Youri Chassin dans Saint-Jérôme pour la CAQ: Ouais, pis?

Dimanche dernier, la Coalition Avenir Québec (CAQ) annonçait la nomination de l’économiste Youri Chassin à titre de candidat du parti dans la circonscription de Saint-Jérôme, et depuis, tout ce qui est à gauche du Parti libéral du Québec (PLQ) déchire sa chemise à qui mieux mieux.  Voyons voir ce qui les fait paniquer.

D’abord, monsieur Chassin a été à l’emploi de l’Institut économique de Montréal (IEDM) de 2010 à 2017, à titre d’économiste, puis de directeur de la recherche. Pour certains, le seul fait d’avoir travaillé à l’IEDM est nettement suffisant pour en faire un destructeur du “modèle québécois”, qui va privatiser tout ce qui porte une fleur de lys.  Or, sur le site de l’IEDM, on dit de lui, entre autres, qu’il siège aux conseils d’administration du Centre NAHA, dont la vision, selon ce qu’on peut lire sur le site web de l’organisme, est la suivante; “Offrir aux hommes du Québec l’aide dont ils ont besoin pour vaincre l’itinérance”, et de Gai Écoute, deux organismes qui penchent plutôt du côté social.

À la Société Radio-Canada (SRC), on a décidé de faire amende honorable dans cet article qui parle de la candidature de Youri Chassin. En effet, la mise au point suivante a été placée en encadré après le début de l’article;

MISE AU POINT

Dans une version précédente de ce texte, le titre identifiait Youri Chassin comme un « candidat de la droite idéologique ». Nous l’avons modifié afin de nous en tenir aux faits.

Est-ce à dire que par habitude, la SRC, puisqu’il n’y a pas de nom de reporter sur cet article, ne s’en tient pas qu’aux faits?  Il faudra mettre un homme là-dessus!  Cela n’empêche pas l’auteur de l’article (que la SRC dit avoir publié “avec la Presse Canadienne”) de terminer son oeuvre avec quelques citations et déclarations qui pourraient faire “siller” certaines oreilles, tellement elles sont à côté de la “pensée unique” de notre gauche nationale.

D’ailleurs, à lire Josée Legault, chroniqueuse au Journal de Montréal, dans sa colonne de mercredi, monsieur Chassin n’aurait pas le droit d’utiliser le mot “progressiste” pour définir sa vision politique du Québec. À ce que je sache, la gauche s’est peut-être approprié le mot “progressiste” pour se définir, mais il n’en demeure pas moins que quiconque se dit pour le progrès peut effectivement utiliser ce mot.  Comme l’a déjà dit Nathalie Elgrably-Lévy qui, oh! malheur, a aussi oeuvré pour l’IEDM, tous les politiciens veulent le progrès; ils veulent tous que les enfants arrivent à l’école le ventre plein, ils veulent tous que les gens aient un toit au-dessus de leurs têtes, etc.  La seule différence est dans la façon de s’y prendre pour y arriver.  Dans ce sens, Youri Chassin est tout aussi progressiste que les autres, n’en déplaise à Josée Legault.

Patrick Bellerose, quant à lui, rapportait dans le Journal de Québec que tant le Parti québécois (PQ) que divers syndicats d’employés de l’état ont fortement critiqué la venue de monsieur Chassin comme candidat de la CAQ, alors que François Bonnardel, lui-même député du parti dans Granby, rappelait à Bellerose que tant Martin Coiteux que Pierre Karl Péladeau se sont ralliés aux positions de leurs partis lorsqu’ils se sont joint respectivement au PLQ et au PQ.

Bref, pour ma part, je vois la candidature de Youri Chassin d’un très bon oeil.  D’ici aux prochaines élections, qui n’auront lieu que le 1er octobre prochain, rappelons-le, celui-ci aura le temps de préciser ses idées, ainsi que leur compatibilité avec le programme de la CAQ, après quoi les électeurs de la circonscription de Saint-Jérôme décideront s’ils le choisissent, ou non.

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Rapport Payette: Le monsieur n’est pas content de la réaction des radios

Il y a quelques semaines, sortait un rapport de Dominique Payette, commandé par Pauline Marois, suite à sa défaite de l’an dernier, rapport d’une étude sur les médias de la vieille capitale.  Je n’ai pas lu le rapport Payette dans son intégralité (mea culpa), mais comme un peu tout le monde, j’ai saisi certains passages qui furent publiés dans les médias.  Et à lire ceux-ci, tout porte à croire que madame Payette n’y va pas avec le dos de la main morte, comme dirait l’autre; cet article du site web du quotidien Le Soleil nous dit d’ailleurs que selon madame Payette, “Il y a un régime de peur dans la région de Québec”.

Les réactions furent nombreuses, et rapides; entre autres, l’Université Laval, où oeuvre madame Payette, s’est rapidement dissociée du rapport de sa professeure.  Et au travers de tous les avis négatifs lus et entendus au sujet de ce rapport, il y a eu quelques commentaires positifs, comme celui de Jean-François Vallée, de Saint-Philippe-de-Néri, qui fut publié ce matin sur le site web de La Presse.  Pour info, Saint-Philippe-de-Néri se trouve, à vol d’oiseau, à environ 125 kilomètres de Québec, et que dans le cadre de mon travail, quand je passe sur l’autoroute 20, à la hauteur de la sortie 456, il y a déjà belle lurette que je ne capte plus les radios de Québec, ce qui me porte à croire que ce gentil commentateur se fie sur de vieilles opinions (il dit avoir vécu dans le grand Québec pendant 38 ans), ou sur des préjugés.  À sa défense, au sujet des idées véhiculées par les gens de Québec, il nomme le fait de faire la file au Centre Vidéotron, ce qui indique peut-être que son déménagement dans le Bas-du-Fleuve est somme toute très récent.  À moins qu’il se tape quotidiennement l’écoute de ces stations de radio sur leurs sites internet respectifs, ou encore qu’il fasse l’aller-retour quotidiennement entre son domicile et la vieille capitale.

Quoi qu’il en soit, les habitués du Blogue me voient déjà venir!  Eh oui, je reproduis ici le commentaire de monsieur Vallée, tel que publié dans La Presse, et je répondrai entre les lignes (entre les paragraphes, en fait) en mettant mes propres commentaires, en réaction à ceux de monsieur Vallée.  Comme celui-ci me semble un souverainiste fini, je mettrai donc son texte en bleu, et je répondrai avec la couleur habituelle.  Allons-y!

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Madame Payette frappe dans le mille

Jean-François Vallée
Saint-Philippe-de-Néri, Québec

Madame Payette, les constats que vous dressez sur le contenu des émissions des radios de Québec touchent leur cible. Les réactions des principaux concernés les démasquent une fois de plus : elles sont dignes de voyous de ruelles rompus à l’intimidation. Ils attaquent en bande : « Allez, crient-ils, toute la gang ensemble, on lui pète la gueule ! » Une belle unité stalinienne lie les Fillion, Maurais, Dupont, Napoli, Bouchard, Ségal et Landry, qui n’ont même pas lu votre étude.

Premièrement, comment peut-il affirmer que tous ceux qu’il nomme n’ont effectivement pas lu le rapport?  Ils lui ont dit personnellement?  S’il s’accorde le droit de défendre ses couleurs, pourquoi les animateurs visés ne pourraient-ils pas défendre les leurs?  C’est là une simple manifestation de la liberté d’expression, comme d’ailleurs celles de l’Université Laval, du maire de Québec, d’Agnès Maltais, et aussi… de PKP, qui est lui-même régulièrement invité à au moins l’une de ces radios.

Le pire est que vos propos sont modérés. Le portrait s’avère en réalité encore plus sombre.

Ça, je ne pourrais dire, n’ayant pas lu le rapport moi-même.  J’accorde donc à monsieur Vallée le bénéfice du doute.

La vérité, c’est que les radios de droite à Québec enveniment vraiment le climat social de Québec. J’y ai vécu 38 ans, assez pour constater que les boycotter est inutile : leur fiel s’immisce dans tous les endroits publics, colore toutes les conversations. Il suffit d’écouter les passagers de l’autobus ou la station syntonisée par le chauffeur, de magasiner à Place Laurier ou de faire la file au Centre Vidéotron pour reconnaître les raisonnements spécieux et fallacieux entendus à la radio et recrachés tels quels, sans filtre. Petit à petit, l’incivilité, l’anti-féminisme, l’homophobie et le climato-scepticisme s’immiscent dans les esprits et teintent les propos.

Réglons une chose tout de suite, si vous le voulez bien; qui est ce monsieur Jean-François Vallée pour prétendre détenir ce qu’il appelle “la vérité”?  Ce qu’il raconte ici, et tout au long de son texte dopinion, n’est que sa propre interprétation de la situation.  Ensuite, pour prétendre que “les raisonnements spécieux et fallacieux entendus à la radio” soient effectivement “recrachés tel quels, sans filtre”, il faut bien entendu avoir écouté “les radios de droite à Québec” soi-même, ce que monsieur Vallée ne nous prouve en aucune façon.  Finalement, si l’incivilité, l’anti-féminisme, et l’homophobie sont des idées dont les frontières sont habituellement bien définies, j’aimerais bien savoir ce que le climato-scepticisme vient faire là-dedans, et ce pour la simple et bonne raison que les théories sur les changements climatiques ne sont encore que des théories, et que rien n’a été prouvé hors de tout doute raisonnable.  Comme on le dit souvent, si c’était vrai, ça se saurait!

La vérité, c’est qu’il n’existe aucun contre-discours crédible sur les ondes de Québec : les droitistes forment un troupeau uni qui monopolise les micros.

Il n’en tient qu’à monsieur Vallée de créer ce contre-discours!  Il n’a qu’à faire comme les autres, c’est à dire demander une licence, et ouvrir une station de radio qui émettra sa propre opinion.

La vérité, c’est qu’aucun indépendantiste ou « gauchiste » n’a passé le test d’embauche dans ces trois radios depuis des décennies, alors qu’au moins 50 % des gens de Québec partagent ces idées. Sylvain Bouchard peut donc dormir tranquille, il ne perdra jamais sa job.

Heureux d’apprendre “qu’au moins 50% des gens de Québec partagent ces idées” indépendantistes ou gauchistes; c’est probablement pour cela que la région de Québec est la seule au Canada où les conservateurs ont fait des gains appréciables lors des élections fédérales du 19 octobre dernier, et que le Bloc québécois, comme le Nouveau parti démocratique (NPD), d’ailleurs, n’y ont fait élire personne!

La vérité, c’est qu’à Québec, les clones d’Elvis Gratton ont pris le contrôle du crachoir et envoient paître systématiquement tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Encore une fois, si monsieur Vallée veut prendre “le contrôle du crachoir”, il sait quoi faire!

La vérité, c’est que ces animateurs sont les émules et les descendants de grand-papa André Arthur, qui a patiemment semé son style empoisonné non seulement à Québec, mais aussi à Saguenay (Myriam Ségal), Montmagny et Rivière-du-Loup (Daniel Saint-Pierre), où il tient chronique.

Il reste que les auditeurs, qu’ils soient à Québec, à Saguenay, à Montmagny, à Rivière-du-Loup ou ailleurs, ont le libre arbitre; s’ils ne sont pas contents de ce qu’ils entendent, ils peuvent toujours changer de station, s’abonner à la radio satellite, écouter des disques compacts, bref, les options sont nombreuses!

La vérité, c’est que ces animateurs connaissent très bien le poids des mots et les font servir à leurs fins. Connotés négativement : « syndiqué », « séparatiste », « péquiste », « québécois », « francophone », « gauchiste », « intellectuel » et « environnementaliste ». Leurs préférés : « environnementeur » ou « enverdeur ».

J’ai lu certains textes écrits par des personnalités connues pour leur côté vert, et j’ai moi-même ajouté à mon vocabulaire les mots “environnementeur” et “enverdeur”, tellement leurs propos étaient souvent tirés par les cheveux!  Encore une fois, on sent que l’auteur de ce texte associe l’environnement à la gauche, ce qui est loin d’être absolu!

Connotés positivement : « travailleur non syndiqué », « fédéraliste », « libéral », « canadien », « anglophone », « conservateur », « militaire », « caquiste » et « pétrole ».

De la façon dont je lis cette phrase, et la précédente aussi, il semble que monsieur Vallée connote lui aussi ces mots, mais de façon diamétralement opposée.  C’est son choix, si tel est le cas.

La vérité, c’est que ces radios sont, sur le plan politique, le bras médiatique des partis fédéralistes de droite. En 2014, c’était le Parti libéral du Québec. En 2015, le Parti conservateur du Canada. Leurs idées sont louangées et leurs élus acclamés, jouissant du privilège d’entrevues mielleuses, complaisantes.

D’abord, il est aussi vrai de dire que le Parti libéral du Québec est de droite que de dire que le drapeau du Québec est noir, avec des flammes orange!  Ensuite, il faut savoir que dans les médias, ça se passe comme ça; les propriétaires (ou les syndicats, dans le cas de Radio-Canada) ont une opinion, et la poussent.  S’il y avait une radio dont le propriétaire est un péquiste fini, à Québec, il est très probable qu’Agnès Maltais – qui se dissocie elle aussi du rapport Payette – y tiendrait une chronique hebdomadaire, à défaut d’être quotidienne.  Pour information, mentionnons que PKP est régulièrement invité en entrevue à la radio québécoise dite de droite.

La vérité, c’est qu’il ne s’agit pas de radios d’opinions, mais de radios à une seule opinion, mur à mur.

Les radios d’opinions sont là pour être mises au défi; il n’en tient qu’à monsieur Vallée, ou à quiconque, de défier les animateurs, que ce soit au téléphone, ou sur la page Facebook de la station.  Là encore, les options sont nombreuses.

En fait, ils logent à l’enseigne des libertariens. Mais ça, ils ne l’avoueront jamais.

Là-dessus, je dirai que pour sa part, monsieur Vallée n’avouera jamais qu’il n’a aucune idée de ce qu’est réellement un libertarien.  Je ferai donc oeuvre de pédagogie, en espérant qu’il lise ceci.  Un libertarien, en une phrase, est un type qui frustre à la fois les conservateurs et les libéraux, en se déclarant en faveur de la libre circulation des armes à feu, afin de permettre aux couples gais de défendre leurs plants de marijuana!  Pour aller un peu plus profondément, je recommande ce billet, que j’ai écrit il y a de cela plus de 5 ans, et qui aide à bien situer sa position politique.  Le petit quiz qu’on y trouve n’a pas la prétention d’être parfait, loin de là, mais il permet de se faire une idée rapidement.

La vérité, enfin, c’est que ces radios sont si anglomanes et francophobes qu’on jurerait qu’elles se sentent investies de la mission de formater les Québécois en vue de leur assimilation dans l’Amérique anglophone. Tout ce qui est québécois leur est étranger, leur pue au nez. Ils dénigrent, voire haïssent tout ce qui se crée en français. À l’opposé, leur esprit critique disparaît devant tout ce qui vient de l’Amérique anglophone, dont ils embrassent et étreignent la culture.

Il y a une différence entre “formater les Québécois en vue de leur assimilation dans l’Amérique anglophone” et s’ouvrir à autre chose que l’exclusivement québécois 100% pure laine vierge!  L’attitude du gouvernement du Québec, depuis les années péquistes de René Lévesque, est de tenter d’assimiler les anglophones, ce qui n’est pas mieux, avouons-le!  Je crois sincèrement qu’il y a de la place pour la culture anglophone, que l’on peut écouter de la musique en anglais, par exemple, et ce sans pour autant renier notre langue et notre culture propres.  Aussi, le fait d’inonder le Québec de produits culturels 100% francophones n’ajoute pas de qualité à la production de cette culture.  On se retrouve ainsi coupés du monde extérieur, dans un bouillon de médiocrité, duquel sort parfois un produit d’exception qui sera malheureusement ignoré, parce que trop dilué.

Bref, pour renchérir sur le propos de Madame Payette, les animateurs de ces radios sont profondément aliénés, et irrémédiablement colonisés.

Ceci ne représente qu’une opinion personnelle, face à laquelle je laisse les personnes visées se défendre elles-mêmes.

Et même ceux qui voudraient les ignorer doivent subir quotidiennement cet affligeant spectacle.

Idem ici.  Comme je le disais plus tôt, de nombreuses options s’offrent à ceux et celles qui ne veulent pas entendre ce discours.

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Jean-Martin Aussant retourne à Londres: Analyse d’une mauvaise veine

Toute la twittosphère à gauche de la ligne centrale est tombée des nues en apprenant que l’ancien chef et fondateur du parti Option nationale, Jean-Martin Aussant, était retourné à Londres, en Angleterre, à l’emploi de la firme Morgan Stanley, où il a officié pendant quelques temps; il y a même été vice-président, de 2003 à 2005, selon Wikipédia!

Une théorie en valant bien une autre, j’ai ma petite théorie sur le passage – plus ou moins bref selon qui analyse – de monsieur Aussant dans le monde politique québécois.  La voici donc.

Selon Wikipédia, encore, monsieur Aussant, sûrement pris du mal du pays, revient au Québec en 2005, et prend un poste de gestionnaire de portefeuille principal chez Investissements PSP, une firme basée à Montréal qui, quoique se décrivant sur son site web comme “l’un des plus grands gestionnaires de fonds pour des caisses de retraite au Canada”, n’a pas le prestige, ni l’influence de Morgan Stanley.  Il finira sûrement par se lasser de ce poste, puisqu’il deviendra consultant en finance quantitative en 2007.  Souverainiste reconnu, il fut probablement recruté par le parti québécois (PQ) pendant la période du gouvernement minoritaire libéral de 2007, parce que c’est suite à cela qu’il se présente dans la circonscription de Nicolet-Yamaska, lors de l’élection générale du 8 décembre 2008, et remporte le siège, devançant son plus proche rival, le libéral Mario Landry, par une majorité écrasante de… 175 votes!

Fort de cette victoire à l’arrachée, la chef du PQ, Pauline Marois, le fait aussitôt critique de l’opposition officielle en matière d’économie.  Mais rapidement, monsieur Aussant se rend bien compte que la souveraineté n’a pas autant d’importance dans l’esprit de madame Marois que dans le sien, et commence à trouver le temps long.  Pendant ce temps, la grogne se fait parfois forte au sein du parti, et plusieurs remettent en question le leadership de madame Marois.  Puis, le 6 juin 2011, coup de théâtre; trois députés péquistes, Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe, démissionnent du PQ pour devenir députés indépendants.  Jean-Martin Aussant saute sur l’occasion pour démissionner à son tour le lendemain, 7 juin, mais pour des raisons tout à fait différentes que celles des trois autres déserteurs.  Les siennes sont que la chef n’est pas assez souverainiste à son goût, et que le dossier de la souveraineté ne chemine pas assez rapidement.  Il s’attend probablement à ce que plusieurs souverainistes “purs et durs” suivent le mouvement, mais à part Benoît Charette, quelques jours plus tard, peu de nouvelles démissions suivront celle de monsieur Aussant.

Le 19 septembre de la même année, dans le but de secouer les purs et durs du PQ, et de les confronter dans leur mécontentement face à une Pauline Marois qui s’accroche à la chefferie, Jean-Martin Aussant annonce la fondation d’un nouveau parti, Option nationale, dont le but premier est de faire la souveraineté du Québec coûte que coûte.  Malheureusement, bien peu de ces purs et durs du PQ ont emboîté le pas pour suivre monsieur Aussant dans sa nouvelle aventure.  Il se tourne donc vers les jeunes, enthousiastes – et influençables, dans le but d’augmenter son membership, ce qu’il réussit quand même assez bien.  Le printemps suivant, les étudiants sortent dans la rue, protestant contre les augmentations des droits de scolarité décrétées par le gouvernement libéral de Jean Charest, allant même jusqu’à manifester à chaque soir, à Montréal.  Monsieur Aussant les soutient, faisant même la promotion de la gratuité universitaire, ce qui augmenta à nouveau son membership, principalement auprès des étudiants.  Lorsque le premier ministre Charest décrète des élections pour le 4 septembre 2012, Option nationale présente 120 candidats sur une possibilité de 125, ce qui constitue un record d’organisation, compte tenu du temps minime dont il dispose.  Mais malheureusement pour monsieur Aussant, aucun candidat d’Option nationale ne parviendra à remporter la victoire, lui-même perdant le siège de la nouvelle circonscription de Nicolet-Bécancour aux mains de Donald Martel, candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ), et ce par une marge de 1876 votes.

Étant obligé de faire son action politique depuis l’extérieur de l’Assemblée nationale, et désormais sans salaire de député, Jean-Martin Aussant demande – et obtient – un salaire du parti, de l’ordre de 88,000$ par année, lors du congrès de la formation politique, qui se tenait les 2 et 3 mars 2013 au Palais des congrès de Montréal.  Mais rapidement, monsieur Aussant se rend compte que si l’on peut adopter le versement d’un salaire au chef, c’est beaucoup plus difficile de mettre des fonds dans le compte chèques; avec environ 5000 membres, à 10$ par année, plus des dons désormais fixés à un maximum de 100$ annuellement, il faudra choisir entre le chef… et le bureau-chef!

C’est ainsi que le 19 juin suivant, Jean-Martin Aussant annonce qu’il démissionne à titre de chef d’Option nationale, et que le conseil de direction a nommé la présidente du parti, Nathaly Dufour, à titre de chef par intérim.  Dans son annonce, il dit qu’il ne peut pas concilier la chefferie du parti et l’éducation de ses jeunes jumeaux.  Probablement dans le but de financer l’éducation de ces mêmes jeunes jumeaux, on apprend, le 13 août de la même année, que monsieur Aussant retourne travailler au sein de la firme Morgan Stanley, à Londres, en Angleterre, là même où il a officié de 2003 à 2005, bouclant ainsi la boucle de son passage dans la belle province.  J’espère seulement qu’il n’oubliera pas sa femme et ses jumeaux avant de partir.

Bon, évidemment, même si de nombreux passages de cette théorie sont véridiques, vous comprendrez qu’il ne s’agit que d’une théorie.  Par contre, je me pose plusieurs questions, au sujet de toute cette affaire.

– Entre le congrès de mars et sa démission comme chef, Jean-Martin Aussant a-t-il reçu un salaire de son parti, ou celui-ci a-t-il tenté de reporter le tout aux calendes grecques?

– Lorsqu’il a annoncé qu’il préférait s’occuper de ses jeunes jumeaux, était-ce une raison bidon, parce que le parti ne lui avait pas encore versé un sou, ou était-ce plutôt sa femme qui l’a mis au pied du mur, lui ordonnant, comme dans la chanson de George Thorogood and The Destroyers, “Get a Haircut and Get a Real Job”?

– Selon cet article du Devoir, monsieur Aussant dit ne pas avoir vu d’ouverture substantielle chez des employeurs du Québec.  Serait-ce parce qu’il demandait un traitement trop élevé en fonction de ses compétences, ou était-ce vraiment à cause de ses vues souverainistes?

Il demeure que lorsque l’on s’affiche à certaines couleurs, il faut aussi être prêt à composer avec les conséquences de ses gestes.  Mais le fait qui m’agace le plus, dans tout cela, n’est pas qu’il retourne à Londres; après tout, il peut bien gagner sa vie comme il l’entend.  C’est plutôt qu’encore une fois, la famille a le dos large, quand vient le temps, pour un politicien, de se pousser d’une fonction qu’il ne désire plus assumer.  Cela laisse un parfum de malhonnêteté dans l’air, et du coup, l’individu devient moins crédible.

Lac-Mégantic: Une théorie du complot en vaut bien une autre!

À ceux et celles qui veulent critiquer ce texte, je vous demande d’abord de le lire jusqu’à la fin.  Merci.

À l’heure où vous lisez ces lignes, à peu près tout le monde est au courant de la tragédie de Lac-Mégantic.  À l’origine, ce n’est qu’un fait divers comme on en voit, ailleurs dans le monde, par le truchement des bulletins de nouvelles.  Sauf que cette fois, c’est près de chez nous, c’est au Québec.  Tous ceux qui sont déjà passé par ce superbe coin de pays voient leurs plus beaux souvenirs leur revenir en tête, et trouvent toute cette affaire bien triste, et tout à fait désolante.  Et à mesure qu’on se rapproche de Lac-Mégantic, les souvenirs sont de plus en plus vifs, allant même jusqu’à connaître une ou plusieurs personnes qui manquent toujours à l’appel, et ce plus de 24 heures après les événements.  C’est là que le fait divers devient un drame, et prend des dimensions inimaginables.  Parce que c’est chez nous.  Parce que ce n’est pas juste aux nouvelles.

Quand une telle manchette survient ailleurs, on a des chiffres, un bilan, bref on nous dit tout ce que l’on doit savoir.  On se dit “Ayoye!”, puis on prend un autre appel.  Mais quand un tel événement survient chez nous, on se retrouve malgré soi dans le feu de l’action – dans tous les sens du terme!  On veut les images tout de suite, on veut le bilan tout de suite, on veut les coupables tout de suite, mais on doit se rendre à l’évidence; ces informations ne sont jamais instantanées, et on doit les confirmer avant de diffuser n’importe quoi.  Aussi, les informations se sont succédé depuis l’événement, et à chaque instant, diverses conclusions ont été tirées, puis démenties par la suite.

Au fil des heures, différentes informations sont sorties sur le web aussi.  Philippe Tesceira-Lessard publiait, tôt samedi matin, sur le site du quotidien La Presse, qu’un porte-parole de la compagnie propriétaire du train, la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA), lui mentionnait que le conducteur du train était sain et sauf.  Puis en fin d’avant-midi, TVA dévoile que le train n’avait pas de conducteur!  Même que ce serait normal, selon le vice-président marketing de MMA.  Plus tard, en après-midi, un premier communiqué de presse de la compagnie indique qu’il y avait un conducteur, que celui-ci avait stationné le train, et serré les freins, avant de quitter à la fin de son horaire de travail, pour aller dormir dans un hôtel, et que par conséquent, celui-ci n’était pas à bord du train lors du drame.  À travers cela, on apprend aussi qu’un premier incendie a eu lieu en fin de soirée vendredi, et selon le site web EnBeauce.com, qui en parle dans un article publié à 00:43, cette nuit, le train était stationné à une station prévue à cet effet, située à environ sept kilomètres de Lac-Mégantic.

Évidemment, tout au cours de la journée d’hier, à chaque nouvelle information, certains y allaient de leur plus belle théorie du complot, le tout atteignant son paroxysme lorsque l’on a dit que le train n’avait pas de conducteur.  Un adepte de Twitter, Alex Simon (@alexsimon22) a même mentionné:

Une tentative de discussion avec ce type m’a valu une pluie d’injures.  Évidemment, toute cette affaire de “pilote automatique” a été démentie au cours de la journée.  Mais n’empêche que plusieurs utilisateurs de Twitter, et particulièrement ceux dont l’opinion politique se situe à gauche du spectre, y sont allé de plusieurs théories du complot.  À ce niveau, puisque une théorie du complot en vaut bien une autre, je vous soumets la suivante.

Imaginons qu’un groupe de pression écologiste quelconque (pas un majeur comme Greenpeace, mais un plus petit, plus local, qui veut se mettre au monde) profite du fait qu’un train, transportant des matières dangereuses, soit stationné, possiblement sans surveillance, pour essayer de prendre la compagnie en défaut sur l’aspect de la sécurité, et décide de déplacer le train.  Après tout, les grands comme Greenpeace réussissent des coups d’éclat, et ne se gênent pas pour les revendiquer par la suite!  Si la station où le train est arrêté est dans une pente en plus (information dont je ne suis pas au courant, à ce moment-ci), l’opération n’en sera que plus facile!  Imaginons maintenant que notre activiste arrive au train, et réussisse à desserrer les freins.  Le train bouge!  Bingo!  “On va les avoir, ces bandits à l’argent!”, se dit notre activiste. 

Sauf qu’à un moment donné, le train prend de la vitesse, tant et si bien que malgré toutes ses tentatives, notre type ne peut plus l’arrêter! Voyant qu’il ne peut plus rien faire, et voyant arriver le village suivant, il décide de sauter du train en marche, pendant qu’il peut encore le faire.  Une fois dans le fossé, il regarde le train dévaler la pente, sans personne à bord, espérant que rien ne se produira.  Puis, en constatant une première explosion, puis une autre, il prend ses jambes à son cou, et se pousse loin, et vite.

Bien entendu, ceci n’est qu’un scénario.  Bien entendu, tout le texte en violet n’est que le fruit de mon imagination.  Par contre, il faut souligner que des groupes de pression commettent effectivement des coups d’éclat, et les revendiquent, par la suite.

Sauf quand ça tourne mal,… bien entendu.

Mon but, ici, n’est pas de porter des accusations contre qui que ce soit, mais plutôt de dire à tout le monde d’attendre, avant d’accuser, et de condamner quiconque, qu’il s’agisse de “bandits à l’argent”, de vandales, ou d’activistes.  Nous ne savons encore rien de ce qui a pu provoquer cette tragédie, et les gens de Lac-Mégantic sont encore dans l’attente, et dans l’inquiétude.  Des parents, des amis, manquent toujours à l’appel, et plus le temps passe, plus on se rapproche d’un drame humain comme on n’en a pas connu au Québec depuis très longtemps.

La meilleure chose à faire, pour l’heure, c’est d’abord de prier, pour ceux et celles qui croient en quelque chose, et pour les personnes qui connaissent des gens des environs de Lac-Mégantic, essayez de les joindre, sur leur cellulaire d’abord, puisqu’ils risquent d’avoir été évacués de leur domicile.  Si aucune réponse ne survient, après plusieurs tentatives (plusieurs comme dans beaucoup, pas seulement une ou deux), vous pouvez rapporter la situation sur la page Facebook que la Sûreté du Québec (SQ) a mise en place à cet effet, en mentionnant le nom de la personne manquante, son âge, ainsi que la dernière fois où elle a été vue.  Finalement, si vous vivez à Lac-Mégantic, et êtes à l’extérieur, que ce soit pour des vacances ou pour d’autres raisons, n’hésitez pas à appeler vos proches de là-bas, question de les rassurer, de leur dire que vous êtes toujours là, que tout est OK.

Je compléterai ce billet en soulignant que mes pensées, et mes énergies positives, se tournent vers les gens de Lac-Mégantic, qui ont besoin de tout ce qui est disponible, mais d’abord de l’amour de leurs proches, et du soutien de toute la population.

A-50 (2011): À la montée Papineau

Dernière étape du périple photographique du 29 octobre 2011, voyons ensemble l’évolution de la construction de l’autoroute 50, cette fois dans le secteur des montées Saint-François, et Papineau.

Voici de quoi avait l’air l’A-50, vers l’est, depuis le viaduc de la montée Saint-François.  Nous reconnaissons les deux damiers, dos à dos, qui marquent la fin du chantier, semblables à ce que l’on a vu dans les billets sur l’échangeur de la route 321.  Notons qu’à part la couche de base d’asphalte, et la signalisation, il n’y a pas beaucoup de différences entre le niveau d’avancement des deux chantiers.

Cette fois, il s’agit de l’A-50, mais en direction ouest.  Nous voyons le viaduc, ainsi que l’échangeur, de la montée Papineau.

Sur la première photo de ce billet, nous pouvions voir, tout au loin, un panneau de supersignalisation.  J’ai marché le kilomètre et demi qui sépare la montée Saint-François de celui-ci, et ce afin de vous le montrer en primeur.  Vous savez maintenant que la dernière sortie avant la fin actuelle de la partie ouest, au nord de Thurso, sera la sortie 197.

Bon, en revenant vers la montée Saint-François, je me suis permis de vous livrer un peu de pédagogie.  Pour les deux ou trois personnes qui ne le savaient pas déjà, les réflecteurs, que l’on voit sur les glissières de sécurité, sont en fait fixés aux blocs de bois, qui se situent entre la glissière et le poteau de soutien.  Quand la glissière se trouve à votre gauche, les réflecteurs sont jaunes,…

…et quand la glissière se trouve à votre droite, les réflecteurs sont blancs, question de s’harmoniser avec les lignes de rive, peintes sur la chaussée.  Comme la glissière est rattachée au poteau avec un seul boulon, il arrive, avec le passage des années, qu’un bloc devienne lâche, et se retourne; autrefois, on pouvait voir alors un réflecteur sous la glissière, et de la mauvaise couleur.  Mais plus maintenant, puisque les réflecteurs blancs et jaunes sont installés sur des blocs différents.

Voici le viaduc de la montée Papineau, vu du dessus.  Les bandes blanches, peintes de chaque côté de la chaussée, nous permettent de croire qu’une fois l’A-50 ouverte, le viaduc pourrait bien permettre la circulation sur quatre voies.

Nous terminons avec deux images de l’A-50, prises depuis le pont d’étagement de la montée Papineau, photos qui, compte tenu du soleil couchant (ben oui, ça m’arrive encore, de me faire prendre par la tombée de la nuit!), m’ont donné du fil à retordre.  D’abord celle-ci, vers l’ouest, où l’on peut voir un reflet rouge, au milieu de la photo; il est causé par le soleil qui frappe sur la glissière de sécurité.

Sur celle-ci, qui montre l’A-50 vers l’est, on remarque une bande rouge, à gauche, sur la photo.  Je ne sais pas si c’est causé par le fait que l’objectif de mon appareil était muni d’un pare-soleil, mais tout le reste de la photo semble correct.  Cela prouve que j’en ai encore à apprendre, question photographie!

Compte tenu de l’heure tardive (eh oui, le soleil, encore!), ainsi que du fait que j’aie pris la mauvaise route (au lieu de prendre la montée Papineau vers le sud, et le chemin Malo, j’ai pris le chemin des Cascades, et le rang Saint-Louis, pour aboutir finalement à la route 317, près de Saint-Sixte), je ne me suis pas rendu dans le secteur plus à l’ouest de l’A-50.  Il me reste donc une dizaine de kilomètres à visiter, le long desquels on retrouve, entre autres choses, le pont de la rivière de la Petite-Nation, ainsi qu’un autre pont, juste à l’ouest de la montée du Gore qui, malgré qu’il traverse ce qui semble être un tout petit cours d’eau, a l’air plutôt impressionnant, vu depuis les images satellite de Google Maps.

Suite aux deux ouvertures de 2011, il ne manque plus que 24 kilomètres, environ, à l’A-50, pour devenir un lien ininterrompu entre la ville de Gatineau et l’A-15, à Mirabel, au nord de Montréal.  Bon, je sais que toutes les parties en super-2 ne sont pas de véritables autoroutes, mais quand même, c’est un début.  Avouez qu’il est plus facile de convaincre un gouvernement de doubler une autoroute déjà existante que de demander une autoroute à partir de rien.  La partie n’est pas gagnée d’avance pour autant; les demandes répétées pour le doublement du tronçon Lachute-Mirabel, qui porte son lot de morts tragiques à chaque année, depuis maintenant plus de 15 ans, sont toujours restées lettre morte (sans jeu de mots), et ce malgré la succession de titulaires, au Ministère des transports.

A-50 (2011): Dans le secteur du chemin Saint-Hyacinthe

La dernière fois, nous nous sommes rendus (qui a dit « Enfin »?) à la fin temporaire actuelle de l’A-50, à la route 323, au nord de Montebello.  Bon, les travaux ont peut-être avancé depuis que ces photos furent prises (elles datent du 29 octobre dernier), mais vous aurez tout de même une petite idée de l’avancement du projet.

Si vous l’avez l’impression que je vous montre un petit chemin perdu, sachez que ce n’est pas une impression!  Si vous quittez l’A-50, et tournez à gauche, sur la route 323, en direction de Montebello, vous verrez, à un peu moins d’un kilomètre au sud de l’autoroute, à condition de porter une attention particulière, la jonction d’une petite route, à droite.  Sur le petit panneau de rue, dont la couleur verte a été affectée par le passage des années, vous verrez « ch. St-Hyacinthe ».  Le bout que vous voyez ici est clair et dégagé; le kilomètre et demi que vous allez parcourir pour vous rendre à ce point est carrément sous les arbres!  Nous voyons que la route sera détournée, et passera sous l’A-50.

Dans le secteur, deux chemin se croisent; le chemin Saint-Hyacinthe, et la côte… St-Hyacinthe.  Aussi, si vous revenez de la côte Saint-Hyacinthe nord (c’est une route sans issue, mais bon, disons, tiens, que vous êtes né là, et que vous n’avez jamais descendu la côte!), c’est la vision des lieux qui s’offrait à vous.  Et à cet endroit, il n’y a pas encore de remplissage!

Ici, vous voyez les culées d’un autre viaduc, qui passera au-dessus de la côte Saint-Hyacinthe sud.

Ce n’est pas un tas de pierre, avec un jouet, sur le dessus; c’est l’A-50, vue depuis le chemin Saint-Hyacinthe, et sur le dessus, c’est une vraie pelle mécanique.  Cela vous donne une idée du remplissage, à cet endroit.

Tout juste à l’ouest de la pose précédente, une autre vue du terrassement de l’A-50, avec un chemin, qui fut construit pour accéder aux terres situées de l’autre côté.  En fait, je n’avais pas besoin de savoir lire les affiches, pour savoir que ce chemin est privé; je me suis fait avertir…

…plutôt deux fois qu’une par le type qui conduit le tracteur, que vous voyez, sur ledit chemin.  Alors que j’étais stationné, en bordure du chemin St-Hyacinthe, il a arrêté son tracteur à côté de ma bagnole, dans une position qui ne me laissait pas vraiment le choix de l’écouter.  Bon, je dois avouer qu’il m’a vu passer…

…quand je suis allé prendre cette image, de l’autre côté de l’A-50.  C’est vous dire les risques incalculables que je prends, pour vous montrer de beaux clichés!  Mais cette aventure m’incite à croire que les gens de ce coin de pays (je ne sais pas si le type du tracteur est de Notre-Dame-de-Bonsecours, ou de Papineauville, la municipalité voisine) sont peut-être plus suspicieux que accueillants.  Auraient-ils peur des “étranges”?  Mais bon, je suis bon joueur; je vais mettre ça sur le compte de la lutte pour la sauvegarde des terres, et la réduction des expropriations à leur strict minimum.  Pour cette fois!

Quand je parle de surveillance des lieux, je dois spécifier que certains chantiers, plus proches de la ville de Montréal, sont tellement surveillés que quiconque approche un peu trop se fait avertir sur-le-champ.  Sauf que lors de cette visite automnale, sur les divers chantiers de l’autoroute 50, je me suis senti surveillé.  J’ajouterais même que je fus victime d’une certaine forme d’intimidation!  Plus de détails… dans mon prochain billet!

Marilène: Une inspiration rafraîchissante!

Ceux et celles qui suivent régulièrement le Blogue savent bien que j’aime prendre un texte, et y répondre directement.  Or, cela fait un bon bout de temps que je ne me suis pas payé ce genre d’exercice.  Mais ce soir (NDLR: Ce texte fut écrit le 28 décembre), je fus inspiré.

Une gentille dame que je suis, sur Twitter, Marilène Pilon (@MarilenePilon), écrit aussi un blogue hébergé par WordPress, dont j’avoue ne pas être un lecteur régulier.  Par contre, ce soir (je devrais dire cette nuit, du 28 au 29 décembre), au fil d’une conversation sur Twitter, Marilène a mis un lien vers l’un de ses billets; j’ai suivi le lien, et j’ai trouvé ce billet, qui traite de l’argumentaire fédéraliste.  Enfin, de sa lecture de l’argumentaire fédéraliste, tel qu’il était le 8 juillet dernier, jour de publication de son billet.  Je vais répondre à son texte directement dans celui-ci, espérant que madame Pilon ne m’en veuille pas trop.  De toute façon, vous pourrez comparer avec le billet original, directement sur le blogue de Marilène Pilon, en cliquant sur ce lien.  Évidemment, si madame Pilon me demande de retirer ce billet, et se montre en désaccord avec mes propos, je tenterai de négocier.  Genre.

Allons-y.  Le billet de Marilène Pilon est en vert, et mes réponses en noir.  C’est parti!

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Fédéralisme : un argumentaire à regarder

Publié le 8 juillet 2011

Au fil du temps, j’ai relevé certains arguments fédéralistes populaires. Mon objectif ici est de présenter la réalité de ces arguments pour tenter de les relativiser et aussi, je l’avoue, de les analyser un peu. Notez ci-dessous que le “Oui” représente en général les souverainistes et le “Non”, les fédéralistes. Je le précise parce que si nous changeons le sens de la question, ça défait tout mon texte!?!?!?

1 ) On ne brise pas un pays avec la moitié de la population : lorsque plus de la moitié des gens veulent changer un état de fait, on le change; c’est le principe de la démocratie. De plus, une majorité, c’est 50 % plus 1. Ça, c’est un principe mathématique.

Encore faut-il bien comprendre ce principe de la démocratie.  Est-ce 50% +1 du vote exprimé, ou du total des électeurs inscrits?  Prenons l’exemple des référendums sur les défusions municipales, patate chaude du premier mandat des libéraux de Jean Charest, au milieu des années 2000.  Pour qu’une municipalité puisse procéder à la défusion, il lui fallait obtenir 50% + 1 du vote exprimé, si et seulement si le taux de participation était supérieur à 30% de l’ensemble des électeurs inscrits.  Cette petite clause supplémentaire est venue fausser toutes les prédictions des experts; des villes du West-Island, comme Pierrefonds, Roxboro, et Lachine, sont demeurées fusionnées à Montréal, alors que la bourgade de Montréal-Est a réussi à sa défusionner.  Si l’on considère seulement 50% + 1 du vote exprimé, beaucoup se plaindront que la souveraineté n’a pas été décidée par la majorité, mais plutôt par le pourcentage du total des électeurs inscrits, qui sera sûrement de moins de 50%.  Je veux dire, si le vote exprimé représente 50% des électeurs inscrits, 50% + 1 de 50%, ça ne donne plus que 25% des électeurs inscrits.  De quoi alimenter les lignes ouvertes pendant des années!

1.1 ) Ça ne fait rien, tu n’es pas assez fort avec 50 % plus 1 : si on met la logique mathématique au rancart, poussons le raisonnement : les résultats “officialisés” de 1995 sont 49,4 % pour le Oui et 50,6 % pour le Non. Puisque ça prend supposément 55 % des votes, le Non a perdu aussi. Non?

Je crois que la grande majorité des québécois s’entendent sur ce qu’est une “majorité claire”.  Par contre, quel que soit le résultat d’un référendum sur une question d’une telle importance, le seul fait que le débat entraîne des chicanes parfois acerbes, et ce au sein même de plusieurs familles, fait que l’on retrouve des perdants des deux côtés.

1.2 ) Hahaha mais non, le Non ne peut pas perdre, c’est le Oui qui doit gagner à 55 %, il entraîne un changement important : et alors? Quand on change de gouvernement, 50 % + 1 ça fonctionne (passer d’un gouvernement de centre-gauche à un gouvernement de droite, ce n’est pas radical ça?). Aussi, si une municipalité vote pour un nouveau maire, 50 % + 1 ça passe.

Pourquoi le statu quo serait avantagé? Qui décide que le changement est opéré si on a plus de 50 % + 1 dans quelques situations, mais pas pour tout? Pardonnez-moi, mais changement important ou pas, quand la majorité vote dans un sens, on le fait : c’est la démocratie. Le Oui a bien respecté le résultat “officialisé” de 1995, une chance pour le Non. Et “respecter” ne signifie pas “accepter”.

Là aussi, je crois que les québécois comprennent bien – sachant qu’il y a toujours des exceptions qui confirment la règle – le sens d’une décision majoritaire.  Par contre, il faut noter que l’élection d’un gouvernement de droite, à l’heure actuelle, est purement théorique; tous les partis politiques au Québec – même Québec Solidaire – sont au centre, quoiqu’ils penchent tous un peu, d’un côté ou de l’autre.

1.3 ) Ce n’est pas grave, le Canada ne te reconnaîtra pas avec 50 % plus 1 : Si c’est le cas, le Canada est devenu une dictature. Vous riez? Démonstration : disons que le Canada exige 55 % des votes pour le Oui afin de reconnaître le pays du Québec. Ça signifie que pour chaque tranche de 100 personnes, 46 votes pour le Non gagnent contre 54 votes pour le Oui. Vous me suivez? Alors le Canada accorde plus de poids à un vote pour le Non qu’à un vote pour le Oui. Un citoyen qui vote du bon bord pour le Canada a plus de poids que celui qui vote du mauvais bord. Voter du bon bord : ce n’est pas une dictature?

Le Canada risque, tout au plus, de “faire la baboune”, pendant un certain temps, et d’attendre un peu, avant de reconnaître un éventuel pays du Québec, de voir la direction prise par les différentes diplomaties, à travers le monde.  Par ailleurs, dans plusieurs pays dits démocratiques – ainsi que dans beaucoup de syndicats québécois, entre autres, certaines décisions se prennent à une majorité supérieure à 50% + 1, souvent à “la majorité des deux-tiers”, où il faut le deux-tiers des votes pour que ladite décision soit entérinée.  Doit-on qualifier tous ceux qui pratiquent ceci de dictateurs?  En passant, je ne voudrais pas être mesquin, mais le Parti québécois n’était pas prêt à reconnaître, pour sa part, lors de la dernière refonte de la carte électorale, que le vote d’un électeur en région a plus de poids que celui d’un électeur urbain!  Tiens donc!

2 ) Le reste du Canada ne fera plus de commerce avec nous : ils vont probablement nous bouder une semaine ou deux, mais il ne dira jamais non à un marché de 8 millions de personnes. Nous représentons 23 % de la population du Canada actuel : ça en achète du pétrole et du bois. Le commerce continuera entre les 2 pays : depuis quand des gens d’affaires refusent de faire de l’argent avec un marché se trouvant à côté.

Globalement, non, mais commerce par commerce, certains le feront sûrement!  Je donne comme exemple les magasins d’outillage et de surplus Princess Auto; en plus de leur centre de distribution postale, et de leur siège social, tous deux situés à Winnipeg, ils opèrent une trentaine de magasins, à travers tout le Canada,… sauf au Québec!  Pourquoi?  Aucune idée!  Reste que leurs circulaires, et leur site web, sont disponibles en français, sur demande, et qu’à part une faute de frappe à l’occasion, la traduction y est excellente.  Autre exemple; Walmart!  Cette entreprise multinationale a décidé, après une tentative infructueuse, de retirer ses billes, en Allemagne; il y a pourtant beaucoup plus que 8 millions de personnes, en Allemagne!  Est-ce que d’autres entreprises seront tentées de se retirer du Québec, suite à un référendum gagnant?  Ce sera à suivre; dans un sens comme dans l’autre, personne ne peut le garantir!

3 ) On ne pourra plus utiliser le dollar canadien : mais oui, le Canada va nous supplier de l’utiliser. Sinon, on le vendrait et ça ferait chuter la valeur de la monnaie drastiquement parce qu’il y en aurait énormément sur le marché. Pas très bon pour les importations. Trop bas, c’est comme pas assez.

Au contraire; à quel moment les entreprises canadiennes – dont de nombreuses québécoises – ont-elles fait le plus d’exportations, sinon quand le dollar canadien est tombé autour de 62 cents US, vers la fin des années 1990?  Une devise faible entraîne une augmentation des exportations, dans certains domaines, alors que dans d’autres, c’est le contraire.  Bref, que l’on utilise ou non le dollar canadien, certaines entreprises tireront leur épingle du jeu mieux que d’autres.

4 ) On n’a pas d’armée et on va avoir une guerre civile : Le Canada et le Québec sont 2 états de droits. Nous sommes diplomates alors on va se parler bien avant de se taper dessus. Nous avons beaucoup d’installations au Québec (allez voir sur le site des forces canadiennes). Alors nous achèterons l’actif (à moins qu’il ne soit déjà à nous?). Nous pourrions faire une armée de Casques Bleus; c’est juste une idée, on jase là.

Justement, on jase, là; je ne suis pas convaincu qu’une majorité d’électeurs croient en la possibilité d’une guerre civile, suite à un oui majoritaire.  Par contre, il faut tenir compte des engagements internationaux que prendra un éventuel Québec souverain; sera-t-il membre de l’ONU, de l’OTAN, signera-t-il d’autres traités internationaux?  Tout cela reste à voir!  Et si un éventuel ennemi se pointe, il sera trop tard pour commencer à acheter de l’équipement!

5 ) On va être comme la Grèce, sur le bord de la faillite et nous serons surendettés : La Grèce est en difficulté parce que beaucoup de Grecs ne payent pas leurs impôts. Nous les payons à ce que je sache. Nous allons simplement tout envoyer à Québec au lieu d’en envoyer d’abord à Ottawa pour un tri, utilisés pour des priorités qui ne sont pas les nôtres avant de nous être retournés en partie.

La Grèce, comme l’Italie, et de nombreux autres pays d’Europe, sont en difficulté parce qu’ils n’ont pas respecté les règles les plus élémentaires du gros bon sens économiques, à savoir, entre autres, que 1) lorsque l’on a une dette, il faut la rembourser, et 2) les régimes de pensions doivent s’autofinancer, pour être fonctionnels.  Et vous savez quoi?  L’Amérique du Nord, le Canada, et particulièrement le Québec, ont exactement les mêmes problèmes!

6 ) On reçoit 8,5 milliards de dollars chaque année du fédéral, il va falloir qu’on commence par refuser ce chèque : oui, nous le refuserons lorsque nous arrêterons d’envoyer nos sous à Ottawa. En attendant, on va exiger notre argent : je ne suis pas d’accord pour payer sans avoir de services en fonction de mes priorités en retour. Et c’est exactement ce que les Conservateurs font en mettant notre argent dans leurs avions F-35. Et dites-vous que si nous étions un coût pour le Canada, il ne se forcerait pas tant que ça pour nous garder avec la Loi C-20.

D’abord, clarifions une chose tout de suite; dans un Québec souverain, ce n’est pas le Québec qui va refuser le chèque de péréquation, mais plutôt le fédéral qui refusera de le verser!  La péréquation est versée aux provinces plus pauvres, afin de leur permettre d’assurer des services – provinciaux – équivalents à la population, d’une province à l’autre.  Ainsi, il ne faut pas mélanger les choses; la péréquation, c’est une chose, et les services assumés par le fédéral, c’est une autre histoire.  Or, ces services, qu’on en apprécie ou non les valeurs, sont assumés, et on doit payer les impôts correspondants à ces services.  Quant à la loi C-20, qui soit dit en passant, ne contient que trois articles, elle tient à protéger surtout l’intégrité territoriale du Canada, d’un océan à l’autre, et n’a rien à voir avec les finances.

7 ) On va perdre nos pensions : non, nous avons payé toute votre vie pour financer la Pension de la Sécurité de la Vieillesse. Ces argents reviendront à l’organisme qui s’en occupera ici, c’est notre part de l’actif fédéral qui reviendra au Québec (l’organisme existe déjà en passant, il s’appelle la Régie des Rentes du Québec; on le réorganise, même pas besoin de l’inventer!) : notre chèque aura une fleur de lys au lieu d’une feuille d’érable. Nous n’aurons qu’un organisme à financer, pas deux. On vient de diminuer les frais administratifs. Et ça s’applique à d’autres structures.

Il y a longtemps que cet argument est obsolète!  Mais plus précisément, si l’on confiait les pensions de vieillesse fédérales à la Régie des rentes du Québec, souveraineté ou non, je me priverais de manger pour investir dans des RÉER!  Nous savons tous que la RRQ est montée exactement comme un schème de Ponzi, et que d’ici 25 ans tout au plus, elle ne pourra plus verser de rentes à qui que ce soit!  Et ça, ce n’est pas la faute du fédéral!  Aussi, en moyenne, les programmes québécois coûtent plus cher à administrer que les programmes fédéraux – quoique ceux-ci ne doivent pas être qualifiés d’économiques pour autant!  Ceci étant dit, ce ne sont plus des économies, mais des coûts supplémentaires, qui vont nous attendre!

8 ) Tu veux casser mon pays en deux : la 20 ne se désagrégera pas aux frontières du Québec : on continuera de voyager quand même, seul le politique changera. Si vous passez de l’Espagne à la France, vous n’avez pas besoin de passeport. Ce modèle pourrait être appliqué ici aussi.

Il s’agit de rouler sur les routes du Québec pour se rendre compte que la 20 se désagrège, comme toutes les autres!  La question des passeports sera probablement l’une des plus faciles à régler, entre le Québec et le Canada.  Par contre, le passeport québécois sera-t-il aussi reconnu et respecté, à travers le monde, que le passeport canadien?  Ça, c’est une autre histoire!  Et encore une fois, personne ne peut rien garantir!

En résumé, la campagne de peurs du camp du Non demeure bien modeste lorsque nous les regardons en face. Je vous invite à me transmettre d’autres arguments pro-Canada : ils pourraient peut-être faire partie d’un autre blog.

En attendant, imaginez tous nos impôts utilisés pour nos priorités au lieu de financer une partie des projets du Canada dont nous ne verrons jamais la couleur parce qu’ils sont faits ailleurs qu’au Québec. Restructurer notre administration ici plutôt que de financer celle d’Ottawa parce que nous avons déjà les institutions et les installations pour effectuer ces tâches fédérales.

Notre modèle n’est pas parfait ni complet, mais un Québec souverain nous donnera les moyens de nos ambitions.

Excusez-moi de briser votre rêve, madame Pilon, mais le problème d’un Québec souverain sera le même que celui d’un Québec confédéré au sein du Canada, et il est d’ordre économique.  Nous avons des habitudes de vie plus européennes que nord-américaines (travailler moins d’heures, prendre sa retraite plus rapidement, etc.), bref, nous sommes moins productifs que nos voisins! Devant un tel constat, comment pourrions-nous devenir plus riches qu’eux?  Si le « modèle québécois » est vraiment un modèle, pourquoi aucun état, de par le monde, ne tente-t-il de l’imiter?  Même au sein du Canada, le Québec devient inexorablement la province la plus pauvre, malgré ses richesses naturelles!  C’est tout le modèle de gestion québécois qu’il faut réformer, et ce pour deux raisons.  Dans un premier temps, le fait de changer le modèle nous rendra plus efficaces, puisque l’appareil gouvernemental, fortement réduit, nous coûtera moins cher, et ce faisant, nous permettra de faire rouler davantage l’économie, puisque nous paierons moins d’impôts.  Ensuite, un Québec plus riche, autant individuellement que collectivement, aura un bien meilleur rapport de force, face au gouvernement fédéral, que ce soit pour négocier la part québécoise d’un programme pancanadien, ou pour provoquer la sécession du pays.

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J’aime bien m’engueuler – gentiment – avec Marilène Pilon, et ma foi, je crois que c’est réciproque.  Et nous le ferons sûrement dans les prochains jours!