Le Canada aux urnes 2011: Merci à Muguette Paillé pour services rendus!

La campagne électorale fédérale tournait en rond depuis le début.  Les libéraux, les néo-démocrates et les bloquistes avaient beau faire plein d’effets de manches avec leur histoire d’outrage au Parlement, rien ne bougeait.  Au contraire; le premier ministre sortant profitait de ce tir groupé de l’opposition pour capitaliser sur la nécessité d’élire un gouvernement conservateur majoritaire, afin de combattre cette “coalition broche-à-foin”!  Même le débat anglophone a conforté Stephen Harper en tête des sondages!  Mais le soir du débat en français, tout allait basculer!

Lors du passage de l’Écho de Maskinongé dans sa paisible demeure de Sainte-Angèle-de-Prémont, Muguette Paillé était sur le point d’effectuer une autre entrevue, cette fois en direct à la caméra. Photo, © L’Écho de Maskinongé

Une dame de Sainte-Angèle-de-Prémont (mais c’est où, ça, Sainte-Angèle-de-Prémont?), en Mauricie (ah bon, merci!), Muguette Paillé, 53 ans, allait devenir la bouée de sauvetage tant espérée par tous les partis, afin de relancer cette campagne plus morte que le sous-sol du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges au grand complet!  Et elle l’a fait gratuitement (heureusement qu’elle n’a pas eu à payer; elle est sur ses dernières semaines de chômage!), en étant sélectionnée, parmi des milliers, à poser, directement à la télévision, sa question, qui était la suivante:

“Le taux de chômage est très élevé en Mauricie, les emplois sont précaires et il est difficile pour une personne comme moi, âgée de 53 ans, de se trouver du travail. J’aimerais savoir ce que vous comptez faire pour la création d’emploi au Québec, particulièrement en Mauricie, et pour aider les personnes de plus de 50 ans à se trouver un boulot permanent.”

Les chefs des formations politiques, et particulièrement Michael Ignatieff, du parti libéral, ont littéralement sauté sur madame Paillé, comme la misère s’attaque au pauvre monde!  Iggy a même téléphoné à la dame, au lendemain du débat, probablement pour la remercier d’avoir donné un nouveau souffle à sa campagne, qui jusque là prenait des airs de berceuse.  Mais mine de rien, la question de madame Paillé a également fait réagir la population; je ne crois pas que le fait que le thème de l’économie et de l’emploi, sur une base nationale, ait fait un bond de presque 3 points en un seul jour, au détriment de la santé, soit étranger à la question de Muguette Paillé.  Voyez par vous-même ce graphique, issu du sondage national quotidien CTV/Globe/Nanos.

Pour ceux qui comprennent que dalle à la langue de Shakespeare, on pourrait traduire la question par « Quelle est votre préoccupation NATIONALE la plus importante? »  Les répondants peuvent choisir entre l’environnement (ligne verte), l’éducation (ligne jaune), l’emploi et l’économie (ligne rouge), la santé (ligne bleue), ou les taxes et impôts élevés (ligne orangée).  Ce graphique fait partie de toute une collection de données, renouvelée à chaque jour, dont une tendance nationale d’appui aux partis, en figure principale.

J’aime bien la méthodologie de ce sondage; au lieu de faire un sondage quotidien de 1000 personnes, ce qui coûterait très cher, CTV et Globe ont confié à la firme de sondages Nanos le mandat de faire un sondage de 400 répondants à chaque jour, et on compile les résultats des trois derniers jours, ce qui donne un échantillonnage de 1200 répondants.  Le quatrième jour, on additionne les 400 nouveaux répondants, et on retranche les 400 plus anciens, puis on répète cette opération à chaque jour de la campagne.   Avec cette méthode, on obtient un résultat dont la marge d’erreur est de ±2,8%, 19 fois sur 20.

Pour revenir à madame Paillé, cet article du site web de l’hebdomadaire local L’Écho de Maskinongé nous dit que la dame peine à répondre à toutes les demandes d’entrevues, en provenance des médias nationaux.  Si cette activité permet une visibilité inattendue à sa municipalité, je ne vois malheureusement pas de quelle façon on pourra créer de l’emploi à Sainte-Angèle-de-Prémont; à part une usine de traitement de la viande de veau, qui emploie 70 personnes, les seuls employeurs locaux sont les commerces de la place!  Une ancienne épicerie, devenue dépanneur, une station-service, et quelques garages de débosselage, ne peuvent suffire à eux seuls à faire rouler une population de quelque 700 âmes.

Sans école primaire, ni caisse populaire, Saint-Angèle-de-Prémont est voué à une extinction, à court ou à moyen terme, à moins que la jeunesse de la place veuille bien y retourner, afin de s’y installer à demeure, et de réaliser des projets créateurs d’emplois.

Le Canada aux urnes 2011: La campagne des Sans Chemise

J’écris ce billet en prêtant une oreille au débat francophone des chefs.  Les partis ont installé leurs pancartes, et le même droit est accordé aux intervenants, qui se sont inscrits auprès d’Élection Canada.  Ces intervenants ont le droit d’afficher, comme les partis politiques, et ce même s’ils ne présentent pas de candidat.

Or, jusqu’à maintenant, je n’ai vu les affiches que d’un seul intervenant, une organisation appelée les Sans chemise.  Ils diffusent leur requête, à savoir d’améliorer les normes de l’assurance-emploi.  Ce que je trouve drôle, c’est la façon dont ils s’y prennent pour passer leur message.

Sur l’affiche de gauche, on spécifie qu’un chômeur sur deux n’a pas accès aux prestations de l’assurance-emploi, et que cette situation doit changer.  Sur celle de droite, on dit à Stephen Harper de ne pas même penser à changer l’assurance-emploi.

Si je décide de faire une campagne en disant une chose, et son contraire, en même temps, c’est comme ça que je veux le faire!

Yes man: Ma réponse à « Yanic au quotidien »

Encore une fois, en ce dimanche soir, je traînais sur Twitter, et un lien m’a conduit vers un billet, écrit sur le blog “Yanic au quotidien”, et dont le titre est “Yes man!  Je n’aime pas Réseau Liberté Québec”.

Après avoir lu son billet, j’ai commencé à écrire une réponse, et alors que celle-ci commençait à se prolonger sérieusement, je me suis questionné sur certains blogs, qui limitent le nombre de caractères de ceux qui commentent, ainsi que sur la modération qui, bien que foncièrement honnête, dans la plupart des cas, pourrait refuser mon commentaire, si l’on trouve que je m’oppose trop aux propos de l’auteur.  C’est là que je me suis dit que la meilleure façon de répondre, tout en contournant la limite potentielle de caractères, et la modération, serait de répondre ici, sur le Blogue, quitte à aller mettre un lien, dans son espace de commentaires, menant vers mon propre billet.  Évidemment, je vous conseille d’aller lire le billet de Yanic avant de parcourir ma réponse à celui-ci.

Assumant que vous l’avez maintenant fait, voici ma réponse à Yanic.

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Et si les intérêts du québécois – ou du membre du Réseau Liberté Québec – n’étaient pas les mêmes que ceux des centrales syndicales?  Vous y avez pensé, à cela, Yanik?

Les québécois sentent de plus en plus que les syndicats les ont roulés; de bonnes organisations qu’elles étaient, dans un passé pas si lointain, les centrales syndicales sont devenues des monstres aussi obèses que le gouvernement lui-même, qui recherchent de plus en plus de cotisations, de plus en plus d’argent, afin de maintenir leur mainmise sur l’espace-média, qui leur est fidèle depuis tant d’années.

Le problème, c’est que malgré cela, cette mainmise commence à leur glisser entre les doigts.  En effet, les médias peuvent de moins en moins passer à côté de ce courant qui s’anime, encore embryonnaire, pour l’instant, mais qui tend à se développer, chaque jour un peu plus.  Ce courant, dit de droite, s’organise, se décomplexe, et prend une place toujours grandissante, dans l’opinion publique québécoise.  Les médias n’ont plus le choix de lui donner la parole, car ils se sentent eux-mêmes pointés du doigt, leur allégeance vers les centrales syndicales apparaissant de plus en plus évidente, au vu et au su de tous.  Les médias n’ont plus le choix de lui donner la parole, s’ils veulent préserver un semblant de neutralité dans le traitement qu’ils font de l’information.

Mais chaque minute, que les médias accordent à ce courant dit de droite, leur échappe désormais, et ça, ça énerve les dirigeants des centrales syndicales.  Ceux-ci, constatant que la nouvelle donne semble irréversible, surtout depuis la création d’un mouvement, le Réseau Liberté Québec, qui permet le réseautage des tenants de ce courant dit de droite, décident donc de s’y attaquer, de tous les moyens imaginables, et avec toute la puissance financière de leurs centrales.  En effet, ils mettent des millions de dollars en disponibilité, et créent l’Alliance sociale, afin de lutter contre un mouvement créé par six individus, qui ont mis la mirobolante somme… de 500$ chacun.  La puissance financière des centrales syndicales québécoises, ajoutées à celle de plusieurs syndicats étudiants, le tout contre une puissance totale de 3000$!  C’est de cette façon que les centrales syndicales démontrent qu’elles apprécient les luttes « d’égal à égal »?

Si un courant de droite tend à prendre de plus en plus de place, au Québec, c’est parce que le Québec, au fond, a toujours été un peu à droite.  Eh oui, vous avez bien lu; le Québec a toujours été à droite!  Bon, sauf depuis le début de la Révolution tranquille, je l’admets, mais la raison en est bien simple; les élites, incluant les dirigeants syndicaux de l’époque, à l’origine de la Révolution tranquille, ont fait un travail de moine pour tenter d’effacer de la mémoire collective du Québec la notion de conservatisme politique.  Pour ce faire, ils ont coupé tous les liens avec les racines canadiennes-françaises, ont littéralement démonisé Maurice Duplessis, et le chanoine Lionel Groulx, et ont construit de toute pièce une toute nouvelle identité au peuple; désormais, on devra parler des… québécois!

Ceci résume un tant-soit-peu un exposé beaucoup plus complet, dont je ne suis pas l’auteur; cet exposé, intitulé “La mémoire du duplessisme et la question du conservatisme au Québec”, est écrit par Mathieu Bock-Côté (collaboration pour “Duplessis, son milieu, son époque”, de Xavier Gélinas et Lucia Ferretti (dir.), Québec, Septentrion, 2010, p. 432-453), et explique très bien la “job de bras” qui fut effectuée, à l’époque, pour “nettoyer le cerveau” des canadiens-français, si je puis dire.

Ainsi, cela n’a rien à voir avec PKP, ni avec sa présumée mainmise sur le cerveau des citoyens.  Les québécois ont toujours été à droite, et comme le dit le proverbe, “Chassez le naturel, il revient au galop”; il est donc normal que les québécois retrouvent leurs racines, et ce malgré 50 ans de loyaux efforts des élites des années 1960, et de leurs successeurs.  Donc, comme vous le dites vous-même en conclusion à votre article, les élites québécoises ont répété au peuple, encore et encore, qu’ils n’étaient pas de droite, tant et si bien que le peuple y a cru.  Sauf que depuis quelques temps, le jupon dépasse, et les québécois commencent à remonter le temps.  Ils se rendent de plus en plus compte qu’avant la Révolution tranquille, ils étaient peut-être exploités par les “maudits anglais”, mais cela ne les empêchaient pas d’avoir des racines.  Ils se rendent de plus en plus compte que les élites – dont les dirigeants des centrales syndicales – les ont berné, se sont payés leur tête, en les coupant de leurs racines.  Les québécois commencent à se réveiller, et le mouvement n’est pas à la veille de s’arrêter.

Comprenez-moi bien; je ne suis pas un des fondateurs du Réseau Liberté Québec, ni même un membre de ce mouvement.  Je suis à peine un sympathisant.  Le RLQ véhicule des idées qui me rejoignent, mais quelque chose manque encore, à mes yeux.  Toutefois, de plus en plus de québécois écoutent les idées véhiculées par le RLQ.  De plus en plus de gens constatent que leurs intérêts n’ont plus rien à voir avec celui des centrales syndicales, qui obtiennent ce qu’elles veulent des gouvernements depuis la Révolution tranquille; des revendications de plus en plus déconnectées de la réalité quotidienne des québécois, qui doivent malgré eux payer la note, toujours plus salée.  Et quand, dans le domaine privé, des revendications semblables sont faites, contre une entreprise dont le secteur d’activités est en pleine mutation, de plus en plus de québécois font la sourde oreille devant une meute d’enfants gâtés, qui gagnent davantage sur le trottoir qu’eux-mêmes en plein travail.

Les membres du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM) voulaient faire plier les genoux de leur “big boss”.  Sauf que le big boss a été le plus “fin renard” des deux, et les a pris à leur propre jeu; en se retrouvant en lock-out, les membres du STIJM ont perdu le momentum, face à PKP.  Ils se sont retrouvés sur la défensive, et ce tout au long de ce conflit.  Dans la partie d’échecs, qui les opposait à la partie patronale, les membres du syndicat avaient toujours deux ou trois coups de retard, et c’est ce qui a causé leur perte.  Il fallait s’attendre qu’un jour ou l’autre, la CSN allait se fatiguer de mettre de l’argent dans des campagnes qui n’ont jamais levé, et ce parce que les “pauvres artisans sur le trottoir” gagnaient plus cher avec leur fonds de grève que l’acheteur moyen du Journal de Montréal, d’une part, et d’autre part parce que le lectorat du JdeM augmentait pendant le conflit, ce qui prouvait que malgré tout ce qu’on a pu en dire, le produit n’a connu aucune baisse de qualité, des suites du conflit de travail.  Les annonceurs continuaient à y trouver leur compte, les profits ont augmenté, et les lecteurs n’y voyaient que très peu de changement, si ce n’est que quelques chroniqueurs qui ont quitté le navire, en appui aux lockoutés.

Yanic, tu n’aimes pas Réseau Liberté Québec, et c’est ton droit le plus strict.  Mais face au conflit du Journal de Montréal, le partisan du RLQ, comme tu le décris, n’a pas agi contre ses propres intérêts en continuant de lire le quotidien francophone le plus lu en Amérique du Nord; au contraire, il a agi dans son propre intérêt, à savoir celui d’avoir le choix de sa source d’information.

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MISE À JOUR – 10 mars 2011, 6h00.

J’ai effectivement mis un commentaire, sur le blog Yanic au quotidien, avec un lien qui mène ici, et ce dès la publication de ce billet, soit dans la nuit du 6 au 7 mars dernier.  Mais à date, la modération ne l’a pas encore accepté.  Curieusement, je ne m’attends pas à ce qu’il le soit!

Yvon Deschamps: Victime de maltraitance?

Ce billet aurait pu s’appeler « Retour sur une vieille affaire », et cela n’aurait eu rien à voir avec l’âge respectable de la personne dont il est question.  Je reviens sur une affaire qui a fait grand bruit l’an dernier, juste avant la période des fêtes.

Opération habituelle, quand vient le temps de faire la promotion d’un spectacle, Yvon Deschamps “n’a pas hésité à franchir la ligne de piquetage”, selon les termes de Patrick Gauthier, de Rue Frontenac, en accordant une entrevue à Michelle Coudé-Lord, du Journal de Montréal, le 4 décembre dernier, dans la cadre de la pièce de théâtre qu’il a écrit, intitulée “Le boss est mort”.  La pièce, dont le personnage de Chose, mieux connu comme étant “le gars de la shop”, est joué par Benoît Brière, est présentée à guichets fermés jusqu’au 5 mars, au Théâtre de Quat’Sous, puis se promènera dans d’autres salles, dont on peut voir les dates, et la disponibilité des billets, sur le site web de la pièce.

Or, quelques jours plus tard, le 9 décembre, Patrick Gauthier, de Rue Frontenac qui, comme on le sait, est le journal web des 253 lockoutés du Journal de Montréal, qui en passant ne sont plus 253, a écrit un texte, “La solidarité, qu’ossa donne?”, dans lequel il tombe à bras raccourcis sur Yvon Deschamps, et sur le fait qu’il a osé accorder une entrevue au JdeM.  Pour justifier sa job de bras sur l’humoriste de 75 ans, il va jusqu’à dire que, contrairement à une vedette, qui ne pourrait faire supporter ses convictions (NDLR: Son appui aux lockoutés du JdeM) à ses collègues, moins bien nantis, dans le cadre d’une oeuvre collective, “Là, l’humoriste supporte une création narcissique, mettant en vedette un gars qui a fait fortune en faisant des pubs et mise en scène par quelqu’un qui a signé le plus gros spectacle de l’histoire du Cirque du Soleil. On ne parle pas d’artistes dans le besoin, mettons…”

On devine la suite; quelques jours plus tard, Yvon Deschamps se met littéralement à genoux devant les gens de Rue Frontenac, se confondant en excuses pour la “bourde énorme” qu’il avait commise en donnant une entrevue à Michelle Coudé-Lord, dans une lettre qu’il a fait parvenir à la rédaction du journal des lockoutés du JdeM, lettre qui fut publiée dans un article de Philippe Rezzonico, mis en ligne le 16 décembre 2010, sur le site de Rue Frontenac.

En relisant toute cette affaire, quelque deux mois plus tard, je suis porté à croire que loin de donner un scoop à la gang de Rue Frontenac, en parlant de sa retraite, autant de la scène que de la vie publique, Yvon Deschamps a été victime de maltraitance.  Voici pourquoi.

Un type comme Patrick Gauthier, qui connaît Yvon Deschamps depuis des lunes, sait très bien qu’il est un homme très sensible; d’ailleurs, il n’est pas sans avoir lu, dans l’article de Michelle Coudé-Lord, que l’humoriste y avoue avoir été battu par sa mère, dans son enfance, et déteste toute forme de violence.  Et quand on dit toute forme, cela comprend bien sûr la violence verbale.  Curieusement, Gauthier, dans son texte, n’y va pas avec le dos de la main morte, comme dirait l’autre!  Il n’hésite pas à écrire qu’en donnant son entrevue au JdeM, Yvon Deschamps “crachait au visage” des lockoutés, ce qui est très loin de refléter la réalité.  En réponse aux propos de l’humoriste, qui disait qu’il restait encore du travail à faire, malgré un rééquilibre des forces, comparativement à l’époque du monologue “Les unions, qu’ossa donne?”, rééquilibre incontestable, faut-il le préciser, Gauthier a répondu à Deschamps que sa vision des choses était “au mieux se mettre la tête dans le sable, au pire faire preuve d’une malhonnêteté intellectuelle crasse”.  Bref, il en met plus que le client en demande, et n’hésite pas à beurrer épais, sachant Yvon Deschamps incapable de tolérer la moindre effusion de violence.  Quant aux artistes qui ne sont pas “dans le besoin”, faut-il rappeler qu’une pièce de théâtre ne fait pas vivre que ses principaux protagonistes, contrairement à ce que laisse entendre Gauthier, mais également du personnel de soutien, dont la majorité gagne moins cher au travail qu’un lockouté du JdeM sur le trottoir!

En résumé, Gauthier savait très bien ce qu’il faisait, en envoyant cette volée de bois vert à Yvon Deschamps.  Il était convaincu qu’il allait faire réagir le vieil humoriste, et que ce dernier allait plier les genoux.  Un peu comme le type qui engueule sa vieille mère, qui refuse de lui prêter de l’argent, afin qu’elle le laisse finalement fouiller lui-même dans sa sacoche.  N’eut été de cette affaire, Yvon Deschamps aurait peut-être poursuivi sa réflexion, au sujet de sa retraite, ce qu’il faisait déjà depuis 2 ou 3 ans, et ce tout en continuant, à son rythme, de donner généreusement aux québécois, que ce soit sous la forme de nouvelles pièces de théâtre, d’apparitions surprise sur scène, ou encore de présences à la télévision, comme pour cette campagne de publicité gouvernementale, qui portait, curieusement, sur la maltraitance envers les personnes âgées.

Bref, même si cela s’est déroulé il y a plus de deux mois, si je m’appelais Patrick Gauthier aujourd’hui, je me sentirais extrêmement coupable, et aurais énormément de difficulté à me regarder dans le miroir.  Si quelqu’un, dans toute cette affaire, a fait preuve de malhonnêteté intellectuelle crasse, il ne s’agit surtout pas d’Yvon Deschamps, mais plutôt de Patrick Gauthier lui-même.

Droite au Québec: Claudette Carbonneau a peur pour rien!

Nous l’avons tous vu, dans les médias, que la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, a décidé de sortir l’artillerie lourde, et de combattre ce qu’elle appelle la “nouvelle” droite.  Enfin, c’est ce qu’indique Alain Bisson, de Rue Frontenac, dans cet article publié mercredi.

Mais de quoi Claudette Carbonneau peut-elle bien avoir peur, pour monter sur ses grands chevaux de cette façon?  D’abord, cette “nouvelle” droite n’a aucun budget, ou presque, comparativement à la CSN.  C’est donc dire que “l’exposure” médiatique que cette droite obtient, est finalement obtenue par l’entremise des discours alarmistes de personnes qui, comme Claudette Carbonneau, risque de perdre beaucoup, dans l’éventualité qu’une telle droite prenne le pouvoir.  Autrement dit, plus la présidente de la CSN parle de cette droite, plus celle-ci est exposée dans les médias, et plus les gens en parlent.  L’un des fondateurs du Réseau Liberté-Québec (RLQ), Ian Sénéchal, va même jusqu’à la remercier, pour toute cette publicité gratuite, dans une lettre ouverte publiée sur cyberpresse.ca.

Sauf que madame Carbonneau a tellement peur qu’elle oublie complètement que si cette droite n’a pas de budget de publicité, elle a encore moins de budget d’organisation, dans le sens politique du terme.  Je veux dire, le RLQ a déclaré ne pas vouloir se transformer en parti politique; il n’y a donc aucun danger que cette droite, puisque c’est bien de celle-là qu’il s’agit, présente un programme politique aux électeurs, et place des visages sur les poteaux, lors d’une prochaine campagne électorale.  Certains me répondront “Ouais, mais l’ADQ…”, ce à quoi je répondrai que mise à part la flambée d’appuis, aussi soudaine que éphémère, qui a suivi la déclaration de Gérard Deltell, dans laquelle il avançait que Jean Charest était “le parrain de la grande famille libérale”, ou quelque chose du genre, l’ADQ n’a rien soulevé, ces derniers mois.  Tous les autres partis le moindrement connus, au Québec, sont tous soit à gauche, soit très à gauche du Parti libéral du Québec (PLQ), qui lui-même est loin d’être un parti de droite.

Aussi, je me demande, encore une fois, de quoi Claudette Carbonneau peut-elle avoir aussi peur?  A-t-elle lu, dans les feuilles de thé, dans les cartes, ou dans ses urines, que cette droite, qui gravite autour du RLQ, pourrait bien s’organiser en parallèle, et proposer une équipe complète de candidats, aux prochaines élections?

A-t-elle peur qu’au sein même du membership de sa centrale, de très nombreuses personnes puissent avoir le goût de quitter la force syndicale, pour appuyer publiquement, et militer au sein d’une telle équipe de candidats?  J’avoue que si une formation politique voyait le jour, et proposait, entre autres éléments de son programme, la liberté d’adhésion syndicale, plusieurs membres de la CSN seraient fortement tentés de les appuyer, question de pouvoir éventuellement se détacher de la centrale syndicale de madame Carbonneau, tout en conservant leur emploi.

A-t-elle peur que cette droite, dans l’éventualité qu’elle prenne le pouvoir au Québec, se mette à chambouler toute l’organisation du travail, dans les secteurs public et para-public, de façon à ce que la concurrence permette enfin aux québécois d’en avoir plus pour leur argent?  Il faut dire que si un parti proposait de séparer l’assurance-maladie, qui demeurerait universelle, de la prestation des soins comme tel, qui pourrait très bien être effectuée par des partenaires privés, qui accepteraient la carte-soleil à titre de paiement, ou encore si ce parti mettait dans son programme un engagement de placer la compétence comme critère d’attribution de postes, dans l’enseignement primaire et secondaire, au lieu de la seule ancienneté, et ce afin de mettre les bons profs dans les bonnes classes, cela risquerait d’être la fin des haricots pour les dirigeants de grandes centrales syndicales québécoises, comme Claudette Carbonneau.

Je vais m’arrêter ici; je n’ai pas envie que la présidente de la CSN m’envoie une mise en demeure, exigeant que je ferme ma gueule, parce que je pourrais faire penser aux québécois qu’un autre Québec est possible, mais dans le vrai sens du terme!  Je ne voudrais pas non plus qu’elle envoie quelques fiers-à-bras – il doit sûrement rester quelques émules des “casseurs-de-vitres” des années 1970 – me faire la peau!  Alors si vous la voyez, et qu’elle vous parle de moi, je n’ai rien dit, d’accord?