Réseau routier: De Koninck s’énerve encore!

Tout le monde a entendu parler du terrible accident, jeudi matin, sur la route 112, à Rougemont, où trois cyclistes ont perdu la vie, et trois autres furent blessés sérieusement, après avoir été happés par une camionnette.  Comble de malheur, une autre personne a été happée, à vélo, par une voiture, cette fois à Val-Morin, dans les Laurentides; dans ce cas précis, par contre, la conductrice de la voiture devra faire face à des accusations de conduite avec facultés affaiblies ayant causé la mort.

Je suis le premier à admettre que chaque décès, sur la route, en est un de trop.  Ce que je comprends moins, c’est la propension de l’agence QMI – et des autres ramifications de l’empire Québécor Média – à aller mettre un micro sous le nez du président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, à chaque fois qu’un accident semble un tant-soit-peu plus tragique que les autres.  C’est clair comme de l’eau de source qu’il va s’époumoner à exiger que le gouvernement mette plus d’argent sur le réseau routier, peu importe les circonstances de l’accident.  Encore là, je ne dis pas que le réseau routier québécois n’ait pas besoin de rénovations, mais de là à déchirer sa chemise comme De Koninck le fait?  Dans sa dernière intervention, recueillie par Sarah-Maude Lefebvre, il déclare que “la seule solution possible pour stopper cette augmentation du nombre d’accidents impliquant des cyclistes est de «redonner la route aux cyclistes et aux piétons»”.

Il faudrait demander à monsieur De Koninck s’il est au courant qu’une piste cyclable longe plus ou moins la route 112, dans ce secteur de la Montérégie.  Si les cyclistes avaient utilisé la piste cyclable, ils seraient encore des nôtres.  Tout le monde sait qu’un parcours en site propre est encore mieux qu’un accotement asphalté, question de sécurité des cyclistes.  Aussi, avant d’asphalter les accotements de la route 112, on devrait plutôt s’arranger pour sensibiliser les cyclistes à la présence de la piste cyclable.  Encore une fois, monsieur De Koninck a parlé sans réfléchir; si l’on doit redonner la 112 aux cyclistes et aux piétons, alors qu’ils ont déjà une piste cyclable en site propre, qu’est-ce qu’il faudra leur redonner, la prochaine fois, l’autoroute 10?

Affaire Marc Bellemare: Ça lui prend quoi, au juste, la Cour internationale de La Haye?

Autre rebondissement, dans l’affaire Marc Bellemare; Le Devoir de ce samedi rapporte que l’avocat de Québec “craint avoir affaire à une clique”, et relate, en entrevue au journaliste Antoine Robitaille, une série de liens entre les personnes impliquées dans la commission Bastarache, y compris le commissaire lui-même, et le parti libéral de Jean Charest.

On ne peut nier que des avocats, et d’autres professionnels, puissent avoir des liens avec les libéraux, ou encore aient donné au parti.  Mais de là à parler d’une clique, il y a un pas que je suis vraiment pas prêt à franchir.  Des gens peuvent agir de façon impartiale, et ce même s’ils ont contribué financièrement à un parti politique; s’il fallait virer tous les juges qui ont déjà donné à un parti politique, au cours de leur vie, la magistrature serait réduite à peau de chagrin!  Évidemment, pour un parti comme Québec solidaire, il est plus difficile d’obtenir un gros financement populaire quand son membership est principalement composé d’assistés sociaux, de réactionnaires, et autres casseurs (le docteur Amir Khadir étant d’ailleurs lui-même un excellent “frondeur de godasses”).  N’allez pas croire que le parti québécois ne reçoit pas un sou de la part de professionnels, dont des juges et des avocats.

Tout cela pour dire que Marc Bellemare, encore une fois, fait la fine gueule devant une autre tribune, celle-là mise en place spécialement pour qu’il puisse s’exprimer, et enfin lâcher le morceau; après le DGEQ, voilà que la commission Bastarache serait “paquetée”, elle aussi, selon lui.  Que faudra-t-il donc à cet avocat, qui se plaît à faire la une des journaux, et à voir sa face dans la télé, pour qu’il puisse enfin raconter toutes les atrocités qu’il dit connaître, et/ou avoir été témoin, la Cour internationale de La Haye?  À moins qu’il ne juge que celle-ci soit également infestée d’individus proches du gouvernement Charest.  Ou du parti libéral.

Plus cette histoire avance, plus j’ai l’impression que la montagne ne va accoucher que d’une souris.  Plus toute cette affaire ne ressemble, finalement, qu’à une grosse vengeance de Marc Bellemare, envers un premier ministre qui ne lui a pas laissé carte blanche, dans l’accomplissement de son agenda personnel, à l’époque où l’avocat était ministre de la Justice.  Il s’agira donc, encore une fois, de millions de dollars de fonds publics, qui seront gaspillés pour une histoire d’effets de manches.  Mais au Québec, de tels gaspillages sont Business as usual.

MISE À JOUR – 8 juin 2010, 15h20

À la fin de la période d’inscription des personnes, ou des organismes, désirant obtenir le statut d’intervenant ou de participant, à la commission Bastarache, soit ce lundi 7 juin, à 17h00, Marc Bellemare ne s’était toujours pas inscrit.

Santé: Quand les municipalités se mêlent de ce qui ne les regarde pas

En jetant un oeil au site Canoë, en ce début de soirée, je suis tombé sur cet article de Jean-Louis Fortin, de l’agence QMI, au sujet des arrondissements de Montréal qui, à l’image de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), devraient se mettre à la lutte contre… le gras trans.

Pas contre la criminalité, ni contre les gangs de rue, ni contre les débits d’alcool illégaux, ni contre les piqueries, ni contre la vente de drogues dans les cours d’école, ni contre la vitesse excessive dans les zones scolaires, ni contre la corruption dans l’attribution de leurs contrats, ni contre les nids-de-poule, ni contre les trottoirs dégueulasses, ni contre les amoncellement de déchets dans les ruelles.  Contre le gras trans!

Après, on viendra se plaindre du fédéral, qui met son nez dans la cour des provinces!

Dans l’article de Jean-Louis Fortin, on apprend que l’arrondissement CDN-NDG a présenté, ce mardi, sa « Politique en faveur de saines habitudes de vie », et espère inciter les autres arrondissements de la ville de Montréal de converger dans le même sens.  On peut également lire que les municipalités n’ont aucun pouvoir de bannir le gras trans des restaurants, puisqu’il s’agit d’un pouvoir qui reviendrait au gouvernement fédéral.  Par contre, toujours selon l’article, le conseiller de ville du district de Snowdon et leader d’Union Montréal au conseil municipal, Marvin Rotrand, promet que son administration accompagnera les restaurateurs en leur indiquant comment acheter des aliments santé sans voir leurs coûts de production exploser.  Comme si les restaurateurs ne pouvaient pas le faire eux-mêmes.

Cou’donc, il ne reste plus de nids-de-poule à remplir, dans CDN-NDG?

Les municipalités – et les arrondissements de Montréal en font partie – ont tant à faire dans les domaines qui sont de leur juridiction, et tant de retard à rattraper au niveau de leurs infrastructures, qu’elles n’ont rien à cirer dans la lutte au gras trans.  Si les restaurateurs veulent servir des repas remplis de gras trans, ou encore sans gras trans, ça les regarde, eux et personne d’autre!  Si le client trouve son repas trop gras, il va faire parler son porte-monnaie; il désertera ce restaurant, et ira ailleurs.  Et si le restaurant, devant une baisse de sa clientèle, persiste à servir le même menu, il fermera éventuellement ses portes.  La ville n’a pas « une cenne » à mettre là-dedans!

Si l’on permet aux municipalités de lutter contre le gras trans, dans le but de soi-disant favoriser de saines habitudes de vie, quelle sera la prochaine étape?  Interdire l’automobile, parce que ça pollue?  Proscrire les animaux domestiques, parce leur litière ne sent pas bon?  Déjà que les municipalités réglementent dans des domaines strictement privés, comme de savoir ce que vous pouvez mettre, ou ne pas mettre, au-dessus de votre piscine, il me semble que leurs budgets devraient servir à assurer des services aux citoyens, et non pas à les brimer dans leurs choix.

Corruption alléguée: Laissons travailler la police!

Nous le savons tous, maintenant; plusieurs intervenants ont demandé une commission d’enquête sur les allégations de corruption, dans l’industrie de la construction.  C’en est presque devenu une mode.  Même le président du syndicat des policiers de la SQ a demandé une telle commission; a-t-il si peu confiance dans les capacités d’enquête de ses propres membres?

L’actualité de cette semaine nous donne un exemple frappant que la police peut très bien arriver à des résultats concluants, à partir du moment où on laisse les limiers faire leur travail.  L’ancien maire d’Outremont, Stéphane Harbour, ainsi que deux complices, furent arrêtés, et sont maintenant accusés d’abus de confiance et de fraude, notamment.  En tout, ce sont 27 chefs d’accusation qui sont portés, dont 9 contre Harbour, dix contre l’ancien directeur de l’arrondissement, Yves Mailhot, et 13 contre l’adjoint de celui-ci, Jean-Claude Patenaude.  C’est à la suite de la requête d’une conseillère de la ville, le 19 octobre 2007,  que le SPVM avait entrepris une enquête, laquelle fut remise à la SQ, quelques jours plus tard.

Cette conseillère municipale, c’est nulle autre que Noushig Eloyan, qui était chef de l’opposition à la ville de Montréal, à l’époque.  Dans cet article, de LCN, elle dit qu’il ne faut pas avoir peur de dénoncer les irrégularités que l’on constate, dans l’administration gouvernementale.  Au sujet de cette affaire, elle dit avoir demandé de nombreuses explications, sur les irrégularités soulevées à l’hôtel de ville d’Outremont, et à chaque fois, elle s’être heurtée au mutisme du maire Gérald Tremblay.  Elle a donc refilé le tout aux policiers.  Je veux bien croire qu’ils y ont mis deux ans et demi, mais au moins, ce ne fut pas inutile.

Alors à tous ceux qui déchirent leur chemise, pour obtenir une commission d’enquête, sur l’industrie de la construction, je réponds « Laissez travailler l’escouade Marteau! »  Les résultats pourraient être surprenants.

Échangeur Turcot: Montréal veut nous faire tourner en rond!

Je lisais, hier, sur le site Canoë, un article de l’agence QMI, qui traitait des coûts d’entretien astronomiques de l’échangeur Turcot (A-15/A-20/A-720), dans le sud-ouest de Montréal.  On y disait que les seuls coûts d’inspection, pour l’année 2008-09, se sont élevés à 9,6 millions$, et que cette année, l’inspection et l’entretien de cette structure, qui prend de plus en plus des airs du Colisée de Rome, de par ce qui en tombe, devrait atteindre les 30 millions$.

Tout le monde sait que le MTQ doit remplacer l’échangeur Turcot, qui a d’ores et déjà dépassé sa durée de vie, et ce avant qu’une section ne tombe carrément au sol.  Le principal problème, c’est que l’on ne s’entend pas sur la solution à prendre, pour remplacer ce que l’on appelle désormais le complexe Turcot, qui comprend les échangeurs Turcot, LaVérendrye, Angrignon et Montréal-Ouest.  Le MTQ voulait reconstruire la plupart des bretelles au sol, sur des remblais, puisqu’il n’est désormais plus nécessaire de maintenir les quelque 30 mètres de dégagement au-dessus du canal Lachine, ce à quoi s’oppose les citoyens des quartiers traversés par ces infrastructures.  S’il est vrai que des remblais seraient beaucoup plus économiques à construire, et à entretenir, que d’énormes viaducs, ces remblais occuperont trois fois plus d’espace au sol, ce qui perturbera évidemment la vie des gens de la place.

À la lumière de ce que l’on apprend, dans l’article, c’est que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, aurait décidé de faire table rase, et de proposer un projet complètement nouveau au MTQ; malgré que les principaux paramètres du projet ne soient pas encore dévoilés, on dit qu’il s’agirait d’une structure de type “circulaire”, pour remplacer le spaghetti de béton actuel, qui correspond plutôt à un échangeur de type « directionnel ».  Or, les échangeurs de type circulaires que je connaisse, dans le grand Montréal, sont constamment bloqués, parce que inefficaces, compte tenu du volume de circulation qu’ils doivent supporter.  Parmi les exemples de structures de type circulaire, pensons à l’échangeur l’Acadie, sur l’autoroute Métropolitaine, fraîchement refait, et constamment bloqué, particulièrement sur ses voies de desserte.  Cet échangeur est aussi régulièrement inondé, mais ça, c’est une autre histoire.  Les échangeurs des boulevards Saint-Michel, Papineau, et Saint-Laurent, toujours sur la Métropolitaine, sont aussi des structures de type circulaire, comme l’est également l’échangeur Côte-de-Liesse, un autre endroit constamment bloqué, sous la Métropolitaine.

La base de la structure circulaire demeure le carrefour giratoire, communément appelé rond-point.  Le problème, avec le rond-point, c’est qu’il est incompatible avec des voies rapides, puisqu’un rond-point est tout, sauf rapide.  Donc, avec sa brillance habituelle, le maire de Montréal nous fait la démonstration de son attitude anti-automobile reconnue, surtout qu’il a nommé, au sein du conseil exécutif, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, un autre anti-véhicules notoire.  En fait, ces deux lascars veulent tuer le projet actuel, alors que le MTQ travaille dessus depuis des mois, afin de le rendre le plus conforme possible aux recommandations du BAPE.

Bref, la ville de Montréal veut nous faire tourner en rond, dans tous les sens du terme.  Mais il faudra bien finir par faire comprendre à tous les intervenants, dans le dossier, que le jour où une section de l’échangeur Turcot tombera sur la tête de quelqu’un, il sera trop tard pour tergiverser.