Circulation à Montréal: Autopsie d’une négligence généralisée

Tous ceux et celles qui ont à se rendre à Montréal, que ce soit exceptionnel, ou sur une base régulière, le savent; la circulation y est infernale.  À chaque année, c’est la même chose; l’été, pendant les vacances de la construction, on se dit que c’est moins pire que l’on s’imaginait, puis les gens rentrent de leurs vacances, le problème s’amplifie, et ce jusqu’au jour fatidique de la rentrée des classes, au début de septembre. À ce moment-là, tout est bloqué partout!  Puis, de semaine en semaine, les gens s’habituent, les choses se replacent un peu, et on vit avec le problème.

En fait, ce scénario se répète d’année en année, la situation empirant un peu plus à chaque année.  Et je vous dirais que tout cela est le fruit d’une négligence généralisée.

Déjà dans les années 1950, la circulation était problématique dans les rues de Montréal.  Le maire de l’époque, Jean Drapeau, expliquait dans un documentaire en deux parties (partie 1, partie 2) réalisé par l’Office national du film (ONF), que la circulation, dans les rues d’une ville, était comme la circulation du sang dans le corps humain; lorsque la circulation ne se fait pas, on se retrouve avec des problèmes très graves.  Puis il expliquait que les solutions au problème de la circulation sont de trois niveaux; le premier comprend des solutions qui ne coûtent rien, ou presque rien, comme établir la circulation à sens unique sur des rues parallèles, le second niveau étant les solutions qui nécessitent des investissements plus importants, comme le réaménagement de certaines intersections, et finalement, le troisième niveau présente les solutions nécessitant de grands travaux.

On remarquera que la plupart des grands travaux d’envergure sont survenus au début des années 1960, Montréal étant stimulée par la venue d’Expo67, la grande exposition universelle.  Le pont Champlain, l’autoroute Décarie, la nouvelle route 3 (aujourd’hui l’autoroute René-Lévesque), et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, sans oublier l’échangeur Turcot, furent construits à cette époque.  Ils furent précédés par l’avènement de l’autoroute Métropolitaine, à la fin des années 1950, et furent suivis par la construction de l’autoroute Ville-Marie, au centre-ville, dans les années 1970.  Puis en 1976, le premier gouvernement du parti québécois arrive au pouvoir; celui-ci décide d’imposer un moratoire à la construction d’autoroutes, et de transférer ces sommes au prolongement du métro de Montréal.  Depuis ce temps, le retard accumulé dans la construction d’autoroutes n’a malheureusement jamais été rattrapé.  Et je passe ici sous silence les manquements à l’entretien des voies rapides déjà construites.

Nous nous retrouvons donc en 2016, avec un réseau autoroutier planifié dans les années 1950, dans le but d’être complété dans les années 1980, qui n’est pas encore terminé.  Les coûts de construction augmentant de façon exponentielle, et certains terrains où furent prévus la construction d’autoroutes ayant été utilisés à d’autres fins, on ne voit malheureusement pas le jour où ce réseau sera enfin complet.  Le principal problème, actuellement, c’est que la circulation croît plus rapidement que le réseau routier, ce qui fait que les améliorations planifiées ne suffisent pas à contenir l’augmentation du flux de véhicules.  Il faudrait donc donner un autre grand coup, comme celui des années 1960, pour compléter le réseau de base, à tout le moins, puis éventuellement à l’améliorer avec de nouvelles autoroutes périphériques, le tout en dotant la région du grand Montréal d’un réseau de transport en commun digne de mention.

Compte tenu des coûts reliés à une telle opération, ce n’est pas demain la veille du jour où tout cela va se réaliser!

Pendant ce temps, nos administrations publiques sont en train d’échapper le contrôle de la circulation d’une autre grande agglomération; celle de la ville de Québec!

Programme du MTQ pour 2016-18: Rien de rassurant

C’est hier, 8 avril, que le ministre des transports – pardon, le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports*, monsieur Jacques Daoust, y est allé de la conférence de presse annuelle du MTQ – pardon, du MTMDET, celle au cours de laquelle les chiffres des investissements routiers des deux prochaines années sont dévoilés.  Selon ce que l’on nous montre à ce sujet sur le site web du ministère, c’est à peine 6,1% des quelque 4,7 milliards$ investis qui proviendront de “partenaires”, c’est à dire des municipalités, et du gouvernement du Canada.  Il faut toutefois spécifier que les deux principaux projets financés en partie par le fédéral, soit les autoroutes 35 et 85, sont en sursis cette année; les travaux de la dernière phase de l’A-85, entre Saint-Antonin et Saint-Louis-du-Ha! Ha! devraient en principe commencer l’an prochain, alors que du côté de l’A-35, la suite des choses est toujours à l’étude.

Évidemment, les listes des chantiers par région ne seront disponibles que dans quelques semaines, mais pour l’instant, on nous donne la répartition des fonds entre les régions, et entre les différents aspects des travaux.  On y apprend que sur les 4,725,200,000$ investis, seulement 478,4M$, soit environ 10,1%, iront au développement du réseau routier.  C’est donc près de 90% des sommes allouées cette année qui iront à la conservation du réseau actuel, dont 2,1G$ à la conservation des structures (ponts, viaducs, etc.), et 1,25G$ en asphaltage, ce qui prouve que le réseau routier a toujours besoin de rattrapage.  Le pire, c’est que si l’on tient compte de la qualité des travaux effectués au cours des dernières années, qualité qui souvent laissait à désirer, la somme à investir pour assurer un réseau de qualité devra aller en augmentant.  Bref, malgré les chiffres qu’on nous balance à l’occasion, il semble que les choses ne vont pas en s’améliorant.  Il y a une raison simple à cela; les infrastructures construites, ou rénovées, ne le sont pas toujours en fonction de la réalité sur le terrain.  Par exemple, si l’on refait une route en fonction d’un DJMA** de 50,000 véhicules par jour, et que dans les faits, il en passe plutôt 100,000, il est clair que l’infrastructure durera moins longtemps.

Quand on regarde au niveau des régions, on constate que l’île de Montréal a la part du lion, avec 1,405,970,000$, soit à peine moins de 30% du budget total.  On peut comprendre que l’échangeur Turcot prend à lui seul une large part de ce budget; en plus de construire le nouveau complexe, des sommes se chiffrant en centaines de millions de dollars sont nécessaires à maintenir les composantes de l’échangeur actuel en place.  La région de la Capitale-Nationale (incluant la ville de Québec, mais sans s’y limiter) arrive en troisième place, avec 443,413,000$, se faisant damer le pion par la Montérégie, qui bénéficiera de 532,103,000$.  Viennent ensuite dans l’ordre la Côte-Nord (305,318,000$), Chaudière-Appalaches (297,715,000$), les Laurentides (242,502,000$), le Saguenay-Lac-Saint-Jean (219,856,000$), l’Abitibi-Témiscamingue (198,808,000$), le Bas-Saint-Laurent (188,093,000$), la Mauricie (138,972,000$), Lanaudière (135,612,000$), le Centre-du-Québec (129,205,000$), l’Outaouais (125,658,000$), l’Estrie (124,542,000$), la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine (96,344,000$), et le Nord-du-Québec (73,687,000$), alors que l’île de Laval ferme la marche avec 67,382,000$.

Attendons maintenant de voir quels seront les projets à réaliser dans chacune des régions du Québec.  Nous le saurons d’ici quelques semaines, à mesure que sortiront les listes régionales détaillées.

 

* Vous me permettrez de continuer d’utiliser les formules courtes, à savoir “MTQ”, et “Ministère des transports”.

** DJMA: Débit journalier moyen annuel.

Infrastructures: L’IDU n’a rien compris!

Parmi la panoplie de communiqués de presse que je reçois quotidiennement, il y en a un qui a attiré mon attention.  C’est celui de l’Institut du développement urbain (IDU) du Québec qui, pour financer les investissements majeurs qui seront nécessaires maintenant, et pour les années à venir, aux infrastructures de transport, tant routier que de transport en commun, dans le grand Montréal, propose une nouvelle formule, à savoir une taxe kilométrique, modulable en fonction du type de véhicule, du type de route utilisé, et du moment du déplacement dans la journée.

À la lecture du rapport que l’IDU a publié aujourd’hui sur ce sujet, on pourrait croire qu’une taxe kilométrique puisse sembler plus équitable qu’un péage, qu’il soit sur un seul pont, ou sur l’ensemble des traversées de l’île de Montréal, ou encore qu’une captation de la plus-value foncière causée par un projet d’amélioration des infrastructures de transport.  Par contre, il s’agit, encore une fois, d’augmenter le fardeau fiscal des automobilistes.  Déjà que celui-ci est particulièrement lourd à porter, le fait de l’augmenter n’arrangera rien; le rapport souligne que si l’on taxe davantage les automobilistes, on devrait d’abord savoir à quoi servira l’argent ainsi collecté.  Or, l’histoire récente nous a montré que l’on ne peut pas se fier à l’honnêteté du gouvernement provincial à ce sujet, puisque des détournements de fonds se pratiquent depuis des décennies, que ce soit dans les coffres de la CSST, de la SAAQ ou ailleurs.

Bref, je crois sincèrement que chaque promoteur qui va de l’avant avec un nouveau pont, ou un pont de remplacement, doit y aller de sa propre initiative de financement, et ce du moment que ledit pont soit privé, ou public, mais par l’entremise d’un partenariat public-privé (PPP); ainsi, l’entrepreneur – ou le partenaire privé – récupère son investissement initial par l’entremise du péage qu’il impose au passage sur l’infrastructure.  S’il charge trop cher, les utilisateurs feront diversion sur d’autres traversées, privant ainsi l’investisseur de revenus suffisants pour se financer.  Là-dedans comme dans bien d’autres domaines, c’est en laissant fonctionner les lois de l’offre et de la demande que les meilleures choses vont se produire.

Outaouais: Le nouveau tronçon de l’A-5 inauguré

C’est le 20 octobre dernier qu’une brochette de personnalités politiques se sont réunies dans l’Outaouais pour procéder à l’inauguration officielle du nouveau tronçon de l’autoroute 5, qui relie les deux tronçons existants, sur une distance de 6,5 kilomètres, entre les municipalités de Chelsea et de La Pêche.

Avec l’ouverture à la circulation, qui fut effective le 10 octobre dernier, de cette nouvelle section de l’A-5, cette autoroute est désormais longue de quelque 32 kilomètres.  Un dernier tronçon est en préparation; long d’environ un kilomètre, il permettra aux usagers de la route d’éviter une section particulièrement dangereuse de la route 105, le long de la rivière Gatineau, là où environ 6600 véhicules passent chaque jour, ainsi que la célèbre “côte de Wakefield”, sur la route 366, utilisée par plus de 6500 automobilistes et camionneurs quotidiennement.  Ces chiffres proviennent des dernières données de l’Atlas des transports du MTQ, données qui datent de 2012.

C’est une section d’autoroute qui était attendue depuis plusieurs années, dans la région.  Toujours selon l’Atlas des transports, c’est plus de 12,500 véhicules qui circulaient, en 2012, sur le dernier tronçon de l’A-5, qui conduit au sommet de la côte de Wakefield.  Il fut quand même facilement financé, puisque la Commission de la Capitale nationale, un organisme du gouvernement fédéral, a financé la moitié des 125 millions de dollars nécessaires à sa construction, en vertu d’une entente entre cet organisme et le gouvernement du Québec.

Il reste encore tout plein de tronçons d’autoroute en super-2, et de routes principales construites en quasi-autoroute, dans diverses régions du Québec, qui auraient bien besoin d’investissements du MTQ.  On a complété, l’an dernier, l’échangeur du boulevard des Acadiens, sur l’A-55, à la hauteur de Bécancour, mais il reste encore près de 30 kilomètres de cette autoroute à doubler.  Lors de la publication des données de 2014, qui devrait survenir vers la fin de 2015. nous verrons également si les sections en super-2 de l’A-50, en Outaouais et dans les Laurentides, auront atteint les 8000 à 10,000 véhicules par jour nécessaires pour espérer un doublement de celles-ci.  Du côté de Lanaudière, c’est la route 158, entre Saint-Esprit et Joliette, qui fut d’ailleurs un tronçon de l’A-50, au début des années 1980, qui aurait un urgent besoin d’être doublée en autoroute.

Évidemment, comme nous sommes en pleine période de compressions budgétaires, et comme il n’y aura pas d’élections générales au Québec avant 2018, il ne faut pas s’attendre à des investissements massifs de ce côté au cours des prochaines années.  À moins que des dizaines de personnes se tuent sur ces routes dans un laps de temps très court.  C’est triste à dire, mais il faut une situation macabre pour faire bouger les bonzes du MTQ.  C’est ainsi que quelques deux ans après avoir été le théâtre de 7 morts, dans deux accidents distincts, survenus à moins de six mois d’intervalle, l’intersection des routes 158 et 345, à Sainte-Geneviève-de-Berthier, fut transformée en carrefour giratoire.

Maskinongé et Nipissing: Un autre grand projet jamais réalisé

Il m’arrive parfois de fureter sur le web, et à certaines occasions, de tomber sur de véritables bijoux.  L’an passé, j’ai fait la découverte d’un microfilm montrant un document d’une vingtaine de pages, qui exposait les avantages indéniables d’un grand projet à réaliser.  Nous sommes alors… en 1887!  Comme quoi il n’y a pas que de nos jours que certains grands projets ne se réalisent pas.

Le document s’intitule “Le chemin de fer Maskinongé et Nipissing – Le chemin le plus important du Dominion après le Pacifique Canadien et le Grand Tronc”.  Après 5 pages de tests et d’explications (mise en microfilm oblige), on arrive à la page titre puis, après une carte montrant approximativement le tracé du chemin de fer à construire, on arrive au texte proprement dit.  On y mentionne l’incorporation, adoptée par le Parlement fédéral du Canada le 2 juin 1886, de Thomas W. Ferry, James J. White, E. H. Talbott, John H. Verrall, et Laurent Grenier, dans le but de former une compagnie qui construirait le chemin de fer Maskinongé et Nipissing.  D’une longueur d’environ 450 milles (plus ou moins 725 kilomètres), il devait débuter d’un point situé entre Louiseville et Maskinongé, traverser la chaîne des Laurentides jusqu’à Saint-Michel-des-Saints, puis de là, presque en ligne droite, continuer vers l’ouest jusqu’aux rives du lac Nipissing, en Ontario, en passant par le lac Désert, situé à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Mont-Laurier.

Après avoir fait mention de la “praticabilité” du chemin de fer, le document indique textuellement que “ce chemin ouvrira une région d’au moins 75 milles (120 kilomètres) de large sur presque toute sa longueur”; on explique ensuite qu’il existe des terres exploitables en agriculture sur une cinquantaine de milles (80 kilomètres) au sud du tracé, et sur 25 à 30 milles (40 à 50 kilomètres) au nord de celui-ci, citant des établissements autour du lac Témiscamingue comme étant à l’extrême nord de ce territoire.  Viennent par la suite des extraits de témoignages de personnalités connues de l’époque, allant du curé Mondor, de Saint-Michel-des-Saints, au curé Labelle, de Saint-Jérôme, en passant par Lindsay Russell, ancien arpenteur général du gouvernement fédéral, un certain M. Bouchette, dont on cite un extrait d’un rapport des terres de la Couronne datant de 1859, un révérend père Paradis, écrivant à Mgr. Duhamel, archevêque d’Ottawa, Sir Charles Tupper, les députés Joseph Tassé et Alonzo Wright, ainsi qu’un professeur Macoun, tous ceux-ci faisant état de diverses constatations sur le territoire, dont le climat, les possibilités de cultures, etc.

Par la suite, le document évoque différents thèmes, comme le fait que le Maskinongé et Nipissing puisse devenir un chemin de colonisation, pouvant contenir plus de 2 millions de colons, rien de moins!  On revient ensuite sur le climat, le potentiel forestier et minier, les pouvoirs d’eau, forces motrices de cette époque, ainsi que la beauté du paysage.  On mentionne ensuite que le terminal de Maskinongé serait temporaire, pour rentabiliser l’opération du chemin de fer dès la construction de ses premiers milles, son terminal permanent devant éventuellement s’établir à Québec, question de profiter des installations portuaires de la ville pour le commerce international.  On explique également pourquoi il faut commencer le projet à Maskinongé, au lieu de Nipissing (les plus proches sources de profit potentiel sont les forêts du comté de Maskinongé, dit-on), les possibilités d’interconnexions avec d’autres chemins de fer existants ou en développement, mais aussi que le Maskinongé et Nipissing pourrait devenir une ligne militaire d’une importance capitale, compte tenu de la vulnérabilité de la vallée du Saint-Laurent, et de la nécessité d’établir un “back country” derrière les Laurentides, dans le territoire traversé par la ligne de chemin de fer.

Viennent ensuite l’évocation d’un gain monétaire pour le pays, suite à l’installation de nouveaux colons, et aux investissements successifs que devraient forcément faire les instigateurs du projet, question de se maintenir, face à la concurrence, ainsi que l’état de l’avancement du projet, que je cite ici:

“10 milles du chemin sont localisés définitivement, une exploration complète est achevée sur 14 autres milles, et six milles de plus ont été explorés préliminairement.  Ce travail à résout, d’une manière tout-à-fait satisfaisante, le problème de savoir si la chaîne des Laurentides pourrait être franchie sans trop de grandes difficultés.  Maintenant, les montagnes sont dépassées, et la Cie. est certaine d’arriver, sans encombre, au bout du tracé.  Il y a aussi un vote du gouvernement local de Québec, accordant 4 mille acres de terre par mille, pour un chemin qui partirait du bas du comté de Maskinongé, et passerait par Matawin (St. Michel-des-Saints.)”

Finalement arrive la conclusion, dans laquelle on parle de la nécessité de construire cette ligne, qui allait non seulement couper 250 milles (400 kilomètres) sur le parcours du C. P. R. d’un océan à l’autre (c’est pourquoi on l’appelle souvent “la ligne courte”, dans le document), mais aussi permettre le développement du “coeur du pays”; le directeur d’Agriculture de la province de Québec de l’époque (probablement l’équivalent de ce qu’est aujourd’hui le sous-ministre de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation), Ed. A. Bernard, voyait des établissements, le long de ce chemin, devenir de grands centres, et les terres, dont le gouvernement était encore propriétaire en presque totalité, acquérir une valeur certaine, particulièrement à cause du bois de commerce qui, à l’époque, offrait un très fort potentiel, mais était trop éloigné des moyens de transport du temps.  Monsieur Bernard traite aussi des avantages pour le district des Trois-Rivières, comme on disait à l’époque, ainsi que pour le Canada, et pour tout l’empire britannique, avant de conclure que tout le monde politique, des électeurs jusqu’aux élus, devraient porter ce projet à un aboutissement rapide.  Le document est complété par un parallèle entre les projets ferroviaires déjà proposés, ou en cours de réalisation, au Québec, et le Maskinongé et Nipissing, par une lettre de trois pages ne portant, pour seule signature, que le mot “Maskinongé”, un rapport de l’ingénieur-en-chef W. M. Maingy à James J. White, directeur-gérant du M. & N. R. M. (c’est écrit comme ça), une double table de distances, et l’index de la brochure.

Vous êtes curieux de voir ce document?  C’est par ici!  À noter que l’original est à la Bibliothèque des archives publiques du Canada.

Sur le terrain, par contre, il n’y a rien!  Zéro pis une barre!  J’ai l’impression que l’entreprise ne s’est jamais rendue plus loin que la Chambre des Communes!  Tout le monde disait oui, mais il y a eu des élections (en 1887, sauf qu’elles ont porté la même équipe, celle des Conservateurs de John A. Macdonald, au pouvoir), probablement des changements de priorités, et tout le projet est tombé à l’eau.  Et sur le web, je ne trouve rien d’autre que ce microfilm.  Amazon a bien quelque chose; une version papier reproduite à partir de la même source!  La question que je me pose est la suivante; Est-ce que la région de Maskinongé, et toute la région au nord de la chaîne des Laurentides, aurait connu un développement différent, avec la construction d’un tel chemin de fer?  Je n’aurai probablement jamais la réponse.