A-40: Épisode 1 – Le côté sombre de l’autoroute Métropolitaine

Tous les utilisateurs de l’autoroute Métropolitaine (A-40), à Montréal, la prennent pour acquis depuis près de 50 ans. La seconde autoroute québécoise construite, après l’autoroute des Laurentides, supporte, bon an mal an, un nombre impressionnant de véhicules, ce qui la classe parmi les routes les plus sollicitées en Amérique du Nord. Nous la voyons tous du dessus, mais le 15 mars dernier, alors qu’il tombait une neige mouillée, je suis allé la voir d’en-dessous. Voici ce que j’en ai vu.

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Ici, à l’angle du boulevard Métropolitain, direction ouest, et du boulevard Provencher, à Saint-Léonard, tout près de l’endroit où les voies de service de l’autoroute deviennent le boulevard Crémazie. L’effritement du béton sur le pilier est évident, quoique j’aie eu à l’encercler, sur la photo.

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Cette fois, il est on ne peut plus évident. Certaines parties des terrains situés sous les sections surélevées de l’autoroute sont louées à des entreprises. La première, allant du début de la première section surélevée, un peu à l’est du boulevard Provencher, jusqu’au boulevard Pie-IX, est louée par John Scotti Automobiles, et est constamment surveillée par des chiens de garde.

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Ici, près du boulevard Pie-IX, une partie d’un rapiéçage récent n’a visiblement pas tenu le coup.

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L’effritement du béton des piliers de soutènement de la Métropolitaine est très fréquent.

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Encerclé en jaune, sur cette image, quelque chose semble sortir de ce joint. Est-ce du bois, ou du carton? À moins que ce ne soit autre chose. À première vue, cela peut sembler inquiétant.

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Un autre joint, ici. Cette fois, c’est le béton qui est effrité, au niveau du joint.

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C’est le plafond, ici, qui montre des signes de faiblesse. En passant, je précise que je me déplace d’est en ouest, pour prendre les photos, et que je suis entré sous la structure juste à l’ouest du boulevard Pie-IX.

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Sur cette pose, le béton du plafond a réagi bizarrement à l’usure du temps, comme si la structure de l’autoroute s’était affalée sur le pilier.

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Une autre tige d’armature à nu, cette fois au point de rencontre d’un pilier et du plafond.

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Un bout de grillage, comme on en voit de plus en plus sous les structures, à travers le Québec, dont le but est d’empêcher des fragments de béton de se retrouver dans votre pare-brise. Nous sommes au-dessus de la 22e Avenue.

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Cet effritement du béton, qui dévoile lui aussi des tiges d’armature, a été marqué deux fois pour réparation. On voit des jets de peinture orange, et bleue.

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Cette vue en profondeur montre bien que les pires dommages au recouvrement du plafond se retrouvent toujours au centre, là où sont situées les prises d’égoût pluvial.

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L’effritement du béton dévoile les tiges d’armature de deux piliers doubles. Ces piliers doubles se situent au niveau des joints de dilatation, tout le long de la structure.

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Ici, nous voyons l’effritement du béton à l’intérieur du joint d’un pilier double.

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Encore des tiges d’armature à nu.

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Cette vue nous montre bien l’état des lieux, sous la Métropolitaine. Les rapiéçages, les bouts de grillages, et même les fuites d’eau s’y succèdent, le tout au beau milieu des boîtes et des conduits électriques.

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Une autre illustration de l’état de délabrement de l’autoroute 40, à Montréal.

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L’effritement du béton, cette fois sur la bretelle menant du boulevard Crémazie vers la Métropolitaine, en direction ouest. Le tout se trouve au-dessus de la 19e Avenue.

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Sur le panneau, installé par la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ), un organisme gouvernemental devenu privé en 1992, qui gère plus de 39,000 places de stationnement, dont ceux situés sous la Métropolitaine, on peut lire « Pour abonnement mensuel, appelez au (514) 288-6525 ». Compte tenu de l’état de ce pilier double, par contre, j’avoue que j’y penserais à deux fois avant de mettre mon véhicule sous l’autoroute.

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Gros plan du pilier où se trouve le panneau de la photo précédente, à la hauteur de la 19e Avenue.

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Autre vue du plafond, où les dommages sont évidents. À noter, la boîte de jonction électrique, qui n’a plus de couvercle, qui voisine la longue fissure, toute humide, au centre du plafond.

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Nous voyons ici le point de raccord de la bretelle d’entrée, du boulevard Crémazie vers l’A-40 ouest, d’où provient un important écoulement d’eau, encerclé en jaune, et la formation de glace au sol, cette fois encerclée en noir. Évidemment, le béton du pilier est effrité. Le tout, au-dessus de l’avenue Léonard-de-Vinci.

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Cette poutre est supposée maintenir l’autoroute, au niveau de l’avenue Léonard-de-Vinci. Devrait-on lui faire confiance encore longtemps?

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Autre bout de grillage, cette fois au-dessus de la 16e Avenue.

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Un autre pilier montrant des tiges d’armature à nu, à la hauteur du kilomètre 75,6 de l’autoroute Métropolitaine. Les voitures que l’on voit sont sur la 15e Avenue.

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Encerclés ici, des stalactites (je sais, nous ne sommes pas dans une caverne, mais bon, vous comprenez ce que je veux dire) de couleurs bizarres.

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Voici une affiche qui en dit long sur l’état de décrépitude de l’autoroute Métropolitaine. En fait, quelqu’un pourrait me dire c’est quoi, du « lait de béton »? On peut traire les autoroutes surélevées, maintenant?

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Au fond de cette fissure, il semble que ce soit un morceau de bois, qui a probablement dû servir de forme à un rapiéçage de béton de la surface.

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Cette fois, c’est le raccordement de la bretelle de sortie de l’A-40 ouest vers le boulevard Saint-Michel. L’écoulement d’eau y est moins important, quoique présent, comme le montre le stalactite, mais les dommages au béton sont plutôt impressionnants.

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D’autres dommages au béton de la bretelle de la sortie Saint-Michel, venant de l’A-40 ouest. C’est au-dessus de l’avenue Musset.

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D’autres tiges d’armature à nu, malgré les rapiéçages. Toujours au même endroit.

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Ici, les clients du Cherry Pub ne sont pas trop nerveux. Il s’agit du point de raccordement au sol de la bretelle du boulevard Saint-Michel vers la Métropolitaine, en direction est.

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Encore du béton effrité, et des tiges d’armature à nu, cette fois accompagnés d’une fissure qui fait presque toute la hauteur du pilier.

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Un autre joint de dilatation dont le béton s’est effrité.

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Une section inutilisée, sous la Métropolitaine, au milieu du « rond-point » du boulevard Saint-Michel. Malgré que les piliers semblent moins effrités, le centre de la structure surélevée souffre des mêmes dommages que ce que l’on vu jusqu’à maintenant.

Ces photos ne couvrent que la section la plus à l’est de la structure surélevée de l’autoroute Métropolitaine, et ce sur moins d’un kilomètre et demi. Il y a donc suffisamment de matière à photos pour les semaines à venir. D’ailleurs, compte tenu bien sûr de mon emploi du temps, et des caprices de Dame Nature, je tenterai de prendre d’autres poses de la vieillissante autoroute Métropolitaine. Le but de ces photos n’est pas de faire peur aux gens, mais plutôt de faire réagir les autorités aux problèmes causés par le manque d’entretien flagrant de cette voie rapide surélevée. Malgré les dommages qui semblent importants, la structure devrait pouvoir tenir le coup pour quelques années encore.

Dans les faits, le plan de match du MTQ, en 2000, lors de la présentation de la maquette du projet de la rue Notre-Dame, à l’époque du ministre péquiste Guy Chevrette, était de terminer la nouvelle voie rapide pour 2005, afin qu’elle puisse servir d’alternative lors de la reconstruction de la Métropolitaine, qui devait commencer vers 2006. Nous savons tous que les plans ont considérablement changé depuis. Nous sommes en 2008, et l’alternative à la Métropolitaine a fait l’objet d’une cinquième annonce en six ans, l’été dernier. En fait, rien d’autre que du verbiage n’a été fait dans tout ce dossier. Ce n’est donc pas demain la veille du jour où l’on verra une rénovation complète de l’autoroute Métropolitaine.

3 réflexions sur “A-40: Épisode 1 – Le côté sombre de l’autoroute Métropolitaine

  1. Franchement. Ils disent qu’ils ne sont pas responsables des chutes de béton.

    Qui est-ce qui à conçu ce tronçon autoroutier hein c’est qui ?
    Qui est-ce qui s’occupe de l’entretien de ce tronçon autoroutier ?
    Qui est-ce qui va réparer tout ça ?

    Cette maudite autoroute métropolitaine était médiocrement mal conçue.
    L’Échangeur Décarie bloque à tout les jours/nuits heures de pointe ou pas.

    Cette autoroute est saturée de toute sa longueur surélèvée après la hauteur du Boulevard Lacordaire à la JCT de l’autoroute 15 (Des Laurentides)à l’autoroute 520 Côte de Liesse vers L’Aéroport International Pierre-Éliott Trudeau.

    L’unique solution à ce problème,c’est de faire comme à Boston le Big Dig l’Interstate 93 en dessous de cette maudite infrastructure déficiente de Lacordaire à Décarie. Mais ça nous serons morts avant que ça se fasse et nous n’avons pas les moyens de ce payer un tel réseau souterrain comme Boston possède hélàs.

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  2. Richard,

    J’ai enfin trouvé ton article sur l’autoroute métropolitaine.

    Je me suis toujours demandé pourquoi ne l’ont-il pas fait au sol cette foutu autoroute de malheur ou en tunnel comme à Boston. Je sais que ça couterait cher mais un jour il faudra faire de quoi car cette structure là risquerait de s’éffondrer bientot.

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  3. Tout vient à point à qui sait… chercher, mon cher Marc! Si tu regardes encore, tu vas trouver une suite, qui va de Saint-Michel jusqu’à Papineau. Je songe à continuer le périple, et ce dès que je trouverai un peu de temps.

    Je sais bien que cette autoroute est en décrépitude avancée, mais la solution ne passe pas uniquement par un tunnel, ou par une autoroute non-surélevée, qu’elle soit au sol ou en tranchée.

    Il faut davantage de voies de circulation, certes, mais surtout des voies de contournement, afin de retirer les véhicules qui n’ont pas affaire en ville. C’est ce qu’aurait dû faire l’A-440, à Laval, mais elle n’a jamais été complétée. L’A-30 donnera un bon coup de main, à partir de 2012, à condition qu’elle soit terminée, à ce moment-là. L’A-640 pourrait aussi prêter main forte à la Métropolitaine, mais elle n’a jamais été complétée jusqu’à l’A-40, à Hudson.

    Autre détail, il ne faut pas oublier que la Métropolitaine aura bientôt 50 ans!

    L’idée de refaire la Métropolitaine ne date pas d’hier; déjà, dans les années 1980, le maire de l’époque, Jean Doré, avait proposé au MTQ d’entreprendre une reconstruction complète, sur la même base que le Big Dig de Boston, et l’envoyer « en-dessous ». Mais à l’époque, on avait traité Doré de fou, puis il a perdu les élections suivantes, à cause d’une histoire d’inondations, survenues alors qu’il était en vacances.

    En fait, une réfection complète aurait dû commencer en 2005, soit dès que la voie rapide Notre-Dame, qui allait servir d’alternative à la Métropolitaine, pendant les travaux de réfection, serait complétée. Or, nous sommes à quelques semaines de 2009, et celle-ci n’est pas encore commencée. Puis-je vous dire que si une partie de la Métropolitaine s’effondre, je vais me faire un plaisir quasiment jouissif d’écrire un billet pour remercier, encore une fois, les activistes écolo, qui ont tout fait pour retarder le projet Notre-Dame.

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