Route 158 entre Saint-Esprit et Joliette: Avez-vous d’autres solutions?

En cette nuit de Noël, je furète sur le web, et je tombe sur un article qui traite de la députée de Joliette, Véronique Hivon, et de son année 2019, qui fut bien remplie, ainsi que de l’année 2020, qui s’annonce tout aussi occupée.  L’article se termine sur une liste de dossiers sur lesquels elle entend s’affairer, et la dernière phrase se lit comme suit; “Enfin, elle mettra de la pression sur l’aboutissement d’une annonce concernant la route 158.

La route 158, particulièrement entre Saint-Esprit et Joliette, j’en parle depuis des années. Originellement une section de l’autoroute 50, son parcours fut le site de nombreux accidents, trop souvent mortels, tant et si bien qu’elle fait partie des routes les plus meurtrières au Québec.  Une autre de ces routes, la 185, entre Rivière-du-Loup et la frontière du Nouveau-Brunswick, fait l’objet d’attentions particulières depuis plusieurs années, et la fin de sa transformation en l’autoroute Claude-Béchard (A-85), prévue pour 2025, permettra enfin aux usagers de cette route de respirer plus d’aise.  Évidemment, on pourra toujours critiquer le fait que le secteur du fameux kilomètre 54 sera corrigé vers la fin du projet, plutôt qu’au début, mais au moins, la correction viendra.

Pour revenir à la route 158, sachons que les terrains nécessaires à sa transformation en autoroute, à part entre le chemin de la Grande Ligne, à Saint-Alexis-de-Montcalm, et l’échangeur A-25/A-50 à venir, là où se situe l’actuelle courbe juste avant l’intersection des routes 125 et 158, appartiennent déjà au MTQ.  Ce n’est donc pas l’acquisition de terrains qui devrait retarder l’avancement d’un tel projet.  De plus, comme je l’ai déjà indiqué dans plusieurs billets, le volume de circulation appelle à la construction d’une autoroute à chaussées séparées depuis fort longtemps.  Ce n’est pas avec des rond-points que l’on va régler ce problème.

Je souhaite donc à la députée de Joliette de trouver son chemin de Damas, et de pouvoir annoncer un grand chantier, pour la route 158, semblable à celui qui transforme actuellement la route 185 en autoroute 85.  Madame Hivon pourrait trouver son inspiration du côté du regretté Claude Béchard, député libéral de Kamouraska-Témiscouata qui est parti beaucoup trop vite, emporté par le cancer, et qui, entre autres grâce à ce projet, a pu… mourir dans la dignité.  Aussi, faire de la route 158 un nouveau tronçon de l’autoroute 50 serait sûrement une réalisation honorable.  Et en vérité,… c’est là qu’on est rendus!

Numérotation des routes: Le système du MTQ comprend des failles

Comme les maniaques de routes le savons tous, le Québec possède, contrairement à presque toutes les autres juridictions en Amérique du Nord, un système de numérotation des routes qui tient compte de l’orientation générale d’une route donnée, ainsi que de sa situation géographique, sur le territoire québécois, entre autres, système géré par le ministère des transports du Québec (MTQ).

Ce système, dans son application sur le terrain, comprend toutefois de nombreuses failles.  Notons entre autres le duo route 185/autoroute 85, entre Rivière-du-Loup et la frontière du Nouveau-Brunswick qui, dans les faits, est beaucoup plus est-ouest que nord-sud.  Pour preuve, la route 2 du Nouveau-Brunswick, à laquelle l’A-85 se raccorde, est une autoroute est-ouest.  Il y a aussi le fameux cas de l’autoroute 10, dont une section, au nord de Sherbrooke, est devenue l’autoroute 610 par la volonté d’un ingénieur qui trouvait que le numéro formait une belle paire avec l’A-410, au sud.

Le cas dont je veux vous parler aujourd’hui est celui de la boucle de la route 132, en Gaspésie.  À ma connaissance, je ne crois pas qu’il y ait de route nationale, ou d’autoroute, ailleurs dans le monde, qui fasse l’objet d’une boucle d’une telle longueur.  On voit, plus souvent qu’autrement, deux routes distinctes qui se rejoignent pour créer une boucle, comme par exemple, les autoroutes 101, qui parcourt la vallée de l’Annapolis, et 103, qui longe la rive sud, le long de l’océan Atlantique, et qui ensemble, créent une boucle qui ceinture la péninsule du sud-ouest de la province de la Nouvelle-Écosse.  En fait, chacune de ces deux routes s’étend de l’autoroute 102, qui contourne la ville d’Halifax, jusqu’à la ville de Yarmouth, située à quelque 300 kilomètres au sud-ouest.

Je crois que le MTQ devrait déterminer un point de rencontre (je suggère le village de Percé, puisque c’est de là que l’on indique “route 132 ouest” dans les deux directions), et renuméroter la partie qui passe au sud de la péninsule, disons route 128, tiens.  Comme l’on demande à toutes les régions touristiques d’avoir au moins trois routes thématiques, indiquées par des panneaux bleus, la boucle de la péninsule pourrait devenir “La boucle de la Gaspésie”, ou “Le tour de la Gaspésie”, tout simplement.  Cela éviterait de voir une signalisation indiquant que l’on peut continuer sur la route 132 est en prenant n’importe laquelle des deux directions.

Rapport Payette: Le monsieur n’est pas content de la réaction des radios

Il y a quelques semaines, sortait un rapport de Dominique Payette, commandé par Pauline Marois, suite à sa défaite de l’an dernier, rapport d’une étude sur les médias de la vieille capitale.  Je n’ai pas lu le rapport Payette dans son intégralité (mea culpa), mais comme un peu tout le monde, j’ai saisi certains passages qui furent publiés dans les médias.  Et à lire ceux-ci, tout porte à croire que madame Payette n’y va pas avec le dos de la main morte, comme dirait l’autre; cet article du site web du quotidien Le Soleil nous dit d’ailleurs que selon madame Payette, “Il y a un régime de peur dans la région de Québec”.

Les réactions furent nombreuses, et rapides; entre autres, l’Université Laval, où oeuvre madame Payette, s’est rapidement dissociée du rapport de sa professeure.  Et au travers de tous les avis négatifs lus et entendus au sujet de ce rapport, il y a eu quelques commentaires positifs, comme celui de Jean-François Vallée, de Saint-Philippe-de-Néri, qui fut publié ce matin sur le site web de La Presse.  Pour info, Saint-Philippe-de-Néri se trouve, à vol d’oiseau, à environ 125 kilomètres de Québec, et que dans le cadre de mon travail, quand je passe sur l’autoroute 20, à la hauteur de la sortie 456, il y a déjà belle lurette que je ne capte plus les radios de Québec, ce qui me porte à croire que ce gentil commentateur se fie sur de vieilles opinions (il dit avoir vécu dans le grand Québec pendant 38 ans), ou sur des préjugés.  À sa défense, au sujet des idées véhiculées par les gens de Québec, il nomme le fait de faire la file au Centre Vidéotron, ce qui indique peut-être que son déménagement dans le Bas-du-Fleuve est somme toute très récent.  À moins qu’il se tape quotidiennement l’écoute de ces stations de radio sur leurs sites internet respectifs, ou encore qu’il fasse l’aller-retour quotidiennement entre son domicile et la vieille capitale.

Quoi qu’il en soit, les habitués du Blogue me voient déjà venir!  Eh oui, je reproduis ici le commentaire de monsieur Vallée, tel que publié dans La Presse, et je répondrai entre les lignes (entre les paragraphes, en fait) en mettant mes propres commentaires, en réaction à ceux de monsieur Vallée.  Comme celui-ci me semble un souverainiste fini, je mettrai donc son texte en bleu, et je répondrai avec la couleur habituelle.  Allons-y!

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Madame Payette frappe dans le mille

Jean-François Vallée
Saint-Philippe-de-Néri, Québec

Madame Payette, les constats que vous dressez sur le contenu des émissions des radios de Québec touchent leur cible. Les réactions des principaux concernés les démasquent une fois de plus : elles sont dignes de voyous de ruelles rompus à l’intimidation. Ils attaquent en bande : « Allez, crient-ils, toute la gang ensemble, on lui pète la gueule ! » Une belle unité stalinienne lie les Fillion, Maurais, Dupont, Napoli, Bouchard, Ségal et Landry, qui n’ont même pas lu votre étude.

Premièrement, comment peut-il affirmer que tous ceux qu’il nomme n’ont effectivement pas lu le rapport?  Ils lui ont dit personnellement?  S’il s’accorde le droit de défendre ses couleurs, pourquoi les animateurs visés ne pourraient-ils pas défendre les leurs?  C’est là une simple manifestation de la liberté d’expression, comme d’ailleurs celles de l’Université Laval, du maire de Québec, d’Agnès Maltais, et aussi… de PKP, qui est lui-même régulièrement invité à au moins l’une de ces radios.

Le pire est que vos propos sont modérés. Le portrait s’avère en réalité encore plus sombre.

Ça, je ne pourrais dire, n’ayant pas lu le rapport moi-même.  J’accorde donc à monsieur Vallée le bénéfice du doute.

La vérité, c’est que les radios de droite à Québec enveniment vraiment le climat social de Québec. J’y ai vécu 38 ans, assez pour constater que les boycotter est inutile : leur fiel s’immisce dans tous les endroits publics, colore toutes les conversations. Il suffit d’écouter les passagers de l’autobus ou la station syntonisée par le chauffeur, de magasiner à Place Laurier ou de faire la file au Centre Vidéotron pour reconnaître les raisonnements spécieux et fallacieux entendus à la radio et recrachés tels quels, sans filtre. Petit à petit, l’incivilité, l’anti-féminisme, l’homophobie et le climato-scepticisme s’immiscent dans les esprits et teintent les propos.

Réglons une chose tout de suite, si vous le voulez bien; qui est ce monsieur Jean-François Vallée pour prétendre détenir ce qu’il appelle “la vérité”?  Ce qu’il raconte ici, et tout au long de son texte dopinion, n’est que sa propre interprétation de la situation.  Ensuite, pour prétendre que “les raisonnements spécieux et fallacieux entendus à la radio” soient effectivement “recrachés tel quels, sans filtre”, il faut bien entendu avoir écouté “les radios de droite à Québec” soi-même, ce que monsieur Vallée ne nous prouve en aucune façon.  Finalement, si l’incivilité, l’anti-féminisme, et l’homophobie sont des idées dont les frontières sont habituellement bien définies, j’aimerais bien savoir ce que le climato-scepticisme vient faire là-dedans, et ce pour la simple et bonne raison que les théories sur les changements climatiques ne sont encore que des théories, et que rien n’a été prouvé hors de tout doute raisonnable.  Comme on le dit souvent, si c’était vrai, ça se saurait!

La vérité, c’est qu’il n’existe aucun contre-discours crédible sur les ondes de Québec : les droitistes forment un troupeau uni qui monopolise les micros.

Il n’en tient qu’à monsieur Vallée de créer ce contre-discours!  Il n’a qu’à faire comme les autres, c’est à dire demander une licence, et ouvrir une station de radio qui émettra sa propre opinion.

La vérité, c’est qu’aucun indépendantiste ou « gauchiste » n’a passé le test d’embauche dans ces trois radios depuis des décennies, alors qu’au moins 50 % des gens de Québec partagent ces idées. Sylvain Bouchard peut donc dormir tranquille, il ne perdra jamais sa job.

Heureux d’apprendre “qu’au moins 50% des gens de Québec partagent ces idées” indépendantistes ou gauchistes; c’est probablement pour cela que la région de Québec est la seule au Canada où les conservateurs ont fait des gains appréciables lors des élections fédérales du 19 octobre dernier, et que le Bloc québécois, comme le Nouveau parti démocratique (NPD), d’ailleurs, n’y ont fait élire personne!

La vérité, c’est qu’à Québec, les clones d’Elvis Gratton ont pris le contrôle du crachoir et envoient paître systématiquement tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Encore une fois, si monsieur Vallée veut prendre “le contrôle du crachoir”, il sait quoi faire!

La vérité, c’est que ces animateurs sont les émules et les descendants de grand-papa André Arthur, qui a patiemment semé son style empoisonné non seulement à Québec, mais aussi à Saguenay (Myriam Ségal), Montmagny et Rivière-du-Loup (Daniel Saint-Pierre), où il tient chronique.

Il reste que les auditeurs, qu’ils soient à Québec, à Saguenay, à Montmagny, à Rivière-du-Loup ou ailleurs, ont le libre arbitre; s’ils ne sont pas contents de ce qu’ils entendent, ils peuvent toujours changer de station, s’abonner à la radio satellite, écouter des disques compacts, bref, les options sont nombreuses!

La vérité, c’est que ces animateurs connaissent très bien le poids des mots et les font servir à leurs fins. Connotés négativement : « syndiqué », « séparatiste », « péquiste », « québécois », « francophone », « gauchiste », « intellectuel » et « environnementaliste ». Leurs préférés : « environnementeur » ou « enverdeur ».

J’ai lu certains textes écrits par des personnalités connues pour leur côté vert, et j’ai moi-même ajouté à mon vocabulaire les mots “environnementeur” et “enverdeur”, tellement leurs propos étaient souvent tirés par les cheveux!  Encore une fois, on sent que l’auteur de ce texte associe l’environnement à la gauche, ce qui est loin d’être absolu!

Connotés positivement : « travailleur non syndiqué », « fédéraliste », « libéral », « canadien », « anglophone », « conservateur », « militaire », « caquiste » et « pétrole ».

De la façon dont je lis cette phrase, et la précédente aussi, il semble que monsieur Vallée connote lui aussi ces mots, mais de façon diamétralement opposée.  C’est son choix, si tel est le cas.

La vérité, c’est que ces radios sont, sur le plan politique, le bras médiatique des partis fédéralistes de droite. En 2014, c’était le Parti libéral du Québec. En 2015, le Parti conservateur du Canada. Leurs idées sont louangées et leurs élus acclamés, jouissant du privilège d’entrevues mielleuses, complaisantes.

D’abord, il est aussi vrai de dire que le Parti libéral du Québec est de droite que de dire que le drapeau du Québec est noir, avec des flammes orange!  Ensuite, il faut savoir que dans les médias, ça se passe comme ça; les propriétaires (ou les syndicats, dans le cas de Radio-Canada) ont une opinion, et la poussent.  S’il y avait une radio dont le propriétaire est un péquiste fini, à Québec, il est très probable qu’Agnès Maltais – qui se dissocie elle aussi du rapport Payette – y tiendrait une chronique hebdomadaire, à défaut d’être quotidienne.  Pour information, mentionnons que PKP est régulièrement invité en entrevue à la radio québécoise dite de droite.

La vérité, c’est qu’il ne s’agit pas de radios d’opinions, mais de radios à une seule opinion, mur à mur.

Les radios d’opinions sont là pour être mises au défi; il n’en tient qu’à monsieur Vallée, ou à quiconque, de défier les animateurs, que ce soit au téléphone, ou sur la page Facebook de la station.  Là encore, les options sont nombreuses.

En fait, ils logent à l’enseigne des libertariens. Mais ça, ils ne l’avoueront jamais.

Là-dessus, je dirai que pour sa part, monsieur Vallée n’avouera jamais qu’il n’a aucune idée de ce qu’est réellement un libertarien.  Je ferai donc oeuvre de pédagogie, en espérant qu’il lise ceci.  Un libertarien, en une phrase, est un type qui frustre à la fois les conservateurs et les libéraux, en se déclarant en faveur de la libre circulation des armes à feu, afin de permettre aux couples gais de défendre leurs plants de marijuana!  Pour aller un peu plus profondément, je recommande ce billet, que j’ai écrit il y a de cela plus de 5 ans, et qui aide à bien situer sa position politique.  Le petit quiz qu’on y trouve n’a pas la prétention d’être parfait, loin de là, mais il permet de se faire une idée rapidement.

La vérité, enfin, c’est que ces radios sont si anglomanes et francophobes qu’on jurerait qu’elles se sentent investies de la mission de formater les Québécois en vue de leur assimilation dans l’Amérique anglophone. Tout ce qui est québécois leur est étranger, leur pue au nez. Ils dénigrent, voire haïssent tout ce qui se crée en français. À l’opposé, leur esprit critique disparaît devant tout ce qui vient de l’Amérique anglophone, dont ils embrassent et étreignent la culture.

Il y a une différence entre “formater les Québécois en vue de leur assimilation dans l’Amérique anglophone” et s’ouvrir à autre chose que l’exclusivement québécois 100% pure laine vierge!  L’attitude du gouvernement du Québec, depuis les années péquistes de René Lévesque, est de tenter d’assimiler les anglophones, ce qui n’est pas mieux, avouons-le!  Je crois sincèrement qu’il y a de la place pour la culture anglophone, que l’on peut écouter de la musique en anglais, par exemple, et ce sans pour autant renier notre langue et notre culture propres.  Aussi, le fait d’inonder le Québec de produits culturels 100% francophones n’ajoute pas de qualité à la production de cette culture.  On se retrouve ainsi coupés du monde extérieur, dans un bouillon de médiocrité, duquel sort parfois un produit d’exception qui sera malheureusement ignoré, parce que trop dilué.

Bref, pour renchérir sur le propos de Madame Payette, les animateurs de ces radios sont profondément aliénés, et irrémédiablement colonisés.

Ceci ne représente qu’une opinion personnelle, face à laquelle je laisse les personnes visées se défendre elles-mêmes.

Et même ceux qui voudraient les ignorer doivent subir quotidiennement cet affligeant spectacle.

Idem ici.  Comme je le disais plus tôt, de nombreuses options s’offrent à ceux et celles qui ne veulent pas entendre ce discours.

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Médias: Tombe-t-on trop rapidement dans le jugement téméraire?

Cela fera deux semaines demain, un individu de Saint-Alexis-des-Monts, Robert St-Jacques, trouvait la mort quand sa minifourgonnette a quitté la route pour se retrouver dans les eaux de la rivière du Loup, quelque part entre les kilomètres 18 et 19 du rang des Pins-Rouges, à Saint-Alexis-des-Monts.  Quoique les circonstances de l’accident soient toujours inconnues, Claudia Berthiaume, du Journal de Québec, n’a pas manqué l’opportunité de noircir la mémoire de monsieur St-Jacques, tel qu’on peut le lire dans l’article qu’elle a signé, et qui fut publié le 3 mai dernier sur le site web du Journal, et le lendemain dans les pages de son édition papier.

Je connaissais cet homme depuis quelques semaines à peine; il était un collègue, là où je venais de débuter un travail à temps plein.  Il était un membre de mon équipe, en fait.  Comme je le connaissais depuis peu de temps, je ne vais pas me lancer dans une défense tous azimuts de ce type.  Mais le peu que j’ai connu de lui me pousse à dire que la journaliste – dont l’équipe a passé deux jours dans les environs, à interroger tout-un-chacun – a voulu tout simplement mettre une image sur un problème qu’elle voulait aborder, même s’il fallait, pour cela, détruire la réputation d’un individu qui ne peut malheureusement plus se défendre.

Oui, c’est vrai, Robert St-Jacques aimait bien consommer de l’alcool, et ne s’en cachait pas.  Par contre, malgré que nous partagions « la bière du vendredi », après le travail, je ne l’ai jamais vu prendre la route en état d’ébriété.  Oui, c’est vrai, il y avait des canettes de bière dans son véhicule, après l’accident, selon l’article.  Mais vous, quand vous avez consommé de l’alcool, à la maison, vous retournez vos contenants vides par la poste, je suppose?

Sauter sur un cas comme celui de Robert St-Jacques pour illustrer le phénomène de l’alcool au volant demeure toutefois un peu trop facile, selon moi.  Si l’on se fie au tableau, qui accompagne l’article, il était un habitué des tribunaux; je veux bien le croire.  Mais malgré toutes ces infractions, combien de personnes a-t-il tué?  Aucune!  Zéro, pis une barre!  Selon l’article, à tout le moins, il n’a tué personne!  La journaliste fournit un tableau qui montre toutes les infractions commises par ce type.  Or, en aucun endroit, on mentionne la quantité d’alcool que l’homme avait dans le sang; était-il près de la limite légale de 80 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang, ou dépassait-il cette limite par deux, ou trois fois?  On n’en sait que dalle!

Évidemment, même si je vous disais que Robert St-Jacques était un chic type, un boute-en-train qui parvenait à vous faire rire quand ça allait mal, un homme ouvert aux autres, très amical, et toujours prêt à vous donner un coup de main, tout ce que vous retiendrez, c’est qu’il était “un incorrigible récidiviste de l’alcool au volant”.  Parce que c’était ça, le titre de l’article de Claudia Berthiaume.  Celle-ci s’est servi d’un cas bien précis pour illustrer le problème de la conduite avec les facultés affaiblies.  Bien sûr, en prenant le cas d’un individu qui est mort, elle évite que celui-ci ne revienne contre elle pour atteinte à sa réputation.  Par contre, autant peut-on présumer, puisque l’on ne connaît pas encore les circonstances de l’accident qui a coûté la vie à Robert St-Jacques, il demeure impossible, jusqu’à maintenant, de relier formellement cet accident à l’alcool au volant.  Bref, selon la journaliste, le fait d’avoir déjà bu au volant fait automatiquement de Robert St-Jacques un coupable!  C’est carrément du jugement téméraire!  Indigne d’un vrai journaliste!

Accuser un individu de conduite sous l’influence de l’alcool juste parce qu’il avait des contenants de bière dans son véhicule, c’est la même chose que d’accuser un homme de viol juste parce qu’il a un pénis!

Tout cela pour dire que selon moi, Claudia Berthiaume a publié son article beaucoup trop rapidement, dans les circonstances.  Comprenez-moi bien; je n’approuve pas la conduite sous influence de l’alcool, de drogues, ou même de médicaments.  Toutefois, elle aurait démontré ses qualités journalistiques si elle avait pris le soin de confirmer si Robert St-Jacques était réellement en état d’ébriété au moment de l’accident, d’une part, et d’autre part, en ayant la confirmation des circonstances de l’accident; a-t-il quitté la route en voulant éviter un autre véhicule, ou un animal?  Personne ne le sait encore!

Et comme les quelques commentaires laissés par des internautes vont aussi dans le sens de l’article, je vous – je nous – pose la question; tombe-t-on trop rapidement dans le jugement téméraire?

La route 2 – (8) De Rivière-du-Loup à Saint-Louis-du-Ha!-Ha!

La dernière fois, nous faisions notre entrée à Rivière-du-Loup, là où la route de la Montagne devient la rue Fraser.

Tout juste après l’entrée, les lieux ont été réaménagés lors du passage de l’autoroute 20, puis encore plus récemment, puisque l’on retrouve un carrefour giratoire moderne.  Après le viaduc qui surplombe la 20, et le carrefour giratoire tout neuf, la route 132 actuelle devient le boulevard de l’Hôtel-de-Ville, alors que la rue Fraser, probablement l’ancienne route 2, se poursuit en prenant à gauche, 350 mètres après le carrefour giratoire.  Entre les bretelles de l’A-20 est et l’intersection, quelques maisons logent toujours le long de l’ancienne rue Fraser.  On parcourt ensuite environ 2,5 kilomètres sur la rue Fraser, puis la route 2 se continue à droite, sur la rue Lafontaine.  À 200 mètres de l’intersection de la rue Fraser, on croise la rue Beaubien (route 291 est) puis, à 250 mètres de là, la rue de l’Hôtel-de-ville (route 132, et route 291 ouest).  À partir de là, la rue Lafontaine prend un parcours sinueux, question de suivre, de plus ou moins loin, la rive ouest de la rivière du Loup.  Après 360 mètres, la rue Lafontaine devient à sens unique vers le sud, la circulation vers le nord empruntant la rue Amyot.  Je ne suis vraiment pas certain que c’était comme ça en 1950, mais bon!  À 140 mètres de la rue Amyot, la rue Lafontaine rejoint la rue Joly, dont elle prend l’axe.  La route 2 se poursuit en ligne presque droite sur environ 500 mètres avant de bifurquer à gauche, sur la rue Saint-Magloire, et rejoindre l’axe de la rue Amyot, 200 mètres plus loin, à la hauteur de la rue Saint-Elzéar.  À nouveau à double sens, la rue Saint-Magloire passe ensuite sous un pont ferroviaire, et longe la rivière sur un peu plus de 100 mètres, avant de la traverser via un pont que l’on emprunte suite à une courbe à 90 degrés.  Tout juste de l’autre côté du pont, on bifurque à nouveau, à droite, cette fois, sur la rue Témiscouata, qui longe la rivière du côté est.  Nous sommes dans le quartier Saint-Ludger.

Au bout d’un kilomètre, la rue Témiscouata s’éloigne de la rivière, et adopte, après quelques courbes légères, une ligne pratiquement droite, puis rejoint le tout nouveau boulevard Industriel (route 191), qui n’était définitivement pas là en 1950.  1,2 kilomètre plus loin, à la croisée de l’entrée d’une usine, et d’un chemin agricole, la rue Témiscouata devient le chemin Rivière-Verte.  Après deux autres kilomètres, on arrive au 1er Rang Ouest, puis au 1er Rang Est, les deux étant décalés d’environ 60 mètres.  À 1,1 kilomètres de là, on atteint la rue Principale de Rivière-Verte, et 600 mètres plus loin, c’est le 2e Rang Est.  On parcourt 100 mètres de plus, et on entre dans une courbe plutôt serrée, puis on retombe à nouveau en ligne droite, pour un bout, puis on tourne à nouveau, cette fois vers l’intersection de la route 185 actuelle.  La route 2 suivra l’actuelle route 185, à quelques exceptions près, à savoir quelques corrections de courbes, sur 11,3 kilomètres, puis s’en séparera pour emprunter un chemin qui s’appelle aujourd’hui tout simplement l’Ancienne route 2, et ce sur 2,4 kilomètres.  On tournera ensuite à droite, sur le chemin Taché Ouest, que l’on suivra sur un kilomètre et demi, avant de retourner à l’actuelle route 185.  Sur les photos de Google Earth, dont la résolution n’est pourtant pas la meilleure, on peut voir les anciennes courbes qui furent remplacées par des intersections à angle droit.

Après un autre 2,3 kilomètres sur l’actuelle route 185, la route 2 emprunte le chemin de Couturier, une route sinueuse, sur 3,5 kilomètres, puis prend à gauche sur la rue Principale Ouest, dans ce qui fut autrefois le village de Couturier, qui aujourd’hui n’est plus qu’un lieu-dit.  Après 6,6 kilomètres, le chemin devient la rue Principale du village de Saint-Honoré-de-Témiscouata.  760 mètres plus loin, nous sommes au coeur du village; à gauche, c’est la rue de la Gare, et à droite, la rue de l’Église (les deux forment la route 291).  Soit dit en passant, nous pouvons enfin cesser de respirer la poussière; la route 2, entre Rivière-du-Loup et Saint-Honoré était, selon ma carte de 1950, en gravier!  Puis à 1,6 kilomètres de là, à la hauteur de la route Perreault, la route 2 devient la rue Principale Est, sur 5,1 kilomètres, avant de rejoindre à nouveau l’actuelle route 185.  À 1,9 kilomètres de l’intersection, un réaménagement de la route 2 fait qu’une partie de son ancienne emprise est devenue une section du rang Vauban, puis 3,4 kilomètres plus loin, la route 2 se détache de l’actuelle route 185 pour suivre le chemin de la Savane.  Nous parcourons 2,3 kilomètres avant d’atteindre la rue Commerciale, dont la petite rue Tardif représente l’ancienne courbe.  Après 1,5 kilomètre, nous arrivons à la rue Raymond, qui correspond au coeur du village de Saint-Louis-du-Ha!-Ha!