste blanc, partout, de l’autre côté.

– Je veux aller de l’autre côté pour prendre une photo de ce côté-ci (ce qui était la plus stricte vérité, d’ailleurs.  D’accord, c’était un clip vidéo, mais bon…).

– Ah, c’est pour prendre une photo de ce côté… ben allez-y, monsieur…

Je n’avais pas terminé de traverser le boulevard qu’elle avait déjà quitté.  Je crois qu’elle avait suffisamment eu l’air d’une conne pour la journée.  Elle n’a même pas insisté sur le stationnement de la blogue-mobile!  Quant au clip, il dure 55 secondes, et une fois le tournage terminé, en une seule prise, je suis remonté dans la blogue-mobile, pour revenir à la maison.

Lors d’un passage précédent, sur ce chantier, j’ai rencontré un autre agent du bureau canadien d’investigation, un chic type.  Après lui avoir expliqué que je ne voulais que prendre des photos, et que c’était pour un blogue, il m’avait dit que c’était OK, mais que je devais rester hors du chantier, ce que je fis.  Mais celle-là, elle devait être frustrée parce qu’elle a probablement raté son examen d’admission à l’école de police.  Alors elle voulait démontrer qu’elle était aussi chiante qu’un vrai flic.  Parce qu’il y a des flics chiants, à ce qu’on dit.  Je n’ai jamais vérifié, mais bon, je ne vais pas me mettre à contrarier tout le monde, quand même.  Une chose est sûre, par contre; cette dame se prenait pour ce qu’elle n’est pas.  Et elle a eu l’air d’une belle tarte!  Ben bon pour elle!