Pont Arthur-Sauvé: Le MTQ en connaît-il d’autres, comme celle-là?

Un article du Journal de Montréal, que l’on retrouve aussi sur le site Canoë, révèle que les problèmes qui entraîneront la démolition et la reconstruction du pont Arthur-Sauvé, à Saint-Eustache, étaient connus du MTQ depuis 10 ans.

Ma question au MTQ: En connaissez-vous d’autres, des problèmes qui sont là depuis plusieurs années, qui condamnent les structures sous votre juridiction, et que vous ne révélerez que sous la torture?

Je sais bien que le Journal de Montréal est passé maître dans l’art de donner la frousse à ses lecteurs, mais il reste que le MTQ cache beaucoup de choses à la population. C’est à tout le moins l’impression que ça laisse. Pourtant, après 6 millions$ dépensés pour que la commission Johnson lui mette le problème en pleine face, il semble que le MTQ prend encore la sécurité des usagers de la route à la légère. Faut-il rappeler que les usagers de la route se font déplumer de toutes parts, que ce soit par des taxes directes et indirectes, ou encore par des frais d’entretien et de réparation de véhicule plus élevés que la normale, causés par les routes en mauvais état. Avec les sommes faramineuses que déboursent les automobilistes et propriétaires de flottes de véhicules en frais de toutes sortes, ce serait la moindre des choses que le MTQ maintienne les routes dans un état décent, à défaut d’être acceptable.

Tout cela me fait penser à un jeu vidéo, appelé SimCity 2000, dans lequel on devait construire une ville, puis veiller à son entretien et à son développement. Parmi les ressources disponibles, on pouvait contrôler les postes budgétaires (police, pompiers, éducation, et bien sûr, les transports) en cliquant sur la photo de la personne responsable du poste. Apparaissait alors une bulle résumant les propos de la personne responsable, genre « Your city needs more firefighters. » (Votre ville nécessite plus de pompiers), ou encore « I’m proud to declare the crime rate very low. » (Je suis fier de déclarer que le taux de criminalité est très bas.). Mais aussitôt que l’on voulait toucher au niveau de financement des transports, et quand je dis toucher, ça veut dire l’amener en-decà de 100%, le message affiché était plutôt catégorique; « DON’T CUT BACK IN FUNDING, YOU WILL REGRET THIS! » (NE COUPEZ PAS DANS LES FONDS, VOUS LE REGRETTEREZ!), écrit en lettres majuscules. Et effectivement, des bouts de route, et de chemins de fer, disparaîssaient en très peu de temps, laissant place à des ruines.

Quand je regarde le réseau routier, je me dis que « c’est là qu’on est rendus ». Il faut se demander si le MTQ est capable d’entretenir un réseau routier digne d’un état développé. S’il ne l’est pas, il faut tout balancer au plus offrant!

Un poste de pesée de 20 millions$ à recommencer!

Beau petit clip vidéo, ce matin, gracieuseté de TVA, d’une station de pesée de camions lourds, à Saint-Bernard-de-Lacolle, à deux kilomètres de la frontière Québec-New York, qui a été construite sur des sols instables. Essayons de reconstituer l’affaire.

En janvier 2005, le MTQ est allé de l’avant avec la construction d’un poste de contrôle routier « modèle », composante d’un grand investissement conjoint entre l’état de New York et la province de Québec afin d’améliorer la sécurité à la frontière, tout en assurant une meilleure fluidité des personnes et des marchandises. La municipalité de Saint-Bernard-de-Lacolle, mise au parfum des intentions du MTQ, a avisé celui-ci que les sols, à cet endroit, étaient beaucoup trop instables pour faire ce type de construction. Évidemment, le MTQ a fait ce qu’il a voulu, et a construit quand même le poste. La construction a duré dix-huit mois, et fut interrompue à plusieurs reprises par d’innombrables imprévus. À l’automne de 2006, la station de contrôle routier reçoit donc ses premiers camions lourds à être pesés, et ce qui devait arriver arriva. La chaussée de la station s’est affaissée de plusieurs centimètres, causant d’importants dommages à tout le système de pesée, qui est maintenant inutilisable.

Encore une fois, on a affaire à un cas de fonctionnaires qui font ce qu’ils veulent. Il aurait été beaucoup plus simple de prendre en compte l’avis de la municipalité, et de prendre des mesures en conséquence dès la mise en chantier du poste. L’autoroute 15 passe à quelques mètres de là, et elle ne s’affaisse pas; il doit bien y avoir une façon de construire sur de tels sols qui n’a manifestement pas été suivie dans le cas de la station de pesée.

Cela me fait penser au pont couvert de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce. Un site web y est d’ailleurs dédié. Ouvert à la circulation en 1927, ce pont intimide un peu les gens de la place, parce qu’ils ont peur que celui-ci soit emporté par les glaces de la rivière Chaudière, qui partent en débâcle à chaque printemps. Le maire de la municipalité, à l’époque, tente de convaincre l’ingénieur en chef que le pont n’est pas assez haut, par rapport au niveau de la rivière, ce à quoi il répondit que « des criques comme la Chaudière, il en avait vu d’autres ». Prévoyant, le maire a toutefois réussi à faire signer une entente en vertu de laquelle le département de la colonisation devrait payer entièrement un nouveau pont si celui-ci était emporté par les glaces. C’est le matin de Pâques de 1928 que les citoyens de Notre-Dame-de-la-Providence, c’était le nom de la paroisse, ont prononcé ma phrase fétiche, « ce qui devait arriver arriva ». Ce matin-là, plus précisément le 8 avril 1928, les paroissiens du côté ouest n’ont pas pu assister à la messe dominicale parce qu’au cours de la nuit, le pont couvert, encore tout neuf, fut éventré par les glaces de la rivière, et des sections se sont retrouvé un peu partout entre la municipalité et la voisine, Beauceville. D’ailleurs, une importante partie du pont couvert s’est échouée contre le pont de cette autre municipalité. Il aura donc fallu reconstruire un nouveau pont, plus haut de quatre pieds que le précédent, qui fut construit sur des piliers de béton, et non pas sur des piles de roches, comme le précédent, et entièrement payé par le ministère de la colonisation. La construction de ce nouveau pont couvert a débuté à l’été de 1928, et il fut ouvert à la circulation en septembre 1929. Beaux joueurs, les élus municipaux ont adopté une motion de remerciements, notamment envers le ministre de la colonisation, un certain monsieur Perreault, dont le pont porte depuis le nom.

Et dans le cas actuel, donnera-t-on un nom à ce poste de pesée, si celui-ci est reconstruit? J’imagine déjà « la station de contrôle routier Julie-Boulet ».

Autoroute 50, prise 2; l’autre bout

Il faisait beau, ce dimanche après-midi, alors j’ai décidé d’en profiter, et de vous en faire profiter, par la même occasion. Pour faire suite aux photos de l’autoroute 50 prises entre le chemin Scotch et la route 148, en voici de nouvelles, prises cette fois à l’autre bout de l’A-50, soit entre Gatineau (Buckingham) et Thurso. Je vais par contre commencer avec quelques clichés du boulevard Saint-Laurent, à Gatineau, qui sera prolongé du secteur Hull au secteur Aylmer, pour aller rejoindre ce que l’on appelait autrefois le boulevard de l’Outaouais, et qui s’appelle désormais le boulevard des Allumetières, probablement dans le but de rendre hommage aux femmes qui travaillaient à l’ancienne usine d’Eddy Matches. Bref, il s’agit de la route 148, dans le secteur Aylmer. Le site du MTQ fait état d’une ouverture à la circulation à l’automne de 2007, et si certaines parties semblent pratiquement terminées, il faudra mettre les bouchées doubles au pont de la promenade des Fées, où il semble que beaucoup de travail reste à faire. Je mets ces photos d’autant plus que selon les plans originaux, cette route, mi-boulevard urbain, mi-voie semi-rapide, devait être l’A-50. Trève de commentaires, voici les images.

Le boulevard Saint-Laurent, juste avant le pont de la promenade des Fées

Ici, c’est le boulevard Saint-Laurent, juste devant le pont de la promenade des Fées. Au loin, on peut voir le viaduc de la promenade de la Gatineau.

Le pont de la promenade des fées, vu de la promenade elle-même

Une vue du pont, surplombant la promenade des Fées.

Le pont de la promenade des Fées, vu du viaduc de la promenade de la Gatineau

Vu du haut du viaduc de la promenade de la Gatineau, il semble qu’il reste beaucoup de besogne à accomplir sur le pont de la promenade des Fées,…

Le boulevard Saint-Laurent ouest, vu de la promenade de la Gatineau

…alors que de l’autre côté, le boulevard Saint-Laurent, ou le boulevard des Allumetières, semble prêt à recevoir la circulation routière.

Le boulevard des Allumetières, vers l’est, vu du viaduc Saint-Raymond

Ici, on voit le boulevard des Allumetières, vers l’est, avec ce qui devrait devenir une piste cyclable, depuis le boulevard Saint-Raymond.

Le boulevard des Allumetières ouest, vu du viaduc Saint-Raymond

À droite des cônes oranges, la circulation a déjà commencé à rouler, en direction de la partie existante du boulevard des Allumetières ouest.

Faisons maintenant un bond d’environ 25 kilomètres vers l’est pour aller voir la fin actuelle de l’A-50, et la suite des travaux d’une partie qui devrait en principe être ouverte à la circulation en 2008, quoique je maintienne certains doutes.

Fin de l’A-50, au chemin Doherty

Voici la fin actuelle de l’A-50, et la bretelle de sortie vers le chemin Doherty, et la route 309. À remarquer que les images sont très sombres; j’ai manqué de temps pour faire de belles poses. Je devrai donc y retourner, et partir plus tôt, la prochaine fois. Nous pouvons quand même voir, au loin, la continuité de l’A-50, au-delà du viaduc.

L’entrée de l’A-50 est, au chemin Doherty

La bretelle d’entrée vers l’A-50 est, déjà asphaltée,…

Viaduc de l’A-50, au chemin Doherty

…tout juste à côté du viaduc de l’A-50, surplombant le chemin Doherty, qui est aussi la route 309.

A-50 ouest, à la montée du 4

Malgré que celle-ci soit très sombre, on distingue bien la voie asphaltée de l’A-50, en direction ouest, et le panneau muni de feux clignotants…

A-50 est, à la montée du 4

…annonçant ce qui semble être une station de pesée pour les camions lourds. Comme cette pose de l’A-50 est prise vers l’est, donc avec le soleil couchant derrière, elle est évidemment plus claire.

Viaduc de l’A-50, au chemin Silver Creek

Nous voyons ici le viaduc de l’A-50, surplombant le chemin Silver Creek. L’appareil pointe vers le sud.

Viaduc A-50, montée Laurin

Cette fois, il s’agit du viaduc surplombant la montée Laurin, mon appareil-photo pointant vers le nord. Les poses sont vraiment sombres. Il se fait tard.

A-50 est, à la montée Laurin

Ici, la photo est vraiment trop sombre, mais il s’agit de la chaussée de l’A-50, tout juste à l’est du viaduc de la montée Laurin. Le dynamitage n’est pas encore complété. Nous sommes donc encore loins de l’asphalte.

C’est triste que je sois parti trop tard de la maison, car je n’ai pas pu photographier les travaux au niveau de la montée Ranger, de la montée Parent et de la route 317, qui mène à Thurso. Déjà, à l’état actuel des travaux, c’est très impressionnant, particulièrement à la montée Ranger et à la route 317, où l’échangeur à été dynamité à même le roc. C’est évident qu’il faudra que j’y retourne afin de prendre des photos de ces endroits, ainsi que d’autres, plus claires, des endroits montrés ici.

Patience, Saint-Lin, patience

Je vous montrais, il y a quelques temps déjà (nous arrivons en novembre?), le pont temporaire de Saint-Lin, qui sert de lien d’urgence aux usagers des routes 335 et 337, ainsi qu’aux résidents de la place qui peuvent ainsi accéder plus facilement à l’autre moitié du village. Voici maintenant des photos de la raison pour laquelle ils doivent tant patienter.

Chantier du pont de Saint-Lin

Vue du côté sud du chantier du pont du village. Comme on peut voir, ça avance lentement.

Chantier du pont de Saint-Lin

Autre vue du côté sud, cette fois depuis le parc André Auger. On voit ici la structure temporaire aménagée pour permettre aux travailleurs de bien faire leur travail.

La passerelle temporaire pour les piétons

La passerelle, flottante et brinquebalante, qui permet aux piétons de traverser la rivière de l’Achigan. Du côté sud, elle est au niveau du sol,…

L’escalier de la passerelle, côté nord.

…mais en arrivant du côté nord, attendez-vous à monter quelques plusieurs marches afin d’atteindre le plancher des vaches.

Le chantier du pont, vu de la passerelle

Le chantier du pont, vu de la passerelle. Eh oui, je m’y suis risqué. Sur la passerelle, pas sur le chantier!

Côté nord du chantier, vu de la passerelle

Cette fois, on voit très bien que ce n’est pas demain la veille de l’ouverture du nouveau pont du village, le côté nord du chantier ne pouvant toujours pas recevoir les poutres.

Le chantier du pont, vu du côté nord

Vue du chantier, du côté nord. Excusez-moi pour le poteau, mais c’était ça ou des branches encore très feuillues qui bloquaient la vue.

Le chantier, vu du côté nord

Autre vue du côté nord du chantier du pont du village de Saint-Lin. On doit se rendre à l’évidence que ce pont n’ouvrira probablement pas avant l’été de 2008.

Le plus cruel de l’histoire, c’est qu’au début, le pont existant devait rester ouvert à la circulation pendant la construction du nouveau pont, comme on le voit assez souvent un peu partout, par exemple avec le pont de l’île Charron, sur l’autoroute 20, à Boucherville. En cours de travaux, le MTQ a déclaré qu’il fallait tout fermer, le danger étant trop grand. Alors du jour au lendemain, les gens de Saint-Lin se sont retrouvés sans lien inter-rives. Au moins, le pont temporaire leur permet de se rendre de l’autre côté de la rivière de l’Achigan par un détour de moins de 5 kilomètres.

10,000$ pour 197 viaducs

Le Journal de Montréal publie un article, ce matin, dans lequel Michel Gagnon, président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), vient dénoncer le fait que la direction de Laval du MTQ, en 2003-2004, n’a attribué que 10,000$ de budget pour l’entretien des 197 ponts et viaducs disséminés ça et là sur le territoire, et que rien de tout cela n’ait été discuté ou fouillé lors de la Commission Johnson, qui a rendu son rapport dernièrement.

Le pauvre monsieur déplore que tout le monde ait été blâmé, sauf les politiciens. Mais lui, ce monsieur Gagnon, où était-il, pendant les travaux de la commission? Sur une plage de Cuba? Pourquoi n’a-t-il pas fait appel à ses contacts pour venir témoigner devant la commission? S’il savait quelque chose de pertinent, il n’avait qu’à se faire voir au Journal de Montréal avant, ou même pendant les travaux de la commission, je suis convaincu que Pierre-Marc Johnson lui-même, ou encore l’un de ses proches collaborateurs, l’auraient contacté personnellement. Mais non, il attend que tout le monde soit rentré chez lui pour venir se plaindre à Mathieu Boivin, de Journal de Montréal. Et maintenant, qu’est-ce que Michel Gagnon croit que le gouvernement va faire, à partir de ces informations? Rouvrir une autre commission, à 6 millions$ de la « shot », pour l’écouter?

Quant à savoir pourquoi les politiciens s’en tirent toujours, il n’y a qu’à jeter un oeil sur l’affaire du scandale des commandites; trois ou quatre prête-nom sont derrière les barreaux, alors que Jean Chrétien continue à jouer au golf avec son cardiologue. Probablement avec des balles portant sa signature. Jean Charest avait déclaré, en 2003, que sa priorité première, c’est la santé. Son plan était de geler tous les autres ministères pour mettre de l’argent en santé. Et la population l’a élu. Le président de l’APIGQ s’attendait-il à des augmentations de budget? Tous les projets routiers ont été retardés d’une, ou de plusieurs années. Quant aux travaux d’entretien, le gouvernement Charest a fait la même chose que ses prédécesseurs depuis la grande purge de René Lévesque, c’est à dire couper et retarder.

Parlant de cela, je me demande combien d’ingénieurs travaillent à temps plein pour le gouvernement du Québec. Ne serait-ce pas une responsabilité que l’on pourrait très bien donner en sous-traitance?