Billets de 100$: On veut faire avaler la couleuvre?

Ces derniers jours, des policiers de Longueuil ont remis des billets de 100 dollars à des citoyens semblant défavorisés.  Auparavant, ce fut au tour de ceux de Montréal de faire de même.  Dans ce bref article de Marie-Michèle Sioui, dans La Presse, l’explication est la suivante; dans le cas de Longueuil, ce serait un homme fortuné, et un propriétaire d’entreprise, qui auraient remis 2500$ chacun à un policier retraité du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), avec pour seule instruction de remettre l’argent à des gens qui “pourraient avoir un revenu moindre”, et ce, à la suite d’interceptions sur la route effectuées par des policiers.  Toujours selon l’article, des campagnes semblables se seraient produites chez nos voisins du Sud, dont en Virginie et au Kansas, avant de se produire à Montréal, il y a une semaine.  Le SPAL, dans un communiqué de presse, a mentionné que les donateurs souhaitaient, par ce geste, inciter d’autres personnes plus fortunées à faire de même, afin de redonner à la communauté.

Je veux bien croire que les gens plus à l’aise peuvent redonner à la communauté, et d’ailleurs ils le font depuis longtemps.  Il y a de nombreux organismes qui viennent en aide aux plus démunis, dont ceux qui préparent des paniers de Noël, qui sont ensuite remis aux familles dans le besoin.  Mais pourquoi devrait-on transformer les policiers en père Noël?  Cela ne fait pas partie de leur mandat!  La prochaine fois qu’un pauvre se fera intercepter par un policier, celui-ci risque de se faire demander “Heille, mon 100 piastres?”  Sérieusement, j’ai plutôt l’impression que les policiers ont choisi cette méthode pour faire oublier l’année 2014 aux citoyens, pour tenter de leur faire avaler la couleuvre que représente leurs protestations contre la loi 3, qui fut adoptée cet automne, et contre laquelle ils ont sorti les moyens de pression habituels, dont leur habillement de clowns, et le placardage de leurs véhicules de service avec des dizaines d’autocollants revendicateurs, ainsi que leurs manifestations bruyantes.

Je ne suis donc pas convaincu de l’histoire des hommes riches qui donnent du fric à des agents pour qu’il soit distribué dans les rues.  À la rigueur, un type qui ferait cela pourrait même se faire accuser de blanchiment d’argent!  Si des citoyens plus fortunés veulent redonner à la communauté, ils savent comment le faire; prenons ces 5000$ de Longueuil, par exemple.  Combien de ces 50 chanceux utiliseront leur billet de 100$ pour se procurer de l’alcool, ou de la drogue, afin de se défoncer pour Noël?  Je ne dis pas que tous vont le faire, mais quand même, la possibilité est là.  Si, à la place, les deux types s’étaient présentés à une oeuvre de charité, afin de demander ce qu’il peuvent faire avec 5000$ supplémentaires, ce sont peut-être 200 familles défavorisés de plus qui auraient passé un Noël plus nourrissant.

Comprenez-moi bien; je ne dis pas qu’il ne faut pas redonner à la communauté.  Je dis seulement que lorsque l’on veut redonner à celle-ci, il y a des canaux déjà existants qui font un travail surhumain pour tenter d’aider les plus démunis, et que faire distribuer des billets de 100$ par des policiers donne l’impression que ceux-ci, soutenus par les médias, tentent d’acheter le silence des citoyens.

PKP débarque au PQ: Bonne nouvelle?

Depuis dimanche dernier, il n’y a qu’une seule nouvelle qui retient l’attention, et sur laquelle on revient continuellement, dans cette campagne électorale, et c’est la suivante; Pierre-Karl Péladeau débarque au Parti québécois!

© 2014 Garnotte, Le Devoir.

© 2014 Garnotte, Le Devoir.

Les “vrais” souverainistes, ceux qui attendent toujours le grand soir, voient en PKP l’arrivée de l’enfant prodige, celui qui convaincra tous les autres qu’ils sont dans le droit chemin.  Les autres ont des réactions assez partagées, allant d’un bienfait pour la nation à un scepticisme bien senti.

Pour ma part, je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle.  Je m’explique.

Un type comme PKP ne vient pas en politique pour faire une “passe de cash”, nous en sommes tous convaincus; il a brassé beaucoup plus d’argent dans le secteur privé qu’il n’en brassera jamais au gouvernement, s’il est élu.  Que peut-il donc venir chercher en politique, alors?  Le premier mot qui me vient en tête est: pouvoir.  Le pouvoir de diriger le Québec, qu’il soit province ou pays, à sa façon.  Et quand je dis “à sa façon”, c’est à la sienne, point!  Parlez-en aux gens du Journal de Montréal, ceux qui ont passé quelques deux ans et demi en lock-out!  Bref, c’est un type qui est habitué à “être le boss”.

Bien entendu, je ne peux pas prédire l’avenir, ni les comportements de PKP, que ce soit à court, à moyen, ou à long terme.  Aussi, à partir de ce point, je ne peux que faire de l’extrapolation, de la prévisualisation.  De la fabulation, diront peut-être certains!  Soit!  Mais imaginons que PKP, et Pauline, et le PQ, remportent la victoire.  Que pourrait-il se produire?

D’abord, Pauline restera-t-elle en poste bien longtemps?  D’aucuns disent que PKP n’est sûrement pas venu en politique pour devenir un “back-bencher”; il sera donc du Conseil des ministres (il a d’ailleurs déjà participé à une, ou plusieurs séances, par le passé), et probablement l’un des membres les plus influents de celui-ci.  De là, il n’aura qu’à faire jouer ses relations avec certains députés et ministres pour que les Jean-François Lisée de ce monde voient leur chance de prendre les commandes du PQ s’amenuiser rapidement!  Viendront ensuite quelques démissions fracassantes (business as usual), dont peut-être même celle de Pauline, à la faveur d’un couronnement de PKP à la tête du PQ, et par la bande, au siège de premier ministre désigné.

La suite des choses pourrait se dérouler rapidement.  D’abord, PKP pourrait nommer des ministres parmi ses proches; des gens dévoués, mais fidèles au boss.  Viendront ensuite les discussions avec le fédéral, qui tourneraient au vinaigre en moins de deux, puis, pendant que nous y sommes, une déclaration unilatérale d’indépendance du Québec.  PKP aurait alors le champ libre pour faire ce qu’il veut; contrôle des médias, et du message politique, refonte des lois en fonction de ses volontés, etc.  Bref, il aurait le pouvoir!  Même qu’il pourrait très bien profiter de son magnétisme naturel pour mettre en place une dictature, puisque de toute façon, les gens n’aiment pas “les maudites élections”!

Évidemment, tout ceci n’est que spéculation.  Mais connaissant les antécédents de PKP, êtes-vous totalement convaincu que tout cela n’arrivera pas?  Pouvez-vous garantir que la démocratie est assurée?  Vraiment?

En deux mots, l’arrivée de PKP au PQ est-elle vraiment une bonne nouvelle?

Québec en élections: Quel genre de premier ministre voulons-nous?

Hier soir (mercredi), j’ai eu une discussion très intéressante, sur Twitter (@levraiRichard3), avec Mat Vaillancourt (@MVLibertas).  Nous parlions de ce qu’il faudrait pour faire un vrai changement au Québec.  Je lui ai dit que pour y arriver, il fallait changer nos leaders politiques.

Regardons quelques chefs de partis qui ont le mieux réussi. Le record du meilleur taux de députation (pourcentage du total des sièges) appartient à Robert Bourassa, lors de l’élection générale de 1973, avec 92,7% (102 sièges sur 110).  Il est suivi de près par Lomer Gouin, à l’élection de 1916 (92,6% – 75 sur 81), puis à celle de 1919 (91,4% – 74 sur 81), alors que Simon-Napoléon Parent ferme le top 5 avec les scrutins de 1900 et de 1904 (les deux à 90,5% – 67 sur 74), tous des libéraux.  Si l’on s’en tient à la période après 1973, les deux meilleurs scores furent aussi établis par Robert Bourassa, soit en 1985 (79,2% – 99 sur 125) et en 1989 (73,6% – 92 sur 125).  Le parti québécois n’a jamais fait mieux qu’en 1981 (65,6%, 80 sièges sur 122), alors qu’il dépassait à peine son taux de 1976 (64,5% – 71 sur 110), dans les deux cas sous René Lévesque.

Depuis ce temps, les taux de députation, sur un total constant de 125 sièges, ont presque toujours baissé; en 1994, Jacques Parizeau a atteint 61,6% des sièges (77), puis Lucien Bouchard a suivi en 1998 avec 60,8% (76), tout comme Jean Charest l’a fait en 2003.  Ses scores suivants furent de 38,4% (48) en 2007, lors de son gouvernement minoritaire, puis a rebondi à 52,8% (66) l’année suivante.  Finalement, Pauline Marois a du se contenter d’un maigre 43,7% (54), lorsqu’elle a pris le pouvoir en 2012.

Que peut-on tirer de tous ces chiffres?  La première conclusion est que les plus grands leaders ont toujours obtenu les meilleurs résultats.  Et comment définit-on ces “plus grands leaders”?  Ce sont ceux dont la campagne électorale profitaient d’une machine bien rodée, évidemment, mais aussi qui savaient entraîner les électeurs à leur suite.  Par exemple, en 1973, la campagne de Robert Bourassa était portée par un simple slogan; “Bourassa construit”.  Avec le projet de la Baie James, la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) qui venait d’être instituée, et des autoroutes en construction presque partout, c’était clair que le slogan reflétait la situation du moment.  Lors de l’élection précédente, il avait pris le pouvoir avec 66,7% de la députation (72 sur 108), un score dans la moyenne du temps, en promettant 100,000 emplois, et la situation économique avait effectivement permis la création de dizaines de milliers de nouveaux postes.  Bref, il avait joint le geste à la parole.  Puisqu’il est question de parole, ceux qui ont connu Robert Bourassa savent qu’il ne sautait pas sur les tables, de par son enthousiasme, mais il avait le ton de voix rassurant qui fait que l’on voulait le suivre dans ses projets.

C’est ce qu’il faudra pour relancer le Québec, selon moi.  Un – ou une – leader qui ne fait pas que parler, mais qui agit, et rapidement, de façon à ce que les électeurs voient de leurs yeux des résultats tangibles.  Bien sûr, on me dira qu’il est beaucoup plus difficile d’agir rapidement aujourd’hui qu’il y a une quarantaine d’années, ce qui est loin d’être faux.  Mais il s’agit là d’un défi supplémentaire à relever pour un leader qui saurait bien jouer ses cartes, et prendre les bonnes décisions en temps et lieu.  Le problème, c’est que présentement, aucun chef de parti n’a l’étoffe de ce leader tant recherché.  Bien sûr, on me dira aussi qu’il est bien plus difficile qu’avant de dénicher un de ces leaders naturels que les tenants de l’entreprise privée s’arrachent à coups de millions en salaires, bénéfices marginaux, et bonis de toutes sortes.  Et ça, c’est notre défi à nous, les électeurs.  Il nous faut trouver un leader, peu importe où il se trouve, et trouver une recette pour le convaincre de sacrifier les grands salaires pour un temps – disons une vingtaine d’années, et de donner du service au Québec.

C’est clair que nous ne verrons pas ce leader au prochain scrutin provincial, qui s’en vient plus vite qu’on ne pourrait le croire.  Mais souhaitons-nous au moins de le dénicher d’ici l’élection suivante.

Pauline en hélicoptère: Et pis quoi, encore?

Depuis la semaine dernière, le gouvernement péquiste de Pauline Marois est en mode carrément électoral, au point où je me demande ce qui lui restera à raconter pendant 35 jours de campagne.  Le “gros show” est lancé, le cirque est en ville!

La semaine dernière, premier acte; une cimenterie d’un milliard de dollars à Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, dans laquelle le gouvernement, via ses ramifications, investira 350 millions!  En moins de deux jours, l’actualité n’a pas tardé à nous apprendre que les cimenteries du Québec tournent au ralenti, à seulement 60% de leur capacité, et qu’en étant optimiste, on peut dire que la demande est stable.  Bref, rien pour téléphoner à sa mère!  Mais ce n’est pas grave; le Québec va mettre 350M$ dans l’aventure de Ciment McInnis, propriété à 75% du Groupe Beaudier, trust financier formé des familles Beaudoin et Bombardier.  Serait-ce un retour d’ascenseur pour la FTQ, ou est-ce plutôt une partie du “deal avec Blanchet”?  On ne le saura jamais, je le crains!

Et cette semaine, la pièce de résistance; une tournée dite “exceptionnelle” des membres du gouvernement Marois en Mauricie, qui tourne autour de la réunion du caucus péquiste, qui se déroule aujourd’hui et demain à Shawinigan.  Tout est en place pour le grand spectacle; hier (mardi), annonces multiples de ministres, non-accompagnés des députés locaux – libéraux ou caquiste – des endroits visités; aujourd’hui (mercredi), arrivée de la première ministre à Shawinigan en hélicoptère, annonce d’une hausse du salaire minimum de 20 cents, et grande soirée au Musée de la culture populaire, à Trois-Rivières, pendant laquelle Pauline Marois va réchauffer ses troupes pour une campagne électorale qui devrait commencer très, très bientôt.

Réagissant à cela, aujourd’hui, j’ai fait parvenir une lettre ouverte au quotidien régional Le Nouvelliste.  Dans l’optique où celle-ci ne serait pas publiée dans le journal, en voici le contenu.  MISE À JOUR: Le quotidien régional Le Nouvelliste a effectivement publié la lettre ouverte; c’est paru le 7 février, en avant-midi sur le site web, et probablement le lendemain dans la version papier.  Si vous voulez voir à quoi ça ressemble sur le web, c’est par ici!

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Pauline en hélicoptère,… et pis quoi, encore?

On se souvient des protestations de Pauline Marois, alors chef de l’opposition officielle, lorsque le premier ministre précédent, Jean Charest, se lançait dans les habituelles annonces de dépenses qui précédaient les campagnes électorales.

Mais maintenant qu’elle détient le pouvoir, voilà que la première ministre se lance à son tour dans une orgie d’annonces, et que la Mauricie est le théâtre de la principale représentation, après la Gaspésie, et sa cimenterie inutile à un milliard. Preuve que la mise en scène fut bien rodée, c’est en hélicoptère, rien de moins, que madame Marois est arrivée à Shawinigan, ce mercredi matin, pour la première journée du caucus de son parti. Même lors de son déplacement d’urgence vers Lac-Mégantic, l’été dernier, elle n’a pas utilisé ce moyen de transport, préférant sans doute un déplacement plus discret.

Comprenez-moi bien; le problème n’est pas au niveau du coût de l’opération! Le déplacement Québec-Shawinigan en hélicoptère est probablement beaucoup moins dispendieux que le même déplacement effectué dans un avion gouvernemental.

Par contre, l’arrivée d’une personne en hélicoptère est fascinante pour les gens qui y assistent. Les enfants sont très impressionnés quand ils voient atterrir un tel engin, duquel descend le bon Père Noël, qu’ils pourront aller visiter, dans le centre d’achats adjacent. La première ministre utilise le même stratagème pour éblouir la population de la Mauricie. Imaginez; Pauline Marois elle-même qui vient se poser chez-nous, et qui fait des annonces à qui veut les entendre!

Je n’irai pas jusqu’à dire que la tenue même du caucus péquiste à Shawinigan représente en soi des retombées économiques importantes pour la ville, mais nous savons tous que la ville de l’électricité traverse une période économiquement difficile, qui se prolonge depuis des années, et ne semble pas en voie de se terminer, du moins à court terme.

Aussi, il faut voir les ministres péquistes parcourir la région, passant par-dessus la tête des députés locaux afin de nous jeter de la poudre aux yeux, pour se rendre compte d’une chose; Pauline Marois a vu la Mauricie lui échapper, en septembre 2012, et elle semble prête à tout, même à une décote des agences de crédit, pour mettre la main sur la région, cette fois-ci. J’en parle au présent car à ce rythme, l’annonce d’élections générales ne pourra pas attendre encore bien longtemps!

Je sais que les options sont nombreuses, mais peu encourageantes. La dernière gestion libérale nous hante toujours, l’actuelle gérance péquiste est pire encore, et les autres candidats n’ont pas fait leurs preuves. Il reste que plusieurs circonscriptions de la Mauricie ne se sont pas laissées avoir, le 4 septembre 2012, et j’espère bien sincèrement que malgré l’actuelle orgie d’annonces, la région ne succombera pas au chant des sirènes péquistes lors du prochain scrutin.

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En fait, cette lettre sera-t-elle publiée, je n’en ai aucune idée.  Mais le message péquiste est clair; on lance de la poudre aux yeux des électeurs de la Mauricie, et je souhaite qu’ils ne se laissent pas prendre.  La région a subi les foudres de Pauline Marois et de son gouvernement, lors des premiers jours de son mandat minoritaire, et maintenant, elle tente de flatter les Mauriciens dans le sens du poil!  Je ne peux pas parler pour tous les électeurs, mais moi, c’est clair qu’il faudra beaucoup plus qu’une arrivée en hélicoptère pour m’influencer.  Je peux bien vous le dire à vous; on ne m’y prendra pas!

SPVM: Pourrait-on laisser les policiers faire leur job en paix?

En apprenant, ce vendredi matin, l’histoire de ce policier du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), qui aurait, semble-t-il, “menacé” un itinérant de le menotter à un poteau pendant une heure, dans un contexte de grand froid, ledit itinérant ne portant qu’un t-shirt et des bermudas, j’ai eu le réflexe d’écrire là-dessus, je dirais de trois à quatre fois, pendant la journée.  Ce qui m’a finalement convaincu, c’est le texte de François Doré, un blogueur du Journal de Montréal, texte intitulé “Menaces d’un policier envers un itinérant, on se les calme un peu! »  D’ailleurs, j’aime bien la dernière phrase de son billet, qui dit “Le monde se porterait tellement mieux si certains critiques devenaient chef de police. »  Et pourquoi cela ne se produira jamais?  D’abord parce qu’ils ne voudront jamais prendre une telle responsabilité.  Mais aussi, et surtout, parce que les connaissances de ces critiques dans le domaine des interventions policières se résument à… “sweet f**k all”!  Zéro, pis une barre!  Je m’explique.

En lisant le billet de monsieur Doré, je me suis dit que c’est probablement ce que j’aurais écrit si j’avais eu davantage d’informations sur cet événement.  Mais ce qui m’a particulièrement saisi, pour avoir vu la séquence vidéo, c’est que “le justicier au iPhone” – que je ne serais même pas surpris de voir au rang des invités de la prochaine émission de “Tout le monde en parle” – s’adresse directement au policier, comme si celui-ci animait une conférence avec période de questions, alors que dans les faits, il est au beau milieu d’une intervention avec une personne qui, manifestement, n’est pas tout à fait là!  Se pourrait-il que le policier mettait en pratique une méthode d’intervention afin de s’assurer de la présence d’esprit de l’individu, méthode dont une phrase, sortie de son contexte, pouvait être interprétée comme des menaces?  Je ne le sais pas, et probablement que le justicier au iPhone non plus!

En fait, depuis que l’événement fut rendu public, les médias ont passé en boucle le “petit bout de film” de notre Télécino en herbe, mais personne n’a pensé inviter un psychiatre, ou un autre intervenant en santé mentale, afin de savoir s’il s’agit d’une façon de faire reconnue, ou au contraire, si le policier a réellement mal agi.  À la place, on a préféré sauter aux conclusions, et mettre un micro sous le nez du maire de Montréal, Denis Coderre, qui a sûrement une grande expérience, et ce autant dans le traitement de cas de santé mentale que dans la planification d’opérations policières.  Monsieur le maire a donc servi aux journalistes sur place un discours interminable sur le fait que la ville, avec le SPVM, ont mis en place des mesures pour venir en aide aux itinérants lors de périodes de grand froid, que depuis la campagne électorale, il était constamment en mode solutions, mais que le policier, lui, avait définitivement mal agi, et qu’il n’allait pas défendre l’indéfendable  Le tout sur un ton tellement monocorde qu’on aurait cru que l’intervention de deux ou trois minutes, tout au plus, fut aussi longue qu’un discours-fleuve de Fidel Castro!  Dans les faits, qu’est-ce qu’il en sait?  Probablement pas plus que moi, mais sa diatribe nous a montré l’expérience qu’il a acquise pendant ses années à la Chambre des Communes, soit celle d’endormir le bon peuple.  Ou à tout le moins d’essayer.

Premièrement, il devrait exister une règle claire, à savoir que l’on ne dérange pas un policier pendant le cours d’une intervention.  D’une part, parce que l’on risque de faire échouer ladite intervention, ou pire encore, de mettre en danger sa propre vie, ou celle d’autrui.  Imaginez si l’itinérant avait sorti un couteau, et avait tenté de poignarder le justicier au iPhone pendant qu’il s’adressait au policier!  D’autre part, si l’on trouve qu’un policier agit de façon inappropriée, il y a plusieurs tribunes pour contester la manière qu’il utilise pour faire son travail; il n’est absolument pas nécessaire de lui en faire part en pleine intervention.  Souvenez-vous qu’il y a toujours au moins deux façons de faire les choses; il y a la vôtre, et il y a la bonne!

Deuxièmement, le maire de Montréal aurait dû refuser de commenter, parce que les agissements du policier sont susceptibles de se retrouver sous enquête, et de ce fait, tout commentaire de sa part risque d’influencer, dans un sens comme dans l’autre, le travail d’enquête à effectuer, et les conclusions de celui-ci.  Denis Coderre est passé maître dans l’art de “twitter”, plus vite que son ombre, tout ce qui lui passe par la tête; maintenant qu’il est le maître de l’Hôtel-de-ville, il devra apprendre à fermer sa gueule quand c’est le temps!  Parce que si ça peut sembler grave d’en dire trop peu après – ou pendant – une enquête, imaginez ce qui pourrait arriver à force d’en dire trop avant!

Finalement, les journalistes devraient y penser à deux fois avant de diffuser le petit bout de film du premier Télécino en herbe à se présenter chez eux, dans le but d’obtenir le scoop!  Qui se souvient de “l’expert en questions islamiques” de TVA, l’imam Saïd Jaziri, qui s’est placé lui-même en position illégale, et fut chassé du pays?  Tout un expert, n’est-ce pas?  Notre justicier au iPhone a eu son quinze minutes de gloire; grand bien lui en fasse.  Le cas de l’itinérant a-t-il été réglé plus rapidement, grâce à son intervention?  Personne ne le saura jamais!