10,000$ pour 197 viaducs

Le Journal de Montréal publie un article, ce matin, dans lequel Michel Gagnon, président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), vient dénoncer le fait que la direction de Laval du MTQ, en 2003-2004, n’a attribué que 10,000$ de budget pour l’entretien des 197 ponts et viaducs disséminés ça et là sur le territoire, et que rien de tout cela n’ait été discuté ou fouillé lors de la Commission Johnson, qui a rendu son rapport dernièrement.

Le pauvre monsieur déplore que tout le monde ait été blâmé, sauf les politiciens. Mais lui, ce monsieur Gagnon, où était-il, pendant les travaux de la commission? Sur une plage de Cuba? Pourquoi n’a-t-il pas fait appel à ses contacts pour venir témoigner devant la commission? S’il savait quelque chose de pertinent, il n’avait qu’à se faire voir au Journal de Montréal avant, ou même pendant les travaux de la commission, je suis convaincu que Pierre-Marc Johnson lui-même, ou encore l’un de ses proches collaborateurs, l’auraient contacté personnellement. Mais non, il attend que tout le monde soit rentré chez lui pour venir se plaindre à Mathieu Boivin, de Journal de Montréal. Et maintenant, qu’est-ce que Michel Gagnon croit que le gouvernement va faire, à partir de ces informations? Rouvrir une autre commission, à 6 millions$ de la « shot », pour l’écouter?

Quant à savoir pourquoi les politiciens s’en tirent toujours, il n’y a qu’à jeter un oeil sur l’affaire du scandale des commandites; trois ou quatre prête-nom sont derrière les barreaux, alors que Jean Chrétien continue à jouer au golf avec son cardiologue. Probablement avec des balles portant sa signature. Jean Charest avait déclaré, en 2003, que sa priorité première, c’est la santé. Son plan était de geler tous les autres ministères pour mettre de l’argent en santé. Et la population l’a élu. Le président de l’APIGQ s’attendait-il à des augmentations de budget? Tous les projets routiers ont été retardés d’une, ou de plusieurs années. Quant aux travaux d’entretien, le gouvernement Charest a fait la même chose que ses prédécesseurs depuis la grande purge de René Lévesque, c’est à dire couper et retarder.

Parlant de cela, je me demande combien d’ingénieurs travaillent à temps plein pour le gouvernement du Québec. Ne serait-ce pas une responsabilité que l’on pourrait très bien donner en sous-traitance?

L’autoroute 610: De qu’ossé?

Hier soir, la Presse canadienne publiait une courte nouvelle concernant un accident mortel sur l’autoroute 610, à Sherbrooke. Quoiqu’un accident mortel soit toujours triste, et je compatise avec la famille de la victime, je me demande, par la même occasion, quelle est la logique du MTQ pour avoir renuméroté une partie de l’Autoroute 10, qui passe au nord de l’agglomération sherbrookoise, autoroute 610.

Si l’on prend le système de numérotation des routes, au Québec, tel qu’élaboré par le MTQ, on dit d’une autoroute numérotée à trois chiffres, dont le premier chiffre est pair, qu’elle est une autoroute de déviation, et qu’elle doit en principe (parce qu’aucune autoroute au Québec ne le fait pour l’instant) se rattacher à l’autoroute principale à ses deux extrémités. On explique même que pour l’instant, il n’y a pas vraiment d’autoroute de déviation, et on illustre l’exemple de l’A-640, qui se rattache à une seule extrémité de l’A-40, mais qui devrait en principe le faire éventuellement à l’autre parce qu’elle a été prévue en ce sens. Ceci étant dit, je me demande à quoi pourrait se rattacher l’autoroute 610. On pouvait se dire, en regardant une carte de la région, que l’autoroute 410, qui devrait éventuellement contourner l’agglomération de Sherbrooke par le sud, qu’elle finirait par rejoindre l’A-10, mais l’A-10 est devenue l’A-610. Je ne comprends plus rien à la logique du MTQ, dans cette région. Quelqu’un pourrait m’expliquer?

À moins qu’il s’agisse de faire travailler un peu l’équipe de la signalisation. Vous savez, ces types, avec le camion jaune muni d’un espèce de bras canadien qui sert à planter les poteaux des panneaux de signalisation. Ils devaient n’avoir rien à faire, alors la direction régionale leur a fait changer les panneaux de l’A-10 pour des panneaux marqués A-610. C’est comme dans le grand Montréal, on change quelques fois les panneaux dans le but de diriger la circulation sur une voie rapide plutôt qu’une autre. Par exemple, les automobilistes en provenance du West-Island ou de l’Ontario, qui empruntent l’A-40, ont pu remarquer que l’on indique désormais « Montréal centre-ville » vers l’A-13 sud, et qu’à partir de l’échangeur de l’A-13, vers l’est, on indique maintenant « Québec » au lieu de « Montréal », sur les panneaux de l’A-40 est. On peut comprendre que ce changement peut amener des automobilistes à ne pas prendre l’autoroute Décarie, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Un autre changement, encore plus récent, pour ceux qui prennent l’A-40 vers l’ouest; on a commencé à remplacer l’appellation « Hull/Ottawa » par « Ottawa/Gatineau » sur tous les panneaux. Je ne sais pas à quoi sert ce dernier changement, mais ça tient les gars occupés.

Par contre, je ne comprends toujours pas l’affaire de l’A-610, à Sherbrooke…

La loi de Pauline 1ère sur les tablettes

Il semble que le voeu de Pauline 1ère sur la teneur en français des nouveaux arrivants ne sera pas exaucé. Jean Charest a annoncé que le projet de loi 195 sur l’identité québécoise sera tabletté.

Bizarre que Pauline 1ère ait voulu rassembler les québécois dans le « nous » en exigeant des immigrants de passer un test sur leur capacité à parler et à comprendre le français au moment même où la commission Bouchard-Taylor se promène de ville en ville et prend toute la place dans les médias. Le passage à Trois-Rivières, à quelques minutes de voiture du célèbre symbole qu’est devenu le village d’Hérouxville, de la commission itinérante (quoique les deux co-présidents sont pourtant loins de l’être) a permis aux gens de voir les médias s’agglutiner encore une fois autour du conseiller municipal à l’origine du fameux code de vie local, André Drouin, qui a ainsi pu se donner en spectacle à nouveau. Loin de moi l’idée de mettre ici quelque jugement de valeur que ce soit, à tout le moins pour l’instant. J’ai des opinions bien arrêtées sur le sujet des accommodements raisonnables, et je les émettrai en temps et lieu.

Pendant ce temps, l’autre commission itinérante, celle de la ministre Marguerite Blais, sur les conditions de vie des personnes âgées, se déroule dans la plus totale indifférence. Était-ce un coup de stratégie des libéraux?

Selon Québec, les criminels doivent rester dans la rue!

Une nouvelle publiée ce matin a de quoi faire réfléchir. Selon les divers articles publiés dans le Journal de Montréal, et repris par le site Canoë, les syndicats de policiers sont en furie, parce que le gouvernement fédéral, dans un effort pour lutter contre la criminalité, a offert aux provinces de payer la moitié des dépenses (129,000$) qu’occasionnerait l’arrivée de chaque nouveau policier à embaucher, soit 2500 pour le Canada, dont 586 dans notre société distincte, et Québec aurait refusé de joindre ce programme, tout simplement pour « ne pas engorger les palais de justice et les prisons », selon ce que l’on rapporte dans cet autre article.

Si ce que l’on dit est véridique, Québec a vraiment fait fort, dans ce dossier. On dit que le gouvernement québécois préfèrerait prendre les sommes allouées par le programme fédéral pour financer la lutte aux gangs de rue et à la cybercriminalité. Je me demande bien comment on fait pour lutter contre les gangs de rue si l’on embauche pas de nouveaux policiers. On donne des dépliants aux délinquants? De plus, une embauche massive de policiers « pourrait provoquer un embouteillage à l’École nationale de police du Québec », pouvait-on lire dans un document. Vraiment, dans la lutte à la criminalité, Québec « fesse dans l’dash »!

Si ça continue, les fonctionnaires nombrilistes du gouvernement du Québec vont finir par sortir les enfants des écoles, parce qu’ils font trop de bruit et que cela dérange la quiétude des enseignants. Aprèes tout, ils ont bien sortis les patients des hôpitaux psychiatriques…

Eleuthera: Le Québec péquiste avait un plan de paradis fiscal?

C’est fou, ce qui peut ressortir, dans les nouvelles du site Canoë, quand les chiens écrasés viennent à manquer. Un article, originaire de la chaîne télévisée Argent, fait mention du fait que Marcel Léger, ministre du tourisme au sein du gouvernement du parti québécois au début des années 1980, et père de Jean-Marc Léger, de la maison de sondages Léger Marketing, avait une entente de principe avec le gouvernement des Bahamas dans le but de mettre la main sur l’île d’Eleuthera, dont les plages d’un sable rosé seraient les plus belles de tout l’archipel.

Le projet serait tombé à l’eau (sans jeu de mots) lorsque le PQ a perdu le pouvoir aux mains des libéraux, en 1985. À l’époque, on ne savait pas de quelle île il s’agissait, mais on parlait tout de même de ce projet, puisqu’au Bye Bye de cette année-là, il y avait même eu un numéro dans lequel on parlait de la « Marceloupe ».

C’est triste que cela n’ait pas fonctionné. Avouez que l’endroit aurait été idéal pour la construction de la « résidence principale » de Pauline 1ère, ou à tout le moins beaucoup mieux que l’emprise de la future autoroute 440, à l’Île-Bizard. En plus, pas de pelletage de neige en hiver! La belle vie, quoi!

Mais ne bouffons pas du péquiste trop rapidement! Le fédéral a aussi eu, dans le passé, des plans de paradis fiscal dans le Sud, plus précisément les îles Turk et Caïcos, communément appelées « les îles turquoises » dans les agences de voyages. Et comme une idée saugrenue ne meurt vraisemblablement jamais, il semble qu’un député conservateur, en 2004, ait voulu réactiver le dossier. On en parle aussi dans l’article. C’est ben pour dire à quel point le soleil peut avoir des capacités d’attraction formidables…