Conflit étudiant: Où en sommes-nous, maintenant?

Cela fait presque 4 mois que ça dure, et pour l’heure, on ne semble pas voir le bout de toute cette affaire.  Le conflit étudiant s’éternise, et s’enlise.

Sur le site de la Société Radio-Canada, on parle d’une énième tentative d’essai de rendez-vous, pour une possibilité de pourparlers d’installation d’un processus de négociation.  J’exagère à peine!  Les propos du président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, prononcés à l’émission The House, sur les ondes de CBC Radio One, samedi matin, ont été nuancés à peine quelques heures plus tard, cette fois à la Presse Canadienne.

Voyez-vous, le problème du conflit étudiant est là; on se targue d’être prêt à négocier, du côté des leaders étudiants, mais tout ce qu’on propose, de ce côté, ce sont de nouvelles tournures de phrases qui, en bout de ligne, veulent dire la même chose que les anciennes.  Vous pouvez me dire la différence entre un gel des frais de scolarité, et un moratoire sur toute hausse desdits frais?  Si l’on peut comprendre qu’un gel peut ne pas être définitif, d’une part, et que d’autre part, un moratoire peut durer très longtemps, on se rend rapidement compte que c’est du pareil au même!

Le gouvernement a fait des concessions, que ce soit sur le montant de la hausse annuelle, sur l’étalement de la hausse totale, ou encore sur l’aide apportée aux étudiants venant de familles moins bien nanties.  Nommez-moi une seule concession faite par les étudiants, et ce depuis le tout début du conflit, en février.  Une seule!  À part des changements de termes qui ne veulent rien dire, les étudiants n’ont rien concédé!  Et ils osent parler de négociations!

Plus je vois aller toute cette affaire, et plus je lis les commentaires, tant au Québec qu’ailleurs au Canada, plus je constate que tout le conflit étudiant semble téléguidé, plus j’ai l’impression que, sous l’impulsion de leurs leaders, les étudiants ne sont que de la chair à canon, sacrifiée dans le but de soutenir une campagne qui, au final, a bien peu à voir avec la hausse des frais de scolarité.  Et selon moi, la télécommande est entre les mains d’une organisation qui s’appelle l’Alliance sociale.

Souvenez-vous de l’automne de 2010.  Une autre organisation, à but non-lucratif, celle-là, venait d’être créée, par six personnes qui y ont mis 500$ chacune, et le but de cette organisation était de tenter d’influencer les politiciens – parce que ladite organisation s’est toujours défendue d’être un parti politique en devenir – en faisant la promotion des libertés et des responsabilités individuelles.  Cette organisation s’est donnée le nom de Réseau Liberté Québec (RLQ).  L’Alliance sociale fut rapidement créée pour répondre à ce que ses organisations membres considéraient, tel qu’ils le mentionnaient dans une déclaration commune, publiée dans Le Devoir du 5 novembre 2010,  comme des “séances publiques d’autoflagellation”.  Dans cette déclaration, ils ne nomment pas le RLQ, ni Jean Charest lui-même, mais il est question, entre autres, des droits de scolarité.

Bref, le but de l’Alliance sociale, c’est de conserver les acquis syndicaux, gagnés lors de négociations réalisées lors de périodes plus fastes, et de ne rien céder, maintenant qu’il faut gérer plus efficacement.  Et ce, peu importe le prix à payer, maintenant ou plus tard!

Le jour où les étudiants réaliseront qu’ils se sont bien fait avoir par les grandes centrales syndicales, et que les subsides, qui ont servi à financer les autobus, et autres frais, pendant le conflit étudiant, leur auront coûté beaucoup plus cher qu’ils l’ont d’abord cru, il vivront un réveil douloureux!

Le Canada aux urnes 2011: Normand Lester a pété sa coche!

Beaucoup de gens sont encore surpris des résultats de l’élection générale fédérale du 2 mai dernier, alors que d’autres – et pas les moindres – ne les prennent toujours pas!  C’est le cas de l’ancien Radio-Canadien Normand Lester, qui a pété sa coche lors de l’émission de Paul Houde, au 98,5 FM, enregistrement que je ne trouve plus, malheureusement.  Mais ceux qui ont manqué le coup de masse de Lester, à la radio, peuvent se reprendre dans Le Devoir de ce lundi matin, dans une lettre d’opinion.  Il reprend, en gros, les insultes qu’il a lancées aux électeurs de Berthier-Maskinongé.  Vous pouvez aller voir la page comme tel en cliquant ici, mais je vais faire du copier-coller, et vous mettre le texte intégral de son intervention.  Ça va comme suit:

Libre opinion – Sains d’esprit, les Québécois?

Quelque 22 403 personnes qui paraissaient assez saines d’esprit et lucides pour être admises dans un bureau de scrutin, soit 40 % des électeurs de Berthier-Masquinongé, ont choisi Ruth Ellen Brosseau, une parfaite inconnue, pour les représenter au Parlement fédéral. Tout ce qui était dit d’elle dans la documentation du NPD était qu’elle aimait les petits animaux et qu’elle veillait à leur bien-être. D’où elle venait, ce qu’elle était, ce qu’elle voulait faire et était capable de faire pour son comté, ses électeurs s’en foutaient comme de l’an quarante.

Plusieurs centaines de milliers de Québécois se sont ainsi précipités pour voter en faveur de «poteaux» néodémocrates dont ils ne savaient absolument rien sauf qu’ils étaient des candidats de «Jack». Jack qui? Euh… Clayton… Peyton… Vous savez bien, le gars sympathique à moustaches qui est passé il y a deux semaines à Tout le monde en parle.

Ces centaines de milliers de «Ti-counes» ont voté comme leurs voisins, comme les gars à job, au garage. Rita, Thérèse et Yolande, elles, ont fait comme leurs chums de filles au salon de coiffure et au bureau: «On veut faire pareil comme les autres. Quand tout le monde votait Bloc, on votait Bloc. Le Bloc, c’est pus à mode. Chose l’a dit à radio à matin. Maintenant, c’est Jack. Y le disent à tivi, tout le monde fait d’même c’t’année! C’est un beau monsieur, propre de sa personne, bien mis. Souriant et compatissant en plus.»

Que voulez-vous, je vous le demande, qu’un peuple de suiveux et de moutons complexés comme les Québécois fasse? Ils vont faire comme tout le monde de crainte d’être perçus comme différents. Ils vont être solidaires. Le mot solidaire déguise bien notre besoin de conformisme tricoté serré. So-So-Solidarité. On aime tellement mijoter ensemble dans notre médiocrité collective. Tout le monde le fait, fais-le donc, disait jadis le slogan d’une radio populaire.

On a parlé d’«effet Layton» pour expliquer ce qui est arrivé. C’est de l’«effet lemming» qu’il s’agit. Vous savez ces petits rongeurs nordiques qui sont à la fois stupides et solidaires au point de suivre leurs semblables lorsqu’ils se jettent en masse en bas d’une falaise. Il faut remplacer le mouton de saint Jean Baptiste comme notre symbole national officieux par le lemming. Heureusement, Ruth Ellen aime bien les petits animaux.

Les médias, s’appuyant sur des sondages à répétition, commentés à n’en plus finir, servent de caisses de résonance pour certains phénomènes porteurs qui attirent des auditoires. Les journalistes, qui ont naturellement le coeur à gauche, ont joué le jeu du NPD. Si Jack avait été de droite, il en aurait été différemment. Plutôt que d’encourager la vague avec des commentaires sympathiques et rieurs, les analyses critiques, les commentaires malveillants, les reportages hostiles et les portraits négatifs auraient abondé pour ramener le bon peuple dans le droit chemin.

Quant aux patrons de presse, à Radio-Canada, à Power Corporation et ailleurs, ils n’avaient aucune raison d’intervenir comme ils le font habituellement lorsque leurs journalistes se laissent emporter par un engouement qui menace l’ordre fédéral. Le coup de foudre pour Jack nuisait essentiellement au Bloc.

Les résultats des élections fédérales au Québec ont confirmé au Canada anglais les préjugés et les stéréotypes qu’on y entretient sur les Québécois comme le démontrent les milliers de commentaires cruels laissés sur les sites des médias anglophones. Et la réalité est encore pire puisque les webmestres ont retiré les plus désobligeants et méprisants.

À Berthier-Maskinongé, il y a maintenant des électeurs qui dénoncent leur nouvelle députée parce qu’elle ne parle pas français, habite Ottawa, a préféré Las Vegas aux élections et n’est jamais venue faire campagne dans la circonscription.

Les seuls dans cette affaire qui méritent d’être vivement dénoncés sont les 22 403 électeurs du comté qui ont voté pour elle simplement pour faire comme tout le monde. Cela s’applique bien sûr à tous les imbéciles du Québec qui ont voté aveuglément en faveur de «poteaux» (quelle que soit leur valeur personnelle) parce qu’on a parlé en bien de Jack à tivi.

La majorité des électeurs ne comprend rien à la politique en général et encore moins aux questions économiques et au fonctionnement de l’État. Ils se méfient des politiciens dont bon nombre sont soupçonnés d’être des menteurs et des corrompus au service des milieux d’affaires et des lobbies. Pour s’y retrouver, ils se fient à des références: amis, parents, journalistes, commentateurs à la radio ou à la télé. Cette fois, il y avait unanimité. Jack, Jack, Jack, faisaient les canards, les perdrix et les sarcelles…, comme le dirait Vigneault.

Ce qui s’est passé au Québec la semaine dernière démontre les limites de la démocratie.

***

Normand Lester – Chroniqueur au 98,5 FM et à Yahoo Québec

Évidemment, une telle lettre ouverte a attiré son lot de commentaires, autant en appui qu’en opposition, aux propos de l’ancien journaliste.  Alors j’en ai profité, moi aussi, pour répondre à monsieur Lester.  Dans la page du Devoir, j’ai dû faire deux interventions distinctes, limiteur de caractères oblige, mais que je joindrai ici pour n’en faire qu’une seule.  Voici ce que cela donne:

Et pis quoi, encore?


Normand Lester – qui est dans le domaine journalistique depuis tellement longtemps qu’il devrait savoir par coeur que l’on écrit Berthier-Maskinongé avec un « k », et non avec « qu » – semble vouloir laisser entendre qu’il ne faudrait laisser le droit de vote qu’à ceux qui connaissent la politique en général, les questions économiques et le fonctionnement de l’État? Grand bien lui en fasse! À mes yeux, son papier est un exemple du prix à payer pour la liberté d’expression, sans plus!

Notre société est pourtant remplie d’exemples de tolérance, envers la médiocrité de tout acabit. D’ailleurs, s’il fallait ouvrir les salles de nouvelles aux seuls journalistes faisant preuve d’une neutralité constante et incontestable, nos médias seraient bien vides, et Le Devoir, pour ne nommer que celui-ci, aurait fermé ses portes depuis belle lurette.

Dans notre société distincte, où les syndicats défendent jusqu’au sang le droit des enseignants du primaire et du secondaire, ces intervenants de première ligne de la pensée future de nos enfants, à ne pas être évalués sur leurs compétences, il faudrait maintenant évaluer les connaissances politiques des électeurs, avant de leur donner le droit de vote? Cela nous mènerait à une société exemplaire, où seuls les élites auraient droit au chapitre. Après tout, cela fait plus de 50 ans que celles-ci travaillent à « fidéliser » le citoyen lambda!

Mais force est de constater que le soubresaut du 2 mai n’était manifestement pas prévu de leur part! Que faire, alors? Il faut recommencer, taper sur le clou, traiter les électeurs de Berthier-Maskinongé, qui ont osé voté NPD, de tous les noms, les humilier sur la place publique, leur faire jurer de ne plus recommencer.

Une question me chicote, toutefois; si l’élite peut taper sur les doigts des citoyens qui agissent mal, lorsque l’élite fait une gaffe, qui a le devoir de la ramener à l’ordre?

Je suis d’accord pour dire que les citoyens devraient en connaître un peu plus, sur le fonctionnement de la politique de notre pays, sur les rouages de l’économie, et d’autres sujets d’actualité. Mais dites-moi, à quel niveau scolaire enseigne-t-on aux jeunes québécois les principes de base des lois de l’offre et de la demande? Quand leur montre-t-on des exemples de problèmes qui furent réglés par des décisions politiques? Leur explique-t-on le fonctionnement de notre société, le rôle des gouvernements municipaux, provinciaux, et fédéral, ainsi que les pouvoirs qui appartiennent à chacun d’entre-eux?

Le jour où nos jeunes sortiront des écoles avec toutes ces connaissances, ils éviteront probablement de voter pour un parti XYZ sur un coup de tête. Ils seront capables de décortiquer les bulletins de nouvelles de différentes sources, afin d’y séparer la vraie information du message préfabriqué, et de se former une opinion par eux-mêmes. Mais comme une telle situation affaiblira définitivement la position de contrôle des élites, il est hors de question d’aborder ces sujets à l’école, sinon pour les endoctriner avec des formules toutes faites d’avance, mettant le cerveau de nos enfants au service de nos chères élites et de leur cause. Encore chanceux; nos enfants sont passés bien près d’avoir à lire des torchons comme « Parlons souveraineté à l’école », de notre cher crosseur professionnel, Gérald Larose!

Bref, les électeurs de Berthier-Maskinongé ont voté selon leurs connaissances, et selon leur esprit du moment. Mais qu’ils en soient fiers, ou encore qu’ils le regrettent amèrement, ce choix demeurera toujours le leur, et personne n’a à leur imposer qui que ce soit. Le droit de vote demeure l’une des dernières libertés restantes aux citoyens; pourrait-on au moins les laisser l’exercer sans leur taper dessus?

Maintenant, à vous de juger!  Vous pouvez commenter, vous aussi, sur la page du Devoir; juste à suivre ce lien, qui vous mènera vers la page en question.

Affaire Marc Bellemare: Ça lui prend quoi, au juste, la Cour internationale de La Haye?

Autre rebondissement, dans l’affaire Marc Bellemare; Le Devoir de ce samedi rapporte que l’avocat de Québec “craint avoir affaire à une clique”, et relate, en entrevue au journaliste Antoine Robitaille, une série de liens entre les personnes impliquées dans la commission Bastarache, y compris le commissaire lui-même, et le parti libéral de Jean Charest.

On ne peut nier que des avocats, et d’autres professionnels, puissent avoir des liens avec les libéraux, ou encore aient donné au parti.  Mais de là à parler d’une clique, il y a un pas que je suis vraiment pas prêt à franchir.  Des gens peuvent agir de façon impartiale, et ce même s’ils ont contribué financièrement à un parti politique; s’il fallait virer tous les juges qui ont déjà donné à un parti politique, au cours de leur vie, la magistrature serait réduite à peau de chagrin!  Évidemment, pour un parti comme Québec solidaire, il est plus difficile d’obtenir un gros financement populaire quand son membership est principalement composé d’assistés sociaux, de réactionnaires, et autres casseurs (le docteur Amir Khadir étant d’ailleurs lui-même un excellent “frondeur de godasses”).  N’allez pas croire que le parti québécois ne reçoit pas un sou de la part de professionnels, dont des juges et des avocats.

Tout cela pour dire que Marc Bellemare, encore une fois, fait la fine gueule devant une autre tribune, celle-là mise en place spécialement pour qu’il puisse s’exprimer, et enfin lâcher le morceau; après le DGEQ, voilà que la commission Bastarache serait “paquetée”, elle aussi, selon lui.  Que faudra-t-il donc à cet avocat, qui se plaît à faire la une des journaux, et à voir sa face dans la télé, pour qu’il puisse enfin raconter toutes les atrocités qu’il dit connaître, et/ou avoir été témoin, la Cour internationale de La Haye?  À moins qu’il ne juge que celle-ci soit également infestée d’individus proches du gouvernement Charest.  Ou du parti libéral.

Plus cette histoire avance, plus j’ai l’impression que la montagne ne va accoucher que d’une souris.  Plus toute cette affaire ne ressemble, finalement, qu’à une grosse vengeance de Marc Bellemare, envers un premier ministre qui ne lui a pas laissé carte blanche, dans l’accomplissement de son agenda personnel, à l’époque où l’avocat était ministre de la Justice.  Il s’agira donc, encore une fois, de millions de dollars de fonds publics, qui seront gaspillés pour une histoire d’effets de manches.  Mais au Québec, de tels gaspillages sont Business as usual.

MISE À JOUR – 8 juin 2010, 15h20

À la fin de la période d’inscription des personnes, ou des organismes, désirant obtenir le statut d’intervenant ou de participant, à la commission Bastarache, soit ce lundi 7 juin, à 17h00, Marc Bellemare ne s’était toujours pas inscrit.

L’affaire Marc Bellemare: Un autre Benoît Labonté?

Comme le dit Antoine Robitaille, avec le titre de son article dans Le Devoir, Marc Bellemare a lancé sa bombe.  Cela fait des semaines que les lèvres lui tremblent, lui qui n’en finissait plus de retenir ses allégations, à propos de Jean Charest, et des libéraux, avec lesquels il fut ministre de la justice, pour un court séjour, soit de 2003 à 2004.  On se souviendra d’ailleurs de sa démission fracassante.

Loin de moi l’idée de blanchir qui que ce soit, autant d’un côté que de l’autre, dans cette affaire.  Mais celle-ci me fait drôlement penser à une autre affaire, dans laquelle un politicien municipal influent disait détenir des informations privilégiées sur des échanges d’enveloppes brunes.  Vous vous souvenez de la dernière campagne électorale municipale, à Montréal, n’est-ce pas?  Ce cher Benoît Labonté, qui était au courant de tant de choses, a fini par se faire prendre à son propre piège, et a finalement dû reconnaître qu’il avait lui-même reçu des enveloppes brunes.

Or, plus je regarde aller l’affaire entourant les propos de Marc Bellemare, plus je vois des ressemblances avec celle de Benoît Labonté.  Celui-ci choisissait ses tribunes, Bellemare aussi; il ne veut pas s’avancer devant le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), disant que celui-ci, au moment où il fut contacté, “agissait comme un homme de main du premier ministre”, rien de moins.  Imaginez Maurice « Mom » Boucher, en train de choisir quelle cour devra entendre son procès; ça ne fait pas de sens.  Alors pourquoi Marc Bellemare aurait-il le pouvoir de choisir l’endroit où il ira raconter les détails de ce qu’il sait?  Si c’est au DGEQ à enquêter sur les cas de financement politique illégal, Bellemare doit témoigner devant le DGEQ, point.  Labonté aimait bien les journalistes, Bellemare aussi; à date, selon l’article de Robitaille, l’ancien ministre de la justice a accordé des entrevues à Radio-Canada, et à TVA, en plus d’avoir “rencontré de façon fortuite (…) hier matin dans le train Québec-Montréal” un représentant du Devoir, à qui il a également parlé.  Ce quotidien, qui se dit libre de pensée, rencontre-t-il souvent les gens qui font sa une de façon fortuite?  Ce simple détail est suffisant pour soulever des doutes, dans mon esprit.

Quand Marc Bellemare fut recruté par Jean Charest, en vue des élections générales de 2003, il voulait un fauteuil de ministre, au minimum, et avait un agenda bien personnel.  Comme celui-ci ne concordait pas tout à fait avec celui du premier ministre, Marc Bellemare a claqué la porte avec grand fracas.  Selon moi, l’ancien ministre se rend bien compte que pour faire changer les choses dans le sens qu’il souhaitait, il aurait dû prendre son mal en patience, et demeurer au gouvernement.  Or, de la façon dont il s’y est pris pour en sortir, il était définitivement exclu que Bellemare y retourne; peut-être a-t-il parlé à Jean Charest, et s’est-il rendu compte que la porte lui était désormais fermée.  Maintenant qu’il constate qu’il est dans un cul-de-sac, il veut mettre ses anciens commettants dans des eaux troubles.  Et toujours selon moi, il risque de se faire prendre à son propre piège.  Comme Benoît Labonté.

Et la vérité, elle se trouve où, dans tout cela?  Le temps va bien finir par nous le faire savoir…

Crise économique: L’échec des plans de relance se confirme

Cet article de l’AFP, publié dans les pages du Devoir de ce samedi, semble confirmer ce que tous les économistes, analystes et commentateurs penchant vers le libéralisme économique, y compris votre humble serviteur, ont prétendu, au sujet des plans de relance étatiques, à savoir que l’économie des pays du monde industrialisé s’embourbe dans la récession, et que la relance sera d’autant retardée.  L’article mentionne les données de plusieurs pays développés, et la très grande majorité de ceux-ci montrent un PIB en recul, très net, pour certains, dont le Japon.  S’il est évident que l’empire du soleil levant est dans une situation particulière, la plupart des pays dont on parle ont en commun d’avoir adopté des plans de relance étatiques, dans le but de cerner la crise, et de relancer leurs économies respectives.  Et l’article confirme qu’aucun de ces pays n’a vu l’ombre d’une reprise.

Pour ma part, je crois qu’il faut se rendre à l’évidence, à savoir que les plans keynésiens ne fonctionnent tout simplement pas.  Les ressources accaparées par les gouvernements n’étant plus disponibles aux entreprises, qui sont les seules à pouvoir créer de la richesse, celles-ci doivent ainsi attendre le retour de la disponibilité des ressources, dans le but de relancer leurs opérations.  Le cas des USA est plutôt révélateur; selon des chiffres provisoires, le PIB a reculé de 3,8% au quatrième trimestre, ce qui en fait le pire depuis 1982, et ce malgré tous les plans annoncés depuis septembre dernier, lesquels se calculent désormais en billions de dollars.  Faut-il rappeler que les millions, milliards, et billions de la langue française, se traduisent en anglais par « millions », « billions », et « trillions ».  Autrement dit, ce que l’on appelle un billion, en français, s’écrit, en chiffres, 1,000,000,000,000.  C’est un million… de millions!  J’ai déjà vu, de mes yeux, empilés sur une table, un million de dollars, et je vous jure que c’est impressionnant.  Alors un million de fois cela, selon moi, pourrait difficilement tenir en un seul endroit.  Or, les efforts de relance américains sont désormais de plusieurs billions de dollars, et cela ne suffit manifestement pas pour relancer l’économie.  L’article mentionne que le conseiller économique du président Barack Obama, Lawrence Summers, a reconnu que l’hypothèse officielle d’un retour à la croissance économique au cours de l’année 2009 paraît désormais improbable, et croit même que ce retour ne surviendra qu’au début de 2010.  J’ai bien peur, de mon côté, que cette relance tant espérée ne sera pas encore au rendez-vous lorsque Barack Obama se mettra en campagne pour son second mandat.

Le ministre allemand des finances, Peer Steinbruck, semble vouloir mettre en garde les ministres des finances des pays du G7, qui se réunissaient à Rome, ce week-end, contre un retour au protectionnisme.  Toujours selon l’article, il a déclaré « Je crois que l’Allemagne en particulier à tout intérêt à s’assurer, lors des prochaines rencontres internationales, que le monde ne répète pas les erreurs des années 1930. »  Il a sûrement en mémoire la débâcle économique de l’Allemagne, pendant ces années-là, où le prix d’un pain est passé de 0,30 mark à plus de 7,000,000 de marks, et ce en moins de deux ans.  L’Allemagne avait fait rouler sa planche à billet « à vide », c’est à dire qu’elle avait imprimé beaucoup de billets de banque, mais sans aucune contrepartie en valeurs, autre que celle qu’avait la masse monétaire au début de l’opération.

Une telle façon de faire, pour un gouvernement, s’apparente à faire des chèques sans provisions, pour un individu, ou une entreprise.  Toutefois, comme un billet de banque ne peut pas « rebondir », contrairement à un chèque, la valeur de l’ensemble des billets de banque imprimés, ce que l’on appelle la masse monétaire, prend la valeur de sa contrepartie, ou de sa garantie.  Par exemple, si la masse monétaire d’un pays est, prenons des chiffres simples, de 5 millions$, et que le pays possède des valeurs, ou encore a émis des titres de crédit, pour une valeur de 5 millions$, la masse monétaire a une valeur égale à sa contrepartie. Aussi, si l’on ramène la production des entreprises de ce pays à un seul produit, on dira que ce produit vaut 1 dollar, pour les fins de notre exemple, c’est à dire le rapport entre la valeur de la masse monétaire, et celle de sa contrepartie.  Par contre, si l’on double la masse monétaire, à 10 millions$, et que l’on maintient la valeur de sa contrepartie à 5 millions$, la masse monétaire prendra la valeur de sa contrepartie, ce qui crée un rapport de 2 pour 1.  Notre produit unique vaudra alors 2 dollars, au lieu d’un seul, puisque la masse monétaire a doublé, mais que la valeur de la contrepartie est la même.  Avec cet exemple, je viens de ramener toute la complexité du système monétaire d’un pays à une simple règle de trois.

L’économie américaine risque d’en souffrir, et ce même si elle émet des titres de crédit pour appuyer l’augmentation de sa masse monétaire.  Pourquoi?  Pour une question de confiance en ces titres.  Tous les canadiens ont entendu parler des PCAA, les papiers commerciaux adossés à des actifs.  Le principe de ces papiers étaient l’achat d’une dette.  Si ladite dette rapporte des intérêts, le fait d’acheter ce papier permet à celui qui le vend de prêter l’argent de la vente à d’autres emprunteurs, en retour d’une partie des intérêts qu’il perçoit.  Par exemple, disons que André emprunte 1000 dollars à Benoît, avec un intérêt annuel de 5%.  Afin de prêter de l’argent à d’autres, Benoît vend donc à Charles un PCAA, l’actif en question étant la dette de André à Benoît.  Ce faisant, Benoît consent à Charles une partie des intérêts que lui verse André, disons 2%, ce qui constitue le profit de Charles, dans cette opération.  Un tel système fonctionne tant que André rembourse son emprunt à Benoît.  À partir du moment où André ne rembourse plus Benoît, celui-ci ne peut plus verser les intérêts à Charles, et si celui-ci veut revendre son PCAA, Benoît ne peut plus le lui racheter, ne pouvant pas le payer, parce qu’il n’a plus de liquidités, puisque André ne rembourse plus.  Le PCAA de Charles perd donc de sa valeur, puisque l’actif auquel il est endossé est également dévalué.  La même chose risque de se produire avec les titres de crédit américains; si les acquéreurs de ces titres tentent de se faire rembourser, et que les USA sont dans l’impossibilité de le faire, tous ces titres risquent de se voir rapidement dévalués, ce qui entraînera le même effet que si les USA roulaient la planche à billet à vide.

Évidemment, mes exemples sont simples.  La réalité est bien des fois plus complexe, mais le résultat demeure le même, à savoir que les interventions massives de l’état dans l’économie, ça ne fonctionne pas.  Mais cette fois, les données le confirment.

Aussi, si cela ne fonctionne pas, que faudra-t-il faire, pour relancer l’économie?  J’y reviendrai.  Promis!