La route 5 – (2) De Victoriaville à Lyster

La dernière fois, nous nous sommes arrêtés à l’angle des routes 5 et 34, à Arthabaska.  Ça, c’est la version 1950; aujourd’hui, on dirait “à l’angle de la rue Laurier et du boulevard des Bois-Francs-Sud”.  C’est à ce boulevard que la dénomination est-ouest se fait dans l’ancienne ville d’Arthabaska, désormais un secteur de la ville de Victoriaville.  Nous sommes donc arrivés de la rue Laurier-Ouest; à droite, la route 34 sud mène, accessoirement sur le gravier, vers Chesterville, et éventuellement, Mégantic (sur ma carte, la ville ne s’appelle pas “Lac-Mégantic”, mais seulement “Mégantic”), et droit devant, la rue Laurier-Est nous conduit à Saint-Norbert-d’Arthabaska.  Nous prendrons vers la gauche, sur la route 34 nord, en multiplex avec la route 5, en direction de la vieille ville de Victoriaville.

Nous roulerons sur 1,4 kilomètres pour atteindre le pont des Bois-Francs, qui enjambe la rivière Gosselin, et 400 mètres plus loin, nous croisons le boulevard Arthabaska (routes 116 et 161), qui n’existait tout simplement pas en 1950.  Après 1,2 kilomètres encore, voilà le boulevard Jutras-Est, le point de changement de dénomination étant différent à Victoriaville; il se situe plutôt à la hauteur de l’axe des rues Carignan et de Bigarré, rues qui, paradoxalement, traversent aussi Victoriaville dans un axe est-ouest.  Pour notre part, nous ferons tout près de 500 mètres de plus, et tournerons à droite sur la rue Notre-Dame-Est, quittant ainsi la route 34, qui conduit vers Saint-Valère, et éventuellement, Nicolet.  La rue Notre-Dame est l’un des principaux axes commerciaux de Victoriaville, en plus d’être le point de changement de dénomination nord-sud des rues de la ville.  Après quelque 2,4 kilomètres sur Notre-Dame, nous croisons à nouveau le boulevard Arthabaska (routes 116 et 161), puis ferons encore 2,2 kilomètres sur ce qui est devenu le rang Nault avant de tourner à gauche, sur le rang Lainesse.

Nous suivrons le rang Lainesse sur un kilomètre et demi, pour ensuite tourner à droite sur le boulevard Arthabaska (route 116), qui fut jadis une partie du 12e Rang.  À partir d’ici, c’est plutôt confus; je suivrai la ligne qui me semble la plus vraisemblable, sachant bien que je risque d’être dans l’erreur.  Nous ferons 1,7 kilomètres sur le boulevard Arthabaska avant d’entrer dans la MRC de l’Érable, puis 500 mètres de plus avant de tourner à droite, sur le 12e Rang Ouest proprement dit.  La route 5 se poursuit ensuite sur 1,7 kilomètres avant de tourner à gauche sur la route de Billy, que nous suivrons sur 1,1 kilomètres.  Il semble que depuis ce point, un pont traversait la rivière Bulstrode à cet endroit, et devait probablement se raccorder au rang Saint-Jacques-Ouest, via le 11e Rang.  Il est également probable que lors de la construction de la route 116 actuelle, ce pont ait été démoli, puisque devenu inutile.  Pour se rendre au rang Saint-Jacques-Ouest, nous tournerons donc la courbe serrée, et ferons les 180 mètres qui nous séparent de la route 116, pour ensuite tourner à droite sur celle-ci, traverser le pont, et tourner à gauche sur le rang Saint-Jacques-Ouest.  Tout juste après l’intersection, la jonction du 11e Rang Ouest se trouve à gauche, mais nous continuerons tout droit, et poursuivrons notre route sur le rang Saint-Jacques-Ouest, sur une distance de 2 kilomètres, puis tournerons à droite à l’angle du 10e Rang Ouest, question de continuer notre chemin.

Après 900 mètres, l’intersection du boulevard Carignan Ouest nous indique que nous entrons dans la ville de Princeville.  En faisant 450 mètres supplémentaires, nous arrivons à une intersection en Y dans laquelle nous prendrons à droite; nous sommes maintenant sur la rue Saint-Jacques-Ouest.  La route 5 traverse la ville de Princeville sur environ 1,9 kilomètres pour croiser la rue Saint-Jean-Baptiste (route 263), qui conduit à Saint-Louis-de-Blandford, et à Saint-Norbert-d’Arthabaska.  La route 5 devient la rue Saint-Jacques-Est à partir de ce point, et jusqu’à sa fin, 1,1 kilomètres plus loin, puis après avoir tourné à droite, devient la rue Demers (route 165).  On fera encore quelque 700 mètres avant de tourner à gauche.  La route 5 (routes 116 et 165) quitte ainsi Princeville, et s’étire sur 5,9 kilomètres avant de prendre à gauche sur la rue Saint-Calixte, dont un court tronçon, à gauche, rappelle l’alignement original de la route 5.  Nous ferons près de 900 mètres avant d’atteindre les premières rues de la ville de Plessisville, puis quelque 800 de plus avant de traverser le pont de la rivière Bourbon.  Au bout de 300 mètres, on atteint l’avenue Saint-Louis, sur laquelle passe la route 49, qui mène à Saint-Ferdinand, et à Saint-Pierre-les-Becquets, puis après quelque 800 mètres de rues, la route 5 sort du périmètre urbain, et croise l’actuelle route 116 qui, elle non plus, n’existait pas en 1950.  Depuis ce point, la route 5 (route 267) devient le 8e Rang Est, et s’allonge sur 11,1 kilomètres avant de tourner à gauche sur l’avenue Provencher.  À cet endroit, deux alignements s’entrecroisent, et il devient plutôt compliqué de déterminer quel était celui de 1950; le premier décrit une grande courbe, dont la ligne part du 8e Rang, et se raccorde parfaitement avec la courbe vers la gauche de l’avenue Provencher, et le second s’aligne avec le rang Scott, qui aboutit au 8e Rang par le sud, à 120 mètres de l’avenue.  La ligne du rang Scott se prolonge sur presque un kilomètre avant de se raccorder à l’avenue Provencher, mais la route comme telle n’existe plus.

Quoiqu’il en soit, nous allons parcourir quelque 2,2 kilomètres sur l’avenue Provencher avant de traverser un petit pont, et d’entrer dans le village de Laurierville.  Au bout de moins de 300 mètres, nous atteignons la rue Grenier, sur laquelle nous tournons à droite.  Après un peu plus de 500 mètres, nous arrivons à une drôle d’intersection; à gauche, c’est la rue Gariépy, et à droite, c’est le 8e Rang Est.  Nous prendrons entre les deux, et entrerons dans une courbe; la route 5 devient la rue Renaud.  Après environ 650 mètres, on voit une courbe, mais on devine que l’alignement allait tout droit; au bout de la courbe, 70 mètres plus loin, on tourne à droite sur la route 116 actuelle.  Au bout de 550 mètres, environ, on perçoit un ancien alignement de la route 5, que l’on prendra en tournant à droite au 6e Rang, moins de 300 mètres de là, puis à gauche, 130 mètres plus loin, sur la route Gagné.  Après 430 mètres, on tourne à droite sur la route 116 actuelle, puis à gauche au bout de 90 mètres, pour prendre la route de la Station, que l’on suivra sur près d’un kilomètre, traversant ainsi le hameau de Sainte-Julie, et au bout de laquelle nous tournerons à gauche.  La route 5 (route 116) s’étire ensuite sur 6,5 kilomètres avant d’entrer dans une courbe qui conduira au pont de la rivière Bécancour, et au village de Lyster, mais en 1950, la route 5 passait plutôt par le chemin Gosselin, sur 600 mètres, puis à gauche sur la route Fillion, qui se dirigeait en ligne droite vers le pont, sauf que quelque part entre 1950 et ces dernières années, la route Fillion fait une grande courbe vers la route 116 actuelle.  Toujours est-il que tout de suite après le pont, on tourne à droite, sur la rue Bécancour, pour continuer sur la route 5 (routes 116 et 218).

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Pauline en hélicoptère: Et pis quoi, encore?

Depuis la semaine dernière, le gouvernement péquiste de Pauline Marois est en mode carrément électoral, au point où je me demande ce qui lui restera à raconter pendant 35 jours de campagne.  Le “gros show” est lancé, le cirque est en ville!

La semaine dernière, premier acte; une cimenterie d’un milliard de dollars à Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, dans laquelle le gouvernement, via ses ramifications, investira 350 millions!  En moins de deux jours, l’actualité n’a pas tardé à nous apprendre que les cimenteries du Québec tournent au ralenti, à seulement 60% de leur capacité, et qu’en étant optimiste, on peut dire que la demande est stable.  Bref, rien pour téléphoner à sa mère!  Mais ce n’est pas grave; le Québec va mettre 350M$ dans l’aventure de Ciment McInnis, propriété à 75% du Groupe Beaudier, trust financier formé des familles Beaudoin et Bombardier.  Serait-ce un retour d’ascenseur pour la FTQ, ou est-ce plutôt une partie du “deal avec Blanchet”?  On ne le saura jamais, je le crains!

Et cette semaine, la pièce de résistance; une tournée dite “exceptionnelle” des membres du gouvernement Marois en Mauricie, qui tourne autour de la réunion du caucus péquiste, qui se déroule aujourd’hui et demain à Shawinigan.  Tout est en place pour le grand spectacle; hier (mardi), annonces multiples de ministres, non-accompagnés des députés locaux – libéraux ou caquiste – des endroits visités; aujourd’hui (mercredi), arrivée de la première ministre à Shawinigan en hélicoptère, annonce d’une hausse du salaire minimum de 20 cents, et grande soirée au Musée de la culture populaire, à Trois-Rivières, pendant laquelle Pauline Marois va réchauffer ses troupes pour une campagne électorale qui devrait commencer très, très bientôt.

Réagissant à cela, aujourd’hui, j’ai fait parvenir une lettre ouverte au quotidien régional Le Nouvelliste.  Dans l’optique où celle-ci ne serait pas publiée dans le journal, en voici le contenu.  MISE À JOUR: Le quotidien régional Le Nouvelliste a effectivement publié la lettre ouverte; c’est paru le 7 février, en avant-midi sur le site web, et probablement le lendemain dans la version papier.  Si vous voulez voir à quoi ça ressemble sur le web, c’est par ici!

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Pauline en hélicoptère,… et pis quoi, encore?

On se souvient des protestations de Pauline Marois, alors chef de l’opposition officielle, lorsque le premier ministre précédent, Jean Charest, se lançait dans les habituelles annonces de dépenses qui précédaient les campagnes électorales.

Mais maintenant qu’elle détient le pouvoir, voilà que la première ministre se lance à son tour dans une orgie d’annonces, et que la Mauricie est le théâtre de la principale représentation, après la Gaspésie, et sa cimenterie inutile à un milliard. Preuve que la mise en scène fut bien rodée, c’est en hélicoptère, rien de moins, que madame Marois est arrivée à Shawinigan, ce mercredi matin, pour la première journée du caucus de son parti. Même lors de son déplacement d’urgence vers Lac-Mégantic, l’été dernier, elle n’a pas utilisé ce moyen de transport, préférant sans doute un déplacement plus discret.

Comprenez-moi bien; le problème n’est pas au niveau du coût de l’opération! Le déplacement Québec-Shawinigan en hélicoptère est probablement beaucoup moins dispendieux que le même déplacement effectué dans un avion gouvernemental.

Par contre, l’arrivée d’une personne en hélicoptère est fascinante pour les gens qui y assistent. Les enfants sont très impressionnés quand ils voient atterrir un tel engin, duquel descend le bon Père Noël, qu’ils pourront aller visiter, dans le centre d’achats adjacent. La première ministre utilise le même stratagème pour éblouir la population de la Mauricie. Imaginez; Pauline Marois elle-même qui vient se poser chez-nous, et qui fait des annonces à qui veut les entendre!

Je n’irai pas jusqu’à dire que la tenue même du caucus péquiste à Shawinigan représente en soi des retombées économiques importantes pour la ville, mais nous savons tous que la ville de l’électricité traverse une période économiquement difficile, qui se prolonge depuis des années, et ne semble pas en voie de se terminer, du moins à court terme.

Aussi, il faut voir les ministres péquistes parcourir la région, passant par-dessus la tête des députés locaux afin de nous jeter de la poudre aux yeux, pour se rendre compte d’une chose; Pauline Marois a vu la Mauricie lui échapper, en septembre 2012, et elle semble prête à tout, même à une décote des agences de crédit, pour mettre la main sur la région, cette fois-ci. J’en parle au présent car à ce rythme, l’annonce d’élections générales ne pourra pas attendre encore bien longtemps!

Je sais que les options sont nombreuses, mais peu encourageantes. La dernière gestion libérale nous hante toujours, l’actuelle gérance péquiste est pire encore, et les autres candidats n’ont pas fait leurs preuves. Il reste que plusieurs circonscriptions de la Mauricie ne se sont pas laissées avoir, le 4 septembre 2012, et j’espère bien sincèrement que malgré l’actuelle orgie d’annonces, la région ne succombera pas au chant des sirènes péquistes lors du prochain scrutin.

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En fait, cette lettre sera-t-elle publiée, je n’en ai aucune idée.  Mais le message péquiste est clair; on lance de la poudre aux yeux des électeurs de la Mauricie, et je souhaite qu’ils ne se laissent pas prendre.  La région a subi les foudres de Pauline Marois et de son gouvernement, lors des premiers jours de son mandat minoritaire, et maintenant, elle tente de flatter les Mauriciens dans le sens du poil!  Je ne peux pas parler pour tous les électeurs, mais moi, c’est clair qu’il faudra beaucoup plus qu’une arrivée en hélicoptère pour m’influencer.  Je peux bien vous le dire à vous; on ne m’y prendra pas!

Lac-Mégantic: Quelle sera la suite des choses?

Il y a maintenant presque deux semaines, la petite ville de Lac-Mégantic était secouée par une catastrophe sans précédent qui, au moment d’écrire ces lignes, avait fait officiellement 38 morts, en plus d’une douzaine de disparus, dont on fonde à peu près aucun espoir de retrouver vivants.

Pendant que l’on recherche toujours des dépouilles dans les décombres du centre-ville, il faut aussi penser à la suite des choses.  Parce que même si le temps s’est arrêté pour les familles des victimes, le monde, lui, poursuit son petit bonhomme de chemin, et la Terre continue de tourner.  Si, pour plusieurs, il faut laisser le temps aux gens de Lac-Mégantic de se refaire un moral, pour d’autres, il faut quand même, malgré la douleur, et les déchirements inhérents à une telle tragédie, penser à la suite des choses.  Pour un, s’il a offert ses plus sincères sympathies à la communauté de Lac-Mégantic, et déclaré qu’une telle chose “n’aurait jamais dû arriver”, l’ombudsman des échanges avec le Canada au bureau du gouverneur de l’état du Maine, Daniel Deveau, a aussi parlé de l’urgence de trouver une solution pour faire circuler à nouveau les trains entre le Québec et le Maine.  Selon ce que rapporte David Santerre, à la fin de cet article, dans La Presse, monsieur Deveau aurait mentionné que “Ça ne circule pas présentement. Notre économie repose sur la foresterie et le transport par train, et cet accident paralyse beaucoup de choses. Je ne connais pas le futur de MMA, mais il faut que le train marche.

Peut-être que la solution pourrait s’arranger en deux temps.  Voici comment:

Lac-Megantic2

Vous pouvez cliquer sur l’image pour la voir en plus grande dimension; elle s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.  Le carré violet, au milieu de l’image, désigne la zone où a eu lieu l’accident.  Comme il est clair que les rails (tous en noir, sur l’image satellite de Google Earth), dans cette zone, sont désormais inutilisables, et que les gens de Lac-Mégantic ne sont pas vraiment intéressés de revoir des trains à deux pas de chez eux, il faudrait contourner le centre-ville avec une nouvelle voie ferrée, comme ce fut fait pour le transport routier lourd, avec la construction du nouveau boulevard Jean-Marie-Tardif, qui contourne la ville par le nord, et l’est.  Dans un premier temps, on pourrait aménager une voie entre le passage à niveau du point identifié Laval-Nord, sur le boulevard Jean-Marie-Tardif, et la bretelle de desserte de l’usine Tafisa, voie qui correspondrait à la ligne rouge, sur l’image.  Une telle voie, d’un peu plus de 4 kilomètres de longueur, permettrait de raccorder le lien entre Montréal et l’état du Maine, à condition bien sûr que la jonction entre la voie de desserte de Tafisa et la ligne de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) en direction du Maine soit toujours utilisable, ce à quoi il faudra aussi remédier dans le cas contraire. La réalisation de ce nouveau tronçon répondrait sûrement au souhait de monsieur Deveau, soit la reprise rapide du transport par rails dans son coin de pays.

Dans un deuxième temps, on pourrait compléter le contournement du centre-ville de Lac-Mégantic avec une autre nouvelle voie, cette fois en bleu sur l’image, qui débuterait près de la jonction de la voie de desserte de Tafisa et de l’ancienne voie de la Quebec Central, désormais abandonnée (mais toujours présente sur l’image), traverserait la rivière Chaudière grâce à un tout nouveau pont, et rejoindrait la voie actuelle de la MMA à l’ouest du point identifié Ditchfield, au sud du village de Frontenac.  Cette voie, d’une longueur d’environ 6 à 7 kilomètres, et qui coûtera beaucoup plus cher, entre autres à cause du pont de la rivière Chaudière, permettrait de finalement reléguer le passage des trains au centre-ville de Lac-Mégantic à l’histoire, permettant du même coup le démantèlement des voies actuelles du secteur Nord, du centre-ville, et du secteur Fatima, incluant le pont actuel de la rivière Chaudière, et le viaduc de la rue Salaberry (route 204).

Évidemment, tout cela ne se fera pas gratuitement!  Il faudra trouver les fonds nécessaires, et tout porte à croire que ce n’est pas la MMA qui réalisera cet investissement, puisque plusieurs, dont votre humble serviteur, craignent que la compagnie déclare faillite.  Il faudra donc réunir tous les intervenants (gouvernements du Québec, du Maine, de la ville de Lac-Mégantic, propriétaires actuels et/ou futurs du chemin de fer, etc.)  et faire en sorte, comment dire, de remettre le train sur les rails.  Dans tous les sens du terme.  Et sans jeu de mots.

Je vois le montage financier comme suit; le gouvernement du Maine, dont l’économie dépend directement de ce chemin de fer, devra investir un bon pourcentage, tout comme le gouvernement du Québec.  Le gouvernement fédéral du Canada, qui a déclaré à plusieurs reprises qu’il est prêt à aider, devra aussi délier les cordons de sa bourse.  Il suffit maintenant de créer un protocole d’entente qui définira les parts de chacun.  Le propriétaire du chemin de fer, que ce soit la MMA, ou un éventuel acheteur, disposera d’un certain nombre d’années pour rembourser les gouvernements, en proportion de leurs investissements respectifs, afin de devenir éventuellement propriétaire des nouvelles sections.

Lac-Mégantic: Une théorie du complot en vaut bien une autre!

À ceux et celles qui veulent critiquer ce texte, je vous demande d’abord de le lire jusqu’à la fin.  Merci.

À l’heure où vous lisez ces lignes, à peu près tout le monde est au courant de la tragédie de Lac-Mégantic.  À l’origine, ce n’est qu’un fait divers comme on en voit, ailleurs dans le monde, par le truchement des bulletins de nouvelles.  Sauf que cette fois, c’est près de chez nous, c’est au Québec.  Tous ceux qui sont déjà passé par ce superbe coin de pays voient leurs plus beaux souvenirs leur revenir en tête, et trouvent toute cette affaire bien triste, et tout à fait désolante.  Et à mesure qu’on se rapproche de Lac-Mégantic, les souvenirs sont de plus en plus vifs, allant même jusqu’à connaître une ou plusieurs personnes qui manquent toujours à l’appel, et ce plus de 24 heures après les événements.  C’est là que le fait divers devient un drame, et prend des dimensions inimaginables.  Parce que c’est chez nous.  Parce que ce n’est pas juste aux nouvelles.

Quand une telle manchette survient ailleurs, on a des chiffres, un bilan, bref on nous dit tout ce que l’on doit savoir.  On se dit “Ayoye!”, puis on prend un autre appel.  Mais quand un tel événement survient chez nous, on se retrouve malgré soi dans le feu de l’action – dans tous les sens du terme!  On veut les images tout de suite, on veut le bilan tout de suite, on veut les coupables tout de suite, mais on doit se rendre à l’évidence; ces informations ne sont jamais instantanées, et on doit les confirmer avant de diffuser n’importe quoi.  Aussi, les informations se sont succédé depuis l’événement, et à chaque instant, diverses conclusions ont été tirées, puis démenties par la suite.

Au fil des heures, différentes informations sont sorties sur le web aussi.  Philippe Tesceira-Lessard publiait, tôt samedi matin, sur le site du quotidien La Presse, qu’un porte-parole de la compagnie propriétaire du train, la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA), lui mentionnait que le conducteur du train était sain et sauf.  Puis en fin d’avant-midi, TVA dévoile que le train n’avait pas de conducteur!  Même que ce serait normal, selon le vice-président marketing de MMA.  Plus tard, en après-midi, un premier communiqué de presse de la compagnie indique qu’il y avait un conducteur, que celui-ci avait stationné le train, et serré les freins, avant de quitter à la fin de son horaire de travail, pour aller dormir dans un hôtel, et que par conséquent, celui-ci n’était pas à bord du train lors du drame.  À travers cela, on apprend aussi qu’un premier incendie a eu lieu en fin de soirée vendredi, et selon le site web EnBeauce.com, qui en parle dans un article publié à 00:43, cette nuit, le train était stationné à une station prévue à cet effet, située à environ sept kilomètres de Lac-Mégantic.

Évidemment, tout au cours de la journée d’hier, à chaque nouvelle information, certains y allaient de leur plus belle théorie du complot, le tout atteignant son paroxysme lorsque l’on a dit que le train n’avait pas de conducteur.  Un adepte de Twitter, Alex Simon (@alexsimon22) a même mentionné:

Une tentative de discussion avec ce type m’a valu une pluie d’injures.  Évidemment, toute cette affaire de “pilote automatique” a été démentie au cours de la journée.  Mais n’empêche que plusieurs utilisateurs de Twitter, et particulièrement ceux dont l’opinion politique se situe à gauche du spectre, y sont allé de plusieurs théories du complot.  À ce niveau, puisque une théorie du complot en vaut bien une autre, je vous soumets la suivante.

Imaginons qu’un groupe de pression écologiste quelconque (pas un majeur comme Greenpeace, mais un plus petit, plus local, qui veut se mettre au monde) profite du fait qu’un train, transportant des matières dangereuses, soit stationné, possiblement sans surveillance, pour essayer de prendre la compagnie en défaut sur l’aspect de la sécurité, et décide de déplacer le train.  Après tout, les grands comme Greenpeace réussissent des coups d’éclat, et ne se gênent pas pour les revendiquer par la suite!  Si la station où le train est arrêté est dans une pente en plus (information dont je ne suis pas au courant, à ce moment-ci), l’opération n’en sera que plus facile!  Imaginons maintenant que notre activiste arrive au train, et réussisse à desserrer les freins.  Le train bouge!  Bingo!  “On va les avoir, ces bandits à l’argent!”, se dit notre activiste. 

Sauf qu’à un moment donné, le train prend de la vitesse, tant et si bien que malgré toutes ses tentatives, notre type ne peut plus l’arrêter! Voyant qu’il ne peut plus rien faire, et voyant arriver le village suivant, il décide de sauter du train en marche, pendant qu’il peut encore le faire.  Une fois dans le fossé, il regarde le train dévaler la pente, sans personne à bord, espérant que rien ne se produira.  Puis, en constatant une première explosion, puis une autre, il prend ses jambes à son cou, et se pousse loin, et vite.

Bien entendu, ceci n’est qu’un scénario.  Bien entendu, tout le texte en violet n’est que le fruit de mon imagination.  Par contre, il faut souligner que des groupes de pression commettent effectivement des coups d’éclat, et les revendiquent, par la suite.

Sauf quand ça tourne mal,… bien entendu.

Mon but, ici, n’est pas de porter des accusations contre qui que ce soit, mais plutôt de dire à tout le monde d’attendre, avant d’accuser, et de condamner quiconque, qu’il s’agisse de “bandits à l’argent”, de vandales, ou d’activistes.  Nous ne savons encore rien de ce qui a pu provoquer cette tragédie, et les gens de Lac-Mégantic sont encore dans l’attente, et dans l’inquiétude.  Des parents, des amis, manquent toujours à l’appel, et plus le temps passe, plus on se rapproche d’un drame humain comme on n’en a pas connu au Québec depuis très longtemps.

La meilleure chose à faire, pour l’heure, c’est d’abord de prier, pour ceux et celles qui croient en quelque chose, et pour les personnes qui connaissent des gens des environs de Lac-Mégantic, essayez de les joindre, sur leur cellulaire d’abord, puisqu’ils risquent d’avoir été évacués de leur domicile.  Si aucune réponse ne survient, après plusieurs tentatives (plusieurs comme dans beaucoup, pas seulement une ou deux), vous pouvez rapporter la situation sur la page Facebook que la Sûreté du Québec (SQ) a mise en place à cet effet, en mentionnant le nom de la personne manquante, son âge, ainsi que la dernière fois où elle a été vue.  Finalement, si vous vivez à Lac-Mégantic, et êtes à l’extérieur, que ce soit pour des vacances ou pour d’autres raisons, n’hésitez pas à appeler vos proches de là-bas, question de les rassurer, de leur dire que vous êtes toujours là, que tout est OK.

Je compléterai ce billet en soulignant que mes pensées, et mes énergies positives, se tournent vers les gens de Lac-Mégantic, qui ont besoin de tout ce qui est disponible, mais d’abord de l’amour de leurs proches, et du soutien de toute la population.