Étalement urbain à Québec: Un autre combat « vert » perdu d’avance

Ça fait déjà un bout de temps que je dis que le combat des environnementalistes contre l’étalement urbain en est un perdu d’avance.  En voilà une autre preuve éloquente.

Selon un article de l’agence QMI, repris par le site Canoë, la petite ville de Pont-Rouge est en train de devenir la nouvelle banlieue de Québec.  Le directeur général de la ville, Jacques Bussières, a accordé une entrevue à Régys Caron, de QMI, dans laquelle il explique que c’est le manque de terrains disponibles qui retarde l’expansion de la ville, car la demande est toujours là.  D’ailleurs, deux projets de lotissement sont en attente de diverses approbations, que ce soit de la Municipalité régionale de comté (MRC) de Portneuf, ou encore de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), représentant au total plus de 1000 terrains résidentiels, qui deviendront disponibles à autant d’acheteurs potentiels.  La ville de Pont-Rouge a beau être à une demi-heure de Québec, son développement, depuis l’an 2000, est phénoménal.

Les environnementalistes, face à de telles statistiques, peuvent toujours tenter de culpabiliser les gens; rien ne les fera changer d’avis.  Le couple modèle, qui veut – ou est en train de – fonder une famille, désirera davantage une maison, avec un terrain arrière, et la possibilité d’aménager une piscine, et/ou un garage, qu’un appartement au centre-ville.  Le besoin d’espace aura toujours la priorité sur la conscience environnementale, à tout le moins telle que définie par les écologistes.  D’ailleurs, puisque l’être humain rejette du CO2, lorsqu’il respire, la concentration d’êtres humains dans un endroit restreint, comme un centre-ville, ne risque-t-il pas d’amener, par extension, une concentration de CO2?  C’est bizarre que nos activistes désirent réduire les concentrations de CO2, et autres polluants nocifs, et militent en faveur de la « concentration » d’êtres humains dans des endroits restreints.  Jusqu’à un certain point, c’est faire la promotion d’une chose, et de son contraire, en même temps.

Du côté administratif, l’étalement urbain a toujours existé, et existera toujours.  Comme une municipalité, surtout si elle se définit comme le centre d’une région, a constamment le désir d’offrir plus de services à sa population (ça, c’est la version officielle; en fait, on devrait dire qu’une municipalité veut constamment augmenter le contenu de ses coffres), elle taxera davantage ses citoyens, comparativement aux municipalités qui l’entourent.  Or, les citoyens voulant toujours payer le moins de taxes possible, ils tendront plutôt à s’installer juste à la limite de ladite municipalité centrale, de façon à profiter des services, et du regroupement de commerces, et ce sans payer la lourde facture de taxes.  Les brillants fonctionnaires croyaient qu’en regroupant une ville-centre, et ses banlieues immédiates, en une grande ville unique, ils résoudraient le problème de financement par le fait même.  Mais comme tous ceux qui se croient intelligents, ils n’ont considéré que ce qu’on voit, et ont ignoré ce qu’on ne voit pas; les nouvelles villes ont, elles aussi, des frontières, et les gens qui veulent se construire une maison feront la même chose qu’avant, c’est à dire qu’ils se construiront juste en dehors des nouvelles grandes villes.  En 1900, la banlieue de Montréal, c’était Maisonneuve.  En 1940, c’était Côte-Saint-Michel.  En 1980, c’était Anjou, et maintenant, c’est Repentigny.  Dans 20 ans, ce sera Lavaltrie.  Et ainsi de suite.  Idem pour la ville de Québec, ainsi que pour toutes les villes de taille moyenne qui ont eu la brillante idée de fusionner en une ville plus grande.

Il y a des tas de Pont-Rouge au Québec; des petites municipalités, situées en dehors des villes-centre, qui ne demandent qu’à offrir des services à une population en quête de plus d’espace, et d’un entourage plus calme, que celui offert par une ville.  Et tant qu’il y aura cette possibilité, l’étalement urbain règnera en maître.

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8 réflexions sur “Étalement urbain à Québec: Un autre combat « vert » perdu d’avance

  1. Richard, il n’y a pas un meilleur résumé de situation que ce billet! Tu me fais regretter de ne pas être tombé sur l’article avant toi, j’en aurais sûrement parlé!

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  2. Eh ben merci du compliment, mon cher LBII.

    Rien ne t’empêche de le faire, en mettant un lien vers mon billet, et en me lançant quelques fleurs, au passage.

    Non, je blague. Mais le merci, lui, est bien sincère. 😉

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  3. Richard ajoute aussi Villeray, Ahuntsic, Rosemont, Cartierville, Bordeaux, Notre-Dame-de-Grâce, etc… qui avaient été d’anciens villages et villes qui ont été des « banlieues » sans trop le savoir, de Montréal. Et dans une moindre mesure, Queens et Brooklyn avait été des banlieues new-yorkaises.

    Resterait à voir si certains quartiers anciens seraient recyclée en « prairie urbaine » (traduction de « urban prairie ») http://en.wikipedia.org/wiki/Urban_prairie comme par exemple, certains secteurs de Détroit sont (ou seront) en train de redevenir des prés
    http://www.crainsdetroit.com/article/20080810/sub/445236701#
    http://www.detroitmakeithere.com/article/20080811/DM02/561420797

    J’imagine déjà le FRAPRU et autres contestataires « go-gauche » qui ont la prostate à terre de monter aux barricades si on suggérait en faire de même pour que des secteurs de St-Henri ou Hochelaga-Maisonneuve deviennent des prairies urbaines LOL 😀

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  4. Richard,

    Pont-Rouge est l’une des 3 villes les plus importante dans Portneuf (avec Donnacona et St-Raymond). C’est l’endroit ou le poste de Police de la MRC de Portneuf est situé car avant 2005 ou 2006, il y avait 3 postes de police dans le comté (portneuf, Pont-Rouge et St-Raymond) et on les a fusionné à Pont-Rouge.

    Je suis d’accord avec toi en ce qui concerne l’espace des gens car à Québec, ils construisent des condos sur des terrains ou il y avait des maisons. En plus de ça, Lévis se développe vraiment vraiment vite que la rive-nord de Québec.

    Autrefois, dans les années 1940, Limoilou était la banlieu. En 1950, c’était Beauport et St-Sacrement. Dans les années 1970, c’était Charlesbourg En 1980, c’était Ste-Foy. En 1990,c’Est Jouvence et Cap-Rouge. Fin 1990 et 2000, C’est St-Augustin et Val-Bélair. Dans 30 ou 40 ans, la Banlieu se rendra jusqu’à St-Lambert, Donnacona, Stoneham, St-Anne-de-Beaupré, Beamont, L’ile d’orléans, etc.

    Et pour montréal, on peut meme inclure dans 30 an Berthierville

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  5. Les écologistes n’ont dans le fond rien à foutre de l’étalement urbain.
    Ce qui les motivent est leur haine ( pas vraiment avouée ) de l’humain, et spécialement celui qui réussi dans la vie et est capable de se payer une maison en banlieue.

    Argumenter avec eux est pratiquement impossible. Et la logique de leur litanie n’est pas conséquente pour eux.
    Par exemple, demandez leur ce que serait une ville sans étalement urbain, demandez leur d’imaginer le coût des terrains, des maisons ou des logements si Montréal n’était qu’une ile sans banlieue.

    Le problème est que ces gens gagnent par défaut. A défaut d’être confrontés à la réalité, ces gens réussissent à avoir une voix de plus en plus forte. Ils gagnent l’appui des gouvernement et des villes et réussissent à nous imposer leur idéologie sans aucune objection.

    Je ne penses pas que leur combat est perdu et qu’il faut baisser la garde mais plutôt continuellement les dénoncer comme vous le faites ici.

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  6. J’avais oublié aussi de mentionner, sur des notes hors-sujets, il y a quelques mois dans l’émission « La Semaine Verte » à la SRC, on y parlait des jeunes qui retournent à la campagne http://www1.radio-canada.ca/actualite/semaine_verte/reportage.aspx?idDocument=77571&idItemMenu=25 un ralentissement de l’exode rural

    Et aussi, un autre phénomène à constater, la gentrification de certains quartiers comme SoHo à New York et plus près de nous, le quartier St-Roch à Québec au alentours du plateau Mont-Royal (juste à espérer qu’ils ne seront pas contaminés par les « artistes ») mais je crois que ça sera pour un autre billet;) http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1&section=39&article=40979

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  7. Voici l’augmentation de population de Pont-Rouge :
    1990 : 5391 hab.
    2000 : 7136 hab.
    2005 : 7712 hab.
    2008 : 7873 hab.

    donc une augmentation de 2482 en 18 ans !

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