A-73: Elle finit où, au juste?

Les mois d’août et de septembre marquent, au sein de la firme pour laquelle je travaille, la période dite du “rush des bleuets”; nous allons chercher les bleuets là où ils sont récoltés (Lac-Saint-Jean, Côte-Nord, Nouveau-Brunswick), et les transportons vers une usine de traitement et de congélation, située dans la région du Centre-du-Québec. Comme j’étais affecté à la région du Lac-Saint-Jean, je faisais la distance soit par La Tuque (principalement l’autoroute 55, puis la route 155), soit par Québec (autoroutes 20 et 73, routes 175 et 169). Mes nombreux passages par Québec m’ont amené à me poser la question suivante; l’autoroute 73, en direction nord, elle finit où, au juste?

Tout dépendant de la méthode utilisée, on peut lui attribuer trois sites de fin différents;

  1. Le panneau indiquant la fin de l’autoroute
  2. Les numéros de sortie
  3. Les bornes kilométriques

Si l’on se fie uniquement au panneau indiquant la fin de l’A-73, il est situé tout près du pont d’étagement, après la sortie 167, soit à la hauteur de la route 371, qui conduit à Stoneham. Mais il existe deux autres méthodes pour marquer la fin de l’autoroute, ce qui amène de la confusion. Si l’on se fie aux numéros de sortie, il faut se rendre à environ 15 kilomètres plus au nord, à la sortie 182, qui mène au chemin du Parc National, et de là au Parc national de la Jacques-Cartier. Mais on se rend compte que depuis l’échangeur A-40/A-73/A-973, les bornes kilométriques n’ont rien à voir avec les numéros de sortie. En fait, les bornes kilométriques correspondent à la distance depuis le début de la route 175, qui est en multiplex avec l’A-73 sur une bonne distance. Parce que les bornes kilométriques de l’A-73 proprement dite s’arrêtent à l’échangeur A-20/A-73, à Lévis.

On peut en profiter pour se demander pourquoi on n’a pas fait de la route 175 une véritable autoroute (l’A-73) sur toute sa longueur, après l’A-73, soit jusqu’à Saguenay. C’est probablement qu’il aurait fallu organiser tous les accès aux nombreux sites de la Réserve faunique des Laurentides (lacs, sites d’observation, camps, etc.) avec des chemins reliés à des échangeurs, ce qui aurait coûté les yeux de la tête, et n’auraient probablement pas changé grand chose au niveau de la sécurité de la route. Par contre, il aurait été souhaitable de créer un échangeur au niveau de l’Étape, où beaucoup de gens s’arrêtent. La vitesse est réduite à 70 km/h sur environ 1,8 kilomètres, question d’aider les gens qui sortent de la halte routière à accéder plus facilement à la route 175. On se rend rapidement compte que ce n’est pas tout le monde qui respecte la limite de vitesse, d’une part, et d’autre part, à certains moments de la journée, il devient compliqué de reprendre la route sans attendre pendant un bon bout de temps.

Mais il reste que la route 175, entre Stoneham et Saguenay, est beaucoup plus sécuritaire que l’ancienne route à une seule chaussée, ce qui fait un peu de bien au bilan routier des régions de Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Et les différentes fins (l’officielle, et les autres) de l’A-73 pourraient être simplifiées. J’y reviendrai.

Autoroute de l’Énergie (A-55): Pendant que l’on construit un pont à un bout, à l’autre, il ne se passe rien!

Je dois d’abord mentionner que je suis désolé, puisque ces photos datent de presque quatre mois. Je les ai prises en juin dernier, lors de deux sorties distinctes. La première, le 1er juin dernier, m’a permis de prendre une seule photo du chantier du nouveau pont des Piles, à Shawinigan, photo sur laquelle, j’avoue, on ne voit pas grand chose. La seconde sortie date du 26 juin, et se résume à quelques photos de la future fin de l’A-55, à la hauteur de l’A-20, à Sainte-Eulalie, c’est à dire là où il ne se passe rien depuis la fonte des neiges. Voyons voir…

Comme je le mentionnais au début, ces photos datent de juin dernier, mais au moment d’écrire ce billet, soit à la mi-octobre 2024, il n’y a toujours pas de travaux sur l’A-55 entre la sortie du boulevard des Acadiens, à Bécancour (Saint-Grégoire) et l’A-20, à Sainte-Eulalie. Selon le site web du MTQ, le doublement de l’A-55 est scindé en cinq lots; les photos que j’ai prises ici montrent une partie du lot A, soit le lot le plus au sud du projet. L’autre partie, située au nord du pont d’étagement du rang des Érables, se compose d’un bassin de rétention des eaux pluviales, qui sera végétalisé. Ce lien mène vers la page du site web du MTQ dédiée au projet. L’année 2024 devait permettre la construction du lot B1, puisque le lot B a été scindé en deux parties. Le lot B1 a été lui aussi scindé en deux parties (faut croire que c’est la mode, au MTQ, de scinder des lots déjà scindés); la première comprend le raccordement de ce que vous avez vu ici avec la bretelle actuelle vers l’A-20 ouest, et l’A-955 sud, et la seconde s’étire sur environ 5 kilomètres, entre le rang des Érables, à Sainte-Eulalie, et la partie nord du 10e Rang de Saint-Wenceslas. C’est cette partie (les lots A et B1) de l’autoroute doublée qui devrait être mise en service en 2025, mais comme rien n’est encore fait sur B1, j’ai des doutes. Le lot B2, pour sa part, comprend la construction d’environ 4 kilomètres de chaussée, soit entre la partie nord du 10e Rang, et le 8e Rang de Saint-Wenceslas, un peu au nord de la sortie 153 actuelle, et sa construction doit commencer en 2025, avec une mise en service encore à fixer dans le temps.

Et là, on ne parle même pas des lots C (du 8e Rang de Saint-Wenceslas au sud de la route 226, à Saint-Célestin, sur environ 7 km), D (de part et d’autre de la route 226, incluant l’échangeur, à Saint-Célestin, sur environ 3 km) et E (du nord de la route 226 à Saint-Célestin, au boulevard des Acadiens, à Bécancour (Saint-Grégoire), sur environ 7 km), qui sont encore sur la planche à dessins.

Je sens que le tout va être quelque peu retardé, question de faire correspondre l’ouverture des tronçons A et B1 – et la traditionnelle coupe du ruban – avec la prochaine campagne électorale, prévue pour octobre 2026. Mais ça, c’est de la spéculation; seul le temps nous le dira. Pendant que nous sommes dans la spéculation, je prévois que le lot E, qui comprend les intersections à niveau avec les chemins Prince, Forest et Thibodeau, à Bécancour, soit la section la plus dangereuse de l’actuelle A-55, elle sera doublée en tout dernier lieu, comme c’est actuellement le cas avec l’autoroute Claude-Béchard (A-85), dans la région du Bas-Saint-Laurent, où la section qui comprend la fameuse courbe du kilomètre 54 est aménagée à la toute fin du projet.

Enfin, souhaitons que le projet de l’A-55 soit complété avant que je meure de vieillesse.

3e lien Québec-Lévis: Pendant que l’on “tue” les arguments,…

Dans un article paru vendredi après-midi sur le site de TVA Nouvelles, les députés Sol Zanetti, de Québec solidaire, et Pascal Paradis, du Parti québécois, ont affirmé que l’argument de la sécurité économique, évoqué par le gouvernement caquiste de François Legault pour aller de l’avant pour le 3e lien Québec-Lévis, est mort et enterré. L’article mentionne en titre que le pont Pierre-Laporte a été complètement fermé pendant 22 heures en 54 ans, ce sur quoi les deux députés semblent s’appuyer pour dire que l’argument des caquistes ne tient pas la route.

Pourtant, pas besoin de faire des heures de recherches pour constater que des travaux majeurs ont eu lieu sur ce pont, depuis quelques années. De plus, comme le pont commence à accuser le poids des années, d’autres travaux seront requis sur celui-ci. Peut-être pas au point de le fermer complètement, mais suffisamment pour entraîner des retards et des bouchons de circulation. Si l’on ajoute à cela qu’il faut pas moins d’une dizaine d’années pour planifier et préparer les travaux, et procéder au chantier lui-même, on sera très heureux si l’on s’en tire avec peu de perturbations d’ici l’ouverture d’un éventuel troisième lien, entre les rives du fleuve.

Force est de constater, par contre, que le gouvernement Legault est toujours aussi mauvais vendeur, quand vient le temps de faire accepter ses projets à la population. En effet, qui peut prédire que les traversées actuelles seront toujours suffisantes dans dix ans? Déjà qu’elles commencent à montrer les limites de leurs capacités dans certaines occasions.

Comme je l’ai déjà mentionné, les gens de la grande région de Québec ont la chance de planifier leur 3e lien pendant que les niveaux de circulation sont encore acceptables sur les ponts actuels. Les gens du grand Montréal auraient sûrement apprécié faire de même, mais comme on le sait, c’est peine perdue là-bas. Une ligne de métro, et un nouveau pont, les deux entre Laval et Montréal, n’ont pas été suffisants pour améliorer significativement la circulation entre les deux rives de la rivière des Prairies. Et les actuels travaux dans le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine démontrent définitivement le besoin de nouveaux liens (au pluriel) entre Montréal et sa rive sud.

À mes yeux, non seulement un troisième lien est nécessaire dans le grand Québec, mais il faudrait commencer à planifier la construction d’un autre lien, celui-là entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon, en passant par l’île aux Lièvres, afin de relier l’autoroute 85 à la rive nord du fleuve Saint-Laurent, et de connecter la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean directement au Nouveau-Brunswick. Pas qu’il faille débuter les travaux cette année, mais au moins commencer à y penser.

On dit toujours la même chose, à propos d’un pont; avant de le construire, personne n’en veut, mais une fois terminé, tout le monde le prend.

Séquence de numérotation des plaques: La SAAQ a-t-elle d’autres chats à fouetter?

Cela fait déjà un bon bout de temps que cela me trotte dans la tête d’écrire un billet sur le sujet. En fait, depuis que la Société d’assurance-automobile du Québec (SAAQ) a décidé subitement de changer la séquence de numérotation des plaques d’immatriculation des véhicules de promenade. On dit, à la SAAQ, que la séquence fut remplacée parce que la nouvelle, lancée autour de décembre 2022, et qui montrait deux chiffres et quatre lettres (12A BCD), offrait une trop grande possibilité de mots que l’on pourrait qualifier d’offensants. Elle fut donc remplacée par une autre, contenant toujours quatre lettres et deux chiffres, mais placés différemment, soit ABC 12D.

“Avec quatre lettres de suite, il y a trop de combinaisons possibles de mots pouvant porter préjudice et dont nous aurions été obligé de retirer en cohérence avec nos normes et critères établis pour l’attribution d’une plaque personnalisée”, a mentionné Geneviève Côté, porte-parole de la SAAQ, à Paul-Robert Raymond, auteur d’un article paru sur le site web du quotidien Le Soleil le 25 septembre dernier, et mis à jour le lendemain. Toujours selon cet article, un autre porte-parole de la SAAQ, Gino Desrosiers, a ajouté que plus ou moins 100,000 plaques furent produites avec cette séquence, et que toutes ont été délivrées. Certains clients ont fait une demande de remplacement, jugeant leur nouvelle plaque offensante; ceux-ci ont vu leur plaque remplacée sans frais.

Le problème, vu de mes yeux, c’est que beaucoup de québécois sont offusqués trop facilement. Un rien, et ils sont offensés. Comme disent nos amis anglophones, get a life!

Bref, je trouve que cette situation est une tempête dans un verre d’eau. D’abord, le numéro de la plaque, il est offensant pour qui? Pour celui qui la possède, ou pour celui qui la voit? Dans l’article, on prend l’exemple d’une plaque qui porterait le numéro 01C ACA. Si certains puissent être offensés par un tel numéro, d’autres vont juste trouver ça drôle, et cela va devenir une blague dans l’entourage de cette personne, surtout si le véhicule qui porte ladite plaque est souvent en réparations.

À la place de la SAAQ, j’aurais poursuivi la séquence en question (12A BCD), et j’aurais remplacé, sans frais et sur demande, une plaque jugée offensante. Parce qu’après tout, une séquence de plaques permet d’immatriculer entre 12 et 20 millions de véhicules, et peut prendre environ 15 ans avant d’être épuisée. D’autre part, je me demande pourquoi la SAAQ s’est empressée de passer à des configurations à quatre lettres et deux chiffres alors qu’il y avait encore plein de configurations disponibles avec trois lettres et trois chiffres. Évidemment, comme il y a plus de lettres que de chiffres, plus il y a de lettres sur une plaque, plus la configuration va durer longtemps. Mais quand même, je crois que l’on aurait pu épuiser ces combinaisons avant de passer aux autres. Nous avons vu ABC 123, puis 123 ABC, et c’est tout. Il y avait AB1 23C, A12 3BC, 1AB C23, 12A BC3,… bref, avec trois lettres et trois chiffres, il y a pas moins de 14 séquences disponibles, et la SAAQ n’en a passé que deux. Tout cela pour dire que les possibilités sont presque illimitées, et que les séquences possibles permettront de produire des plaques pendant des siècles encore.

Et comme je le disais un peu plus haut, il n’y a rien de mal à faire des plaques qui peuvent s’avérer drôles. Prenons l’exemple de nos voisins de l’est, le Nouveau-Brunswick. Comme il y a beaucoup moins de véhicules à immatriculer là-bas qu’ici, les configurations durent beaucoup plus longtemps; ils en sont encore à la configuration à trois lettres et trois chiffres, et à quelques exceptions près, elle couvre tous les véhicules. Certaines lettres sont toutefois réservées à certains véhicules; par exemple, pour un camion de 4500 kg ou plus de masse totale en charge, la plaque commencera par la lettre L (comme dans LAB 123), et pour un camion de moins de 4500 kg, la première lettre sera un C. Aussi, il faut savoir qu’au Nouveau-Brunswick, toutes les lettres sont utilisées; on a fait un I différent du 1, et un O différent du zéro. Or, comme toutes les lettres comptent, dans la série des petits camions, au fil du temps, la deuxième lettre a fini par être un U, et le troisième, un L. On s’est donc retrouvé avec des plaques CUL 123. Et le plus drôle, c’est que beaucoup de ces plaques sont portées par des véhicules appartenant… au gouvernement. On a donc le sourire facile quand on se fait dépasser par un véhicule portant une telle plaque.

Tout cela pour dire que si l’on a une armée de fonctionnaires qui sont payés à plein temps pour réfléchir à quel type de séquence de numérotation de plaques d’immatriculation on devrait sortir à la fin de la séquence actuelle, c’est qu’il y a encore trop de fonctionnaires, dans ce gouvernement.

Route 158 entre Saint-Esprit et Joliette: Avez-vous d’autres solutions?

En cette nuit de Noël, je furète sur le web, et je tombe sur un article qui traite de la députée de Joliette, Véronique Hivon, et de son année 2019, qui fut bien remplie, ainsi que de l’année 2020, qui s’annonce tout aussi occupée.  L’article se termine sur une liste de dossiers sur lesquels elle entend s’affairer, et la dernière phrase se lit comme suit; “Enfin, elle mettra de la pression sur l’aboutissement d’une annonce concernant la route 158.”

La route 158, particulièrement entre Saint-Esprit et Joliette, j’en parle depuis des années. Originellement une section de l’autoroute 50, son parcours fut le site de nombreux accidents, trop souvent mortels, tant et si bien qu’elle fait partie des routes les plus meurtrières au Québec.  Une autre de ces routes, la 185, entre Rivière-du-Loup et la frontière du Nouveau-Brunswick, fait l’objet d’attentions particulières depuis plusieurs années, et la fin de sa transformation en l’autoroute Claude-Béchard (A-85), prévue pour 2025, permettra enfin aux usagers de cette route de respirer plus d’aise.  Évidemment, on pourra toujours critiquer le fait que le secteur du fameux kilomètre 54 sera corrigé vers la fin du projet, plutôt qu’au début, mais au moins, la correction viendra.

Pour revenir à la route 158, sachons que les terrains nécessaires à sa transformation en autoroute, à part entre le chemin de la Grande Ligne, à Saint-Alexis-de-Montcalm, et l’échangeur A-25/A-50 à venir, là où se situe l’actuelle courbe juste avant l’intersection des routes 125 et 158, appartiennent déjà au MTQ.  Ce n’est donc pas l’acquisition de terrains qui devrait retarder l’avancement d’un tel projet.  De plus, comme je l’ai déjà indiqué dans plusieurs billets, le volume de circulation appelle à la construction d’une autoroute à chaussées séparées depuis fort longtemps.  Ce n’est pas avec des rond-points que l’on va régler ce problème.

Je souhaite donc à la députée de Joliette de trouver son chemin de Damas, et de pouvoir annoncer un grand chantier, pour la route 158, semblable à celui qui transforme actuellement la route 185 en autoroute 85.  Madame Hivon pourrait trouver son inspiration du côté du regretté Claude Béchard, député libéral de Kamouraska-Témiscouata qui est parti beaucoup trop vite, emporté par le cancer, et qui, entre autres grâce à ce projet, a pu… mourir dans la dignité.  Aussi, faire de la route 158 un nouveau tronçon de l’autoroute 50 serait sûrement une réalisation honorable.  Et en vérité,… c’est là qu’on est rendus!