Cafouillage de l’A-13: À part trouver des coupables, que devrait-on faire?

Pour ceux et celles qui étaient sur la planète Mars, la semaine dernière, précisons d’abord que l’on définit comme le désormais célèbre “cafouillage de l’A-13” la période comprise entre la soirée de mardi, 13 mars 2017, et le lendemain, mercredi 14 mars, en avant-midi, période au cours de laquelle environ 300 véhicules sont demeurés coincés sur l’autoroute 13, sans aucune ressource, alors que la tempête, qui a laissé quelque 39 centimètres de neige sur Montréal, faisait rage.  Une enquête externe, confiée à monsieur Florent Gagné, lui-même ancien sous-ministre des transports, sera effectuée afin de savoir qu’est-ce qui n’a pas fonctionné correctement.

Ces jours-ci, les médias soulignent très fort la non-coopération alléguée de deux conducteurs de camions lourds qui auraient refusé de payer les 1800$ d’une éventuelle facture de remorquage, prétextant que leurs véhicules étaient en parfait état de fonctionnement, le tout dans le but bien avoué d’en faire les coupables de l’affaire.  Parce que dans notre société distincte, comme dans toutes les autres, d’ailleurs, il faut un, ou des coupables pour tout ce qui dérape.  Ces deux types disaient que si la route était déneigée convenablement, ils pourraient rouler sans aucune aide extérieure.  Or, le déneigement de cette section de l’A-13 était confiée à la firme Roxboro Excavation; mentionnons ici que c’est la seule section d’autoroute de tout le grand Montréal qui est déneigée par un entrepreneur privé, d’une part, et d’autre part, que la famille Théoret, propriétaire de la firme, sont de bons contributeurs à la caisse du parti libéral au pouvoir.

Mais avant de tirer des conclusions hâtives, il faudra laisser monsieur Gagné, et ses enquêteurs, faire leur travail.  Parce que l’on dit qu’en plus de cela, la Sûreté du Québec (SQ), qui a juridiction sur les autoroutes, a aussi dormi sur la switch, et que les pompiers du Service de sécurité incendie de Montréal (SSIM) ont fini par prendre l’initiative de se rendre eux-mêmes sur place.  Qui dit vrai, qui déforme la vérité à son avantage, qui tente de tirer parti de tout cela, et qui tente de se sauver par la porte d’en-arrière? Bref, une enquête sera la bienvenue.  Mais entre temps, y a-t-il des choses que l’on pourrait faire, peu importe le chapeau que l’on porte, pour que de tels cafouillages ne se reproduisent plus?

Il y a d’abord les médias; malgré que les prévisions météo proviennent toutes d’Environnement Canada, les médias interprètent celles-ci à leur façon, afin de tantôt convaincre tous leurs auditeurs/téléspectateurs que la fin est proche, tantôt de les rassurer que l’hiver va finir par se terminer un jour, le tout en fonction des prévisions, et des cotes d’écoute du moment.  Combien de fois les réseaux sociaux ont-ils relayé, depuis les sites des médias de masse, que la tempête du siècle était à nos portes, alors qu’il ne tombait même pas de quoi sortir la pelle?  On applique le mot “tempête” dès que les précipitations dépassent les 3 centimètres de neige, et que le vent va souffler à plus de 10 kilomètres à l’heure.  Il faudrait garder les termes dramatiques pour les grandes occasions, genre plus de 40 cm de neige, et plus de 70 km/h de vent.  Ainsi, les gens pourraient se préparer au pire quand le pire s’annonce, et continuer à vivre normalement le reste du temps.

Les autorités, les entrepreneurs, et les autres responsables de la sécurité, quant à eux, peuvent se compter chanceux, en ce sens que les phénomènes météo ne prennent jamais naissance ici; ils arrivent d’ailleurs.  En fait, trois corridors principaux nous amènent les systèmes météo que nous vivons; celui du nord (le nord de l’Ontario, la baie James, Matagami, Rouyn-Noranda, Val-d’Or), le corridor de la côte de l’Atlantique (la Virginie, Washington, New York, Boston), et finalement, le plus courant, le corridor du fleuve Saint-Laurent, et des grands lacs (Chicago, Detroit, Toronto, Ottawa/Cornwall).  Il y a sûrement des services comparables à notre 511 dans ces juridictions; serait-il possible de contacter ces services, afin d’avoir une idée précise de ce qui se passe sur le terrain, et ainsi se préparer en conséquence?  Quand le gars de T-O te dit qu’ils sont en train de l’échapper, tu fais rentrer toutes tes équipes, parce que la tempête va être solide!  Me semble que ce n’est pas tellement compliqué!  Ainsi, tout le monde serait sur ses gardes, et serait prêt à intervenir au besoin.

Mais bon, je dois comprendre que nous formons une société distincte, qui a l’expertise des tempêtes hivernales.  Ce n’est sûrement pas un minable chauffeur de camion qui pourra leur montrer comment se préparer à traverser une tempête.

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Loi 3 adoptée: Les syndicats finiront-ils par comprendre?

Le site web de la Société Radio-Canada nous rapporte que le premier coup de barre à être imposé aux syndicats du secteur public par le gouvernement de Philippe Couillard, à savoir la loi 3, concernant les fonds de retraite des employés municipaux, a finalement été adoptée aujourd’hui lors d’un vote à l’Assemblée nationale du Québec, avec 85 votes pour (PLQ, CAQ), et 28 contre (PQ, QS).  De son côté, le porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, a promis de poursuivre la pression, en plus de contester la nouvelle loi devant les tribunaux.

Ce qui m’épate, de la réaction de monsieur Ranger, c’est cette citation contenue dans un article de Tommy Chouinard, de La Presse.  Le journaliste mentionne la phrase suivante, dans son article; “Selon lui, « l’opinion publique va finir par s’apercevoir » que les employés municipaux se font « voler » leurs conditions de travail négociées.”, phrase dans laquelle on comprend bien sûr que “lui” représente Marc Ranger, et que les passages «entre guillemets» sont des termes utilisés par Ranger lui-même.

Ce que monsieur Ranger ne semble pas comprendre, c’est que la majorité de la population a tout a fait compris que lesdites conditions de travail négociées le furent pratiquement à la pointe du couteau, et que les villes ont plus ou moins signé ces conditions à reculons.  D’un autre côté, il ne semble pas comprendre non plus que la majorité de la population a également compris que lorsque les conditions changent, il faut parfois renégocier des conventions déjà signées qui deviennent trop lourdes à supporter; cela se voit couramment dans le secteur privé.  La majorité de la population sait aussi très bien que quand une convention devient trop lourde à supporter pour une entreprise, celle-ci a toujours le loisir de mettre la clé sous la porte, et d’envoyer tout le monde au chômage.  Ce que ne peut évidemment pas faire une municipalité; celles-ci n’ont toujours pas le droit au lock-out, contrairement à la plupart des employés municipaux qui eux ont le droit de grève.

Autrement dit, Marc Ranger aura beaucoup de travail à faire pour amener “l’opinion publique à finir par s’apercevoir” que les employés municipaux se font “voler” leurs conditions de travail négociées.  J’ai plutôt l’impression que monsieur Ranger va finir par s’apercevoir, tôt ou tard, que l’opinion publique continuera de croire que la majorité des employés municipaux, et particulièrement ceux des grandes villes, sont des enfants gâtés, et qu’ils veulent continuer de se payer des régimes de retraite que bien des contribuables ne pourront jamais s’offrir.  Selon moi, Marc Ranger s’en est probablement aperçu depuis longtemps, mais ça, il n’osera jamais l’avouer devant toutes ces personnes qu’il représente, et encore moins devant les médias.

Je lisais dernièrement quelque part que les employés du secteur public sont moins bien traités que ceux du secteur privé*; s’ils sont si mal traités, les employés municipaux devraient, en principe, se ruer aux portes des entreprises privées pour mettre la main sur un poste équivalent à ce qu’ils font.  Mais bizarrement, la tendance de migration du public vers le privé n’est pas aussi forte que ce à quoi on pourrait s’attendre; serait-ce parce qu’il y a quelque chose qui n’est pas inclus dans la comparaison?

* La comparaison est faite entre les employés du secteur public et ceux des entreprises de 200 employés et plus du secteur privé.

PKP débarque au PQ: Bonne nouvelle?

Depuis dimanche dernier, il n’y a qu’une seule nouvelle qui retient l’attention, et sur laquelle on revient continuellement, dans cette campagne électorale, et c’est la suivante; Pierre-Karl Péladeau débarque au Parti québécois!

© 2014 Garnotte, Le Devoir.

© 2014 Garnotte, Le Devoir.

Les “vrais” souverainistes, ceux qui attendent toujours le grand soir, voient en PKP l’arrivée de l’enfant prodige, celui qui convaincra tous les autres qu’ils sont dans le droit chemin.  Les autres ont des réactions assez partagées, allant d’un bienfait pour la nation à un scepticisme bien senti.

Pour ma part, je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle.  Je m’explique.

Un type comme PKP ne vient pas en politique pour faire une “passe de cash”, nous en sommes tous convaincus; il a brassé beaucoup plus d’argent dans le secteur privé qu’il n’en brassera jamais au gouvernement, s’il est élu.  Que peut-il donc venir chercher en politique, alors?  Le premier mot qui me vient en tête est: pouvoir.  Le pouvoir de diriger le Québec, qu’il soit province ou pays, à sa façon.  Et quand je dis “à sa façon”, c’est à la sienne, point!  Parlez-en aux gens du Journal de Montréal, ceux qui ont passé quelques deux ans et demi en lock-out!  Bref, c’est un type qui est habitué à “être le boss”.

Bien entendu, je ne peux pas prédire l’avenir, ni les comportements de PKP, que ce soit à court, à moyen, ou à long terme.  Aussi, à partir de ce point, je ne peux que faire de l’extrapolation, de la prévisualisation.  De la fabulation, diront peut-être certains!  Soit!  Mais imaginons que PKP, et Pauline, et le PQ, remportent la victoire.  Que pourrait-il se produire?

D’abord, Pauline restera-t-elle en poste bien longtemps?  D’aucuns disent que PKP n’est sûrement pas venu en politique pour devenir un “back-bencher”; il sera donc du Conseil des ministres (il a d’ailleurs déjà participé à une, ou plusieurs séances, par le passé), et probablement l’un des membres les plus influents de celui-ci.  De là, il n’aura qu’à faire jouer ses relations avec certains députés et ministres pour que les Jean-François Lisée de ce monde voient leur chance de prendre les commandes du PQ s’amenuiser rapidement!  Viendront ensuite quelques démissions fracassantes (business as usual), dont peut-être même celle de Pauline, à la faveur d’un couronnement de PKP à la tête du PQ, et par la bande, au siège de premier ministre désigné.

La suite des choses pourrait se dérouler rapidement.  D’abord, PKP pourrait nommer des ministres parmi ses proches; des gens dévoués, mais fidèles au boss.  Viendront ensuite les discussions avec le fédéral, qui tourneraient au vinaigre en moins de deux, puis, pendant que nous y sommes, une déclaration unilatérale d’indépendance du Québec.  PKP aurait alors le champ libre pour faire ce qu’il veut; contrôle des médias, et du message politique, refonte des lois en fonction de ses volontés, etc.  Bref, il aurait le pouvoir!  Même qu’il pourrait très bien profiter de son magnétisme naturel pour mettre en place une dictature, puisque de toute façon, les gens n’aiment pas “les maudites élections”!

Évidemment, tout ceci n’est que spéculation.  Mais connaissant les antécédents de PKP, êtes-vous totalement convaincu que tout cela n’arrivera pas?  Pouvez-vous garantir que la démocratie est assurée?  Vraiment?

En deux mots, l’arrivée de PKP au PQ est-elle vraiment une bonne nouvelle?

Pont Champlain: Le chiâlage, qu’ossa donne?

Je ne sais pas si c’est dans l’air du temps, mais je suis parti sur un “mood” de réaction, depuis quelques temps.  Et les textes publiés sur le Huffington Post Québec me donnent plein de matière à réaction.  Ce matin, ce fut à la lecture de l’article de Yanick Barrette, intitulé “Le @$?&%#! de pont Champlain”, que mon attention s’est arrêtée.

D’abord, du “bashing”, je suis capable d’en faire, moi aussi!  Cela me permet de croire que je pourrais aussi me qualifier pour écrire des papiers sur le Huff Post, parce que sur le fond, cet article ne m’apprend rien que je ne savais pas déjà.  Donc, si Barrette se fie sur ce texte pour vendre son livre, “Le Printemps Érable: les fondements d’un changement” – le Huffington Post nous présente son scribe comme étant l’auteur de ce livre, je répondrai que dans mon cas, c’est carrément raté!  Je ne me taperai pas des dizaines de pages de victimisation!

Maintenant, entrons dans le sujet.  C’est vrai qu’à première vue, la gestion du pont Champlain peut donner l’impression que l’on fait de la bonne vieille politique sur son dos.  Par contre, il faut mettre en évidence un point en particulier, à savoir que le ministre en place, quel que soit son parti, ne participe pas aux meetings de “foremen” des équipes de gestion de chaque infrastructure, qu’il s’agisse d’un pont, d’un aéroport, ou d’un réseau d’aqueduc.  Donc, il prend connaissance des rapports, parfois catastrophiques, sur une structure en particulier, habituellement pas très longtemps avant les journalistes.  Et parfois même après ceux-ci!  Parce que dans n’importe quelle boîte, privée comme publique, il y a le fameux point que tout le monde a probablement vécu, et que l’on pourrait décrire en une phrase courte du genre “Oh boy, faut pas que ça vienne aux oreilles du boss, sinon on est morts!”  Bref, quand le ministre doit annoncer une décision, le mal est habituellement déjà fait!

Le pont Champlain est un excellent exemple de ce que je viens d’expliquer.  Lors de sa conception, au milieu des années 1950, on ne parlait pas vraiment de l’utilisation des sels de déglaçage, et les ingénieurs de l’époque ont fait comme tel.  Résultat; l’évacuation des eaux n’est pas canalisée, et celles-ci coulent allègrement sur les poutres de rive, soit les P1 et P7.  À partir du moment où l’on se met à utiliser généreusement les sels de déglaçage, dans le but de ramener la chaussée sur l’asphalte dès la chute de neige terminée, pas besoin d’un secondaire 5 pour comprendre que la durée de vie des poutres de rive sera affectée négativement par cette décision.  Survient alors la mécanique habituelle de gestion; un membre de l’équipe en parle, les autres – dont ses supérieurs immédiats – ne le croient pas, puis, plus tard, constatant que le membre en question n’avait pas tout à fait tort, on minimise la chose, tout en s’arrangeant pour que le “boss” ne soit pas au parfum de l’affaire.  Jusqu’au jour où on ne peut plus nier l’évidence; on envoie alors un rapport, signalant l’état de la situation, ainsi que les options disponibles pour remédier à ladite situation.  Quand il y a des options, bien sûr.

Il y a aussi la question des coupures de budget, mais ça, c’est une autre histoire.

Dans le cas de Champlain, il faut remettre les pendules à l’heure; malgré les apparences, et tout le “bashing” de Yanick Barrette, le fédéral n’est pas resté à rien faire!  Dès 2009, sa “super-poutre” fut commandée, et transportée sur les terrains de Ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc. (PJCCI), afin d’être prête à entrer en action au moment jugé opportun.  Et compte tenu de la dégradation des autres poutres de rive, deux autres super-poutres sont en commande, au moment où j’écris ce billet, et seront livrées sous peu.  C’est sans compter toutes les autres interventions déjà réalisées par les équipes d’entretien de l’ouvrage, qu’il s’agisse des supports de post-tension horizontale, des renforts en fibre de carbone, ou encore des fameuses “arbalètes”, qui prennent la relève des câbles de support en flexion rongés par la rouille.  Cela fait donc des années que les spécialistes de PJCCI font affaire avec des ingénieurs pour retarder la dépense nécessaire à la construction d’un nouveau pont, pour remplacer Champlain.  Sauf que maintenant, nous sommes rendus à l’étape où ce maintien coûte plus cher que la construction d’un pont neuf.

Aussi, pendant que le fédéral, par l’entremise de PJCCI, veille au grain, le provincial arrive avec sa liste d’épicerie; il faut un système léger sur rails (SLR), on veut une conception à deux paliers, et on exige une oeuvre architecturale.  Bref, on veut un pont “tout équipé”, parce que c’est le fédéral qui paie.  Et surtout, pas de péage!  Ce qu’il faut retenir, c’est que le fédéral avait pris la responsabilité du pont Champlain à la demande de Québec, dans la foulée de l’Expo67, d’une part, et de la construction de la Route transcanadienne, d’autre part, et que depuis ce temps, cela fait plusieurs fois qu’Ottawa pense à remettre Champlain, et tous les autres ponts fédéraux du grand Montréal, au Ministère des transports du Québec (MTQ).  La responsabilité normale du fédéral se situe au niveau des ponts inter-provinciaux, et internationaux, pas aux ponts intérieurs.  En deux mots, Champlain devrait, en principe, être sous la seule responsabilité de Québec.

Or, que fait Québec, avec ses infrastructures?  Juste à voir comment le MTQ inprovise, entre autres avec l’échangeur Turcot, il est permis de penser que s’il en avait la responsabilité, Champlain reposerait peut-être déjà au fond du fleuve, au moment où l’on se parle.  Parlez-en aux familles des victimes du viaduc de la Concorde!  Autrement dit, Yanick Barrette a beau crier que le fédéral “se fout délibérément” des québécois, les plus négligents ne sont pas à Ottawa, mais à Québec.  Évidemment, cela ne veut pas dire que les responsables fédéraux sont des exemples d’organisation, et qu’il n’y a aucun gaspillage là-bas!  Disons qu’à défaut d’être les meilleurs, on pourrait facilement leur concéder qu’ils sont les moins pires.

Ceci étant dit, il est clair que Champlain se dégrade plus vite que ce que tout le monde avait calculé, et qu’il faut travailler à son remplacement dès maintenant.  Alors au lieu de se plaindre du passé, Yanick Barrette aurait dû proposer des solutions pour l’avenir!  Nous le savons tous, le coût du futur pont sera prohibitif!  Nous sommes au Québec, après tout!  Ce qu’il faut faire, maintenant, c’est déterminer ce qu’il faut, comme capacité, et ce pour les cent prochaines années.  Pourquoi tous les intervenants se limitent-ils à trois voies par direction, alors que la demande est nettement supérieure à cette capacité?  Vous savez, ce n’est pas parce que l’on rapetisse la conduite d’aqueduc que les gens, à l’autre bout, auront moins soif!  Trois voies par direction, c’était efficace en 1962, quand Champlain fut ouvert, pas à l’aube de 2014!  Alors imaginez en 2021!  Et cent ans plus tard!  Il faut cinq voies par direction, rien de moins!  Ajoutez à cela deux voies pour les transports en commun, sur lesquelles on installera des rails affleurants, dans le but de permettre le passage d’autobus et de taxis entre les trains.  Et de grâce, des trains conventionnels!  Un SLR ne pourrait pas poursuivre sa route, au-delà de Brossard!  Il faut permettre aux trains de banlieue d’entrer en gare à Montréal, et un nouveau pont serait une occasion en or de redéployer complètement les circuits de trains de banlieue, afin de desservir toutes les villes de la rive-sud, de Salaberry-de-Valleyfield jusqu’à Sorel-Tracy, en passant par Châteauguay, Saint-Jean-sur-Richelieu, Granby, et Saint-Hyacinthe.

Quant à l’élégance de l’ouvrage à construire, il s’agit, à mes yeux, d’un aspect bien secondaire, dans le cas présent.  Pas qu’on doive se contenter d’une laideur atroce, mais compte tenu de nos moyens collectifs – parce qu’il faut comprendre que si le chèque est fédéral, provincial ou municipal, les fonds pour couvrir celui-ci proviendront toujours de la poche des mêmes contribuables, il faudra mettre la priorité sur la solidité, la fiabilité, et la longévité du nouveau pont.  Il faut aussi faire en sorte que l’entretien soit simplifié, et économique.  Mais surtout que les délais de construction soient les plus courts possible.  Il faut faire un appel d’offres mondial, et accepter, avec humilité, que d’autres travailleurs soient plus rapides que les nôtres.  Comparé à son voisin, le pont Victoria, construit dans sa forme actuelle en 1898, sur des piles datant d’aussi loin que 1854, et toujours solide comme le roc, Champlain fait office de pont éphémère.  Mais il faut mentionner que Victoria est un pont privé!

Autre point très important; le fait de recourir à un concept simple et déjà éprouvé raccourcira les délais de planification et de conception de l’ouvrage.  Car si Yanick Barrette insiste sur les trois ans de travaux d’infrastructures du viaduc de Millau, ou du pont Erasmus, il faut comprendre qu’un délai aussi long, sinon davantage, est nécessaire pour en établir les plans.  Les ingénieurs de Champlain n’avaient pas prévu les sels de déglaçage, et surtout leurs ravages sur la structure; il faut éviter de pareils oublis!

Terminons avec ce que Barrette appelle “l’éléphant dans la pièce”.  L’entièreté de son texte est un “federal bashing” dont les québécois sont les pauvres victimes.  Je lui rappellerai que si on construit un pont à l’image de ce que veulent les environnementalistes, tout ce qu’il reproche au fédéral dans le dernier paragraphe de son article se poursuivra de plus belle.  L’expérience actuelle nous montre plus clairement que jamais que la capacité actuelle de l’ensemble du réseau autoroutier montréalais est dépassée, et qu’un nouveau pont à trois voies par direction est nettement insuffisant.  Je ne reprendrai pas les arguments que j’ai déjà élaborés ici, mais si l’on veut que Montréal soit compétitive, sur le plan économique, il faudra nécessairement revoir les capacités du réseau routier, et le premier pas vers cette révision passe par le remplacement du pont Champlain par une structure de capacité beaucoup plus élevée.

Budget Marceau: Bel exercice, mais…

Je vois déjà d’ici de nombreux supporteurs et les militants du parti québécois (PQ) me lancer virtuellement des tomates, parce que j’ose critiquer le premier budget du nouveau ministre des finances, Nicolas Marceau.

D’abord, l’exercice de présenter un budget équilibré représente un tour de force en lui-même, dans la situation économique actuelle, et plusieurs le reconnaissent.  Encore faut-il que les données utilisées pour compléter l’exercice soient valables, et aient un certain lien avec la réalité.  Par exemple, comment le ministre peut-il admettre que le taux de croissance économique sera de seulement 0,9% en 2012, et de 1,5% en 2013, et, en même temps, s’attendre à une hausse des revenus de TVQ de plus de 6%, se basant sur l’augmentation des salaires des travailleurs du secteur privé?  Lorsque l’économie tourne au ralenti, les employeurs du privé, contrairement aux gouvernements, n’augmentent pas, ou très peu, les salaires de leurs employés.  Le ministre Marceau semble l’ignorer.

Ensuite, si l’on peut s’attendre à ce que la hausse de taxes appliquées aux boissons alcooliques soit plus ou moins absorbées par les consommateurs, que dire de celle de 4$ sur la cartouche de 200 cigarettes?  Le passé nous a démontré que chaque hausse de taxe sur les cigarettes favorisaient un peu plus la contrebande, encore omniprésente chez nous, puisque les forces policières n’osent pas pénétrer sur les territoires des réserves autochtones, là où se trouvent les principaux protagonistes du trafic illicite des produits du tabac.

Et je ne m’infiltrerai que très peu dans le domaine des promesses rompues, comme par exemple celle de l’abolition de la taxe-santé.  Les seuls contribuables qui en seront exemptés seront ceux qui gagnent moins de 18,000$ par année, soit l’équivalent d’un emploi à temps plein au salaire minimum.  Nous savons d’ores et déjà que les contribuables gagnant 42,000$ et plus annuellement paieront les 200$ annuels, comme avant, et que les mieux nantis paieront davantage, eux qui seront confrontés, entre autres, à une hausse de leur taux d’imposition de 1,5% dès qu’ils atteindront les 100,000$ par année.  Un bel étouffoir à l’ambition, et à la réussite financière.

Bref, le premier budget Marceau fut un bel exercice de comptabilité (créative?), de par son ambition à atteindre l’équilibre, du moins en théorie.  Reste à voir comment le tout évoluera dans les faits, et seul le temps pourra nous le démontrer.  Parce qu’à la lumière des réactions émises à date, tout porte à croire que ce budget sera adopté, malgré que le gouvernement péquiste soit minoritaire; les péquistes voteront évidemment en faveur de celui-ci, les caquistes et les solidaires voteront tous contre, et les libéraux, pour leur part, utiliseront, semble-t-il, le concept popularisé par Stéphane Dion, du temps où il était chef de l’opposition officielle, à Ottawa, à savoir de s’asseoir sur leurs mains, façon polie de dire qu’ils iront aux toilettes, ou ailleurs, lors du vote sur le budget, question que celui-ci soit adopté par un vote ou deux de majorité.

Je pourrais aussi parler de ce manque flagrant de courage des libéraux, des coupes de 1,5 milliards$ au niveau des infrastructures (les viaducs vont-ils recommencer à tomber?), ou encore de la hausse de 2,1% du budget dédié à la culture, mais ça, c’est une autre histoire.

Suicide de Paul Laplante: Était-ce la meilleure issue pour tout le monde?

La nouvelle est sortie aux environs de midi trente, sur Twitter.  Le conjoint, et accusé du meurtre de Diane Grégoire, Paul Laplante, s’est suicidé à l’intérieur des murs du centre de détention Rivière-des-Prairies, à Montréal.  Le site web de l’agence QMI rapporte la nouvelle ici.  Il devait être jugé, à Salaberry-de-Valleyfield, pour le meurtre de sa conjointe, dont les restes furent retrouvés dans le secteur de Côteau-du-Lac, dans le Suroît, près de quatre ans après sa disparition.

À la suite de la courte intervention publique des deux enfants du couple, Elizabeth et Francis, après la comparution de leur père, en décembre dernier, on pouvait deviner qu’une période difficile s’amorçait pour eux, et pour tous leurs proches.  Puisqu’elle était disparue depuis presque 4 ans, Diane Grégoire était connue de tous, désormais, et il est clair que le procès de Laplante allait être scruté de près, et analysé sous tous ses angles, par les médias.  D’ailleurs, où aurait-on pu trouver 12 personnes réellement neutres, et aucunement au courant des tenants et aboutissants de cette affaire, afin de former un jury capable de porter un verdict éclairé, et surtout impartial?

La question que je me pose maintenant est la suivante; le suicide de Paul Laplante, malgré le coup dur qu’il porte à ses enfants, serait-il la meilleure chose à se produire, dans cette affaire?

Sur Twitter, une personne disait que ce faisant, Paul Laplante avait gagné son procès, puisqu’il emporte avec lui les éléments qui auraient permis à ses enfants de comprendre son geste.  D’autres soulignaient le destin tragique des deux enfants du couple qui, en plus de subir l’assassinat de leur mère, il y a maintenant environ 4 ans, et maintenant le suicide de leur père, ont aussi souffert le suicide d’un frère, environ un an avant la disparition de leur mère.  Un autre demandait où était la surveillance, pour qu’un détenu puisse se pendre dans sa cellule sans que personne ne le sache.

Sur l’aspect purement économique, on épargne les frais d’une détention de plusieurs années, advenant la culpabilité de Laplante, et surtout d’un long procès fortement médiatisé.  Sur le plan émotif, c’est plus compliqué; les enfants seront peut-être privés, en effet, d’éléments que leur père aurait pu expliquer, lors d’une éventuelle défense, mais d’un autre côté, ils n’auront pas à subir cette pression médiatique constante, et ce tout au long d’un processus judiciaire qui n’en finit plus de finir.  Elizabeth et Francis, ainsi que leurs proches, pourront désormais se concentrer sur eux-mêmes, et tenter de trouver, en eux, et loin des médias, des moyens de sortir de ce calvaire dont ils ne sont responsables de rien.

Je crois que les plus grands perdants sont les québécois les plus curieux, les disciples des Claude Poirier de ce monde, avides de grands procès, et de détails croustillants; ceux qui ont suivi le procès de l’ancien cardiologue Guy Turcotte, entre autres.  Ceux-ci seront privés d’une affaire à suivre sur plusieurs semaines, ainsi que de tous les détails scabreux, qui sont fortement soulignés par les médias.  Ils devront jeter leur dévolu sur une autre affaire.

A-50 (2011): Dans le secteur du chemin Saint-Hyacinthe

La dernière fois, nous nous sommes rendus (qui a dit « Enfin »?) à la fin temporaire actuelle de l’A-50, à la route 323, au nord de Montebello.  Bon, les travaux ont peut-être avancé depuis que ces photos furent prises (elles datent du 29 octobre dernier), mais vous aurez tout de même une petite idée de l’avancement du projet.

Si vous l’avez l’impression que je vous montre un petit chemin perdu, sachez que ce n’est pas une impression!  Si vous quittez l’A-50, et tournez à gauche, sur la route 323, en direction de Montebello, vous verrez, à un peu moins d’un kilomètre au sud de l’autoroute, à condition de porter une attention particulière, la jonction d’une petite route, à droite.  Sur le petit panneau de rue, dont la couleur verte a été affectée par le passage des années, vous verrez « ch. St-Hyacinthe ».  Le bout que vous voyez ici est clair et dégagé; le kilomètre et demi que vous allez parcourir pour vous rendre à ce point est carrément sous les arbres!  Nous voyons que la route sera détournée, et passera sous l’A-50.

Dans le secteur, deux chemin se croisent; le chemin Saint-Hyacinthe, et la côte… St-Hyacinthe.  Aussi, si vous revenez de la côte Saint-Hyacinthe nord (c’est une route sans issue, mais bon, disons, tiens, que vous êtes né là, et que vous n’avez jamais descendu la côte!), c’est la vision des lieux qui s’offrait à vous.  Et à cet endroit, il n’y a pas encore de remplissage!

Ici, vous voyez les culées d’un autre viaduc, qui passera au-dessus de la côte Saint-Hyacinthe sud.

Ce n’est pas un tas de pierre, avec un jouet, sur le dessus; c’est l’A-50, vue depuis le chemin Saint-Hyacinthe, et sur le dessus, c’est une vraie pelle mécanique.  Cela vous donne une idée du remplissage, à cet endroit.

Tout juste à l’ouest de la pose précédente, une autre vue du terrassement de l’A-50, avec un chemin, qui fut construit pour accéder aux terres situées de l’autre côté.  En fait, je n’avais pas besoin de savoir lire les affiches, pour savoir que ce chemin est privé; je me suis fait avertir…

…plutôt deux fois qu’une par le type qui conduit le tracteur, que vous voyez, sur ledit chemin.  Alors que j’étais stationné, en bordure du chemin St-Hyacinthe, il a arrêté son tracteur à côté de ma bagnole, dans une position qui ne me laissait pas vraiment le choix de l’écouter.  Bon, je dois avouer qu’il m’a vu passer…

…quand je suis allé prendre cette image, de l’autre côté de l’A-50.  C’est vous dire les risques incalculables que je prends, pour vous montrer de beaux clichés!  Mais cette aventure m’incite à croire que les gens de ce coin de pays (je ne sais pas si le type du tracteur est de Notre-Dame-de-Bonsecours, ou de Papineauville, la municipalité voisine) sont peut-être plus suspicieux que accueillants.  Auraient-ils peur des “étranges”?  Mais bon, je suis bon joueur; je vais mettre ça sur le compte de la lutte pour la sauvegarde des terres, et la réduction des expropriations à leur strict minimum.  Pour cette fois!

Quand je parle de surveillance des lieux, je dois spécifier que certains chantiers, plus proches de la ville de Montréal, sont tellement surveillés que quiconque approche un peu trop se fait avertir sur-le-champ.  Sauf que lors de cette visite automnale, sur les divers chantiers de l’autoroute 50, je me suis senti surveillé.  J’ajouterais même que je fus victime d’une certaine forme d’intimidation!  Plus de détails… dans mon prochain billet!