Josée Legault sur le salaire minimum: Same old, same old…

Hier après-midi, au retour de mon travail, j’ai mis la main sur un exemplaire du Journal de Montréal, et j’ai pris le temps de lire la chronique de Josée Legault intitulée “Ces pauvres qui travaillent”.

Comme j’aime bien faire de temps à autres, je commenterai le texte de madame Legault directement dans celui-ci; madame Legault parlera en bourgogne, et en italique, alors que je répondrai avec le caractère normal.

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«Le travail enrichit». On connaît le refrain. Dans nos sociétés avancées, les travailleurs et les travailleuses «pauvres» sont pourtant nombreux. Et pour cause.

…pour cause?  Quelle cause?  La question qu’il faut se poser est la suivante; Qui travaille au salaire minimum, et pourquoi?  La réponse peut varier, mais la plupart du temps, les jobs au salaire minimum sont occupés par des gens qui commencent sur le marché du travail, comme des étudiants, des gens qui en furent longtemps exclus, etc., et ils y sont le temps de se mettre – ou de se remettre – dans le marché du travail.  On remarquera aussi que les entreprises offrant majoritairement des postes à salaire minimum ont aussi un taux de roulement de personnel plus élevé que la moyenne, ce qui prouve que ces gens recherchent, pour la plupart, à améliorer leur situation.

Le 1er mai, le salaire minimum monte d’un microscopique 20 ¢. À 10,75 $ de l’heure, pas besoin d’un doctorat en économie pour deviner l’impossibilité concrète de se donner un niveau de vie même minimalement décent.  À ce taux, l’achat d’une passe d’autobus mensuelle vaut à elle seule une journée entière de travail. Bref, on est ici à des galaxies du mythique 1 % des plus fortunés, des médecins ou même de la classe moyenne.

Tout est proportionnel, madame Legault!  Le niveau de vie d’un travailleur à salaire minimum est sûrement moins élevé que le vôtre, mais meilleur que celui d’un assisté social.  De toute façon, on occupe un job à salaire minimum non pas pour se donner un niveau de vie, mais bien pour se tailler une place sur le marché du travail, ce qui signifie, en bout de ligne, que ce type de job est avant tout temporaire.  C’est d’ailleurs l’erreur que perpétuent continuellement ceux qui prétendent “se battre contre la pauvreté”, à savoir définir cette situation, ou pire encore, celle de l’aide sociale, comme en étant une dans laquelle on pourrait passer toute sa vie.

L’écart se creuse

Pendant ce temps, les écarts de richesse se creusent en Occident. Même aux États-Unis, ça débat fort sur l’urgence d’un salaire minimum à 15 $. C’est tout dire.

Nos voisins du Sud ne sont pas à l’abri de la connerie, vous savez!  Eux aussi ont des groupuscules qui se battent contre les moulins à vent, et ceux-ci sont gâtés, pendant cette campagne à la présidence qu’ils vivent, d’avoir un digne représentant en la personne de Bernie Sanders.  Après l’urgence d’un salaire minimum à 15$, ils débattront sur l’urgence d’un salaire minimum à 20$,…  Ainsi va la vie, mes amis!

Cette semaine, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) avance le concept de «salaire viable». En se basant entre autres sur les disparités régionales et familiales et les prestations gouvernementales, l’IRIS établit ce «salaire viable» à 15,10 $ de l’heure pour un emploi à temps plein.

Si vous voulez mon avis, l’IRIS est à Québec solidaire ce que la firme de sondages Léger est au PQ, c’est à dire une boîte qui peut se permettre de torturer les chiffres pour leur faire dire ce qu’elle veut bien leur faire dire.  On pourrait prendre un autre “institut de recherche”, et lui faire dire que le salaire minimum est une situation enviable!

L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) abonde dans le même sens. Très loin du pactole pour les travailleurs pauvres et souvent sans avantages sociaux, on se rapprocherait néanmoins d’un pouvoir d’achat relativement meilleur.

Le piège, avec la hausse marquée du salaire minimum, est que la hausse somme toute relative du pouvoir d’achat qu’elle apporte est tout à fait temporaire.  En effet, l’employeur, qui ne peut pas espérer une hausse de productivité équivalente, devra compenser la hausse du salaire minimum par une hausse de prix de ses produits et/ou services, ce qui apportera une baisse de ses ventes, comme cela arrive à chaque hausse de prix.  Ainsi, au mieux, il verra son chiffre d’affaires baisser, et au pire, devra faire des mises à pied parmi son personnel.  Ainsi, loin de profiter d’une hausse de niveau de vie, les employés ainsi remerciés seront confrontés au chômage.

Beaucoup de monde

Selon l’IRIS, plus d’un million de personnes au Québec gagnent moins de 15 $ l’heure, dont 57 % sont des femmes et 60 % ont plus de 24 ans. Ça fait beaucoup de monde à vivre une grande fragilité financière et ses effets négatifs amplement documentés sur la santé.

Je posais la question, au début; Qui travaille au salaire minimum, et pourquoi?  On passe par un job à salaire minimum le temps d’apprendre – ou de réapprendre – à travailler, et ensuite, on va faire autre chose de plus valorisant, de plus payant, etc.  Éliminer le job à salaire minimum, c’est éliminer ce lieu d’apprentissage qui pardonne davantage les erreurs que dans des postes à responsabilités plus élevées, et dans les faits, cela n’arrivera jamais, puisqu’il faut toujours commencer quelque part.  Aussi, si l’on se rend malade à conserver un job à salaire minimum, ce n’est pas d’une augmentation de salaire que l’on a besoin, mais plutôt d’un psychologue!

Surtout, il y a quelque chose de révoltant à fermer les yeux devant la pauvreté quand on peut mieux la combattre. Il en va ainsi d’un salaire minimum trop bas. Mais aussi d’une aide sociale qui, même pour les prestataires inaptes à vie, les laisse avec encore moins.

Comme on dirait en bon québécois, “voilà le chat”!  La pauvreté – financière – est supposée être une situation temporaire, un moment où l’on atteint le fond du baril avant de mieux rebondir, et relancer sa vie sur de nouvelles bases.  Si l’on décide de rester dans la pauvreté – car il s’agit là d’une décision, il ne s’agit plus là d’une situation financière, mais bien d’un état d’esprit.  Combattre la pauvreté n’est pas le job d’un gouvernement, mais bien une tâche individuelle, qui incombe à chacun d’entre nous.  Se sortir du salaire minimum, c’est comme se sortir de l’aide sociale; il faut des efforts individuels que chacun doit faire, selon sa situation propre.

On passe notre temps à dire des phrases creuses comme “Ce n’est pas grave de tomber; l’essentiel, c’est de se relever”; ce n’est pas tout de les dire, ou de les coller sur son mur Facebook, on doit aussi les mettre en action au quotidien!  Pour ma part, j’ai passé par une fermeture d’entreprise; après avoir traversé le chômage, les “jobines” et l’aide sociale, je suis allé en formation (à 51 ans!), et j’ai repris le collier depuis plus d’un an, maintenant.  J’ai une bagnole de 25,000$ dans l’entrée (en plus de mon bon vieux pick-up), des cartes de crédit – pas toutes “loadées” – dans mes poches, et pourtant, je n’ai rien d’un superhéros!  Je ne suis qu’un homme qui a retroussé ses manches, s’est craché dans les mains, et a travaillé à améliorer sa situation.

Et le jour où l’on encouragera les gens à améliorer eux-mêmes leur situation, au lieu de leur faire miroiter la victoire héroïque d’une utopique lutte contre la pauvreté, il restera davantage de ressources pour finalement donner toute l’aide nécessaire à ceux que madame Legault appelle les “prestataires inaptes à vie”.

Commission Bastarache: Je le savais depuis le début!

Le site web de Radio-Canada, entre autres, nous parle, en ce mercredi, du dévoilement du rapport de la Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges du Québec, par son commissaire, l’honorable Michel Bastarache, juge de la Cour suprême du Canada à la retraite.  Et que rapporte l’article de la SRC?  Il raconte… ce que je disais depuis le début!

J’ai écrit ici, sur le Blogue, d’abord en avril 2010, puis en mai de la même année, que l’ancien ministre de la justice du premier gouvernement Charest, Marc Bellemare, ferait grimper tout le monde dans les rideaux pour vraiment pas grand chose.  Et c’est exactement ce que dit le commissaire Bastarache, dans son rapport.  À un point tel que ce dernier ne se donne même pas la peine de vérifier si la fameuse rencontre du 2 septembre 2003, autour de laquelle s’articulait les révélations de Marc Bellemare, a vraiment eu lieu ou non.  En fait, le rapport indique, par trois fois plutôt qu’une, qu’à la lumière des preuves, tant documentaires que testimoniales, l’ancien ministre de la justice n’a pas fait l’objet de pressions indues, qu’elles soient “colossales” ou pas.

L’article de la société d’état nous indique que le commissaire s’attarde surtout sur ce qui composait le gros du mandat de la commission, à savoir le processus de nomination des juges.  Il formule le souhait de voir le processus remis à jour, celui-ci n’ayant “pas évolué au même rythme que les exigences de la population”, selon les propos rapportés par la SRC.  Quant au différend qui oppose Marc Bellemare et Jean Charest, le commissaire Bastarache ne s’y attarde pas, puisque les deux protagonistes se sont poursuivis l’un l’autre, et qu’il ne voulait pas donner de munitions à l’un ou à l’autre.  C’est la raison pour laquelle il n’a pas pris de questions des journalistes non plus.

Bref, je le savais depuis le début; l’affaire Bellemare était un festival d’effets de manche, et le commissaire Michel Bastarache n’est pas tombé dans le piège.  Moi non plus, d’ailleurs.

L’affaire Marc Bellemare: Un autre Benoît Labonté?

Comme le dit Antoine Robitaille, avec le titre de son article dans Le Devoir, Marc Bellemare a lancé sa bombe.  Cela fait des semaines que les lèvres lui tremblent, lui qui n’en finissait plus de retenir ses allégations, à propos de Jean Charest, et des libéraux, avec lesquels il fut ministre de la justice, pour un court séjour, soit de 2003 à 2004.  On se souviendra d’ailleurs de sa démission fracassante.

Loin de moi l’idée de blanchir qui que ce soit, autant d’un côté que de l’autre, dans cette affaire.  Mais celle-ci me fait drôlement penser à une autre affaire, dans laquelle un politicien municipal influent disait détenir des informations privilégiées sur des échanges d’enveloppes brunes.  Vous vous souvenez de la dernière campagne électorale municipale, à Montréal, n’est-ce pas?  Ce cher Benoît Labonté, qui était au courant de tant de choses, a fini par se faire prendre à son propre piège, et a finalement dû reconnaître qu’il avait lui-même reçu des enveloppes brunes.

Or, plus je regarde aller l’affaire entourant les propos de Marc Bellemare, plus je vois des ressemblances avec celle de Benoît Labonté.  Celui-ci choisissait ses tribunes, Bellemare aussi; il ne veut pas s’avancer devant le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), disant que celui-ci, au moment où il fut contacté, “agissait comme un homme de main du premier ministre”, rien de moins.  Imaginez Maurice « Mom » Boucher, en train de choisir quelle cour devra entendre son procès; ça ne fait pas de sens.  Alors pourquoi Marc Bellemare aurait-il le pouvoir de choisir l’endroit où il ira raconter les détails de ce qu’il sait?  Si c’est au DGEQ à enquêter sur les cas de financement politique illégal, Bellemare doit témoigner devant le DGEQ, point.  Labonté aimait bien les journalistes, Bellemare aussi; à date, selon l’article de Robitaille, l’ancien ministre de la justice a accordé des entrevues à Radio-Canada, et à TVA, en plus d’avoir “rencontré de façon fortuite (…) hier matin dans le train Québec-Montréal” un représentant du Devoir, à qui il a également parlé.  Ce quotidien, qui se dit libre de pensée, rencontre-t-il souvent les gens qui font sa une de façon fortuite?  Ce simple détail est suffisant pour soulever des doutes, dans mon esprit.

Quand Marc Bellemare fut recruté par Jean Charest, en vue des élections générales de 2003, il voulait un fauteuil de ministre, au minimum, et avait un agenda bien personnel.  Comme celui-ci ne concordait pas tout à fait avec celui du premier ministre, Marc Bellemare a claqué la porte avec grand fracas.  Selon moi, l’ancien ministre se rend bien compte que pour faire changer les choses dans le sens qu’il souhaitait, il aurait dû prendre son mal en patience, et demeurer au gouvernement.  Or, de la façon dont il s’y est pris pour en sortir, il était définitivement exclu que Bellemare y retourne; peut-être a-t-il parlé à Jean Charest, et s’est-il rendu compte que la porte lui était désormais fermée.  Maintenant qu’il constate qu’il est dans un cul-de-sac, il veut mettre ses anciens commettants dans des eaux troubles.  Et toujours selon moi, il risque de se faire prendre à son propre piège.  Comme Benoît Labonté.

Et la vérité, elle se trouve où, dans tout cela?  Le temps va bien finir par nous le faire savoir…

Crise économique: Une très bonne façon de voir les choses!

Plusieurs tentent de donner des analyses pour expliquer l’actuelle crise économique mondiale.  Certains, plus à droite, disent qu’il s’agit d’un surplus d’inventions étatiques, de la part de George W. Bush, alors que d’autres, davantage à gauche, voient dans cette crise le résultat de politiques néolibérales.  Bref, on peut se demander qui dit vrai.

Évidemment, les causes de la crise sont ni tout à fait noires, ni tout à fait blanches, si je puis dire.  Chacun y trouve son compte.  Par contre, un ex-sénateur américain, Fred Thompson, a une belle façon de voir la suite des choses, pour les semaines et les mois à venir.  Alors si vous comprenez l’anglais, vous pouvez vous régaler de ses propos en cliquant sur ce lien; vous pourrez constater que l’avenir est loin d’être rose, chez nos voisins du Sud.  Tout ce que nous pouvons faire, c’est de souhaiter, à nos gouvernements, d’avoir le doigté qu’il faut pour éviter de tomber dans le même piège.