Pannes de courant: Non, monsieur Tassé, ce n’est pas notre faute!

À chaque fois qu’un événement naturel frappe, il y a quelqu’un, quelque part, qui met ça sur le dos des changements climatiques, et par extension, sur le dos des négligents citoyens qui n’ont rien fait.  C’est le cas de Loïc Tassé, le chroniqueur du Journal de Montréal qui a, dans trop de domaines, la vilaine habitude de sauter rapidement aux conclusions, souvent non-vérifiées.  Il a frappé, une fois de plus, à la suite des vents violents de ce vendredi, qui ont causé des dommages au réseau de distribution d’Hydro-Québec; dans sa chronique de ce samedi matin, il jette à nouveau son dévolu sur les québécois – mais particulièrement ses décideurs – quant aux conséquences de cet événement météo.

Comme j’aime le faire à l’occasion, je vais reproduire son texte ici, et y répondre.  Le texte de monsieur Tassé sera en brun, et mes réponses en noir. Voici.

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Alors que 500 000 foyers souffrent encore des pannes de courant qui ont affecté près d’un million de clients d’Hydro-Québec, nous devrions relancer un vieux débat : pourquoi le réseau souterrain de fils électriques n’est-il pas plus étendu ?  

Essentiellement pour une raison de coût.  Certaines villes, comme Lorraine, dans la couronne nord de Montréal, a fait disparaître tous les poteaux depuis belle lurette.  Il faut avouer, par contre, que les sans-abri – et les logements sociaux – sont rares, à Lorraine; il s’agit de ce que l’on appelle une “banlieue riche”.

Il est évident que les pannes électriques causées par les changements climatiques extrêmes vont se multiplier.       

Ça, c’est votre parole!  De nombreux scientifiques, qui pourraient affirmer, preuves à l’appui, que les événements climatiques extrêmes ne sont pas plus nombreux qu’avant, sont tenus au silence, alors que l’on donne plein de temps d’antenne aux climato-anxieux du type Greta Thunberg qui, du haut de ses 16 ans, n’en connaît que très peu sur le climat, si l’on exclut la propagande dans laquelle on l’a immergé.

Il est évident que les Québécois dépendent de plus en plus des réseaux électriques, ne serait-ce que parce que les systèmes de chauffage sont de plus en plus électriques.  

Est-ce vraiment un choix des québécois eux-mêmes, ou encore leur a-t-on imposé, de par des subventions pour se convertir au tout électrique, ou encore les interdictions de certains systèmes de chauffage – notamment les poêles à bois – imposées par certaines municipalités?

Il est évident qu’une grande partie des pannes en zones urbaines est causée par des chutes de branches d’arbres sur les fils électriques.

Une très grande partie de toutes les pannes fut causée par des chutes de branches d’arbres sur le réseau de distribution électrique.  C’est la pire cause, en fait; alors qu’une équipe abat un arbre, jeté à terre par le vent, et répare les installations, un autre arbre tombe sur le réseau 3000 pieds à côté.  Il faut donc tout recommencer, et c’est pour cela que c’est long. D’autres causes, comme la chute de suite de poteaux causées par le vent, ont complété le tableau.

Des questions  

Alors pourquoi ne pas avoir enterré davantage le réseau électrique dans les zones urbaines ?    

Comme je le mentionnais, l’enfouissement des réseaux est dispendieux.  Et la décision d’aller de l’avant avec une telle initiative relève surtout des municipalités, et la plupart d’entre-elles préfèrent mettre les fonds publics sur des projets plus urgents.

La tempête du verglas de 1998 n’a-t-elle pas constitué un avertissement suffisant ?    

L’événement de 1998 est de ceux qui arrivent une ou deux fois dans une vie; celui-là datait de 21 ans, quand même.  C’est comme pour les dernières crues printanières; elles furent terribles en 2017 et 2019, mais vous souvenez-vous de celles de 1998, et de 1976?  À Maskinongé, en Mauricie, par exemple, elles furent pires encore que les deux dernières! Et les citoyens se sont entraidés; pas d’armée dans les rues,… et personne n’en est mort!

Pourquoi les nouveaux développements urbains sont-ils encore construits avec des réseaux électriques déployés sur des poteaux ?      

Encore une fois, question de coût.  Lorsque l’on projette les coûts d’acquisition des nouveaux développements, on veut obtenir le meilleur rapport qualité/prix, et l’enfouissement des services vient très loin dans les priorités des acheteurs.

En France et en Allemagne, par-exemple, les réseaux électriques urbains sont souterrains. Quels calculs comptables étroits nous empêchent-ils d’enterrer les fils?

Grand bien leur en fasse!  Ici, c’est surtout les municipalités qui décident, alors il faudrait leur refiler la question. Il faut spécifier qu’à la base, les structures urbaines européennes sont très différentes – et datent de beaucoup plus longtemps – que les nôtres.

Avons-nous fini par nous habituer dans nos villes à la laideur des poteaux et de leurs fils électriques?

Pensez-y; sans les poteaux électriques, où accrocherions-nous nos jolies pancartes lors des campagnes électorales?  Non, je rigole…

 

Nous aurions pu agir et nous pouvons encore le faire  

Si le gouvernement du Québec avait exigé que les réseaux électriques urbains soient systématiquement enterrés, la panne de ces derniers jours aurait été de faible ampleur. Nous aurions eu 25 années pour le faire depuis la crise du verglas.     

Faudra-t-il attendre d’autres pannes encore plus extrêmes pour que finalement le gouvernement exige que les fils soient tous enterrés dans les zones urbaines ?   

Faudra-t-il agir dans l’urgence extrême et payer des prix de fous pour enterrer des fils qui auraient dus l’être il y a des décennies ?    

Ça, je vous le déconseille, et je vais vous dire pourquoi.

De un, vous admettez vous-même qu’il s’agit de prix de fous.  Imaginez que tous les noyaux urbains y soient obligés; à titre de comparaison, prenons l’exemple de la mise à niveau des installations septiques des résidences isolées – non-reliées à un réseau municipal – à la norme que l’on appelle, dans le domaine municipal, Q2-r22.  Ce fut un processus long et pénible, au cours duquel certaines municipalités ont dû créer des fonds d’aide de toutes pièces pour aider leurs citoyens les moins avantagés.  Il faudra faire de même, parce que chaque maison reliée au réseau électrique devra modifier son installation.  De plus, l’installation du réseau souterrain coûtera elle-même des millions de dollars, que les contribuables devront payer en plus de leurs taxes municipales.  Dans la situation actuelle, les réparations aux réseaux de distribution seront financés à travers les factures d’électricité, sans augmentation, puisqu’il s’agit de frais d’entretien déjà budgétés dans la facturation. Comme le réseau de transport (pylônes) n’a pas été touché, cette fois-ci, les coûts, pour Hydro-Québec, seront beaucoup moindres. Finalement, tout cela ne sera qu’un dur moment à passer.

De deux, dans les poteaux, il n’y a pas que les lignes d’Hydro; il y a souvent le téléphone, et le câble.  Les entreprises qui ont des réseaux ne sont pas toutes des Vidéotron, ou des Bell; il y a aussi des PME qui opèrent au niveau local et régional. Ces entreprises, devant une obligation d’enfouissement, n’auraient d’autre choix que de déposer leur bilan, à défaut d’imposer des factures mirobolantes à leurs abonnés, face auxquelles plusieurs couperont le service, diminuant d’autant les revenus de ces PME.

De trois, si vous donnez l’idée au gouvernement d’exiger quoi que ce soit de plus que ce que l’on connaît actuellement à titre d’ingérence dans la vie privée des citoyens, ils ne se gêneront sûrement pas.  Alors, de grâce, tenez-vous loin de cette idée.

Avec les changements climatiques, les coûts des pannes provoquées par des conditions climatiques extrêmes risquent de dépasser ceux de l’enterrement complet des réseaux électriques en zones urbaines.    

Ça, encore une fois, c’est votre parole, et seulement votre parole.  Et j’en profite pour vous faire remarquer que les réseaux enfouis ne sont pas éternels; l’entretien, et le renouvellement de ceux-ci entraîneront aussi… des cônes orange! Comme s’il n’y en avait pas déjà assez.

Est-ce trop demander que de prévoir un peu ce qui risque d’arriver et d’agir en conséquence ?

Le gouvernement québécois a fait preuve de “prévision” dans le fameux cas de la grippe A-H1N1, il y a quelques années.  On se souvient surtout du fait que le chanteur Claude Dubois avait réussi à passer devant tout le monde pour faire vacciner sa famille. Ce que l’on se souvient moins, par contre, c’est que le gouvernement est resté avec des quantités industrielles de doses du vaccin, qui sont devenues périmées, donc non-remboursables.  Et tout ça payé avec vos impôts!

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En fait, plus je relis le texte de monsieur Tassé, plus je me dis que sa propre maison doit faire partie des secteurs où le service n’était pas encore rétabli au moment où il a pondu son texte.  Et le monsieur devait être frustré.  Si c’est le cas, je souhaite à monsieur Tassé le courage qu’il faut pour passer à travers cette rude épreuve.  J’ai moi-même été privé d’électricité pendant une douzaine d’heures, et comme vous pouvez le constater, je n’en suis pas mort.

Route 158: Retour sur un article d’il y a 4 ans

Le 12 octobre 2010, je mettais en ligne un billet sur la pertinence de faire une nouvelle section de l’autoroute 50, afin de prêter main-forte à la route 158, entre l’autoroute 15, à MIrabel, et l’autoroute 40, à Berthierville.  J’y mentionnais que sur la majorité des sections de cette route sur lesquelles des mesures de débit journalier moyen annuel (DJMA) ont été effectuées entre 2000 et 2008, le volume de circulation démontrait la pertinence de transformer la route 158 en autoroute à chaussées séparées, ou encore de carrément construire une telle autoroute.

Dans ce billet, je mentionnais que dans un reportage de Martin Gauthier, de la SRC-Ottawa-Gatineau, quelques mois auparavant, le ministre délégué aux transports de l’époque, Norman MacMillan, parlait d’un volume minimum de 10,000 véhicules par jour avant de considérer la construction d’une autoroute à deux chaussées séparées.  D’autres sources, au Ministère des transports du Québec (MTQ), parlent plutôt de 8000 véhicules par jour, toujours en mesure de DJMA.  Je reviens sur ce billet, en y ajoutant les chiffres de 2010 et de 2012, maintenant disponibles dans l’Atlas des transports, sur le site web du MTQ.

Revoici donc la carte que j’avais concocté à l’époque, pour l’autre article.

QC158--A-15--A-40 sections2

Par contre, j’ajouterai les chiffres de DJMA de 2010 et 2012 dans mon tableau, que je mettrai ici.

DJMA-Route 158-00-12

Vous constaterez que les changements, à part quelques baisses pas très significatives, sont surtout vers le haut; même que sur certaines sections, on note des hausses de 3000 véhicules par jour, sur deux ans.  C’est donc dire que le besoin d’une autoroute en bonne et due forme est toujours présent, voire même plus présent que jamais.  Quand on sait que le quotidien La Presse a sorti un dossier sur les routes les plus meurtrières au Québec, avec carte interactive, l’automne dernier, et que la route 158 figurait parmi les championnes toutes catégories, je crois qu’il y a de quoi mettre de la pression sur le ministre actuel des transports, l’ancien policier Robert Poéti.

Je suis certain que ce dernier a des souvenirs de ses années de patrouille, et qu’il a dû constater des accidents mortels; il doit se rappeler que ce n’est pas beau à voir.  Il a donc tous les arguments en mains pour privilégier une intervention rapide dans ce dossier.

Québec en élections: Quel genre de premier ministre voulons-nous?

Hier soir (mercredi), j’ai eu une discussion très intéressante, sur Twitter (@levraiRichard3), avec Mat Vaillancourt (@MVLibertas).  Nous parlions de ce qu’il faudrait pour faire un vrai changement au Québec.  Je lui ai dit que pour y arriver, il fallait changer nos leaders politiques.

Regardons quelques chefs de partis qui ont le mieux réussi. Le record du meilleur taux de députation (pourcentage du total des sièges) appartient à Robert Bourassa, lors de l’élection générale de 1973, avec 92,7% (102 sièges sur 110).  Il est suivi de près par Lomer Gouin, à l’élection de 1916 (92,6% – 75 sur 81), puis à celle de 1919 (91,4% – 74 sur 81), alors que Simon-Napoléon Parent ferme le top 5 avec les scrutins de 1900 et de 1904 (les deux à 90,5% – 67 sur 74), tous des libéraux.  Si l’on s’en tient à la période après 1973, les deux meilleurs scores furent aussi établis par Robert Bourassa, soit en 1985 (79,2% – 99 sur 125) et en 1989 (73,6% – 92 sur 125).  Le parti québécois n’a jamais fait mieux qu’en 1981 (65,6%, 80 sièges sur 122), alors qu’il dépassait à peine son taux de 1976 (64,5% – 71 sur 110), dans les deux cas sous René Lévesque.

Depuis ce temps, les taux de députation, sur un total constant de 125 sièges, ont presque toujours baissé; en 1994, Jacques Parizeau a atteint 61,6% des sièges (77), puis Lucien Bouchard a suivi en 1998 avec 60,8% (76), tout comme Jean Charest l’a fait en 2003.  Ses scores suivants furent de 38,4% (48) en 2007, lors de son gouvernement minoritaire, puis a rebondi à 52,8% (66) l’année suivante.  Finalement, Pauline Marois a du se contenter d’un maigre 43,7% (54), lorsqu’elle a pris le pouvoir en 2012.

Que peut-on tirer de tous ces chiffres?  La première conclusion est que les plus grands leaders ont toujours obtenu les meilleurs résultats.  Et comment définit-on ces “plus grands leaders”?  Ce sont ceux dont la campagne électorale profitaient d’une machine bien rodée, évidemment, mais aussi qui savaient entraîner les électeurs à leur suite.  Par exemple, en 1973, la campagne de Robert Bourassa était portée par un simple slogan; “Bourassa construit”.  Avec le projet de la Baie James, la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) qui venait d’être instituée, et des autoroutes en construction presque partout, c’était clair que le slogan reflétait la situation du moment.  Lors de l’élection précédente, il avait pris le pouvoir avec 66,7% de la députation (72 sur 108), un score dans la moyenne du temps, en promettant 100,000 emplois, et la situation économique avait effectivement permis la création de dizaines de milliers de nouveaux postes.  Bref, il avait joint le geste à la parole.  Puisqu’il est question de parole, ceux qui ont connu Robert Bourassa savent qu’il ne sautait pas sur les tables, de par son enthousiasme, mais il avait le ton de voix rassurant qui fait que l’on voulait le suivre dans ses projets.

C’est ce qu’il faudra pour relancer le Québec, selon moi.  Un – ou une – leader qui ne fait pas que parler, mais qui agit, et rapidement, de façon à ce que les électeurs voient de leurs yeux des résultats tangibles.  Bien sûr, on me dira qu’il est beaucoup plus difficile d’agir rapidement aujourd’hui qu’il y a une quarantaine d’années, ce qui est loin d’être faux.  Mais il s’agit là d’un défi supplémentaire à relever pour un leader qui saurait bien jouer ses cartes, et prendre les bonnes décisions en temps et lieu.  Le problème, c’est que présentement, aucun chef de parti n’a l’étoffe de ce leader tant recherché.  Bien sûr, on me dira aussi qu’il est bien plus difficile qu’avant de dénicher un de ces leaders naturels que les tenants de l’entreprise privée s’arrachent à coups de millions en salaires, bénéfices marginaux, et bonis de toutes sortes.  Et ça, c’est notre défi à nous, les électeurs.  Il nous faut trouver un leader, peu importe où il se trouve, et trouver une recette pour le convaincre de sacrifier les grands salaires pour un temps – disons une vingtaine d’années, et de donner du service au Québec.

C’est clair que nous ne verrons pas ce leader au prochain scrutin provincial, qui s’en vient plus vite qu’on ne pourrait le croire.  Mais souhaitons-nous au moins de le dénicher d’ici l’élection suivante.

Basse-Côte-Nord: La route 138 ouverte jusqu’à Kegaska

Il y a une semaine aujourd’hui, la petite communauté anglophone de Kegaska, sur la Basse-Côte-Nord, a vécu une grande nouveauté; une partie de la route Jacques-Cartier est devenue un tronçon de la route 138.  On a ouvert le pont de la rivière Natashquan, chaînon manquant pour ouvrir le lien qui allait relier la petite bourgade de 150 personnes, sise 44 kilomètres plus loin, au reste du réseau routier québécois.  C’est la télé de la Société Radio-Canada (SRC) qui le rapportait, la semaine dernière.

Premier changement d’importance, le prix de l’essence a baissé de quelque 40 cents le litre, au dépanneur du village, désormais desservi par camion.  Ce magasin sera aussi, probablement, approvisionné par camion, ce qui permettra sûrement une baisse marquée du prix des différentes denrées que l’on devait autrefois stocker, afin de traverser l’hiver sans devoir payer un prix prohibitif pour les produits livrés par avion.  Évidemment, quelques-uns se plaindront de perdre la tranquillité de leur milieu de vie.  Mais la plupart des gens se rendront rapidement compte que le rattachement au réseau routier québécois apporte beaucoup plus d’améliorations que de désagréments.

Curieusement, malgré le fait que c’est le gouvernement du Québec qui a payé la totalité des 130 millions$ de la route de 44 kilomètres, dont 20 M$ seulement pour le pont de la rivière Natashquan, le gratin politique brillait par son absence, jeudi de la semaine dernière; il faut mentionner que les invitations n’avaient été envoyées que trois jours à l’avance, selon cet article du Journal de Montréal.  La députée locale, la péquiste Lorraine Richard, présidait la Commission parlementaire sur la culture et l’éducation, ce jour-là.  Le ministre des transports, Sylvain Gaudreault, avait probablement, lui aussi, quelque chose à son agenda.  Ce sont donc le maire de Natashquan, Jacques Landry, l’ancien député fédéral, André Maltais, et le directeur-général-adjoint de la municipalité de la Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent (municipalité à laquelle est rattachée Kegaska), Dan Mauger, qui ont fait office de représentants politiques lors de la coupe du ruban, sur le pont de la rivière Natashquan.  Même le chef de la communauté Innu de Natashquan, Rodrigue Wapistan, n’était pas sur les lieux!  Il avait pourtant de quoi être fier; Construction Atik, dont la communauté est actionnaire, a construit le pont dans les délais, et dans le budget!  La firme, en collaboration avec Construction Polaris, a même réalisé un chantier-école, afin de permettre aux Innus, démontrant de l’intérêt, d’apprendre les rudiments de la construction routière.

Pourtant, il y a 17 ans, quand la route 138 s’est rendue jusqu’à Natashquan, le Réseau de l’information (RDI) de la SRC était sur place, et diffusait, en direct, la cérémonie d’inauguration de la nouvelle route, à laquelle tout le gratin politique de l’époque assistait.  Faut dire qu’à Natashquan, parmi les invités, il y avait aussi Gilles Vigneault.

Gouvernement Marois: Gouvernement actif, ou feu de paille?

Grâce à un bon ami Facebook, le conseiller en sécurité financière Ian Sénéchal, je suis tombé sur l’une des toutes dernières publicités du Parti québécois (PQ).  Enjoy!

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Voyez-vous, c’est ce qui me fait un peu peur, avec l’élection du PQ.  La facture.  Et je ne parle pas de l’émission de télé.  Faire du changement pour faire du changement, c’est ben beau, mais une telle façon de faire a un prix, et c’est ce prix qui est apeurant.

Dans les faits, le côté apeurant, c’est ce que madame n’inclut pas, dans sa liste.  Comme les coupures de 50 millions de dollars au niveau des chirurgies, par exemple.  Ou encore, prenez le temps de parler aux “riches”, qui gagnent 42,000$ et plus par année, de ce qu’ils pensent, au sujet de la taxe santé, et à ceux qui osent gagner 100,000$ et plus, de leur nouveau taux d’imposition (une analyse de Martin Coiteux).  Selon cet article du Journal de Québec, signé Geneviève Lajoie, c’est environ 400 M$ qu’on devra couper d’ici au 31 mars prochain!  On parle de “chirurgies excédentaires”, de “double facturation”, comme si l’on pataugeait dans une mare de surplus et de magouilles, et le ministre Réjean Hébert semble confiant de trouver tous ces millions à couper sans affecter les services aux patients.  Sur papier, cela peut sembler relativement facile, mais sur le terrain, qu’en sera-t-il?  Va-t-on voir le gouvernement reculer, encore une fois?

Quand on regarde les trois premiers items de la liste, sur la pub, on constate, une fois de plus, que le gouvernement a donné aux terroristes¹ tout ce qu’ils demandaient, et ce sans tenir compte des coûts reliés à ces décisions; du côté du sommet, on risque d’assister à un procès des recteurs, et des universités, si l’on se fie à l’analyse d’Yves Boisvert, de La Presse.  Les deux items suivants furent annoncés pour faire plaisir aux “ti-z-amis” environnementalistes, ce qui ne fut pas trop compliqué; l’amiante n’a plus la cote, le nucléaire non plus.  Par contre, je dois avouer que la décision sur Gentilly-2 ne m’a pas décoiffé; que l’on déclasse la centrale ou qu’on la rénove, le coût sera exorbitant de toute façon.  Quant à l’affaire des places en garderie, l’engagement est plutôt théorique, et sera à revérifier, au fil du temps; il est courant que les gouvernements s’engagent, en début de mandat, à ouvrir la machine, et à tout donner à tout le monde, mais dans les faits, de telles promesses se réalisent rarement.

Bref, Pauline 1ère 1ère² essaie de se montrer très active, afin de pouvoir se targuer, lors de ses souhaits pour la période des fêtes, d’avoir eu les premiers cent jours les plus productifs de tous les gouvernements récents.  L’histoire nous démontrera si une telle activité se poursuivra, ou si, au contraire, ne sera qu’un feu de paille.

¹ Le mot terroriste est utilisé ici au sens de la perturbation constamment répétée par les manifestants, et non pas au sens de la terreur proprement dite.

² Depuis son couronnement, au PQ, j’ai affublé madame Marois du surnom Pauline 1ère, et depuis son élection, comme elle est devenue la première première ministre, j’utilise le surnom Pauline 1ère 1ère.  Pas par méchanceté.  Promis!

A-35: Un coroner recommande son parachèvement

À la une du Journal de Montréal de ce dimanche matin, une photo d’un panneau de l’A-35, jumelé à un autre, de la route 133, celui-là, et un titre plutôt clair; « Le souhait d’un coroner pour protéger des vies – Prolonger l’autoroute 35 ».

Richard3.

Photo: Richard3.

En pages 4 et 5, on retrouve un article, signé Stéphane Tremblay, et reproduit sur le site Canoë, dans lequel on raconte que le coroner André H. Dandavino en a littéralement soupé, des accidents mortels qui surviennent sur la route 133. C’est que ce coroner a enquêté sur un accident, survenu en octobre 2006, qui a coûté la vie à un couple, alors que leurs deux enfants en sont sortis indemnes. Le véhicule dans lequel prenait place la famille a été violemment heurté par un autre véhicule, qui lui, effectuait un dépassement illégal, sur la route 133, à la hauteur de Henryville.

Le projet de construction de l’A-35 est déjà sur la table, au MTQ, et un porte-parole, cité dans l’article, dit que le MTQ n’attend qu’une évaluation environnementale du fédéral pour commencer les travaux, ce qui devrait se faire à l’automne. On sait également que sur les 300 millions$ nécessaires à la réalisation de ce projet, dont près d’une soixantaine sera versée par le gouvernement fédéral, 38,5 millions$ seront investis pendant l’année budgétaire en cours, dont 18,7 millions$ du fédéral. Cette autoroute, à moins d’un changement de cap, devrait donc être ouverte aux usagers de la route d’ici 4 ou 5 ans.

Reste à savoir si les délais seront maintenus.

Le fleuve Saint-Laurent menacé: Une autre crise de panique organisée?

Un article, publié sur le site Canoë, et signé Sophie Montminy, fait mention que le nouveau projet de la Commission mixte internationale (CMI), qui aimerait modifier en profondeur, et automatiser son mode de gestion des débits du lac Ontario, et du fleuve Saint-Laurent, amènerait des changements importants à ces deux plans d’eau.  Même qu’un organisme à but non-lucratif, appelé Nature Québec, a demandé à la CMI, lors d’une conférence de presse, hier, de mettre de côté ce nouveau projet.  L’article mentionne que Marc Hudon, directeur du programme Saint-Laurent/Grands-Lacs, chez Nature Québec, souligne que même si les scientifiques consultés par la CMI ont accompli un travail de qualité, les impacts des changements climatiques n’ont pu être évalués, et pourraient complètement changer les résultats des études d’impact de ce projet.

Ce que j’aimerais savoir, c’est ce que propose ce Marc Hudon, pour que le projet de la CMI soit acceptable, à ses yeux.  J’aimerais lui faire remarquer que personne, jusqu’à maintenant, ne peut prédire quels seront les changements climatiques qui auront lieu la semaine prochaine, ainsi que dans les cinquante, cent ou mille prochaines années.  Devant ce fait, comment pourrait-on calculer les impacts d’un projet en fonction des changements climatiques que personne ne peut prédire?  Faudrait-il, devant ce constat, que l’on ne fasse plus aucun projet?

Il existerait une autre façon de régler ce problème de débit du fleuve, de façon à ce que la navigation puisse avoir lieu en tout temps, et ce sans nouveau draguage du Saint-Laurent, le tout en conservant le débit à un niveau optimal en fonction des différents besoins du milieu tout au long de l’année.  Il s’agirait d’un projet dispendieux, à prime abord, mais que l’on pourrait rentabiliser si l’on mettait Hydro-Québec dans le coup.  Il faudrait construire un barrage sur le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Lotbinière, ou de Deschambault, qui serait bien sûr équipé d’écluses.  Un barrage auquel Hydro-Québec pourrait ajouter une centrale du même type que celles de Beauharnois, ou de la rivière des Prairies, à Montréal.  L’électricité produite par la centrale pourrait, jusqu’à un certain point, rentabiliser les coûts de construction et d’entretien du barrage.  Le ministère des transports pourrait même y aménager une autoroute – à péage – qui traverserait le fleuve, puisque le barrage serait situé environ à mi-chemin entre Trois-Rivières et Québec, ce qui en ferait un point de traversée idéal.

Mais à quoi bon.  Le simple fait d’évoquer une telle construction me mettra tous les activistes sur le dos.