Rapport Payette: Le monsieur n’est pas content de la réaction des radios

Il y a quelques semaines, sortait un rapport de Dominique Payette, commandé par Pauline Marois, suite à sa défaite de l’an dernier, rapport d’une étude sur les médias de la vieille capitale.  Je n’ai pas lu le rapport Payette dans son intégralité (mea culpa), mais comme un peu tout le monde, j’ai saisi certains passages qui furent publiés dans les médias.  Et à lire ceux-ci, tout porte à croire que madame Payette n’y va pas avec le dos de la main morte, comme dirait l’autre; cet article du site web du quotidien Le Soleil nous dit d’ailleurs que selon madame Payette, “Il y a un régime de peur dans la région de Québec”.

Les réactions furent nombreuses, et rapides; entre autres, l’Université Laval, où oeuvre madame Payette, s’est rapidement dissociée du rapport de sa professeure.  Et au travers de tous les avis négatifs lus et entendus au sujet de ce rapport, il y a eu quelques commentaires positifs, comme celui de Jean-François Vallée, de Saint-Philippe-de-Néri, qui fut publié ce matin sur le site web de La Presse.  Pour info, Saint-Philippe-de-Néri se trouve, à vol d’oiseau, à environ 125 kilomètres de Québec, et que dans le cadre de mon travail, quand je passe sur l’autoroute 20, à la hauteur de la sortie 456, il y a déjà belle lurette que je ne capte plus les radios de Québec, ce qui me porte à croire que ce gentil commentateur se fie sur de vieilles opinions (il dit avoir vécu dans le grand Québec pendant 38 ans), ou sur des préjugés.  À sa défense, au sujet des idées véhiculées par les gens de Québec, il nomme le fait de faire la file au Centre Vidéotron, ce qui indique peut-être que son déménagement dans le Bas-du-Fleuve est somme toute très récent.  À moins qu’il se tape quotidiennement l’écoute de ces stations de radio sur leurs sites internet respectifs, ou encore qu’il fasse l’aller-retour quotidiennement entre son domicile et la vieille capitale.

Quoi qu’il en soit, les habitués du Blogue me voient déjà venir!  Eh oui, je reproduis ici le commentaire de monsieur Vallée, tel que publié dans La Presse, et je répondrai entre les lignes (entre les paragraphes, en fait) en mettant mes propres commentaires, en réaction à ceux de monsieur Vallée.  Comme celui-ci me semble un souverainiste fini, je mettrai donc son texte en bleu, et je répondrai avec la couleur habituelle.  Allons-y!

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Madame Payette frappe dans le mille

Jean-François Vallée
Saint-Philippe-de-Néri, Québec

Madame Payette, les constats que vous dressez sur le contenu des émissions des radios de Québec touchent leur cible. Les réactions des principaux concernés les démasquent une fois de plus : elles sont dignes de voyous de ruelles rompus à l’intimidation. Ils attaquent en bande : « Allez, crient-ils, toute la gang ensemble, on lui pète la gueule ! » Une belle unité stalinienne lie les Fillion, Maurais, Dupont, Napoli, Bouchard, Ségal et Landry, qui n’ont même pas lu votre étude.

Premièrement, comment peut-il affirmer que tous ceux qu’il nomme n’ont effectivement pas lu le rapport?  Ils lui ont dit personnellement?  S’il s’accorde le droit de défendre ses couleurs, pourquoi les animateurs visés ne pourraient-ils pas défendre les leurs?  C’est là une simple manifestation de la liberté d’expression, comme d’ailleurs celles de l’Université Laval, du maire de Québec, d’Agnès Maltais, et aussi… de PKP, qui est lui-même régulièrement invité à au moins l’une de ces radios.

Le pire est que vos propos sont modérés. Le portrait s’avère en réalité encore plus sombre.

Ça, je ne pourrais dire, n’ayant pas lu le rapport moi-même.  J’accorde donc à monsieur Vallée le bénéfice du doute.

La vérité, c’est que les radios de droite à Québec enveniment vraiment le climat social de Québec. J’y ai vécu 38 ans, assez pour constater que les boycotter est inutile : leur fiel s’immisce dans tous les endroits publics, colore toutes les conversations. Il suffit d’écouter les passagers de l’autobus ou la station syntonisée par le chauffeur, de magasiner à Place Laurier ou de faire la file au Centre Vidéotron pour reconnaître les raisonnements spécieux et fallacieux entendus à la radio et recrachés tels quels, sans filtre. Petit à petit, l’incivilité, l’anti-féminisme, l’homophobie et le climato-scepticisme s’immiscent dans les esprits et teintent les propos.

Réglons une chose tout de suite, si vous le voulez bien; qui est ce monsieur Jean-François Vallée pour prétendre détenir ce qu’il appelle “la vérité”?  Ce qu’il raconte ici, et tout au long de son texte dopinion, n’est que sa propre interprétation de la situation.  Ensuite, pour prétendre que “les raisonnements spécieux et fallacieux entendus à la radio” soient effectivement “recrachés tel quels, sans filtre”, il faut bien entendu avoir écouté “les radios de droite à Québec” soi-même, ce que monsieur Vallée ne nous prouve en aucune façon.  Finalement, si l’incivilité, l’anti-féminisme, et l’homophobie sont des idées dont les frontières sont habituellement bien définies, j’aimerais bien savoir ce que le climato-scepticisme vient faire là-dedans, et ce pour la simple et bonne raison que les théories sur les changements climatiques ne sont encore que des théories, et que rien n’a été prouvé hors de tout doute raisonnable.  Comme on le dit souvent, si c’était vrai, ça se saurait!

La vérité, c’est qu’il n’existe aucun contre-discours crédible sur les ondes de Québec : les droitistes forment un troupeau uni qui monopolise les micros.

Il n’en tient qu’à monsieur Vallée de créer ce contre-discours!  Il n’a qu’à faire comme les autres, c’est à dire demander une licence, et ouvrir une station de radio qui émettra sa propre opinion.

La vérité, c’est qu’aucun indépendantiste ou « gauchiste » n’a passé le test d’embauche dans ces trois radios depuis des décennies, alors qu’au moins 50 % des gens de Québec partagent ces idées. Sylvain Bouchard peut donc dormir tranquille, il ne perdra jamais sa job.

Heureux d’apprendre “qu’au moins 50% des gens de Québec partagent ces idées” indépendantistes ou gauchistes; c’est probablement pour cela que la région de Québec est la seule au Canada où les conservateurs ont fait des gains appréciables lors des élections fédérales du 19 octobre dernier, et que le Bloc québécois, comme le Nouveau parti démocratique (NPD), d’ailleurs, n’y ont fait élire personne!

La vérité, c’est qu’à Québec, les clones d’Elvis Gratton ont pris le contrôle du crachoir et envoient paître systématiquement tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Encore une fois, si monsieur Vallée veut prendre “le contrôle du crachoir”, il sait quoi faire!

La vérité, c’est que ces animateurs sont les émules et les descendants de grand-papa André Arthur, qui a patiemment semé son style empoisonné non seulement à Québec, mais aussi à Saguenay (Myriam Ségal), Montmagny et Rivière-du-Loup (Daniel Saint-Pierre), où il tient chronique.

Il reste que les auditeurs, qu’ils soient à Québec, à Saguenay, à Montmagny, à Rivière-du-Loup ou ailleurs, ont le libre arbitre; s’ils ne sont pas contents de ce qu’ils entendent, ils peuvent toujours changer de station, s’abonner à la radio satellite, écouter des disques compacts, bref, les options sont nombreuses!

La vérité, c’est que ces animateurs connaissent très bien le poids des mots et les font servir à leurs fins. Connotés négativement : « syndiqué », « séparatiste », « péquiste », « québécois », « francophone », « gauchiste », « intellectuel » et « environnementaliste ». Leurs préférés : « environnementeur » ou « enverdeur ».

J’ai lu certains textes écrits par des personnalités connues pour leur côté vert, et j’ai moi-même ajouté à mon vocabulaire les mots “environnementeur” et “enverdeur”, tellement leurs propos étaient souvent tirés par les cheveux!  Encore une fois, on sent que l’auteur de ce texte associe l’environnement à la gauche, ce qui est loin d’être absolu!

Connotés positivement : « travailleur non syndiqué », « fédéraliste », « libéral », « canadien », « anglophone », « conservateur », « militaire », « caquiste » et « pétrole ».

De la façon dont je lis cette phrase, et la précédente aussi, il semble que monsieur Vallée connote lui aussi ces mots, mais de façon diamétralement opposée.  C’est son choix, si tel est le cas.

La vérité, c’est que ces radios sont, sur le plan politique, le bras médiatique des partis fédéralistes de droite. En 2014, c’était le Parti libéral du Québec. En 2015, le Parti conservateur du Canada. Leurs idées sont louangées et leurs élus acclamés, jouissant du privilège d’entrevues mielleuses, complaisantes.

D’abord, il est aussi vrai de dire que le Parti libéral du Québec est de droite que de dire que le drapeau du Québec est noir, avec des flammes orange!  Ensuite, il faut savoir que dans les médias, ça se passe comme ça; les propriétaires (ou les syndicats, dans le cas de Radio-Canada) ont une opinion, et la poussent.  S’il y avait une radio dont le propriétaire est un péquiste fini, à Québec, il est très probable qu’Agnès Maltais – qui se dissocie elle aussi du rapport Payette – y tiendrait une chronique hebdomadaire, à défaut d’être quotidienne.  Pour information, mentionnons que PKP est régulièrement invité en entrevue à la radio québécoise dite de droite.

La vérité, c’est qu’il ne s’agit pas de radios d’opinions, mais de radios à une seule opinion, mur à mur.

Les radios d’opinions sont là pour être mises au défi; il n’en tient qu’à monsieur Vallée, ou à quiconque, de défier les animateurs, que ce soit au téléphone, ou sur la page Facebook de la station.  Là encore, les options sont nombreuses.

En fait, ils logent à l’enseigne des libertariens. Mais ça, ils ne l’avoueront jamais.

Là-dessus, je dirai que pour sa part, monsieur Vallée n’avouera jamais qu’il n’a aucune idée de ce qu’est réellement un libertarien.  Je ferai donc oeuvre de pédagogie, en espérant qu’il lise ceci.  Un libertarien, en une phrase, est un type qui frustre à la fois les conservateurs et les libéraux, en se déclarant en faveur de la libre circulation des armes à feu, afin de permettre aux couples gais de défendre leurs plants de marijuana!  Pour aller un peu plus profondément, je recommande ce billet, que j’ai écrit il y a de cela plus de 5 ans, et qui aide à bien situer sa position politique.  Le petit quiz qu’on y trouve n’a pas la prétention d’être parfait, loin de là, mais il permet de se faire une idée rapidement.

La vérité, enfin, c’est que ces radios sont si anglomanes et francophobes qu’on jurerait qu’elles se sentent investies de la mission de formater les Québécois en vue de leur assimilation dans l’Amérique anglophone. Tout ce qui est québécois leur est étranger, leur pue au nez. Ils dénigrent, voire haïssent tout ce qui se crée en français. À l’opposé, leur esprit critique disparaît devant tout ce qui vient de l’Amérique anglophone, dont ils embrassent et étreignent la culture.

Il y a une différence entre “formater les Québécois en vue de leur assimilation dans l’Amérique anglophone” et s’ouvrir à autre chose que l’exclusivement québécois 100% pure laine vierge!  L’attitude du gouvernement du Québec, depuis les années péquistes de René Lévesque, est de tenter d’assimiler les anglophones, ce qui n’est pas mieux, avouons-le!  Je crois sincèrement qu’il y a de la place pour la culture anglophone, que l’on peut écouter de la musique en anglais, par exemple, et ce sans pour autant renier notre langue et notre culture propres.  Aussi, le fait d’inonder le Québec de produits culturels 100% francophones n’ajoute pas de qualité à la production de cette culture.  On se retrouve ainsi coupés du monde extérieur, dans un bouillon de médiocrité, duquel sort parfois un produit d’exception qui sera malheureusement ignoré, parce que trop dilué.

Bref, pour renchérir sur le propos de Madame Payette, les animateurs de ces radios sont profondément aliénés, et irrémédiablement colonisés.

Ceci ne représente qu’une opinion personnelle, face à laquelle je laisse les personnes visées se défendre elles-mêmes.

Et même ceux qui voudraient les ignorer doivent subir quotidiennement cet affligeant spectacle.

Idem ici.  Comme je le disais plus tôt, de nombreuses options s’offrent à ceux et celles qui ne veulent pas entendre ce discours.

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Constitution de 1982: On peut toujours causer…

Depuis quelques jours, en fait depuis la sortie du livre de Frédéric Bastien, intitulé “La Bataille de Londres – dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel”, et même quelques jours avant, tournée promotionnelle oblige, tout le monde souverainiste est sur le cul.  On va même jusqu’à parler de coup d’état, rien de moins.

Tout d’abord, je dois avouer que je n’ai pas lu l’essai de Frédéric Bastien.  Il m’est donc difficile d’en tracer le portrait le plus rationnel possible.  Mais sachant que les québécois, dans l’ensemble, sont plus émotifs que rationnels, surtout quand il est question de politique, je m’attendais à un tel dérapage.  Imaginez; même Lucien Bouchard est sorti de sa réserve, et a sollicité une entrevue éditoriale de deux heures au journal Le Devoir.  Mais dans les faits, que pourrait-on changer à la situation actuelle?

Lundi dernier, le 8 avril, Louise Leduc signait un article dans La Presse, dans lequel elle aborda le sujet.  Bon, il semble assez clair, à la lecture du papier de madame Leduc, que celle-ci est souverainiste, et qu’elle vient de se trouver quelques arguments de plus pour en débattre, mais qu’en est-il des protagonistes, dans cette affaire?  Selon la lecture que madame Leduc fait des écrits de Bastien, l’affaire aurait impliqué, entre autres, les premiers ministres, Margaret Thatcher au Royaume-Uni, et Pierre Elliott Trudeau ici, ainsi que deux juges de la Cour suprême du Canada, William Esley et le juge en chef, Bora Laskin.  Or, même si on voudrait les entendre, là-dessus, il faudrait tous les déterrer!  Margaret Thatcher est morte lundi dernier, quelques heures à peine avant la sortie officielle du livre de Bastien, le juge Esley est décédé en 2002, Trudeau nous a quitté en 2000, et Bora Laskin est mort en 1984.  Bref, aucune des personnes occupant un rôle-clé, dans cette affaire, ne pourrait venir témoigner devant nous.

Alors si Lucien Bouchard veut faire des procès d’intention, ou une commission nationale, je n’ai aucun problème avec cela.  Quelques millions de dollars de plus ou de moins, dilapidés pour la bonne cause, ne nous empêcheront pas de dormir.  Par contre, je suis aussi de ceux qui croient que l’on a d’autres problèmes, autrement plus importants, à régler.

Daniel Breton: Le chat sort du sac!

Plusieurs personnes ont eu une réaction de surprise, lorsque le président du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), puis son vice-président, furent limogés par ordre du nouveau ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Daniel Breton.  Puis est arrivée l’affaire de la visite des commissaires, aux bureaux du BAPE, par le ministre.  Maintenant, sur Twitter, on compare allègrement Daniel Breton à un “Bougon”, en référence à la série télévisée diffusée il y a quelques années.  Voyons voir.

Ce mercredi, en fin de journée, le Journal de Québec a publié cet article, signé Charles Lecavalier, de l’agence QMI, dans lequel, en plus des réactions sur vidéo de Yolande James (PLQ) et de François Bonnardel (CAQ), on raconte que l’actuel ministre de l’environnement aurait été expulsé de son logement, à deux reprises, par deux propriétaires différents.  Selon l’article, les sommes dues n’ont toujours pas été versées par monsieur Breton, malgré les jugements rendus.  Dans les réactions, il est aussi question, entre autres, de permis de conduire suspendu.

Du côté de TVA Nouvelles, on reprend le texte de Lecavalier, et on ajoute le reportage de Félix Séguin, qui rapporte les mêmes trucs que l’article, et en ajoute; permis de conduire suspendu, en avril 2011, pour avoir atteint 15 points d’inaptitude, fausses déclarations à l’assurance-emploi, infraction auprès du Ministère du Revenu du Québec.  Bref, il tire tout un portrait du ministre Breton.

Chez La Presse, c’est Fabrice de Pierrebourg, un ex-lockouté du Journal de Montréal, qui pilote le dossier.  Il mentionne, en plus des trucs de l’assurance-chômage et de Revenu Québec, que Daniel Breton a aussi été condamné en 1997 pour «conduite alors que le permis est révoqué».  Il aurait aussi été trouvé coupable de nombreuses infractions, principalement pour excès de vitesse, infractions demeurées longtemps impayées, mais dont les sommes auraient été acquittées tout récemment.  À Radio-Canada, on a titré “Marois forcée de défendre le ministre Breton”.

Pour ma part, je préfère regarder tout cela de façon rationnelle.  D’abord, qu’est-ce qui a été payé, et qu’est-ce qui ne l’est toujours pas.  Si Daniel Breton a “le pied pesant”, comme on dit communément, mais qu’il en assume l’ensemble des conséquences, c’est à dire de rouler vite dans des endroits où il ne met pas la vie des autres en danger, et qu’il paie ses constats d’infraction, ça ne me cause pas de problème.  Mais il semble que ce ne soit pas nécessairement le cas, particulièrement au niveau du paiement de ses infractions.  Quant aux jugements prononcés contre lui, en faveur de deux propriétaires, devant la Régie du Logement, ils ne semblent toujours pas payés.  L’un d’entre eux, celui de décembre 2009, implique une somme de 6320$, somme qui, avec les intérêts qui s’accumulent toujours, avoisinerait les 8000$.

Il semble que le truc qui revient constamment, dans tous les dossiers, c’est que le ministre est clairement négligent dans le règlement de ses infractions.  Même des jugements ne sont pas respectés.  Il s’agit, dans ce cas, comme dans celui de Gabriel Nadeau-Dubois, récemment, de non-respect d’une décision de la Cour, voire d’outrage au tribunal, et sur cet aspect, Daniel Breton devrait démissionner, ne serait-ce que de son poste de ministre.  Quelques mois passés sur les banquettes arrière de l’Assemblée nationale suffiraient, selon moi, à régler sa dette envers les citoyens, et à lui ramener la confiance du public.  Ce fut le cas pour l’ancienne ministre libérale Julie Boulet, qui avait fourni gratuitement des locaux à une clinique médicale, à même l’édifice abritant sa pharmacie.  Elle avait démissionné de son poste de ministre, et passé plus ou moins un an comme simple députée, avant de revenir au conseil des ministres, cette fois pour y rester, et ce jusqu’à la défaite des libéraux, le 4 septembre dernier.

On semble maintenant dire, au gouvernement, que Breton va payer les sommes dues.  La question que je me pose, c’est de savoir si c’est bel et bien Daniel Breton, qui va payer, ou si ce sont les contribuables.  Une chose est sûre; pour ceux et celles qui ne connaissaient pas Daniel Breton, le chat sort du sac.

MTQ: La manne de 2012-13 est tombée!

À travers les politiciens qui se surpassent en conneries, et les étudiants qui se plaignent le ventre plein, nous avons eu droit à la tombée de la manne du MTQ, pour l’année budgétaire 2012-13.  Comme c’est le cas depuis plusieurs années, le tout se chiffre à environ 4 milliards$, quand on y inclut les contributions extérieures (fédéral, municipalités, organisations paragouvernementales, PPP, etc.).  Je vais tenter de vous tracer un portrait global des projets les plus importants, parmi les quelque 1600 chantiers qui feront rager les utilisateurs du réseau routier québécois.  Commençons par Montréal, et sa périphérie, puis faisons le tour des régions, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, depuis la Montérégie, en terminant par le nord.

Montréal, Laval et Laurentides

Montréal aura, comme par la plupart des années passées, la part du lion des budgets du MTQ, puisque c’est là que tout risque de tomber en ruines.  Il faut d’abord spécifier qu’il ne s’agit pas nécessairement de nouveaux chantiers, mais aussi, et surtout, de chantiers déjà commencés, qui se poursuivront dans le futur, et/ou se compléteront cette année.  Parmi les grands chantiers, rappelons bien sûr Turcot (A-15/A-20/A-720); on y parle d’un nouvel accès au site du CUSM, dont les travaux avancent beaucoup plus rondement que ceux du CHUM, mais également du maintien des structures actuelles, et du développement du projet de reconstruction de l’échangeur, le tout dépassant les 100 millions de dollars, pour cette année seulement.

Les travaux de l’autoroute Métropolitaine (A-40) viennent ensuite, au niveau des coûts, avec une enveloppe de 50 à 100M$, et comprendront la fin du réaménagement de l’échangeur des Laurentides (A-15 nord), la suite de celui de la partie nord de l’échangeur Décarie (A-15 sud), et de diverses structures de la Métropolitaine elle-même, et la reconstruction du viaduc de la voie de desserte de l’A-40, au-dessus de Décarie.

Une enveloppe de 10 à 50M$ est attribuée au réaménagement de l’échangeur Dorval (A-20/A-520), qui accumule beaucoup de retard, suite à des chicanes administratives.  Notons que le fédéral, la ville de Montréal, et Aéroports de Montréal (ADM), contribuent ensemble à hauteur de 22,7M$ dans ce projet.

D’autres chantiers, de moins de 10M$, viendront s’ajouter à ceux-ci, à savoir la réfection des structures de l’échangeur Saint-Pierre (A-20/QC-138), celle des viaducs Hickmore, et Cavendish, sur l’A-520, le renforcement du pont de l’île-aux-Tourtes, dont le budget est réparti 52%/48% avec la Montérégie, et la reconstruction de la chaussée de la Transcanadienne (A-40), en direction ouest, entre le boulevard Saint-Charles et le pont de l’île-aux-Tourtes.  Mais ce qui fera probablement le plus mal, c’est entre Montréal et l’île-Jésus, puisque l’on va procéder à la réfection des ponts Lachapelle (QC-117), Médéric-Martin (A-15), et Pie-IX (QC-125), dans lequel Laval mettra 1,482,000$, et tout cela se fera en même temps!  Wow!  Superbe travail de planification, au MTQ!  Vraiment!  À moins que ce soit parce que le temps manque pour les refaire un par un; le MTQ ne le dit pas!

Parlant de Laval, les utilisateurs du réseau routier n’y seront pas en reste; on y construira un écran antibruit, le long du côté nord de l’A-440, entre l’A-19 et la rue de Dublin.  Laval contribuera, à hauteur de 5,425,000$, au financement de ce chantier, qui durera deux ans.  Toujours sur l’A-440, on complétera la réfection du viaduc de la montée Saint-François, et à l’autre bout, on terminera le réaménagement de trois intersections, sur l’avenue des Bois (QC-148), deux chantiers qui ont débuté l’an dernier.  Les principaux chantiers comprendront aussi le viaduc du boulevard Cartier, au-dessus de l’A-15 (sur deux ans), et celui de la route 125, qui surplombe les boulevards Lite et Saint-Martin (sur trois ans), dont les travaux se mettront en branle cette année.

Sur la Rive-Nord, notons le début de la quatrième, et dernière phase du réaménagement de l’échangeur A-15/A-640, qui s’étalera sur 3 ans, ce qui nous mènera en 2015-16, rien de moins!  Au total, ce chantier aura donc duré près de dix ans!  Sur l’A-640, deux importants chantiers se termineront cette année, soit le réaménagement de l’échangeur du boulevard Arthur-Sauvé, à Saint-Eustache, qui dure depuis trop longtemps, et celui du carrefour giratoire de la route 344, à Saint-Joseph-du-Lac, tout au bout de l’A-640, entrepris l’an dernier.  Dans l’axe de l’A-15, on entreprendra la reconstruction du viaduc de la route 344, à Boisbriand (sur deux ans), dont 168,000$ proviendront de la ville, de celui de la rue de Martigny, à Saint-Jérôme, ainsi que le réaménagement de l’intersection de la rue Siméon, et de la route 117, à Mont-Tremblant.  Finalement, à Mirabel, on procédera à la réfection de chaussée, et au réaménagement de quelques intersections, sur la route 148, et sur le chemin Saint-Simon.

Montérégie

Commençons notre tour par le sud-ouest de la région de Montréal.  La Montérégie, qui a déjà ravi à Montréal la part du lion du budget du MTQ, au moins une fois, ces dernières années, verra encore une fois beaucoup de chantiers multimillionnaires sur son territoire.  Deux projets dépasseront les 50M$ cette année.  D’abord le prolongement de l’A-30, en partenariat public-privé (PPP), se poursuit, entre Vaudreuil-Dorion et Châteauguay.  L’ouverture de cette nouvelle voie rapide devrait avoir lieu en décembre de cette année.  Notons que le gouvernement fédéral y injecte 305M$.  L’autre grand projet, celui du prolongement de l’A-35, entre la frontière américaine et Saint-Jean-sur-Richelieu, avance aussi, mais prendra quelques années encore avant d’arriver à terme.

Parmi les projets dotés d’une enveloppe de 10 à 50M$, il y a le pont de la rivière Richelieu, entre Chambly et la ville de Richelieu, sur l’A-10, dont la réfection se poursuit, le réaménagement de l’échangeur A-20/A-25/QC-132, à Longueuil, et la réfection du pont Honoré-Mercier (QC-138), à Kahnawake.  Deux nouveaux chantiers s’ajouteront à ceux-ci, à savoir celui de la reconstruction des viaducs de l’échangeur A-20/A-30, à Boucherville, et celle des ponts de la voie du CP, et de la rivière Rigaud, sur l’A-40, dans la municipalité du même nom.

Parmi les chantiers moins dispendieux, mais tout aussi importants, notons celui des ponts et viaducs de la rivière l’Acadie, et des chemins Salaberry, et Bellerive, sur l’A-10, à Carignan, celui du viaduc du chemin du Fer-à-Cheval, au-dessus de l’A-20, à Sainte-Julie, maintes fois attaqué par des camions au chargement trop haut, ces dernières années, et dans lequel la ville de Sainte-Julie contribue pour 2,105,000$, et la reconstruction du pont de l’île Thomas, qui fait franchement peur à voir, pont situé tout juste à l’ouest du pont de l’île aux Tourtes, sur l’A-40, à Vaudreuil-Dorion.

Estrie

Plusieurs chantiers, en Estrie, cette année, le plus gros étant bien sûr celui du prolongement de l’A-410, entre l’échangeur du boulevard de l’Université et celui de la rue Dunant.  Parmi les chantiers de moins de 5M$, notons l’ajout d’une voie, sur l’A-10, et l’A-410 et l’A-610, l’ajout d’une nouvelle chaussée, et la construction d’un pont d’étagement, sur cette dernière, ainsi que la reconstruction du pont de la route 255, sur la rivière Saint-François, à Dudswell.

Centre-du-Québec

Dans cette région, trois chantiers dépasseront les 10M$, cette année.  D’abord, un que l’on attend depuis longtemps, là-bas, celui de la construction d’un échangeur autoroutier à l’angle de l’A-55 et du chemin des Acadiens, à Bécancour, site où de nombreux accidents mortels ont eu lieu, ces dernières années.  On procédera aussi à la reconstruction du pont de la rivière Saint-François, sur la route 132, entre Saint-François-du-Lac et Pierreville.  Le troisième grand chantier comprendra la reconstruction, et l’élargissement, du viaduc du boulevard Lemire, sur l’A-20, à Drummondville.

Chaudière-Appalaches

Deux chantiers importants sont programmés, soit celui de la réfection des joints du tablier du pont Pierre-Laporte, sur l’A-73, à Lévis, et celui de la reconstruction de l’A-20, sur 6,4 km, en direction est, depuis un point situé à 500 mètres de l’échangeur 291, à Saint-Apollinaire.  La liste du MTQ ne fait toutefois aucune mention des divers travaux sur l’A-73, qu’il s’agisse du doublement de l’autoroute, entre Sainte-Marie et Beauceville, ou encore du prolongement de Beauceville à Saint-Georges.  Peut-être un oubli, de la part des fonctionnaires?  Les bonzes du MTQ n’en seraient pas à leur premier oubli; souvenons-nous de celui du kilomètre manquant, dans le projet du métro de Laval.

Bas-Saint-Laurent

On note seulement deux chantiers dotés d’enveloppes entre 5 et 10M$, à savoir la suite de la reconstruction de la route 132, à Saint-Joseph-de-Lesage (contribution de la municipalité de 200,000$), et à Mont-Joli (contribution municipale de 30,000$), ainsi que celle de la route 195, à Saint-Rémi-de-Matane, également commencée l’an dernier.  Pourtant, tout est loin d’être terminé, en ce qui concerne l’A-85, vers la frontière du Nouveau-Brunswick, ou encore de l’A-20, en super-2, vers Trois-Pistoles.  Aucune mention de ces deux axes, dans la liste régionale du MTQ!

Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine

Là-bas, un seul projet de plus de 5M$, soit celui de la reconstruction de la route 132, à Listiguj, mais les chantiers de moindre importance seront nombreux, comme dans toutes les régions du Québec, d’ailleurs.  On ne fait pas mention de la construction du nouveau pont du chenal du Havre-aux-Maisons, sur la route 199, aux Îles-de-la-Madeleine; peut-être que ce projet est encore en phase d’élaboration.

Côte-Nord

Dans cette région en effervescence, où l’on effectue d’énormes investissements, les projets routiers sont nombreux.  Notons cinq projets dont le budget dépasse les 10M$; le contournement du village de Longue-Rive, sur la route 138, l’asphaltage de cette même route, entre la limite ouest de Baie-Johan-Beetz et le pont de la rivière Aguanish, dans la municipalité du même nom, le prolongement de la route 138, entre Kegaska et Vieux-Fort, dans les municipalités de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent, et de Gros-Mécatina, ainsi que deux projets distincts, qui consistent en l’asphaltage de près de 80 kilomètres de la route 389, à Rivière-aux-Outardes, et à Rivière-Monchalagane.

Saguenay – Lac-Saint-Jean

Une autre région où les petits chantiers seront nombreux, le Saguenay – Lac-Saint-Jean travaillera sur deux projets plus importants, dotés d’enveloppes dépassant les 10M$; le prolongement de l’A-70, vers l’est, entre sa fin actuelle et le chemin de la Ligne-Bagot, et la reconstruction du pont Carbonneau, sur la route 169, à Saint-Félicien.  Parmi les chantiers moins dispendieux, mais quand même importants, soulignons la réfection du pont Dubuc, sur la route 175, dans le secteur Chicoutimi de la ville de Saguenay.

Capitale-Nationale

Ce nom, pondu à l’époque où le parti québécois était au pouvoir, désigne la région de Québec, et dans cette région, les chantiers ne manqueront pas, en 2012-13.  Mentionnons celui du doublement de la route 175 à quatre voies divisées, dans la Réserve faunique des Laurentides, et du prolongement de l’A-73, à Stoneham-et-Tewkesbury, qui se poursuit cette année, et dans lequel le gouvernement fédéral met 1,055,000$.  Cinq autres chantiers profitent d’enveloppes entre 10 et 50M$; le réaménagement des bretelles de l’échangeur Wilfrid-Hamel, sur l’A-73, dans lequel la ville de Québec contribue à hauteur de 6,6M$, celui de l’échangeur A-440/A-740, qui se poursuit (131,000$ de la ville de Québec), la reconstruction du viaduc du chemin de fer, et de l’avenue Blaise-Pascal, sur l’A-540, viaduc que l’on élargira de 4 à 6 voies, l’aménagement d’une voie réservée sur l’A-740, ainsi que la poursuite du réaménagement de la Côte du Calvaire, de 2 à 4 voies, sur la route 138, à Saint-Aimé-des-Lacs, à l’ouest de Clermont.

Mauricie

En Mauricie, pas de grands chantiers coûteux, mais beaucoup de chantiers, quand même.  Retenons trois projets de plus de 5M$, soit la réfection du tablier des viaducs du boulevard des Récollets, sur l’A-40, et de celui du pont Duplessis est, sur la route 138, tous deux à Trois-Rivières, ainsi que la reconstruction de quatre ponts, et la réfection de la chaussée de la route 138, entre la limite de Saint-Barthélémy et le début de la zone urbaine de Maskinongé.  Notons également, parmi les autres chantiers, des réfections de chaussée sur l’A-40, en direction est, d’abord à Batiscan, de part et d’autre du pont de la rivière Champlain, et à Yamachiche, entre les sorties 174 (QC-138) et 180 (QC-153).

Lanaudière

L’essentiel des grands chantiers de cette région se passera le long de l’A-40; à L’Assomption, entre les routes 341 et 343, la réfection de la chaussée vers l’est (plus de 10M$), par superposition de dalles en béton de ciment (SDBC), méthode utilisée entre Saint-Sulpice et Lavaltrie, par les années passées, qui consiste à installer des dalles de béton par-dessus la chaussée d’asphalte existante.  Ce chantier montrera, encore une fois, la connerie humaine appliquée au MTQ; l’an dernier, on a démantelé les voies de service de la sortie 108, qui desservaient les routes 341 et 343, pour remodeler le tout en deux sorties distinctes, à savoir la sortie 106, pour la route 341, et la sortie 110, pour la route 343.  Si l’on avait laissé les voies de service en place, on aurait pu refaire les deux chaussées à la fois, en faisant passer la circulation sur les voies de services.  Mais non; on va faire des réaménagements de voies, en 3/1, comme pour les deux chantiers entre Saint-Sulpice et Lavaltrie, et on va étirer tout cela sur deux ou trois ans!  Tout pour faire chier les utilisateurs de l’A-40! Bravo!

À Saint-Sulpice, on va procéder à la suite des travaux d’aménagement d’un poste de contrôle routier, pour la SAAQ, en direction ouest (entre 5 et 10M$), toujours sur l’A-40, dans une partie des voies de service démantelées.  Parmi les chantiers de moins de 5M$, il y a la fin des travaux de réfection de la chaussée ouest, par SDBC, entrepris l’an dernier, à Saint-Sulpice, la réfection du système d’éclairage, entre le pont Benjamin-Moreau et la rue Valmont, à Repentigny, ainsi que celle des viaducs de l’A-640, et du boulevard Industriel, respectivement à Terrebonne et à Repentigny, le tout encore sur l’A-40.  On procédera également – enfin! – au réaménagement de l’intersection des routes 158 et 345, à Sainte-Geneviève-de-Berthier, là où 5 travailleurs ont perdu la vie lors d’une collision avec un autobus scolaire, il y a de cela environ un an.  L’intersection sera transformée en carrefour giratoire.  Aussi, au moins l’un des ponts de la route 158, à La-Visitation-de-l’Île-Dupas, sera refait.

Outaouais

Nous enjambons les Laurentides, que l’on a couvert plus tôt, avec Montréal et Laval, pour continuer notre tour en Outaouais, où deux chantiers très importants sont en cours, à savoir celui – à couper le souffle – du prolongement de l’A-5, sur 6,5 kilomètres, entre le ruisseau Meech et le contournement de Wakefield (QC-366), dans lequel le fédéral investit 25,9M$, et celui du « chaînon manquant » de l’A-50, entre Thurso et Montebello, sur une distance de 24 kilomètres, qui devrait en principe laisser passer ses premiers véhicules à l’automne de 2012.  S’ajouteront à ceux-ci de nombreux chantiers locaux et régionaux.

Abitibi-Témiscamingue

Dans cette région-ressources, trois chantiers importants seront en cours.  Celui de la reconstruction du pont Desmarais, sur la 1ère Avenue, à Amos, dans lequel la ville d’Amos met 36,000$, remporte la part du lion du budget du MTQ, en Abitibi, avec une enveloppe de plus de 10M$.  Viennent ensuite deux chantiers dont l’enveloppe contient entre 5 et 10M$, tous deux situés à Rouyn-Noranda; l’asphaltage de la route 117, incluant les accotements, sur 11 kilomètres, depuis le chemin du Mont-Brun vers l’ouest, dans le secteur McWatters, et celui de la voie de contournement de Rouyn-Noranda, dans lequel on procédera, cette année, à l’élaboration des plans et devis, au déplacement de services publics, ainsi qu’à l’acquisition et au déboisement de terrains.

Nord-du-Québec

La région du Nord-du-Québec fait l’objet d’investissements massifs du gouvernement du Québec, dans le cadre du Plan Nord, et cela se répercute dans les projets du MTQ.  Deux chantiers dépasseront les 10M$, en 2012-13, soit la reconstruction du pont de la rivière Coigny, et de ses approches, sur la route 109, dans la municipalité de la Baie-James, et surtout le prolongement de la route 167, sur pas moins de 182 kilomètres, vers les monts Otish, afin de desservir les nouvelles mines, au nord de Chibougamau.

Conclusion

En fait, le MTQ a fait comme à chaque année, avec sa liste de projets, c’est à dire qu’il éteint des feux, tout en tentant de rattraper le temps perdu, en ce qui a trait au développement du réseau routier.  Certaines annonces sont carrément du tape-à-l’oeil, comme celle du prolongement de la route 138, de Kegaska à Vieux-Fort; comment pourrait-on construire une route, avec environ 10M$, qui relierait deux villages séparés par environ 300 kilomètres, à vol d’oiseau, dans un territoire entrecoupé par des rivières qui ressemblent à des fleuves?  Elle aura beau être en gravier, il n’en demeure pas moins que certains ponts, sur cette route, coûteront au-delà de 10M$ pièce!

Bref, vous pourrez voir toutes les listes régionales, ainsi que d’autres informations, en cliquant sur ce lien.  Vous pourrez ainsi en tirer vos propres conclusions.

A-25 (2011): La visite de l’oeuvre

Samedi dernier, le 14 mai, la compagnie Concession A25 avait convié le public à une visite de l’oeuvre, à moins d’une semaine de son ouverture à la circulation.  Malgré le temps maussade, ce sont environ 5000 personnes, selon le site web du consortium, qui ont défié le mauvais temps, afin de passer à l’histoire.  Après tout, l’ouverture d’un tel pont ne s’était pas vue depuis de nombreuses années!

Il y avait beaucoup de monde, samedi dernier, lors de l’ouverture au public du pont de l’A-25.

J’arrive à la hauteur de la première paire de tours, qui supportent les haubans.

L’un des principaux joints de dilatation de l’ouvrage.  Il est suggéré de ne pas échapper sa menue monnaie dans les ouvertures du joint,…

…car elle risque de se retrouver directement dans les eaux de la rivière des Prairies!

Qui dit ouverture au public dit bien sûr plein de trucs, dont les structures gonflables, que l’on voit en arrière-plan, et les traditionnels amuseurs publics, pour les enfants,…

…alors que les amuseurs publics pour les adultes faisaient aussi partie de la fête.  La Sûreté du Québec (SQ) avait un kiosque, sur place, pour distribuer de l’information.

Ici, un camion de la compagnie Miller Paving, le membre du consortium qui veillera à l’entretien, et aux réparations, sur l’ensemble du projet.

Lors de la présentation des invités d’honneur, sur la scène, du côté de Laval, on a demandé aux gens présents de fermer leurs parapluie, pour quelques secondes, le temps que ce photographe, tout en haut de la tour, croque sur le vif un portrait de la scène, et des gens présents, pour la postérité.  On peut voir la photo prise sur le site du consortium, au www.a25.com, parmi les photos prises lors de l’événement portes ouvertes.

Pour ceux qui ne croyaient pas qu’un photographe puisse se hisser au sommet de l’une des tours à haubans du pont, voici la preuve qui vous confondra.  Si vous avez l’impression que la photo est un peu floue, il ne s’agit pas d’une impression; il faisait froid, il pleuvait, j’étais avec le zoom, et je n’avais pas apporté mon trépied.

Évidemment, comme dans tout événement d’importance, les notables y vont de leurs discours.  Nous assistons à l’allocution du maire de Laval, Gilles Vaillancourt.  Il était fier de dire que sur une liste de demandes qu’il avait déposée en 1984, il y avait deux priorités incontournables; le métro, et le pont dans l’est.  Il aura fallu quelque chose comme 27 ans, mais quand on regarde le pont, l’attente en a valu la peine!  Les discours furent suivis d’un spectacle de Marie-Ève Janvier et de Jean-François Breault.

Tout juste derrière le portique de signalisation, les deux autres portiques supportent l’équipement de détection des véhicules, qui servira à « collecter le péage », en quelque sorte, ou à tout le moins, à recueillir les informations relatives au péage.  Sous le portique, juste au-dessus de la voiture de la SQ, ce sont les détecteurs de transpondeurs, qui liront la puce électronique incorporée dans le transpondeur, lors du passage.  Il y a aussi des projecteurs, et des caméras, pour photographier la plaque d’immatriculation des véhicules non-munis d’un transpondeur.

Quant à ces bidules, installés sur l’une des tours à haubans, sur le coup, je n’avais aucune idée de leur utilité.  Mais en y regardant à deux fois, ils sont situés à plus ou moins 2,3 mètres de la surface de roulement du pont.  Peut-être servent-ils, finalement, à détecter les véhicules qui mesurent plus de 230 centimètres de hauteur, pour lesquels le tarif du passage est établi selon le nombre d’essieux.

En roulant sur le pont, depuis Laval, vous profiterez d’une superbe vue sur les édifices de Montréal-Nord.  Enfin, si votre véhicule est suffisamment haut pour voir par-dessus le parapet, bien sûr.

Évidemment, plus on approche, meilleure sera la vue.  Il est à noter que ces barrières furent ajoutées à titre d’éléments de sécurité, pour l’ouverture au public; elles seront retirées avant l’ouverture à la circulation.  En passant, le pont est doté d’une passerelle multifonctionnelle, pour les piétons et les cyclistes, du côté aval du pont.

Sur le nouveau pont de l’A-25, on ne blague pas avec les grilles d’égout pluvial; celles-ci sont boulonnées en place!

C’est sur cette autre image de la foule, qui assistait, à ce moment-là, au début du spectacle, que je termine ce bloc de photos.

Curieusement, les kiosques d’information, les trucs pour les enfants, et tout ça, étaient sur le pont comme tel, tout comme la scène, mais plus précisément du côté de Laval.  Du côté de Montréal, rien du tout!  Il faut spécifier, ici, qu’à l’origine du projet actuel, soit au début des années 2000, la ville de Montréal ne voulait pas du pont, et de ce tronçon de l’autoroute 25.  Aussi, c’est un peu un pied-de-nez que le maire de Laval a fait aux montréalais, malgré que ceux-ci vont aussi en profiter.

Ne reste plus qu’à « compter les dodos », avant l’ouverture à la circulation!

Décrochage scolaire: Il faut prendre le taureau par les cornes, madame Courchesne!

C’est aujourd’hui qu’avait lieu le dépôt du rapport Ménard, sur le décrochage scolaire, et selon cet article de la Presse Canadienne, et repris par le site Canoë, il semble que la ministre de l’éducation, Michelle Courchesne, l’ait bien accueilli.  Elle mentionnait, toutefois, qu’il n’y avait « pas de solution unique et que tous les intervenants devaient se mobiliser, région par région« , tout en ne faisant aucune annonce d’investissement supplémentaire, pour contrer le décrochage scolaire.

L’article mentionne également que la ministre Courchesne « a salué la recommandation de mener des projets pilotes qui cibleraient les enfants de moins de cinq ans, en milieu défavorisé, afin de permettre une meilleure intégration à l’école primaire.  Elle a rappelé qu’il fallait rapprocher les Centres de la petite enfance (CPE) des commissions scolaires et surtout de l’école.« 

J’aurais une suggestion à faire, pour ma part, à la ministre Courchesne, et ma suggestion n’a rien à voir avec l’endoctrinement des enfants aux couches, mais concerne principalement ce qui se passe dans les écoles.  Parce que selon moi, le décrochage scolaire se produit d’abord dans les écoles.  Aussi, je suggère de prioriser les compétences, avant l’ancienneté, pour l’attribution des postes en enseignement.  Je vais proposer un exemple, pour illustrer ma suggestion.  Imaginons une étudiante au professorat, et appelons-la Fannie.  Dans le cadre de ses études, elle doit faire des stages pratiques, dans des classes, d’abord en observation, puis en enseignant elle-même la matière.  Dans son cas, il s’agit des arts plastiques.  Elle est presque traumatisée, à l’idée de savoir que son observatrice est sévère, qu’elle ne laissera rien passer, et qu’elle devra enseigner la matière, sous observation, de 9h30 à 11h00, ce jour-là, à une classe d’enfants du primaire.  Pourtant, Fannie est passionnée des arts plastiques, et elle adore transmettre sa passion aux enfants.  Le stage commence, et à mesure que Fannie explique la matière qu’elle doit enseigner aux enfants, ceux-ci sont pratiquement assis sur le bout de leur chaise, les yeux fixés vers elle.  L’observation devait se terminer à 11h00, mais elle s’est poursuivie jusqu’à midi!  Son observatrice n’a tout simplement pas voulu arrêter Fannie, tellement les enfants étaient enthousiastes, devant la formation qu’elle donnait.  Fannie a réussi ce stage-là avec un énorme succès.

Transportons-nous maintenant quelques mois après la fin des études de Fannie, et imaginons qu’elle obtienne une classe en arts plastiques.  Que va-t-il se produire?  Parmi le groupe d’enfants, certains seront tellement éblouis par la passion de Fannie pour les arts plastiques qu’ils voudront poursuivre dans cette voie, et il en sortira peut-être des artisans, des sculpteurs, ou de grands portraitistes.  La réussite sera totale.

Mais dans les faits, il se passe quoi, dans le système scolaire québécois?  Les chances sont beaucoup plus grandes que le groupe d’arts plastiques se retrouve avec, comme prof, une spécialiste des mathématiques, qui va choisir ce groupe dans le seul but d’obtenir un poste permanent.  Quant à Fannie, nouvellement diplômée, elle risque de se retrouver à faire des remplacements, pendant deux ou trois ans, peut-être même plus.  Devant une telle situation, quels seront les résultats?  La majorité des enfants du groupe d’arts plastiques auront décroché, n’ayant aucune motivation à suivre un cours où l’enseignante ne semble pas en connaître beaucoup plus long qu’eux-mêmes.  Pendant ce temps, Fannie risque de décrocher de l’enseignement, et de trouver un autre job.

Pourquoi de tels résultats?  Parce que notre monopole syndicalo-étatique a convenu que le principal élément, pour l’attribution des postes, en enseignement primaire et secondaire, est l’ancienneté.  Pas les compétences dans la matière à enseigner, seulement l’ancienneté.  Imaginez que vous ameniez votre enfant pour un examen de la vue, chez un optométriste, mais qu’il soit accueilli par un vétérinaire, spécialisé dans les vaches laitières, mais qui a plus d’ancienneté que l’optométriste.  Laisseriez-vous un vétérinaire examiner la vue de votre enfant?  Probablement pas!  Alors pourquoi laissez-vous n’importe qui enseigner à votre enfant?  Il faut prendre votre téléphone, et passer un coup de fil à votre député, afin qu’il relaie votre message à la ministre Courchesne, et qu’à la prochaine négociation de convention collective, dans le domaine de l’enseignement, les compétences priment sur l’ancienneté, pour l’attribution des postes.

Sans un tel mouvement des parents, la ministre n’ira jamais dans cette direction, de peur de perturber notre monopole syndicalo-étatique.  Or, pour contrer le décrochage scolaire, il faut prendre le taureau par les cornes, madame Courchesne!