WVCS: (4) Des remerciements particuliers

Dans cette série:

(1) Une expérience inoubliable(2) Des kilomètres qui font mal(3) Après la douleur, la victoire!(4) Des remerciements particuliers

Un tel événement ne se fait pas tout seul.  Il en va de même de ma participation à cet événement; un tas de personnes ont fait en sorte que tout s’est mis en place, pour faire de tout cela une réussite totale.  Et c’est pourquoi je veux les remercier de façon particulière.

D’abord, à tout seigneur, tout honneur, mon ami, Paul Ferguson.  C’est lui qui m’est arrivé, un soir de janvier, et qui m’a demandé, comme ça, « C’est quoi, déjà, le site web, pour le cancer du sein? »  C’est là que tout a commencé; il a perdu une amie, victime d’un cancer du sein, l’an dernier, et il a voulu faire cette marche pour elle.  Mais comme il ne se sentait pas le « guts » de la faire tout seul, il a donc demandé, pour l’accompagner, à celui qui l’entraîne dans toutes sortes d’organisations innommables, c’est-à-dire moi.  Il a peut-être regretté que ma paresse ait pris le dessus sur mon entraînement, mais il a été à la hauteur, comme il l’est toujours.  Bref, Paul est un chum, un vrai.  Merci, mon chum, pour cette expérience de vie inégalable.

Ensuite, je voudrais dire merci à tous mes généreux donateurs.  Pour prendre la départ du Week-end, il faut s’engager à accumuler 2000$ de dons, et comme ce fut aussi le cas pour mon entraînement, je fus un peu paresseux là-dessus aussi.  Mais j’ai la chance inestimable d’avoir un chum hors-pair, et des donateurs généreux, dont certains sont allés d’un deuxième effort, afin que ma participation soit assurée.  Merci à vous tous.

Merci également à Martine et Isabelle (elles se reconnaîtront), deux marcheuses qui furent de véritables phares, pour nous, tout au long du Week-end.  Ces « princesses » furent vraiment deux sources d’inspiration.  Énergiques (tellement qu’on les qualifiaient, par moments, de « turbo-princesses »), souriantes, enjouées, et ravissantes, en plus, bref, tout ce qu’il faut pour me redonner confiance à la vie.  Isabelle, Martine, je vous aime!  Que ce soit lors du déjeuner du samedi matin, où nous avons fait connaissance, lors des cérémonies de clôture, où nous nous sommes salués pour la dernière fois, ou à n’importe quel moment entre les deux (dont lors de cette visite inopinée à notre tente, peu avant le couvre-feu, samedi soir),  vous avez été de véritables rayons de soleil, pour Paul et pour moi.  Vous avez illuminé notre week-end.  Au fait, chères princesses, si ça vous dit, une partie de billard, un bon vendredi soir, vous n’avez qu’à le faire savoir, en cliquant sur ce lien.  Que voulez-vous; trop timide pour oser demander d’échanger nos numéros de téléphone…

En passant, Martine et Isabelle faisaient partie des plus de 2000 femmes qui ont participé au Week-end pour vaincre le cancer du sein, que ce soit comme marcheuses, ou comme bénévoles, au sein des nombreuses équipes.  Il y en avait pour tous les goûts; des grandes, des petites, des rondes, des minces, des jeunes, des plus âgées.  Et chacune était belle, à sa façon; chacune avait en elle cette force, cette détermination, cette énergie, et ce sourire qui font d’un événement comme celui-là une expérience inoubliable.  Bon, d’accord, je le concède; elles ne sont pas toutes célibataires.  J’en profite ici pour dire merci à tous les marcheurs et marcheuses, qui souvent, y vont d’un « Let’s go, on lâche pas! » qui fait du bien, et qui remet les priorités à la bonne place.  Merci à vous aussi!

Finalement, je ne peux pas terminer cette série de billets sans remercier toute l’organisation du Week-end pour vaincre le cancer du sein, et particulièrement les équipes sur le terrain, que ce soit les équipes en noir, et en bleu, qui s’occupèrent de tout, dans les puits de ravitaillement, au campement, ainsi qu’au stade Uniprix, l’équipe en jaune, qui était partout sur la route, en vélo (pour les infos, et qui veillait à ce que tout soit OK pour tout le monde), à moto (qui veillait à sécuriser les intersections particulières, afin que l’on puisse traverser en toute sécurité), et dans les autres véhicules (surtout des minivans, qui s’occupaient à emmener ceux qui avaient des problèmes vers le prochain puits de ravitaillement, ou vers la fin du parcours), ainsi que l’équipe médicale, en rouge, qui veillait vraiment sur nous, que ce soit de panser des ampoules, ou des égratignures, ou encore pour installer un soluté à une personne en état de déshydratation, et tout ce que vous pouvez imaginer entre les deux.  Bref, de vrais toubibs, qui furent à notre service tout le week-end, appuyés par des physio, des masso, etc.

Et maintenant, la question qui tue; serai-je de la partie l’an prochain?

J’avoue y réfléchir.  C’est certain que l’entraînement prend beaucoup de temps, et que la levée de fonds ne se fait pas toute seule non plus.  D’un autre côté, quand on vit une telle expérience, on a le goût d’y retourner.  Bref, j’y pense.  Rien n’est encore décidé.

WVCS: (3) Après la douleur, la victoire!

Dans cette série:

(1) Une expérience inoubliable(2) Des kilomètres qui font mal(3) Après la douleur, la victoire!(4) Des remerciements particuliers

À ce moment, sur la rue Clark, j’ai l’impression que je n’arriverai jamais au stade Uniprix.  Puis on tourne à droite, sur Jean-Talon, puis à gauche, sur Saint-Laurent.  Allez savoir pourquoi, mais je suis convaincu qu’il me faudra marcher presque jusqu’à la Métropolitaine.  C’est comme si j’étais en pilote automatique; je suis les groupes, devant moi, sans trop savoir où je m’en vais.  Après la rue de Castelnau, je me dis que j’en ai pour encore longtemps, mais il y a de plus en plus de gens qui applaudissent, qui crient leurs encouragements.  C’est stimulant.  Puis une autre intersection, où l’on doit tourner à gauche.  C’est là que l’espoir est arrivé; je reconnais les arbres, et l’étang du parc Jarry!  Dans ma tête, ç’a fait comme « Quoi, déjà? »

Dès lors, la douleur s’amenuisait.  On aurait dit que je marchais d’un pas beaucoup plus léger, on aurait dit que tous ces gens qui nous félicitaient me portaient littéralement dans leurs bras.  Au bout de la rue, ces gens formaient une véritable haie, qui accueillait les marcheurs à grands coups de « Bravo! », de Merci! », et de cris d’encouragements.  Je me sens reprendre vie.  Je marche maintenant de façon plus rythmée.  Je suis le chemin qui mène à l’intérieur du stade.  J’entends déjà la foule, les annonceurs qui parlent, je sens l’euphorie me gagner.  Et à peine quelques secondes plus tard, m’y voilà.

Je foule le tapis… rose!

C’est l’accueil triomphal; les réflecteurs, les caméras, bref, la totale!  Plein de mains, partout, qui ne demandent qu’à être serrées.  Je me laisse emporter, aveuglé par les réflecteurs.  Parmi les gens qui me tendent la main, le long du tapis rose, j’entends « T’es arrivé, mon chum! »  C’est Paul, qui me serrait la main, pour me féliciter.  Il était là depuis un peu moins d’une heure.  Je suis ensuite passé prendre mon chandail de la victoire, puis j’ai rejoint Paul, dans les estrades, où étaient déjà Martine et Isabelle, deux marcheuses qui nous ont pratiquement accompagnées tout au long du week-end.

Moi qui croyais que j’allais entrer le dernier, dans le stade.  Eh bien non; il est arrivé des marcheurs, seuls ou en équipe, pendant plus d’une heure après mon arrivée.  Puis à 16 heures, ce fut le temps des cérémonies de clôture.  Autre moment d’émotion; je revois encore Martine me dire « Ben non, pleure pas! »  C’est à ce moment que fut dévoilé le nouveau nom de l’événement; Le week-end pour vaincre les cancers féminins.  En plus des cérémonies d’usage, nous avons eu droit à des allocutions de plusieurs dirigeants de l’Hôpital général juif, de la fondation de l’HGJ, et du Centre du cencer Segal, ainsi qu’à un partage de Sophie, qui lutte contre le cancer, et qui a marché les 60 km avec nous.  Le tout s’est terminé par un discours du maire de Montréal, Gérald Tremblay, et une invitation à se réinscrire pour le Week-end de l’an prochain.

Une fois tout cela terminé, il ne nous restait, à Paul et à moi, qu’à reprendre nos bagages, et à retourner à la voiture.  Mais j’avais détaché mes souliers, pendant les cérémonies; j’avais peine à mettre un pied devant l’autre.  Mais ce n’était pas grave; nous avions célébré la victoire!

Note: Vous pourrez commenter à la fin du 4e billet.  Merci.

WVCS: (2) Des kilomètres qui font mal

Dans cette série:

(1) Une expérience inoubliable(2) Des kilomètres qui font mal(3) Après la douleur, la victoire!(4) Des remerciements particuliers

Évidemment, lorsque l’on s’entraîne comme il le faut, 60 kilomètres en deux jours, sans être facile, est une épreuve qui se fait plutôt bien.  Mais quand on a la mauvaise habitude de tout remettre à plus tard, y compris l’entraînement, il vient un moment où l’on en paie le prix fort.

Et dans mon cas, ce moment arrivait après les 15 premiers kilomètres.  C’était au moment où l’on arrivait au « Pit-Stop #2 », le puits de ravitaillement plus complet, où on pouvait aussi prendre le dîner.  En passant, ces dîners étaient bien équilibrés, et plutôt appétissants.  C’était après le lunch, donc, que les choses se compliquaient, pour moi, et ce pour la simple et bonne raison que j’avais négligé mon entraînement.  Les derniers kilomètres étaient beaucoup plus ardus, les ampoules faisaient leur apparition, et les douleurs aux pieds se faisaient plus intenses.

Lors du parcours du samedi, Paul m’accompagné jusqu’à la fin, alors que je n’ai pas fait appel à l’équipe médicale avant la fin du parcours.  Je me disais que si je retirais mes chaussures, je ne serais peut-être plus capable de les remettre.  Paul a été d’une patience exemplaire; lui qui s’était pourtant très bien entraîné, il a mis de côté son rythme de marche pour m’attendre, et ce malgré que mes pauses, dans les puits de ravitaillement, furent de plus en plus longues.  Je suis allé consulter l’équipe médicale lors de notre arrivée au campement, et on a bien pris soin de mes ampoules.  À part les douleurs aux pieds, le reste allait plutôt bien.

Ce fut différent lors du parcours du dimanche.  Il y avait beaucoup plus de pentes ascendantes, et là, il était clair que de par ma lenteur, je nuisais aux efforts de Paul.  Au moment du lunch, je lui dis que je vais aller consulter l’équipe médicale, pour mes ampoules.  Il me répondit qu’il aimerait plutôt continuer sans moi, afin qu’il puisse reprendre son rythme de marche, parce qu’il y avait beaucoup d’attente, à la tente médicale.  Je lui dis alors de jeter un oeil à mes trucs, le temps que j’aille m’informer.  Mais à ce moment-là, j’ai eu une chance de pendu!  En fait, je me suis présenté au mauvais endroit; il y avait deux tentes médicales, dont une qui se concentrait sur les ampoules, mais je me suis présenté à l’autre tente.  Je demande à la dame si j’étais au bon endroit pour les ampoules, ce à quoi elle me répondit que non, mais qu’elle en faisait quelques-unes « on-the-side », parce qu’il y avait une heure d’attente, à l’autre tente.  Elle a donc traité mes ampoules sur-le-champ, puis je suis allé retrouver Paul, en lui racontant tout cela.  Il me dit alors qu’il va faire « le vide, puis le plein », et qu’il sera prêt à repartir.  De mon côté, je n’ai fait que le plein, et je suis parti… sans lui.

Évidemment, Paul m’a rejoint moins d’un kilomètre plus loin.  Nous nous sommes souhaités bonne chance, et je l’ai laissé aller.

C’était la meilleure chose à faire, dans les circonstances.  D’abord, parce qu’il y avait encore plusieurs pentes ascendantes, et que le rythme de Paul était beaucoup plus rapide que le mien, dans les pentes.  Ensuite, parce que j’ai déjà vécu l’expérience de la course automobile, et que lorsque l’on ne peut pas soutenir le rythme des meneurs, il faut se ranger, hors de la ligne de course (communément appelée « la groove »), et les laisser passer.  À partir du moment où l’on ne peut plus suivre les meneurs, il faut se concentrer sur l’objectif de terminer l’épreuve.  Comprenez-moi bien; le Week-end pour vaincre le cancer du sein n’est pas une course contre la montre, et encore moins une compétition où il faut terminer parmi les premiers.  En ce qui me concerne, ce fut surtout une épreuve face à moi-même.  Face à toutes ces fois où j’ai dit que j’allais faire quelque chose, et que des circonstances, sérieuses ou futiles, ont fait que je n’ai pas accompli ce que je devais faire.  Face à toutes ces occasions ratées de me prouver que je suis quelqu’un de bien.  Face à tous les rendez-vous manqués, parce que j’avais fait des excuses, au lieu de faire des efforts.  Face à ma campagne de levée de fonds, où j’ai eu de l’aide de dernière minute.  Face à mon entraînement, où je n’ai pas fait ce qu’il fallait.  Face à ma préparation générale, qui fut une autre oeuvre d’improvisation.

Cette fois, j’étais face à moi-même, et face à ces douze derniers kilomètres, qui allaient être très difficiles.

Le long de la côte Sainte-Catherine, ça montait, en pente douce, mais ça montait quand même.  Ça doit bien faire un bon kilomètre et demi, que l’on monte.  Puis il faut tourner à gauche, sur la rue Decelles.  Là, en moins de 400 mètres, on a redescendu tout ce que l’on a monté.  Puis on tourne à droite sur Van Horne, et on doit monter.  Encore.  Là, ça commence à faire vachement mal!  La dose de courage que j’ai eu, devant l’immense bannière de l’Hôpital général juif, il y a moins d’un kilomètre, semble déjà épuisée.  Et la rage commence à prendre place.  Je commence à en avoir ras-le-cul.  Je n’aurais qu’à lever la main pour qu’une minivan m’embarque, et m’emmène jusqu’au prochain puits de ravitaillement, mais je ne le fais pas.  Pas cette fois; je me suis engagé, et je vais le faire.  Mais ça fait mal.

Le pire moment survient à l’angle des rues Bernard et Clark.  On doit tourner… à droite!  Non, mais ça ne se peut pas! Le stade est dans l’autre direction!  À ce moment-là, un membre de l’équipe de soutien (ceux qui portent les maillots jaunes) explique à une dame que oui, si l’on passe tout droit, et que l’on monte Saint-Laurent, ce sera plus court, mais on risque, par contre, le rater un puits de ravitaillement, le dernier de l’épreuve.  J’ai décidé de suivre le tracé, et de faire la distance.  Après tout, je me suis engagé, et je dois le faire.  Le parcours descendait un kilomètre, jusqu’au boulevard Saint-Joseph, puis remontait sur Saint-Laurent, avec en prime le dernier puits de ravitaillement.  Contrairement au samedi, les pauses étaient plus courtes, aux puits; je voulais en finir!  Et ça faisait mal!

J’ai changé mon short, et j’ai enfilé le maillot bleu, que l’on m’a remis lors de mon inscription.  Une fois à la maison, je m’apercevrai que j’ai oublié plein de choses, dans ce « sanctuaire », mais sur le moment, j’ai des kilomètres à marcher, encore.  L’écriteau indique 3,1 kilomètres, mais j’ai l’impression qu’il en reste beaucoup plus que cela, tant ils semblent infranchissables.  Cette fois, je laisse passer les marcheurs par groupes entiers.  J’ai l’impression que je n’y arriverai jamais!  En passant sous le viaduc Van Horne, je suis au bord des larmes.  Je suis maintenant convaincu que je vais entrer le dernier dans le stade Uniprix, tellement je laisse passer de marcheurs.  Puis on tourne à gauche sur Beaubien pour reprendre la rue Clark.  À ce moment, un type, qui habite probablement là, me demande combien j’ai marché de kilomètres, jusqu’à maintenant.  Je lui réponds quelque chose comme 58 et demi.  Il lance un « Ohhhhh » d’étonnement; peut-être qu’il comprend pourquoi j’ai l’air aussi exténué.  Mais allez savoir pourquoi, ce type m’a donné une poussée d’énergie.  Un peu plus loin, je suis à sec; je n’ai pas ravitaillé, au dernier puits, je me suis contenté de me changer.  Je m’arrête à un dépanneur, et m’achète une bouteille de Gatorade.  Le type du dépanneur me félicite pour l’effort; une autre poussée d’adrénaline!

Me voilà de retour dehors pour en finir, parce qu’entre les poussées d’encouragement, ça fait toujours mal!

Note: Vous pourrez commenter à la fin du 4e billet.  Merci.

WVCS: (1) Une expérience inoubliable!

Dans cette série:

(1) Une expérience inoubliable(2) Des kilomètres qui font mal(3) Après la douleur, la victoire! (4) Des remerciements particuliers

Comme vous le savez, si vous êtes des réguliers de cet humble blogue, mon ami Paul Ferguson et moi avons participé au Week-end pour vaincre le cancer du sein, une marche de 60 kilomètres qui se tenait dans les rues de Montréal, les 22 et 23 août derniers.

À la base, l’événement est quand même assez grandiose.  Les départ et arrivée se tenaient au stade Uniprix, du parc Jarry, et ce pour la raison que le lieu habituel n’était pas disponible.  Le lieu habituel, c’est le parterre du stade Olympique!  Ensuite, les cérémonies d’ouverture et de fermeture sont animées par des personnalités connues, dont Sonia Benezra.  Bref, c’est quelque chose de gros.  L’année 2009 marquait le 5e anniversaire de l’édition montréalaise du Week-end, et la dernière sous le nom actuel.  En effet, au cours de l’année, les recherches ont permis de découvrir que le cancer du sein, et les autres cancers gynécologiques, sont interreliés, et qu’une femme atteinte d’un de ces cancers sera plus sujette à être atteinte des autres formes de cancers féminins.  C’est pourquoi, à partir de 2010, l’événement s’appellera désormais Le week-end pour vaincre les cancers féminins.

Ceux qui me connaissent bien savent que j’ai parfois des difficultés à composer avec mes émotions.  Aussi, je m’attendais à pleurer pendant pratiquement tout le week-end.  Heureusement, ce ne fut pas le cas; je n’ai d’ailleurs pas pleuré de douleur, quoique dimanche, c’est passé bien près.  J’y reviendrai.  Évidemment, les cérémonies d’ouverture, et de clôture, m’en ont arraché quelques-unes.  Mais l’un de mes moments de larmes les plus forts fut lors de mon passage, dimanche, devant l’Hôpital général juif, qui se trouvait précisément à 10 km de la fin du parcours.  D’abord pour l’accueil que l’on y a reçu; je n’avais plus assez de mains pour prendre tout ce qu’on nous a donné.  Ensuite, les cris d’encouragement étaient tels que l’on aurait pu croire que tout le personnel de l’hôpital était là pour nous.  Comprenons-nous bien; l’HGJ est un hôpital immense.  D’ailleurs, on avait installé un puits de ravitaillement sur les terrains de l’hôpital.  Mais c’est une fois parti de là qu’est venu le moment de larmes.  Le long de la Côte Sainte-Catherine, l’HGJ s’étend de Légaré jusqu’à Côte-des-Neiges, et au bout du bâtiment principal, une immense bannière, qui devait bien faire cinq étages de haut, aux couleurs de Week-end, venait nous rappeler la raison pourquoi nous faisions cela.  Pourquoi nous étions 2195 marcheurs, au départ, la veille au matin, et pourquoi, tous ensemble, nous avions accumulé 5,7 millions$ qui iront à la recherche, et à l’amélioration des soins, afin d’aider toutes celles qui se battent.

Cette bannière est venue nous rappeler qu’il y a pire que les ampoules aux pieds, que la fatigue, et la chaleur.  Il y a la lutte contre le cancer.  Et comme le disait Édouard Carpentier, à l’époque de la lutte Grand-Prix, « Croyez-moi, ça fait mal! »  Cette bannière m’a redonné une dose de courage supplémentaire.

Note: Vous pourrez commenter à la fin du 4e billet.  Merci.

La route 2 – (4) Le chemin du Roy, de Donnacona à Québec

Dans le dernier billet, nous sortions du secteur Les Écureuils, à Donnacona, et après avoir retrouvé la route 138 actuelle, nous avions rejoint un ancien alignement, celui de la rue du Ruisseau, en direction de Neuville.

Par contre, un autre ancien alignement, celui-là beaucoup plus long, mais qui date probablement de bien avant 1950, n’est visible qu’à partir du haut des airs.  À environ un demi-kilomètre de la traversée de la voie ferrée du Canadien National (CN), remarquez un site, le long de la route 2 (route 138), où l’on peut voir derrière une maison, un bâtiment avec la toiture orange.  Regardez les arbres, sur le terrain voisin, puis reliez-les avec une ouverture, parmi les arbres d’un lot boisé, un demi-kilomètre plus à l’est.  À partir de ce point, l’alignement devient beaucoup plus clair; il vient longer le fleuve, sur plus de 2,7 kilomètres, avant de se raccorder à la rue Vauquelin.  Curieusement, la rue Vauquelin suit, elle aussi, le littoral du fleuve, puis vient longer la route 2 (route 138), dans le village de Neuville.  La lecture de l’histoire de Neuville, sur le site web de la ville, permet de comprendre qu’il s’agit de l’alignement de l’ancien chemin de fer de la Great Northern Railway, qui fut en opération de 1908 à 1919.  Eh ben non, ce n’était pas la route 2.  Dommage.  L’actuelle voie du CN, quant à elle, passe au nord du village.  Mais avouez que c’est quand même curieux qu’il reste des vestiges d’un chemin de fer qui a cessé ses activités il y a plus de 90 ans!

Revenons à la route 2, si vous le voulez bien.  Donc, après la jonction de la route 365, et la rue du Ruisseau, on parcourt deux kilomètres et des poussières pour arriver aux premières rues du village proprement dit.  Il est probable que la route 2, en 1950 suive la rue des Érables, à gauche, à l’intersection en pointe, puisque la route 138 actuelle semble passer à travers le village, sans trop tenir compte de l’alignement des autres rues.  D’ailleurs, la route Gravel, qui croise l’autoroute 40, et sur laquelle on a construit un échangeur, ne se termine pas à la route 138, mais bien à la rue des Érables.  Les deux chemins sont plus ou moins parallèles, jamais à plus de 150 mètres l’une de l’autre, la route 138 au sud, longeant le fleuve par moments, alors que la rue des Érables est plus au nord, en-haut du talus.  La route du Quai, à moins de 600 mètres de l’église, sera la dernière rue qui croisera la route 138, alors que d’autres, dont la route Gravel, se rattacheront à la rue des Érables.  Les deux axes se rejoignent à près de 3 kilomètres de l’église, empruntant à nouveau de même alignement.

En direction de Saint-Augustin, un ancien alignement est fermé à la circulation, tout juste après la rue Loriot, mais on le voit très bien, à partir de Google Earth; merci à eux, pour cette photo en très haute résolution, sur laquelle on peut voir plein de détails tout à fait clairement, et ce à aussi peu que 350 pieds d’altitude.  On peut même voir, sur cet ancien alignement, une balançoire, et des tables à pique-nique!  Des entrées privées permettent de relier la route 138 aux maisons, situées à une centaine de mètres de celle-ci.  À environ 800 mètres de la rue Loriot, une rue permet enfin de rejoindre cet alignement, tout simplement appelé Chemin du Roy.  Ne reste plus qu’à savoir si cet alignement date d’avant, ou d’après 1950.  J’ai l’impression que cette année-là, la route 2 utilisait déjà l’alignement actuel, du moins par endroits.  Quoi qu’il en soit, nous allons le suivre, du mieux que l’on peut.  Après environ 600 mètres, une intersection en pointe, qui ramène vers la route 138.  Continuons à droite.  À 1,2 kilomètres plus loin, une autre intersection, cette fois avec la route Girard.  Prenons encore à droite, et après 2 kilomètres et demi, nous nous rapprochons du fleuve, à la faveur d’une autre intersection, cette fois avec la rue Moisan.  De là, le chemin du Roy nous mène à voir de jolies propriétés, et des lots boisés, puis à nouveau, des terres agricoles.  Après un autre 2,5 kilomètres, autre intersection en pointe; la route Racette nous permet de rejoindre la route 138.  Que ferons, cette fois?  Eh oui, encore à droite.

Nous roulons sur moins de deux kilomètres lorsque se pointe une autre intersection; gardons la gauche, cette fois, et montons la pente.  Tout en haut, nous arrivons à un virage à 90 degrés, puis à une intersection; à gauche, la route Tessier, à droite, le rang de la Butte.  Prenons à droite.  Au bout du chemin, tournez à droite, sur la rue de l’Hêtrière, puis au bout, à gauche sur la rue Saint-Félix.  Après la rue Marguerite-de-Rouvray, vous quittez Saint-Augustin-de-Desmaures pour entrer sur le territoire de la ville de Québec, plus précisément à Cap-Rouge.  Chemin faisant, vous verrez apparaître un ouvrage impressionnant; le pont ferroviaire de Cap-Rouge.  Propriété du Canadien National, les gens de la place, et du grand Québec, en général, l’appellent « le Tracel », déformation du mot anglais « trestle », qui signifie un pont s’appuyant sur plusieurs portiques, celui-ci totalisant un kilomètre de long.  Après le pont Galarneau, qui traverse la rivière du Cap-Rouge, un virage à gauche vous amènera à passer sous le Tracel, et à monter la côte de Cap-Rouge.  Au haut de la côte, après être passé sous un autre viaduc ferroviaire, vous roulez maintenant sur le « chemin Sainte-Foy », puisque nous entrons dans l’ancienne ville du même nom.  Après l’intersection du boulevard du Versant nord, et du chemin des Quatre-Bourgeois, vous entrerez dans un secteur où il y a des immeubles en hauteur.  Ne soyez pas surpris si, après ces immeubles, vous vous retrouvez sur l’avenue McCartney; cela n’a probablement rien à voir avec la visite de Sir Paul du même nom, lors des fêtes du 400e de la ville de Québec.  La circulation est déviée sur cette avenue, sur une distance d’environ 800 mètres, et vous revenez sur le chemin Sainte-Foy.  Par contre, si vous tenez à suivre le chemin Sainte-Foy, voici ce qu’il faut faire.  Après la rue Alain, prenez la rue Gingras, à gauche, puis tournez tout de suite à droite.  Vous serez à nouveau sur le chemin Sainte-Foy.  Après avoir traversé le boulevard Pie-XII, vous tournerez à droite, sur l’avenue du Château, puis à gauche, pour reprendre le chemin Sainte-Foy.

Par la suite, vous traverserez les autoroutes Duplessis (A-540), et Henri-IV (A-73), puis, à l’angle de la route de l’Église, vous pourrez vous arrêter sur le site de la Visitation, où une église, incendiée en 1977, fut transformée en parc, dans lequel on peut assister à des concerts en plein air, alors que l’ancien clocher laisse place à un observatoire.  Viendra ensuite l’intersection de l’autoroute Robert-Bourassa (A-740), dont les voies rapides passent dans un tunnel, sous le chemin Sainte-Foy, et le chemin des Quatre-Bourgeois.  Un demi-kilomètre plus loin, ces deux axes parallèles se rejoignent, et le chemin Sainte-Foy passe à quatre voies jusqu’à l’avenue Myrand, à quelque 850 mètres de là, revenant alors à sa configuration à deux voies, mais on revient à quatre voies à partir de l’intersection des avenues Holland, et Saint-Sacrement.  À ce niveau, grands édifices et commerces se succèdent.  Nous sommes dans l’arrondissement La Cité, et roulons vers le centre-ville de Québec.  À partir de l’avenue de Salaberry, le nom de la route 2 passe à rue Saint-Jean, et après l’avenue Turnbull, devient à sens unique; nous sommes dans la haute-ville.  Vient ensuite l’avenue Dufferin-Montmorency (route 175), puis la rue d’Youville, où arrivait la côte d’Abraham, soit l’ancienne route 2C.  La route 2 entrait ensuite dans le Vieux-Québec par la porte Saint-Jean, puis descendait la côte de la Fabrique, prenait la rue Sainte-Famille à droite, puis tournait à gauche sur la rue Buade, à gauche encore sur la rue Port-Dauphin, et à droite, pour descendre la côte de la Montagne, jusqu’à la rue Dalhousie.  Tout cela en moins de 1400 mètres.  Ensuite, elle suivait Dalhousie à droite, jusqu’à la rue du Marché-Champlain, puis sur le boulevard Champlain, et finalement à gauche, sur la rue des Traversiers, pour une petite croisière sur le fleuve, qui nous conduira… au prochain billet.

Postes Canada: La fin du service rural?

Dany Doucet, du Journal de Montréal, écrivait un article, dimanche dernier, dans lequel il laissait deviner que le service rural de Postes Canada allait bientôt tirer à sa fin.  Dans son papier, repris par le site Canoë, il mentionnait que l’organisme avait édicté de nouvelles normes, et que celles-ci feraient en sorte que des boîtes aux lettres, pourtant utilisées avec succès depuis parfois des décennies, seraient déclarées dangereuses, et devraient faire l’objet de modifications importantes, et/ou de déplacement, sous peine de ne plus recevoir le courrier.  Le cas échéant, le propriétaire de ladite boîte n’aurait d’autre choix que d’aller cueillir son courrier au bureau de poste auquel il est rattaché.

L’article cite un porte-parole de Postes Canada, Michel Larouche, qui évoque des raisons de sécurité, ainsi que des raisons légales, pour justifier les nouvelles normes.  Du même souffle, il nie que la société ne prenne ces mesures par souci d’économie, ou encore ne transfère les risques présumés de ses facteurs ruraux vers la clientèle elle-même.  Par contre, ni le porte-parole, ni le journaliste, ne soulignent un point qui est loin d’être négligeable, dans toute cette affaire, et c’est le suivant; il y a quelques années, lors d’une négociation de convention collective des postiers, les facteurs ruraux, qui étaient jusque là des entrepreneurs indépendants, ayant un contrat à terme avec Postes Canada, et dont le renouvellement était annoncé localement, afin de permettre aux personnes intéressées de déposer une soumission, sont devenus des employés à part entière de Postes Canada, salariés et surtout, syndiqués.

Or, comme les syndicats ne sont jamais ouverts à prendre quelque risque que ce soit, et ont une tendance naturelle à tout mettre sous la responsabilité de l’employeur, celui-ci se retrouve maintenant avec une patate chaude dans la bouche, à savoir, et particulièrement au Québec, les coûts supplémentaires liés à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), qui sont couverts à 100% par l’employeur.  Comme les accidents du travail des facteurs ruraux se produisent sur la route, et qu’il y a rarement des témoins neutres, qui peuvent corroborer les témoignages des accidentés, Postes Canada se retrouve probablement avec beaucoup de petits accidents du travail, qui impliquent, en plus des coûts de remplacement des travailleurs accidentés, les frais exorbitants du remplacement du salaire de travailleur blessé, qui a droit à 90% de son salaire net.

Le grand perdant, dans toute cette affaire, sera bien sûr le client, qui n’a pas droit à la concurrence, et qui doit se contenter du service monopolistique du syndicat des postiers de Postes Canada.  D’ailleurs, si un entrepreneur indépendant voulait reprendre une route postale rurale, comme dans le bon vieux temps, il sera aussitôt dépeint comme un « scab », soit un briseur de grève, en temps de grève, bien sûr, ou encore comme un « voleur de job », le reste du temps.  Bref, Postes Canada, en donnant le statut d’employé à part entière à ses facteurs ruraux, s’est mis le pied dans la bouche, et refile maintenant la facture à ses clients, qui n’ont d’autre choix que d’acquiescer.  Le second grand perdant sera le facteur rural lui-même, puisque le jour où toutes les boîtes aux lettres de sa route seront déclarées dangereuses, il se fera couper son poste, et se retrouvera au chômage.

Je voudrais en profiter pour dire un grand merci aux syndicats, pour cette autre merveilleuse contribution à l’avancée des travailleurs.

La route 2 – (3) Le chemin du Roy, de Trois-Rivières à Donnacona

Nous nous sommes laissés sur la rue Laviolette, à Trois-Rivières, plus précisément à l’intersection du boulevard du Saint-Maurice.  Pour poursuivre notre visite de la route 2, celle de 1950, bien sûr, nous suivrons justement ce boulevard (route 138), au bout duquel se trouve un pont chargé d’histoire.  Construit de part et d’autre de l’île Saint-Christophe, le pont Duplessis fut reconstruit en 1948, par le gouvernement de Maurice Duplessis, mais l’une des deux parties du pont s’est effondrée dans la rivière Saint-Maurice, le 31 janvier 1951, par une nuit de grand froid, aux environs de 3h00 du matin.  Le premier ministre disait à qui voulait l’entendre, semble-t-il, que c’était les communistes qui avaient saboté le pont, alors que dans les faits, l’acier qui a servi à sa construction était de mauvaise qualité.

De l’autre côté du pont, nous entrons dans l’ancienne ville de Cap-de-la-Madeleine, par la rue Fusey.  À environ 100 mètres du pont se trouve l’intersection de la route 19 (route 157), soit la rue Duplessis, à gauche, et à moins de 100 mètres plus loin, à droite, cette fois, un ancien alignement du Chemin du Roy, soit la rue Notre-Dame est.  Je présume qu’en 1950, l’alignement de la route 2 était le même qu’aujourd’hui, soit la rue Fusey jusqu’à la rue Saint-Laurent, à droite sur celle-ci jusqu’au boulevard Sainte-Madeleine, puis à gauche sur celui-ci jusqu’à ce qu’elle rejoigne la rue Notre-Dame est, à la hauteur de l’ancienne ville de Sainte-Marthe-du-Cap.  La route 2 (route 138) suit alors le fleuve, laissant parfois place à des constructions résidentielles ou commerciales, le long de la berge.  Reprenant simplement le nom de rue Notre-Dame, elle traverse le village de Champlain, dans lequel on trouve le boulevard de la Visitation (route 359), qui mène vers le lac-à-la-Tortue, désormais partie de la ville de Shawinigan.

À moins de 5 kilomètres de la sortie du village de Champlain, la route 2 (route 138) s’éloigne du fleuve, et un vieux pont en acier traverse la rivière Champlain; nous entrons dans la municipalité de Batiscan, où le nom change, et devient la rue Principale.  C’est à près de 6 kilomètres de ce pont, lorsque l’on entre dans le village de Batiscan, que la route 2 (route 138), le Chemin du Roy, se rapproche à nouveau du fleuve Saint-Laurent, pour donner des point de vue saisissants.  Alors que la route s’éloigne à nouveau de la berge, pour laisser place à la plage de Batiscan, nous passerons par l’intersection du la route de la Station (route 361), qui conduit vers Sainte-Geneviève-de-Batiscan, puis vers Saint-Narcisse.  Plus loin, un autre pont d’acier, beaucoup plus long, traverse la rivière Batiscan.  Après cet autre pont, la route 2 demeure éloignée du fleuve, parfois à plus d’un kilomètre de distance.  Puis on arrive dans le village de Sainte-Anne-de-la-Pérade, toujours sous le nom de rue Principale, en longeant, cette fois, la rivière Sainte-Anne.  On croise, entre autres, la 2e Avenue, qui est aussi la route 19A (route 159), qui permet de se diriger vers Saint-Prosper, Saint-Stanislas, et Saint-Tite.

Un pont beaucoup plus moderne, fraîchement construit, traverse la rivière Sainte-Anne, directement en face de l’église paroissiale, inspirée de la basilique Notre-Dame, de Montréal.  À la sortie du pont, la route 2 empruntait probablement la rue Sainte-Anne, en 1950, alors que la route 138 utilise plutôt le boulevard de Lanaudière, plus large, et plus dégagé.  Une fois la rue Sainte-Anne raccordée au boulevard de Lanaudière, la route 2 (route 138) conserve ce dernier nom jusqu’à la limite de la municipalité de Deschambault-Grondines, où elle portera enfin, officiellement, le nom de Chemin du Roy.  À différents endroits, il est facile de voir, avec l’aide de Google Earth, que la route 2 fut reconstruite, l’alignement des maisons et autres bâtiments ne correspondant pas du tout avec celui de la route.  À partir de la route Delorme, la rue Principale de ce qui s’appelait Saint-Charles-de-Grondines respecte cet ancien alignement, longeant la route 138 à plus ou moins 50 mètres de distance.  Reste à savoir si la reconstruction date d’avant 1950.  Ces axes parallèles se prolongent de la route Delorme jusqu’à la route Guilbault, qui relie Grondines à Saint-Casimir, ce qui donne près de 4 kilomètres. Toutefois, un bout de route, juste à l’ouest de la 4e Avenue, montre bien que la reconstruction de la route 2 s’est faite en deux projets distincts, ce bout de route reliant le nouvel alignement à la rue Principale, près du village.  D’ailleurs, selon le site web de la municipalité de Deschambault-Grondines, la rue principale de Grondines porte désormais deux noms distincts; la première, depuis la route Delorme, jusqu’à la 4e Avenue, se nomme « chemin du Faubourg », et la seconde, de la 4e Avenue jusqu’à la route Guilbault, « chemin Sir-Lomer-Gouin ».  C’est un peu avant la route Guilbault que la route 2 (route 138) vient rejoindre à nouveau le fleuve, et le suit de près, sauf à quelques exceptions, sur les quelques dix kilomètres qui séparent les noyaux urbains de Grondines et de Deschambault, avec, à mi-chemin, la route Dussault (route 363), qui conduit à Saint-Marc-des-Carrières.

Dans le village de Deschambault, l’actuelle route 138 respecte l’ancien chemin du Roy, qui s’éloigne du fleuve, à l’exception d’un court réalignement de quelques 200 mètres.  À la sortie du village, la route Proulx, à gauche, mène à Saint-Gilbert.  Environ un kilomètre et demi passé la sortie du village de Deschambault, la route 2 traverse le chemin de fer du Canadien National (CN), puis le longe jusqu’à l’entrée du village de Portneuf, quelque 3 kilomètres plus loin.  Or, qui dit village dit réalignement; une centaine de mètres après la route du Coteau-des-Roches, la 1ère Avenue représente la route 2 de 1950.  La 1ère Avenue longe la route 138 actuelle, nommée 2e Avenue, qui fut construite vers la fin des années 1970, à plus ou moins 200 mètres au nord-ouest de celle-ci.  À l’intersection de la rue de la Rivière, elle prend à droite pour traverser la rivière Portneuf, toujours sous le nom de 1ère Avenue.  Elle revient ensuite longer la route 138 actuelle sur près de 2 kilomètres, avant de s’y rattacher.  De ce point, la route 2 (route 138) est à nouveau parallèle à la voie du CN, puis, un peu plus d’un kilomètre plus loin, un autre ancien alignement, à savoir la rue de l’Anse, sur près de 2 kilomètres.  Après la rue de l’Anse, la voie ferrée s’éloigne de la route 2 (route 138), puis on trouve, à droite, le Vieux Chemin, qui vient s’insérer entre la route 138 actuelle et la voie du CN.  À un kilomètre de là, le Vieux Chemin croise la rue du Roy; nous sommes dans le village de Cap-Santé.  Parmi les plus beaux villages du Québec, Cap-Santé est traversée par la route 138 actuelle, qui porte tout simplement le nom de Route 138, et qui croise les anciennes rues à des angles souvent inimaginables.  Le rang Saint-Joseph (route 358), à gauche, conduit vers Saint-Basile.

Un peu plus loin, dans le secteur Jacques-Cartier, un ancien alignement, sinueux à souhait, relie Cap-Santé à Donnacona.  Depuis une intersection plutôt bizarre, avec la route 138, et les rues Lavallée et Richard, la rue Notre-Dame vient longer la rivière Jacques-Cartier, puis la traverse, en la longeant sur l’autre rive, en passant près des installations, récemment fermées, de la papetière AbitibiBowater.  La rue Notre-Dame traverse ensuite le centre-ville, que l’on appelle aujourd’hui le vieux Donnacona, puis ce qui était Les Écureuils, ancienne ville fusionnée à Donnacona depuis 1967.  La route 2 vient ensuite se raccorder à la route 138 actuelle, environ un kilomètre plus loin.  Cet alignement date d’avant 1950, mais à peine; le pont de la route 138 actuelle, sur la rivière Jacques-Cartier, fut inauguré en 1949.  À moins de deux kilomètres de là, la route 2 traverse à nouveau la voie du CN, puis traverse des terres agricoles sur un peu plus de 3,5 kilomètres, avant d’arriver à un ancien alignement, court, celui de la rue du Ruisseau, celui-là précédé de la jonction de la route 365, qui conduit vers Pont-Rouge, et Saint-Raymond-de-Portneuf.

Ce billet devait à l’origine parler du Chemin du Roy de Trois-Rivières à Québec, mais compte tenu de la longueur du texte, je vais m’arrêter ici, à la sortie de Donnacona, et poursuivre avec un autre billet, qui couvrira la distance de Donnacona jusqu’à la vieille capitale.