A-85: Vive l’autoroute Claude-Béchard!

La Commission de toponymie du Québec vient d’attribuer à ce qui deviendra l’autoroute 85 le nom de celui qui occupa tour à tour plus d’une demi-douzaine de ministères, et qui fut député de Kamouraska-Témiscouata depuis l’élection partielle du 6 octobre 1997, et ce jusqu’au 3 septembre 2010, jour de sa démission, quatre jours seulement avant son décès, des suites d’un cancer, à l’âge de 41 ans.

Dans cet article du quotidien Le Soleil, signé Carl Thériault, celle qui fut son organisatrice lors de l’élection partielle de 1997, Solange Morneau, parle de l’acharnement de Claude Béchard en faveur de la réalisation de cette autoroute en devenir.  Selon Auto-085ses propos, il ne se passait pas une seule journée sans qu’il demande s’il y avait quelque chose de nouveau, dans ce dossier.  L’article mentionne que la Commission a attribué le nom de Claude Béchard au lien routier, présentement composé tantôt de l’autoroute 85, tantôt de la route 185, depuis son échangeur avec l’A-20, à Notre-Dame-du-Portage, et ce jusqu’à la municipalité de Témiscouata-sur-le-Lac, alors que le site web de la Commission nous informe, dans sa liste des toponymes officialisés et des toponymes remplacés lors de la réunion du 7 juillet 2014, que le nom fut attribué à la route 185 dans chaque municipalité qu’elle traverse, sur toute sa longueur, soit jusqu’à la frontière du Nouveau-Brunswick.  Je ne comprends pas pourquoi le journaliste a oublié la ville de Dégelis, mais bon, le nom s’y applique également.

Il s’agit donc d’un dossier qui a finalement abouti, puisque tout le monde semblait s’accorder sur ce qui se présentait comme une évidence.  Maintenant que c’est fait, il faudra maintenant travailler à faire aboutir la construction de l’autoroute elle-même, parce que même si certaines sections sont complétées, ou en voie de l’être, il n’en demeure pas moins que les sections restantes de l’actuelle route 185 continuent de faire de nombreux décès, au fil des ans.

Échangeur A-40/A-640: Il faudra rénover tout ça!

En ce beau dimanche après-midi, que l’on avait d’abord annoncé comme orageux, l’échangeur A-40/A-640, aux limites de Charlemagne et de Terrebonne (Lachenaie), a été le théâtre d’un accident pour le moins spectaculaire.  Un camion-citerne, transportant des produits pétroliers, aurait, selon les premières constatations (mais cela reste à éclaircir), manqué la seconde courbe de la bretelle menant de l’A-40 est vers l’A-640 ouest.  Ce faisant, il aurait été déporté vers les glissières de sécurité longeant la voie de gauche de cette dernière, et se serait renversé sur celles-ci, le tout provoquant une explosion, suivie d’un gigantesque incendie.  Le bilan, selon ce que rapporte l’agence QMI dans cet article, serait d’un mort et de deux blessés.

Le problème, ici, comme on peut le voir sur cette image captée sur Google Earth, c’est que cette bretelle de l’échangeur, que j’ai surligné en rouge, est composée d’une ligne droite qui connecte deux courbes serrées, et la seconde l’est encore davantage que la première.  De plus, elle tourne de façon bête, puisqu’elle se retrouve au bout d’une ligne droite suffisamment longue pour permettre de prendre de la vitesse, et que la signalisation en place n’est pas particulièrement annonciatrice de la situation.A40A640CharlemagneBretelleA40EA640O  À tout le moins, elle ne l’était pas selon mes souvenirs de mes années de livraison, qui se sont terminées en 2012.  Les images de la bretelle, que l’on peut voir sur Google Street View, correspondent à ces souvenirs; un panneau suggérant une vitesse de 35 km/h, et quelques flèches peintes sur l’asphalte.

En fait, il faudrait revoir totalement cet échangeur, et le rénover au complet, afin d’éliminer ces courbes serrées, et de rendre certaines bretelles directionnelles, au lieu de ce trèfle à quatre feuilles qui était peut-être fort efficace dans les années 1980, mais qui ne répond plus du tout au volume de circulation actuel.  On pourrait lui donner un air semblable à celui que l’on voit sur cette deuxième image, A40A640Charlemagne2sur laquelle la bretelle problématique où s’est produit l’accident de cet après-midi serait remplacée par la ligne en jaune, bretelle que l’on pourrait même construire à deux voies, tout comme celle en rouge, qui représentent, à elles deux, les directions où se produisent le plus de congestion dans cet échangeur.

Par contre, comme nous l’avons vu dans le cas de l’échangeur de l’A-10 et du boulevard Taschereau (route 134), à la hauteur de Brossard, ou comme nous le voyons présentement dans celui de l’échangeur A-15/A-640, aux limites de Sainte-Thérèse et de Boisbriand, la refonte complète d’un échangeur majeur prend au moins une dizaine d’années de travaux, et coûte au bas mot entre 100 et 200 millions$.  Autrement dit, ce n’est pas demain la veille du jour où un tel projet sera terminé.  Je sais que j’utilise souvent cette expression, mais je crois que je serai mort de vieillesse avant que cet échangeur soit à nouveau vraiment fonctionnel.

Route 185: Un accident mortel,… encore!

Je me répète à nouveau, mais encore une fois, la route 185 a fait un mort, la semaine dernière.  C’est ce que rapporte le site web InfoDimanche.com, dans un texte d’Andréanne Lebel.  L’accident s’est produit à la hauteur de Saint-Honoré-de-Témiscouata, le mercredi 9 juillet dernier, vers 9h15.  C’est une collision frontale, survenue au kilomètre 57, entre un camion-benne et une camionnette de type pick-up, qui a coûté la vie au conducteur de cette dernière.

Toujours selon l’article, il s’agit de la seconde collision mortelle à survenir à Saint-Honoré cette année, l’autre ayant eu lieu il y a environ six mois.  Une troisième mort tragique est à déplorer, cette fois à Dégélis, en février dernier.  Il est à noter que Saint-Honoré-de-Témiscouata se trouve le long de ce qui serait, en principe, le tout dernier tronçon de la route 185 à être doublé, soit celui entre Saint-Antonin, au sud-est de Rivière-du-Loup, et Saint-Louis-du-Ha!-Ha!.

La route 185 apporte son lot de décès annuellement, et cette année ne semble manifestement pas faire exception.

Écrasement à Saint-Hubert: Vous vous attendiez à quoi, au juste?

Beaucoup de gens ont entendu parler de l’écrasement d’un petit avion – un Cessna 150 des années 1970 – survenu ce samedi dans la cour arrière d’une résidence de la rue Jean-Baptiste-Charron, dans le quartier Saint-Hubert, près de l’aéroport du même nom, à Longueuil.  Heureusement, la jeune pilote de 17 ans, qui pratiquait des exercices de décollage et d’atterrissage, s’en est tirée avec des lacérations au front, et les résidents du coin, avec une bonne frousse.  On en parle ici, ici, ici, et encore .

Si d’aucuns remettent en question l’âge minimum pour piloter un avion, âge que je trouve tout à fait correct, soit dit en passant, j’en appellerai aux résidents des environs de l’aéroport, et leur poserai la question suivante, à savoir si l’aéroport existait déjà quand ils ont acheté leur propriété.  Le danger potentiel, dont les détracteurs de l’aéroport font état à chacune de leurs sorties publiques, est somme toute assez relatif; dans les 40 dernières années, il s’agit seulement du deuxième événement du genre à se produire, et ce à travers quelque 9 millions de mouvements d’appareils (décollage, atterrissage).

Quand on achète une maison située à quelques centaines de mètres du bout des pistes d’un aéroport, il faut s’attendre à être dérangé par le bruit – et parfois la chute – des avions.  Un peu à l’image du type qui se construit une maison à côté d’une ferme d’élevage de porcs; il devra comprendre qu’un jour ou l’autre, ça va sentir le cochon!  Comme l’aéroport de Saint-Hubert date d’aussi loin que 1927, les propriétaires actuels ne peuvent pas plaider que l’aéroport est venu perturber leurs vies, puisque celui-ci était là bien avant eux.  Contrairement à la théorie de l’oeuf ou de la poule, nous savons très bien, dans le cas présent, qui est arrivé en premier.

Le truc, ici, c’est probablement que les propriétaires ont cru faire une bonne affaire en achetant une maison à un prix plus bas que dans l’ensemble du marché montréalais, se disant que cet aéroport est somme toute mineur.  Mais à la longue, pour une raison ou pour une autre, vient un temps où chaque avion qui décolle, ou qui atterrit, en est un de trop; on se met alors à protester contre le bruit, la pollution, la perte de tranquillité,… j’en passe, et des meilleures!  Il reste qu’en bout de ligne (ou de piste, selon où l’on se trouve), la meilleure façon de ne pas être embêté par le bruit, et la chute potentielle des avions, est de ne pas aller habiter trop près d’un aéroport!  Tout comme la personne embêtée par l’odeur du purin de porc n’ira pas s’installer à côté d’un éleveur de cochons.

Prolongement de l’A-13: une nouvelle étude… encore!

C’est Fanny Arnaud qui a écrit un court article, d’abord paru vendredi après-midi sur le site web du Journal de Montréal, puis le lendemain dans son édition papier, sur une étude, réalisée pour le compte du Ministère des transports du Québec (MTQ), qui évalue la pertinence de prolonger l’autoroute 13 jusqu’à l’A-50, à Mirabel, et/ou d’élargir l’autoroute15, aussi jusqu’à l’A-50, afin de donner un peu de souffle aux usagers de la route de la couronne nord de Montréal.

Le truc, c’est qu’au temps où j’étais à l’école, il n’y avait pas de Fanny parmi les filles de mon âge.  Cela me porte à croire que la vaillante journaliste n’était probablement pas encore née lorsqu’il fut question du prolongement de l’A-13 pour la première fois.  Rappelons donc, pour le bénéfice de nos plus jeunes lecteurs, que le projet original de l’A-13 devait relier les deux aéroports de Montréal, à savoir Dorval – maintenant Pierre-Elliot-Trudeau – et Mirabel – maintenant… en attente de démolition!  Enfin, en ce qui concerne l’aérogare.  Il y eut également un autre projet – qui n’a probablement pas dépassé le stade de discussions entre fonctionnaires – pour l’A-13, soit de la prolonger vers le sud jusqu’à Châteauguay, afin de donner une chance aux utilisateurs du pont Honoré-Mercier qui, avouons-le, en auraient eux aussi bien besoin.  Mais d’un côté comme de l’autre, les projets n’ont jamais abouti, ce qui nous a laissé avec le résultat qu’on connaît maintenant.

Autrement dit, des études sur la pertinence de prolonger l’A-13, à tout le moins vers le nord, il y en a probablement déjà une pleine étagère, dans les salles d’archives du MTQ, et le cas échéant, elles doivent noircir suffisamment de pages pour couvrir, si on les reliaient bout à bout, la distance entre l’A-640 – son terminus nord actuel – et l’autoroute 50.  Reste à imaginer de quelle façon – et à quel endroit précis – on fera traverser les pistes de l’aéroport à l’éventuelle nouvelle section de l’A-13 pour la relier à l’A-50.  Parce que dans le projet original, l’A-50 devait passer au sud de l’aéroport – et de ses pistes, ce qui rendait le raccordement plutôt aisé.  Mais maintenant que l’A-50 passe au nord du complexe, ce sera une autre paire de manches!  Il faudra soit contourner les pistes, par l’est ou par l’ouest, ou encore passer dessous, ce qui exigera un tunnel fort complexe, duquel les véhicules transportant des matières dangereuses seront probablement interdits.

Mais sérieusement, et la porte-parole du MTQ, Sarah Bensadoun, le mentionne elle-même dans l’article de madame Arnaud, nous aurons le temps de discuter longuement, très longuement, de ce point technique précis, parce que ce n’est pas demain la veille du jour où l’on verra de la machinerie apparaître au nord de l’A-640.  Dans les faits, ce que madame Bensadoun mentionne, c’est qu’il s’agit de “la première étape d’un long processus”.  Et pour ma part, je crois que cette gentille jeune dame – que l’on peut entendre en entrevue en cliquant ici – aura le temps de prendre sa retraite – et moi de mourir de vieillesse – avant que l’on puisse rouler sur les bretelles de l’échangeur A-13/A-50, à Mirabel.