« Chaînons manquants » de l’A-40; les terrains appartiennent déjà au MTQ!

Depuis bientôt dix ans que je tiens ce blogue, il m’est arrivé régulièrement de parler de ce que j’appelle les “chaînons manquants” de l’autoroute 40, mais pour ceux qui ne savent toujours pas, précisons qu’il s’agit de deux sections prévues sur les plans de l’A-40, mais non encore construites; l’une au nord de la ville de Trois-Rivières (on fait actuellement passer l’A-40 sur l’ancienne A-755), l’autre à l’ouest de la ville de Québec (sur une section de l’A-440).

Or, depuis que je suis allé faire une recherche à la MRC locale, et que le technicien – qui m’a très bien servi – m’a informé de l’existence du site Infolot, du Ministère de l’énergie et des ressources naturelles (MERN), je m’amuse à tenter de voir les lots de terrains près des autoroutes du Québec, question de savoir si les terrains ont déjà été acquis par le Ministère des transports (MTQ) dans le but d’améliorer, ou de prolonger, une autoroute.  Or, si certaines acquisitions ne surprennent pas, comme le corridor de l’A-35 vers les USA, certaines sont rassurantes, par exemple les corridors de nos fameux chaînons manquants de l’A-40.

Du côté de Gatineau, le corridor Deschênes (lien entre l’ON-416 et l’A-50) et celui au nord de Gatineau (depuis l’actuelle A-50 vers l’ouest), à l’exception des terrains appartenant à la Commission de le capitale-nationale, sont propriété du MTQ.  Au Saguenay, le corridor de l’A-70 est propriété du MTQ depuis sa fin vers l’est jusqu’au chemin Saint-Anicet, aux portes de l’ancienne ville de La Baie.

Pour revenir à nos chaînons manquants, puisque l’on sait maintenant que le MTQ possède les corridors, on peut conclure que la non-construction de ces sections d’autoroute est due à des décisions politiques.  À Trois-Rivières, les entrées et sorties de l’agglomération deviennent de plus en plus compliquées, compte tenu du nombre de véhicules sur la route. Il en est de même à Québec.

Bon, on me dira que cela n’a rien à voir avec les bouchons de Montréal, mais c’est maintenant qu’il faut intervenir, justement pour éviter que la situation devienne comme celle de la métropole.  Et dans les deux cas, les travaux pourraient se faire, à part pour les extrémités, sans déranger la circulation.  En fait, on retire la circulation de transit pour la faire passer sur les nouveaux tronçons, ce qui libérera de l’espace pour ceux et celles qui doivent emprunter ces routes actuellement surchargées.

On peut toujours rêver que le ministre Laurent Lessard va s’enlever les deux pieds de la même bottine, et aller de l’avant avec ces deux projets.  Mais cela demeurera du rêve!

Grèce: Un bel exemple pour le Québec

Cela fait des lunes que d’aucuns – dont votre humble serviteur – disent que le Québec s’en va dans un mur, mais il était toutefois difficile d’illustrer, par un exemple ou autrement, à quoi cette situation pouvait bien ressembler; si certaines faillites commerciales sont plus retentissantes que d’autres, on nous rappellera toutefois que lorsqu’il s’agit de gouvernements, ce n’est pas pareil.

Mais depuis quelques semaines, une superbe image nous vient à la rescousse.  Ce qui se passe en Grèce démontre maintenant mieux que jamais ce à quoi pourrait ressembler le mur vers lequel le Québec se dirige.  Bien sûr, tout n’est pas identique, mais les éléments de base y sont; des emprunts lourds, une dette énorme, des intérêts qui coûtent les yeux de la tête, tout cela jumelé à des décisions administratives et budgétaires qui laissent parfois songeurs.

Évidemment, pour la gauche, la Grèce est la victime du système bancaire!  Dans un article en anglais dont un ami m’a envoyé un lien, on lit que tout a commencé lors de la crise des subprimes, en 2008, alors que le texte se termine en encourageant tous les grecs à aller aux urnes pour rejeter la proposition lors du référendum, à la suite duquel les électeurs ont dit « OxI » (non) à hauteur de 61,31%.  Dans les faits, le problème grec existe depuis des décennies.  Sauf que maintenant, les grecs viennent de frapper le mur!

Avec ce référendum, le premier ministre Alexis Tsipras a pris un dangereux pari; il a voulu se donner plus de fermeté en disant que son peuple était derrière lui pour rejeter la proposition de ses créanciers.  Du coup, ces derniers ont durci leur position, et le lundi 13 juillet dernier, la Grèce a dû accepter – à contre-coeur – un plan de redressement encore plus sévère que celui rejeté lors du référendum.  Tsipras se retrouve donc dans une situation fort embarrassante; il ne peut pas respecter les promesses sur lesquelles les électeurs lui ont donné le pouvoir en janvier dernier.  Des dissensions ouvertes, tant au sein de la coalition au pouvoir que dans son propre parti, ont mis en danger l’approbation, par le parlement grec, dudit accord, approbation nécessaire pour permettre au gouvernement de recevoir l’aide financière de quelque 83 milliards d’euros comprise dans ce troisième plan de secours.  Cette approbation fut finalement acquise grâce au vote favorable de plusieurs députés de l’opposition.

Au fond, ce qui arrive aux grecs correspond exactement à ce qui arrive à ceux qui dépensent davantage que ne le permet leurs revenus; les créanciers saisissent les biens, et se remboursent.  Sauf que comme il s’agit d’un gouvernement, on ne saisit pas les biens comme tel, mais on émet des conditions qui reviennent au même; privatisations de sociétés d’état, réformes des retraites, mise à l’ordre des finances du pays, mesures d’austérité (des vraies, pas comme celles du Québec), bref, le gouvernement grec n’est plus maître chez lui.

On viendra nous dire que les différences entre la Grèce et le Québec rendent la situation bien peu semblable.  Voyons voir.

D’abord, la gestion budgétaire du gouvernement.  Là-dessus, les différences sont bien peu nombreuses; les conditions de travail et de retraite des fonctionnaires grecs, par exemple, qui furent signées par le gouvernement, étaient au-dessus des moyens du peuple, comme c’est le cas chez nous.  Et comme chez nous aussi, le gouvernement a favorisé l’augmentation des revenus – entre autres via l’emprunt – plutôt que la réduction des dépenses pour tenter de boucler son budget.  Il paraît qu’en Grèce, le budget est déficitaire une fois sur deux depuis la Seconde guerre mondiale.  Évidemment, quand on se fie continuellement sur l’endettement pour payer ses fonctionnaires et ses retraités, un jour ou l’autre, on atteint la fin des haricots.  Au Québec, on s’est rendu compte de la situation, et on a voté la loi 3, visant à reprendre le contrôle des régimes de retraite des fonctionnaires municipaux.  Cette loi fait toujours des mécontents – les policiers s’habillent toujours comme des clowns, mais on nous dit que les résultats seront concluants, chose que seul le temps saura nous confirmer.

Ensuite, la gouvernance en général.  Le parti d’Alexis Tsipras, Syriza (extrême-gauche), fut élu sur un discours prétextant que le remboursement de la dette n’est pas une urgence, et que les mesures d’austérité mises en place par l’ancien gouvernement – et avérées inefficaces parce que mal appliquées – ne sont pas nécessaires.  Un discours semblable à ce que prétendent ici Québec solidaire et le Parti québécois.  Or, nous savons tous ce qui nous attend lorsque nous ne remboursons par nos dettes à temps.  Et il en va de même pour les gouvernements.  Heureusement pour nous, des aides sont disponibles; comme Québec se porte garant des dettes municipales, Ottawa se porte garant des dettes des provinces.  Et puisque contrairement à la France, et aux USA, ne serait-ce que temporairement, le Canada n’a jamais perdu sa cote de crédit AAA, le Québec, malgré qu’il soit porteur de l’une des cotes les plus basses des provinces canadiennes, parvient toujours à emprunter à des taux d’intérêt acceptables.

Il reste que le Québec devrait prendre acte de ce qui se produit présentement en Grèce afin de prendre les mesures nécessaires pour éviter de se retrouver dans une pareille situation.

Pont Champlain: Le chiâlage, qu’ossa donne?

Je ne sais pas si c’est dans l’air du temps, mais je suis parti sur un “mood” de réaction, depuis quelques temps.  Et les textes publiés sur le Huffington Post Québec me donnent plein de matière à réaction.  Ce matin, ce fut à la lecture de l’article de Yanick Barrette, intitulé “Le @$?&%#! de pont Champlain”, que mon attention s’est arrêtée.

D’abord, du “bashing”, je suis capable d’en faire, moi aussi!  Cela me permet de croire que je pourrais aussi me qualifier pour écrire des papiers sur le Huff Post, parce que sur le fond, cet article ne m’apprend rien que je ne savais pas déjà.  Donc, si Barrette se fie sur ce texte pour vendre son livre, “Le Printemps Érable: les fondements d’un changement” – le Huffington Post nous présente son scribe comme étant l’auteur de ce livre, je répondrai que dans mon cas, c’est carrément raté!  Je ne me taperai pas des dizaines de pages de victimisation!

Maintenant, entrons dans le sujet.  C’est vrai qu’à première vue, la gestion du pont Champlain peut donner l’impression que l’on fait de la bonne vieille politique sur son dos.  Par contre, il faut mettre en évidence un point en particulier, à savoir que le ministre en place, quel que soit son parti, ne participe pas aux meetings de “foremen” des équipes de gestion de chaque infrastructure, qu’il s’agisse d’un pont, d’un aéroport, ou d’un réseau d’aqueduc.  Donc, il prend connaissance des rapports, parfois catastrophiques, sur une structure en particulier, habituellement pas très longtemps avant les journalistes.  Et parfois même après ceux-ci!  Parce que dans n’importe quelle boîte, privée comme publique, il y a le fameux point que tout le monde a probablement vécu, et que l’on pourrait décrire en une phrase courte du genre “Oh boy, faut pas que ça vienne aux oreilles du boss, sinon on est morts!”  Bref, quand le ministre doit annoncer une décision, le mal est habituellement déjà fait!

Le pont Champlain est un excellent exemple de ce que je viens d’expliquer.  Lors de sa conception, au milieu des années 1950, on ne parlait pas vraiment de l’utilisation des sels de déglaçage, et les ingénieurs de l’époque ont fait comme tel.  Résultat; l’évacuation des eaux n’est pas canalisée, et celles-ci coulent allègrement sur les poutres de rive, soit les P1 et P7.  À partir du moment où l’on se met à utiliser généreusement les sels de déglaçage, dans le but de ramener la chaussée sur l’asphalte dès la chute de neige terminée, pas besoin d’un secondaire 5 pour comprendre que la durée de vie des poutres de rive sera affectée négativement par cette décision.  Survient alors la mécanique habituelle de gestion; un membre de l’équipe en parle, les autres – dont ses supérieurs immédiats – ne le croient pas, puis, plus tard, constatant que le membre en question n’avait pas tout à fait tort, on minimise la chose, tout en s’arrangeant pour que le “boss” ne soit pas au parfum de l’affaire.  Jusqu’au jour où on ne peut plus nier l’évidence; on envoie alors un rapport, signalant l’état de la situation, ainsi que les options disponibles pour remédier à ladite situation.  Quand il y a des options, bien sûr.

Il y a aussi la question des coupures de budget, mais ça, c’est une autre histoire.

Dans le cas de Champlain, il faut remettre les pendules à l’heure; malgré les apparences, et tout le “bashing” de Yanick Barrette, le fédéral n’est pas resté à rien faire!  Dès 2009, sa “super-poutre” fut commandée, et transportée sur les terrains de Ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc. (PJCCI), afin d’être prête à entrer en action au moment jugé opportun.  Et compte tenu de la dégradation des autres poutres de rive, deux autres super-poutres sont en commande, au moment où j’écris ce billet, et seront livrées sous peu.  C’est sans compter toutes les autres interventions déjà réalisées par les équipes d’entretien de l’ouvrage, qu’il s’agisse des supports de post-tension horizontale, des renforts en fibre de carbone, ou encore des fameuses “arbalètes”, qui prennent la relève des câbles de support en flexion rongés par la rouille.  Cela fait donc des années que les spécialistes de PJCCI font affaire avec des ingénieurs pour retarder la dépense nécessaire à la construction d’un nouveau pont, pour remplacer Champlain.  Sauf que maintenant, nous sommes rendus à l’étape où ce maintien coûte plus cher que la construction d’un pont neuf.

Aussi, pendant que le fédéral, par l’entremise de PJCCI, veille au grain, le provincial arrive avec sa liste d’épicerie; il faut un système léger sur rails (SLR), on veut une conception à deux paliers, et on exige une oeuvre architecturale.  Bref, on veut un pont “tout équipé”, parce que c’est le fédéral qui paie.  Et surtout, pas de péage!  Ce qu’il faut retenir, c’est que le fédéral avait pris la responsabilité du pont Champlain à la demande de Québec, dans la foulée de l’Expo67, d’une part, et de la construction de la Route transcanadienne, d’autre part, et que depuis ce temps, cela fait plusieurs fois qu’Ottawa pense à remettre Champlain, et tous les autres ponts fédéraux du grand Montréal, au Ministère des transports du Québec (MTQ).  La responsabilité normale du fédéral se situe au niveau des ponts inter-provinciaux, et internationaux, pas aux ponts intérieurs.  En deux mots, Champlain devrait, en principe, être sous la seule responsabilité de Québec.

Or, que fait Québec, avec ses infrastructures?  Juste à voir comment le MTQ inprovise, entre autres avec l’échangeur Turcot, il est permis de penser que s’il en avait la responsabilité, Champlain reposerait peut-être déjà au fond du fleuve, au moment où l’on se parle.  Parlez-en aux familles des victimes du viaduc de la Concorde!  Autrement dit, Yanick Barrette a beau crier que le fédéral “se fout délibérément” des québécois, les plus négligents ne sont pas à Ottawa, mais à Québec.  Évidemment, cela ne veut pas dire que les responsables fédéraux sont des exemples d’organisation, et qu’il n’y a aucun gaspillage là-bas!  Disons qu’à défaut d’être les meilleurs, on pourrait facilement leur concéder qu’ils sont les moins pires.

Ceci étant dit, il est clair que Champlain se dégrade plus vite que ce que tout le monde avait calculé, et qu’il faut travailler à son remplacement dès maintenant.  Alors au lieu de se plaindre du passé, Yanick Barrette aurait dû proposer des solutions pour l’avenir!  Nous le savons tous, le coût du futur pont sera prohibitif!  Nous sommes au Québec, après tout!  Ce qu’il faut faire, maintenant, c’est déterminer ce qu’il faut, comme capacité, et ce pour les cent prochaines années.  Pourquoi tous les intervenants se limitent-ils à trois voies par direction, alors que la demande est nettement supérieure à cette capacité?  Vous savez, ce n’est pas parce que l’on rapetisse la conduite d’aqueduc que les gens, à l’autre bout, auront moins soif!  Trois voies par direction, c’était efficace en 1962, quand Champlain fut ouvert, pas à l’aube de 2014!  Alors imaginez en 2021!  Et cent ans plus tard!  Il faut cinq voies par direction, rien de moins!  Ajoutez à cela deux voies pour les transports en commun, sur lesquelles on installera des rails affleurants, dans le but de permettre le passage d’autobus et de taxis entre les trains.  Et de grâce, des trains conventionnels!  Un SLR ne pourrait pas poursuivre sa route, au-delà de Brossard!  Il faut permettre aux trains de banlieue d’entrer en gare à Montréal, et un nouveau pont serait une occasion en or de redéployer complètement les circuits de trains de banlieue, afin de desservir toutes les villes de la rive-sud, de Salaberry-de-Valleyfield jusqu’à Sorel-Tracy, en passant par Châteauguay, Saint-Jean-sur-Richelieu, Granby, et Saint-Hyacinthe.

Quant à l’élégance de l’ouvrage à construire, il s’agit, à mes yeux, d’un aspect bien secondaire, dans le cas présent.  Pas qu’on doive se contenter d’une laideur atroce, mais compte tenu de nos moyens collectifs – parce qu’il faut comprendre que si le chèque est fédéral, provincial ou municipal, les fonds pour couvrir celui-ci proviendront toujours de la poche des mêmes contribuables, il faudra mettre la priorité sur la solidité, la fiabilité, et la longévité du nouveau pont.  Il faut aussi faire en sorte que l’entretien soit simplifié, et économique.  Mais surtout que les délais de construction soient les plus courts possible.  Il faut faire un appel d’offres mondial, et accepter, avec humilité, que d’autres travailleurs soient plus rapides que les nôtres.  Comparé à son voisin, le pont Victoria, construit dans sa forme actuelle en 1898, sur des piles datant d’aussi loin que 1854, et toujours solide comme le roc, Champlain fait office de pont éphémère.  Mais il faut mentionner que Victoria est un pont privé!

Autre point très important; le fait de recourir à un concept simple et déjà éprouvé raccourcira les délais de planification et de conception de l’ouvrage.  Car si Yanick Barrette insiste sur les trois ans de travaux d’infrastructures du viaduc de Millau, ou du pont Erasmus, il faut comprendre qu’un délai aussi long, sinon davantage, est nécessaire pour en établir les plans.  Les ingénieurs de Champlain n’avaient pas prévu les sels de déglaçage, et surtout leurs ravages sur la structure; il faut éviter de pareils oublis!

Terminons avec ce que Barrette appelle “l’éléphant dans la pièce”.  L’entièreté de son texte est un “federal bashing” dont les québécois sont les pauvres victimes.  Je lui rappellerai que si on construit un pont à l’image de ce que veulent les environnementalistes, tout ce qu’il reproche au fédéral dans le dernier paragraphe de son article se poursuivra de plus belle.  L’expérience actuelle nous montre plus clairement que jamais que la capacité actuelle de l’ensemble du réseau autoroutier montréalais est dépassée, et qu’un nouveau pont à trois voies par direction est nettement insuffisant.  Je ne reprendrai pas les arguments que j’ai déjà élaborés ici, mais si l’on veut que Montréal soit compétitive, sur le plan économique, il faudra nécessairement revoir les capacités du réseau routier, et le premier pas vers cette révision passe par le remplacement du pont Champlain par une structure de capacité beaucoup plus élevée.

Champlain: Pendant qu’on jase,…

Tout le monde sait, maintenant, que la circulation entre Montréal et la rive-sud, via le pont Champlain, est perturbée par la fermeture d’une voie en direction est (devrait-on plutôt dire en direction sud?), causée par une fissure dans une poutre de rive.  Et bien entendu, comme le souligne André Pratte, ce matin, dans La Presse, notre bon gouvernement péquiste se plaint de l’inaction du gouvernement fédéral.

S’il est vrai que le pont Champlain est bel et bien un pont fédéral, qu’est-ce qui a empêché Québec de faire cavalier seul, et de construire un nouveau pont, entre Montréal et la rive-sud, jusqu’à maintenant?  Le fait qu’il doive passer au-dessus de la voie maritime?  Le nouveau pont de l’autoroute 30, à Beauharnois, passe au-dessus de celle-ci, il est gigantesque,… et n’est pas fédéral!  Bref, pendant que Québec harcèle Ottawa avec Champlain, il aurait pu en profiter pour faire les plans d’une autre traversée.  Et les axes ne manquent pas; les anciennes cours Turcot sont libres, et l’emprise de l’autoroute 6, morte-née, aussi!  Pourquoi ne pas en profiter pour faire un nouveau pont – ou un tunnel – entre ces deux points?  Le boulevard Taschereau se termine sur un terrain vague, juste au nord de la route 132; on pourrait y partir un tunnel qui aboutirait sur Pie-IX!

Évidemment, toute nouvelle construction entraînerait sa part de dérangements, je suis le premier à l’admettre!  Mais d’une part, il faut aussi admettre qu’un jour ou l’autre, le réseau routier actuel allait devenir saturé (nous y sommes déjà depuis longtemps!), et qu’il fallait prévoir des solutions, ce que personne n’a fait; pour l’heure, on n’a pas encore complété le plan de transports des années 1960!  Ce qui nous amène à constater que d’autre part; le problème de circulation à Montréal ne date pas de la semaine dernière!  Donc, ce n’est pas une surprise!  J’ai lancé ce blogue en 2007, et même avant, je parlais déjà de l’urgence d’agir!  Bon, je sais que je n’ai pas le lectorat de La Presse, mais quand même!  Si l’on se donne la peine de regarder tout ce qui s’est écrit dans les médias, et toutes les études faites sur la circulation entre Montréal et la rive-sud, y compris le rapport Nicolet, publié il y a dix ans, il est clair que les infrastructures actuelles sont insuffisantes.

Aussi, pendant qu’on jase, le pont Champlain, comme toutes les autres infrastructures routières du grand Montréal, se désagrège, petit à petit.  La durée de vie utile de celles-ci est déjà atteinte, et on tente, à grands coûts, de les faire survivre encore, et encore.  La survie du pont Champlain coûte, à elle seule, plus ou moins le même prix qu’une construction neuve; ce n’est pas peu dire!  Une infrastructure routière, c’est comme une maison, comme une voiture, ou comme presque toute autre chose; il y a un temps pour réparer, et un temps pour remplacer!  Dans le cas de Champlain, le temps de remplacer est arrivé depuis une dizaine d’années déjà!  J’ai déjà dit ce que je voyais, à la place de Champlain; un pont, pas un tunnel!  Cinq voies par direction, plus deux autres pour les transports en commun.  Si on y fait passer des trains, qu’ils soient conventionnels, pas des SLR!  Des rails affleurants, question de permettre le passage des autobus et des taxis entre les trains.

Puisqu’on en parle, je dirai aux “enverdeurs”, qui préféreraient voir des trains partout, que d’une part, le véhicule individuel est là pour rester, et que d’autre part, comme les ruelles ne sont pas pourvues de rails, l’approvisionnement des commerces, tant locaux que régionaux, devra se faire par camion.  Aussi, il faudra des routes, qu’ils le veuillent ou non.  Maintenant que ce point est clarifié, il est temps de passer aux actes!  Car si l’on ne fait que jaser, il viendra un moment où la circulation entre Montréal et la rive-sud se fera… à la nage!

MTQ: Vos impôts font du chemin… des fois, mais pas toujours!

Il y a déjà presque deux ans, un commentateur du Blogue me rapportait que le pont de la rue de Montcalm, à Berthierville, qui enjambe la rivière Bayonne, pont sur lequel toute circulation est interdite depuis octobre 2008, avait été fermé suite à une décision politique.  Il me déclarait avoir obtenu cette information d’une personne qu’il a rejoint au Ministère des Transports du Québec (MTQ).  Je n’avais pas envoyé de réponse formelle à ce commentateur, me disant que puisque Berthierville n’est somme toute pas si loin de chez moi, j’irais moi-même jeter un oeil à cet endroit, à un moment donné, afin de m’enquérir de l’état de la structure, chose que je n’ai toujours pas fait.  Mea culpa!

Or, dernièrement, en fouillant dans des cartons, dans le but de retrouver certains documents, je suis tombé sur une liste de ponts barrés, qui date du 9 janvier 2009, et sur laquelle le fameux pont de la rue de Montcalm figure.  Puisqu’il est toujours fermé au moment où j’écris ces lignes, c’est donc dire que cela fait maintenant plus de 4 ans et demi que ce pont est barré!  Une chance qu’il y a d’autres ponts, pas très loin, qui traversent aussi la rivière Bayonne; tout près du pont de la rue de Montcalm (identifié par le MTQ comme étant le P-14055), le rang Rivière-Bayonne Nord conduit au pont de la route 138 (rue Notre-Dame, P-01129), à moins de 400 mètres.  La rivière Bayonne est aussi traversée, à 1,6 kilomètre de là, par l’autoroute 40 (P-09806N, P-09806S), qui n’est toutefois pas accessible via le rang Rivière-Bayonne Nord.  Toujours par cette même route, à 1,5 kilomètres de l’A-40, il y a le pont Grandchamp (P-01131), un vieux pont couvert qui, suite à des années de fermeture, fut rénové grâce à la contribution d’Hydro-Québec, et d’autres âmes généreuses, dont des citoyens du rang Rivière-Bayonne BerthiervillePontsBayonneNord, qui y ont contribué personnellement.  Ce pont supporte maintenant un poids maximum de 3 tonnes.  Finalement, à 1,2 kilomètres du pont couvert, on retrouve celui de la route 347 (P-01132), qui mène vers Saint-Gabriel-de-Brandon.  L’illustration vous indique la position de chacun des ponts; juste à cliquer dessus pour la voir en plein format.

Mais voilà le hic; si l’on exclut celui de la route 347, le pont de la rue de Montcalm semble le moins pire de tous, et c’est celui-là qui est fermé!  Sur le site du MTQ, plus précisément dans le sous-site intitulé “Ponts et routes – Informations aux citoyens”, dans la section “Structures”, on ne retrouve aucune information sur le pont P-14055.  Par contre, on peut y voir un rapport d’inspection du pont P-01129 (route 138), et je vous garantis qu’il fait peur à voir!  Ce pont, qui date de 1951, fut inspecté le 7 juin 2011, et la prochaine inspection est prévue pour cette année.  Il ne fait l’objet d’aucune restriction, mais on reconnaît qu’il nécessite des travaux majeurs; vous pourrez facilement le constater vous-même en visionnant les diverses photos comprises dans le rapport d’inspection.

Quant au duo de ponts de l’A-40, qui furent érigés en 1967, lors de la construction de celle qui fut un temps appelée “Autoroute de la Rive-Nord”, le P-09806N fut inspecté le 4 juillet 2012, et le P-09806S le fut le 11 juillet de la même année.  Ils ne font l’objet d’aucune restriction, mais toujours selon le site, on planifiait leur remplacement… en 2012!  Je vous rassure tout de suite en vous disant qu’ils figurent bel et bien sur la liste des travaux de 2013-15 du MTQ, et qu’une somme de plus de 10 M$ sera consacrée au projet.  Pas moyen de savoir, toutefois, si ce dernier se déroulera cette année, ou l’an prochain.  Au cours des derniers mois, un contrat fut accordé pour la planification du chantier; on mentionnait, dans le titre du contrat, la reconstruction des ponts et le réaménagement de l’échangeur, soit la sortie 144.  Cela risque donc de représenter un chantier plutôt complexe, qui durera plusieurs années.  Je ne me souviens plus quelle firme fut retenue, mais ce seul contrat d’ingénierie se montait à 1,6 M$.  Malgré le fait que l’on ait étayé les deux ponts, le P-09806N est en train de s’affaisser, au milieu!  Mais il devrait quand même tenir le coup jusqu’à la reconstruction.  Notons que ces ponts surplombent le rang Rivière-Bayonne Nord, en plus de la BerthiervilleComplexe144-1rivière elle-même.

En fait, ces deux ponts ne constituent qu’une partie du complexe de la sortie 144, qui comprend six structures en tout, à savoir les P-09804N (remplacement prévu en 2014) et P-09804S (nécessitant des réparations), qui surplombaient une ancienne voie ferrée de desserte locale, ainsi que les P-09805N et P-09805S (ces deux dernières ne nécessitant aucune intervention) qui enjambent, quant à elles, l’avenue Gilles-Villeneuve (route 158), en plus des deux autres, déjà décrites.

J’ai bien hâte de voir les plans de cette reconstruction; compte tenu que trois des six ponts du complexe doivent être remplacés à court ou à moyen terme, et que les ponts au-dessus de l’ancienne desserte ferroviaire pourraient bien ne pas être remplacés, ou à tout le moins l’être par des structures beaucoup moins imposantes, si l’on désire laisser un passage pour les véhicules hors-route (motoneiges, quads), je suis porté à croire que l’on reconstruira tout le complexe, d’autant plus que l’on mentionne le réaménagement de l’échangeur.

Pour revenir à ma liste du 9 janvier 2009, notre commentateur peut se rassurer (ou s’inquiéter, selon l’angle que l’on prend), puisque le pont de la rue de Montcalm n’est pas le seul dans sa situation; parmi les 54 ponts barrés répertoriés sur le site web Québec 511, en date d’aujourd’hui, 12 l’étaient déjà sur la liste de janvier 2009!  J’ignore toutefois s’ils furent tous fermés suite à des décisions politiques.  Autrement dit, la patience de certains utilisateurs du réseau routier est parfois mise à rude épreuve.  Mais ne désespérez pas; sur la liste de 2009, il y avait 72 ponts barrés!  Ça s’améliore!

Il faut aussi constater que les ponts sont beaucoup plus dispendieux que jadis; par exemple, un simple pont de bois, sur le rang Saint-Jacques, à Saint-Barthélémy, dans Lanaudière, fut reconstruit il y a de cela quelques années.  Il fut vraiment bien refait; approches du pont asphaltées (sur une route de gravier), glissières de sécurité toutes neuves, bref, un pont tout équipé, qui fait entre quinze et vingt mètres de longueur, tout au plus, était annoncé, dans l’appel d’offres, à une valeur estimée entre 500,000$ et 1 M$!  Autre exemple, celui-là publié sur le Système électronique d’appels d’offres (SÉAO), et qui fermera le 16 mai prochain, à 15h00, concernant le remplacement du pont Lapérière (P-04345), sur le ruisseau Arvisais, à Saint-Léon-le-Grand, en Mauricie, indique que le montant estimé du contrat se situe entre 1,000,000$ et 4,999,999$, pour un pont de moins de 55 mètres.

J’utiliserai donc les paroles d’une chanson d’Urbain Desbois pour illustrer que si “vos impôts font du chemin”, tout porte à croire qu’ils en font… “des fois, mais pas toujours”!

Futur pont Champlain: Un autre « Jos Connaissant » vient de parler!

Ce dimanche matin, le responsable du transport au Comité exécutif de la ville de Montréal, Réal Ménard, a rencontré la presse, pour faire valoir ce qui serait la position de la ville concernant le projet de remplacement du pont Champlain, position qui fut communiquée au ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, dans une lettre envoyée le 30 janvier dernier, co-signée par le maire, Michael Applebaum, et monsieur Ménard.

Ce dernier expliquait que la position de la ville était principalement de ne pas augmenter la capacité du pont, en termes de nombre de véhicules.  Il a mentionné, comme on peut l’entendre dans l’extrait vidéo contenu dans cet article de l’agence QMI, publié sur le site Canoe.ca, que “Le gouvernement fédéral doit s’assurer que le pont Champlain n’augmente pas sa capacité routière. Conformément à notre plan de transport, la Ville de Montréal ne veut pas avoir la capacité actuelle du pont, en terme de voiture, et la fonctionnalité du nouveau pont devra tenir compte de la vocation des autres ponts de Montréal reliant la Rive-Sud et éviter les débordements dans l’ensemble du réseau routier.”  Est-ce à croire que Réal Ménard ne veut plus de “chars” dans sa ville?  Rien de plus simple; les banlieusards n’ont qu’à demander un transfert ailleurs, n’importe où, mais pas à Montréal!

L’autre truc, c’est quand je vois tous les politiciens halluciner sur les systèmes légers sur rails, les fameux SLR.  Puisqu’il faut absolument des trains, pourquoi pas installer un système normal, de trains normaux, sur des rails normaux?  Pourquoi il faut nécessairement une autre “patente”, compatible avec rien, et qui va bénéficier d’un circuit limité?  Avec un train conventionnel, on pourrait continuer au-delà du pont Champlain, se rendre jusqu’à Saint-Jean-sur-Richelieu, ou même à Granby!  Autrement dit, partout où il y a une vraie voie ferrée digne du nom!  Ben non; il faut proposer des belles affaires “cutes”!  Après tout, les élections municipales arriveront plus vite que vous ne le pensez!  Le 3 novembre, ça s’en vient rapidement!

Et ça, c’est sans compter l’attribution des contrats, les chicanes entre les fournisseurs, les devis techniques qu’il faudra changer, parce que non-compatibles avec nos hivers, et j’en passe, et des meilleures!  Bref, rien pour vous permettre de souffler, financièrement parlant!  De toute façon, j’aurai le temps de mourir de ma belle mort, avant que le remplacement du pont Champlain soit complété!

Aéroport Mirabel: Analyse d’une mauvaise décision

Il y a de cela plus de 3 ans, j’écrivais un billet sur l’aéroport de MIrabel (officiellement Montréal-Mirabel), qui tombait (et continue de tomber) en décrépitude.  Depuis quelques mois, beaucoup de visiteurs ont afflué vers cette page, alors qu’un article (d’abord, puis plusieurs ensuite) traitant de l’opposition à la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Nantes, en France, comprenait un lien vers mon billet sur Mirabel, montrant ainsi un exemple de méga-structure inutilisée.  Il faut d’abord comprendre pourquoi Mirabel a été abandonné, et ce afin d’éviter à la région de Nantes de subir les mêmes décisions que celles prises par les autorités responsables des aéroports du grand Montréal.

Il faut d’abord spécifier que la gestion, l’exploitation, et le développement des installations des principaux aéroports montréalais, de responsabilité fédérale, a été confiée à une société à but non-lucratif, créée en 1992, Aéroports de Montréal (ADM), dans le cadre d’un bail foncier de 60 ans, et ce dans la foulée d’un transfert de responsabilités, suite à un changement de mandat de Transports Canada.  Ainsi, depuis la création d’ADM, c’est cet organisme qui a la charge des deux principaux aéroports de Montréal, soit Pierre-Elliott-Trudeau (PET, anciennement Montréal-Dorval) et MIrabel.  Aussi, après des années de tergiversations, d’abord auprès de Transports Canada, puis d’ADM ensuite, cette dernière a finalement choisi, en 1997, de concentrer tout le trafic passager sur PET, ne laissant à Mirabel que le fret, et certaines installations industrielles.  L’application de cette décision s’est étendue sur plusieurs années, puisque le dernier vol de passagers à décoller de Mirabel fut le vol TS-710 d’Air Transat, vers Paris, le 31 octobre 2004.

Et ces années de tergiversations, elles auront profité à qui?  À Toronto!  L’aéroport Toronto-Pearson fonctionne maintenant avec deux terminaux, alors que le petit aéroport Billy Bishop (autrefois Toronto City Center Airport), en-face du centre-ville, aéroport déficitaire depuis sa construction, dans les années 1930, est devenu rentable en 2010, et roule à pleine capacité; presque exclusivement opéré par Porter Airlines, celui-ci était, en 2011, le 9e aéroport au Canada, et le 3e en Ontario, en termes de trafic passagers, et le 14e au Canada au niveau du nombre de mouvements d’appareils.

Depuis la fermeture du trafic passagers, en 2004, hormis les activités de fret, le site de l’aéroport de MIrabel regroupe quand même plusieurs activités.  Une base d’entretien d’aéronefs, où l’on s’occupe entre autres des F-18 américains, qui sont arrêtés par un fil de fer, en travers de la piste, comme sur un porte-avions.  L’usine Bell Helicopter, située tout près, vient y tester ses machines, entre autres avec des manoeuvres à reculons.  La firme Hélibellule y a aménagé une aérogare pour hélicoptères, évaluée à 5 millions de dollars  L’organisation iCar opère, directement sur le tarmac, une piste de karting, ainsi qu’une autre, plus grande, qui sert tantôt de site de présentation à la presse de nouveaux véhicules, tantôt de piste d’essais, où l’on pratique des manoeuvres d’urgence avec un peu de tout, même des ambulances.  L’avionneur Bombardier, qui pratique aussi des manoeuvres d’urgence, cette fois avec les avions qui sortent de sa chaîne de montage.  Le tout sans tour de contrôle, puisque tout le trafic est planifié depuis PET!

Donc, à part les pistes, et quelques installations industrielles, le site de Mirabel ressemble à une ville-fantôme; de nombreux bâtiments du parc industriel sont toujours à louer, et l’aérogare est totalement désert.  Depuis mon billet de septembre 2009, ADM a revampé l’édifice administratif, et tente désespérément d’en louer les espaces à bureaux.

Pendant ce temps, à PET, tout ne va pas nécessairement comme prévu.  Le plan d’ADM, étalé sur 25 ou 30 ans, prévoyait des investissements de plus d’un milliard de dollars sur les installations aéroportuaires même, alors que les gouvernements devaient s’occuper de ceux couvrant les infrastructures entourant le site.  La navette ferroviaire, qui devait relier le centre-ville à l’aérogare, se fait toujours attendre.  Les travaux de reconfiguration de l’échangeur A-20/A-520, communément appelé le “rond-point Dorval”, entrepris en 2009, ou 2010, sont gelés depuis plus de deux ans.  Avant tous ces investissements, PET était enclavé parmi des quartiers résidentiels, et le parc industriel de Pointe-Claire; après tous ces milliards, il le sera toujours.  Et le jour où l’espace physique manquera, où l’on se rendra compte qu’il y a des limites à “agrandir par en-dedans”, il faudra tout recommencer, avec de nouveaux milliards, ailleurs.  Mais que restera-t-il de Mirabel, à ce moment-là?

Déjà, les infrastructures inutilisées souffrent d’un manque d’entretien flagrant, façon polie de dire que tout tombe en ruines.  Si l’on se fie au fait que cet aéroport a été construit au même moment, et plus ou moins avec les mêmes matériaux, et les mêmes firmes d’ingénieurs, que les infrastructures routières qui tombent aussi en ruines avant la fin de leur vie utile, tout porte donc à croire que le jour où l’on se tournera vers Mirabel, il faudra tout raser, et reconstruire à neuf.  Si l’on avait décidé, en 1997, de tout concentrer à MIrabel, les voyageurs profiteraient de superbes installations, dont les mises à jour auraient coûté sensiblement le même prix que celles de PET, et qui auraient pu prendre de l’expansion, compte tenu de tout le terrain disponible, et ce malgré que l’usine de Bombardier ait été construite sur les espaces prévus pour cette expansion.

Mais malheureusement, ce n’est pas dans ce sens que les dirigeants d’ADM sont allés, il y a plus de 15 ans.  Et leur décision coûtera cher, et plus particulièrement aux contribuables canadiens.

Donc, que faire, pour le trafic aérien de Nantes?  D’abord, il faut commencer par déterminer combien de temps l’aéroport actuel peut continuer à offrir un service digne de mention.  Dans un second temps, il faut planifier la suite; s’il faut un nouvel aéroport, on doit s’assurer de démanteler l’ancien site aussitôt que le nouveau sera pleinement opérationnel, question d’éviter les retours en arrière qui ont causé, à terme, la mort de Mirabel.