Route 158: Intervention majeure requise

C’est après avoir lu un article sur la politique municipale à Montréal, sur le site web du quotidien La Presse, que je constate que celui-ci a publié une carte interactive des points chauds – les sites les plus accidentogènes – du réseau routier québécois, sur une période de six ans, soit de 2006 à 2011, inclusivement.  On retrouve également deux vidéos, et une série de textes, sur le sujet

Quoique loin d’être parfaite, puisqu’elle n’indique que les points ayant été le théâtre de trois accidents graves ou plus, et ne fait pas non plus la distinction entre les différents types d’accidents (entre les sorties de route et les collisions frontales, par exemple), cette carte donne quand même une bonne idée des routes dangereuses, puisqu’elle applique une couleur à la route selon son taux d’accident par kilomètre; les routes affichant un taux situé entre 0 et 0,15 accident par kilomètre sont en vert, celles entre 0,15 et 0,25 en jaune, ces deux catégories se trouvant sous la médiane.  On a ensuite les deux autres catégories se retrouvant au-dessus de la médiane, soit celles entre 0,26 et 0,46, tracées en orangé, et celles au-dessus de 0,46 accident par kilomètre, en rouge.  Comme il fallait s’y attendre, la route 158, qui s’étend de Lachute à Saint-Ignace-de-Loyola, en banlieue de Berthierville, fait partie des routes tracées en rouge.  Ses chiffres sont étonnants; de 2006 à 2011 inclusivement, elle a vu 127 accidents graves, impliquant 255 véhicules, le tout sur une longueur totale de 117,2 kilomètres, ce qui lui donne un taux de 1,1 accident par kilomètre.  Et le bilan donne froid dans le dos; 273 victimes, dont 51 morts et 129 blessés graves, le tout en seulement six ans.  C’est presque neuf morts par année!  Le comble, c’est que tous les points les plus chauds, sauf un, se situent sur ce qui fut un ancien tronçon de l’autoroute 50, soit entre Saint-Esprit et Joliette.  Les gens de ce secteur ont bien raison de l’appeler « la route de la mort »; pendant la même période, à lui seul, ce tronçon de 26 kilomètres a fait 13 morts, et 36 blessés graves!

Voyons voir où se situent ces points chauds.

– Intersection du chemin de la Petite Ligne, à Saint-Alexis-de-Montcalm; 3 accidents graves répertoriés, impliquant 5 véhicules, ayant fait 6 victimes, dont un mort et 5 blessés graves.

– Intersection de la bretelle du chemin Archambault, à Crabtree; 4 accidents graves, impliquant 9 véhicules, laissant 6 victimes, dont 4 blessés graves.

– Intersection du chemin Dumoulin, à Mirabel, seul point chaud situé hors du tronçon Saint-Esprit–Joliette; 5 accidents graves, impliquant 10 véhicules, laissant 14 victimes, dont 4 morts et 4 blessés graves.

– Intersection de la rue Saint-Pierre-Sud, à Joliette; 5 accidents graves, impliquant 10 véhicules, laissant 10 victimes, dont 9 blessés graves.

– Intersection du rang Saint-Jacques (route 341), à Saint-Jacques-de-Montcalm; 7 accidents graves, impliquant 16 véhicules, laissant 17 victimes, dont un mort et 6 blessés graves.

– Intersection du chemin des Continuations, toujours à Saint-Jacques-de-Montcalm; là aussi, 7 accidents graves, impliquant cette fois 22 véhicules, ayant fait 23 victimes, dont 7 morts et 5 blessés graves.

– Intersection du boulevard de l’Industrie (route 343), à Joliette; 9 accidents graves, impliquant 19 véhicules, laissant 16 victimes, dont 4 morts et 6 blessés graves.

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit des points où se sont produits 3 accidents graves ou plus, et ce sur une période de six ans, soit de 2006 à 2011 inclusivement.  On n’y fait pas mention d’autres points chauds, comme par exemple l’intersection du chemin du Rang Rivière-Bayonne-Sud (route 345), à Sainte-Geneviève-de-Berthier, qui a vu deux accidents graves, dont un impliquant une fourgonnette et un autobus scolaire, et qui a tué cinq des occupants de la fourgonnette.  L’intersection fut finalement remplacée par un carrefour giratoire en 2013.

Peut-être que le Ministère des transports du Québec (MTQ) a des statistiques plus fraîches, mais surtout plus complètes, sur la dangerosité du réseau routier québécois.  Par contre, je crois que l’on s’entend pour dire que la route 158 doit définitivement être améliorée, et que la section située entre Saint-Esprit et Joliette devrait redevenir un tronçon de l’autoroute 50, mais devrait surtout être doublée, et dotée d’échangeurs étagés.  51 morts et 129 blessés graves, en seulement six ans, c’est beaucoup trop!

A-50: Un accident, encore un autre!

Vous savez pourquoi il y a un lien entre “autoroute 50” et “accident”?

Simple; parce que la plus longue part de cette autoroute est construite, comme on dit dans le jargon, en “super-2”!

Vous allez me demander (enfin, ceux qui le savent pas encore) qu’est-ce que ça mange en hiver, une route en super-2, ce à quoi je vous répondrai “de la neige, et pis du sel,…et beaucoup de véhicules”.  Sérieux, ce qu’on appelle une route en super-2, c’est une route qui est (ou qui a déjà été) considérée comme une autoroute, selon la définition qu’en fait le Ministère des transports du Québec (MTQ), qui porte (ou qui a porté) un numéro et une signalisation d’autoroute, mais qui est construite sur une seule chaussée, et comporte deux voies, sur lesquelles les véhicules se rencontrent.

Évidemment, quand la chaussée est construite comme celle d’une autoroute, on est tentés de rouler comme sur une autoroute, pas tant dans la vitesse, puisque la différence entre la limite de vitesse d’une route provinciale, et celle d’une autoroute, n’est que de 10 kilomètres à l’heure, mais dans le comportement des conducteurs.  On est moins souciants du danger que représente le fait de se rencontrer sur une seule chaussée, on est moins attentifs à ce qui se passe autour de nous, et on fait parfois des manoeuvres que l’on ne ferait pas sur une petite route de campagne.

C’est ce qui s’est probablement produit sur l’autoroute 50, vers 21h30 ce soir (31 août), lorsqu’un automobiliste a fait une manoeuvre de demi-tour, à la hauteur de Lachute.  Mais un autre véhicule venait en sens inverse, et a été incapable d’éviter l’impact de son véhicule avec celui qui faisait un “U-Turn”.  Résultat; quatre blessés, dont un grave, selon ce que rapporte cet entrefilet, sur le site web de TVA Nouvelles.

Cet accident est loin d’être un cas isolé!  L’autoroute 50 est devenue une véritable “route de la mort”, surtout sur le tronçon Lachute-Mirabel, et sa réputation ne semble pas en voie de s’éteindre.  Pourtant, si l’on voit des députés soutenir des pétitions sur le site web de l’Assemblée nationale pour toutes sortes de causes, des plus sérieuses aux plus loufoques, on n’en voit aucune pour forcer le gouvernement à compléter l’A-50 avec une deuxième chaussée, à tout le moins ce tronçon de plus en plus utilisé.

En fait, ce qu’il faudrait, ce n’est pas une pétition, mais une mise en demeure!

Lac-Mégantic: Quelle sera la suite des choses?

Il y a maintenant presque deux semaines, la petite ville de Lac-Mégantic était secouée par une catastrophe sans précédent qui, au moment d’écrire ces lignes, avait fait officiellement 38 morts, en plus d’une douzaine de disparus, dont on fonde à peu près aucun espoir de retrouver vivants.

Pendant que l’on recherche toujours des dépouilles dans les décombres du centre-ville, il faut aussi penser à la suite des choses.  Parce que même si le temps s’est arrêté pour les familles des victimes, le monde, lui, poursuit son petit bonhomme de chemin, et la Terre continue de tourner.  Si, pour plusieurs, il faut laisser le temps aux gens de Lac-Mégantic de se refaire un moral, pour d’autres, il faut quand même, malgré la douleur, et les déchirements inhérents à une telle tragédie, penser à la suite des choses.  Pour un, s’il a offert ses plus sincères sympathies à la communauté de Lac-Mégantic, et déclaré qu’une telle chose “n’aurait jamais dû arriver”, l’ombudsman des échanges avec le Canada au bureau du gouverneur de l’état du Maine, Daniel Deveau, a aussi parlé de l’urgence de trouver une solution pour faire circuler à nouveau les trains entre le Québec et le Maine.  Selon ce que rapporte David Santerre, à la fin de cet article, dans La Presse, monsieur Deveau aurait mentionné que “Ça ne circule pas présentement. Notre économie repose sur la foresterie et le transport par train, et cet accident paralyse beaucoup de choses. Je ne connais pas le futur de MMA, mais il faut que le train marche.

Peut-être que la solution pourrait s’arranger en deux temps.  Voici comment:

Lac-Megantic2

Vous pouvez cliquer sur l’image pour la voir en plus grande dimension; elle s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre.  Le carré violet, au milieu de l’image, désigne la zone où a eu lieu l’accident.  Comme il est clair que les rails (tous en noir, sur l’image satellite de Google Earth), dans cette zone, sont désormais inutilisables, et que les gens de Lac-Mégantic ne sont pas vraiment intéressés de revoir des trains à deux pas de chez eux, il faudrait contourner le centre-ville avec une nouvelle voie ferrée, comme ce fut fait pour le transport routier lourd, avec la construction du nouveau boulevard Jean-Marie-Tardif, qui contourne la ville par le nord, et l’est.  Dans un premier temps, on pourrait aménager une voie entre le passage à niveau du point identifié Laval-Nord, sur le boulevard Jean-Marie-Tardif, et la bretelle de desserte de l’usine Tafisa, voie qui correspondrait à la ligne rouge, sur l’image.  Une telle voie, d’un peu plus de 4 kilomètres de longueur, permettrait de raccorder le lien entre Montréal et l’état du Maine, à condition bien sûr que la jonction entre la voie de desserte de Tafisa et la ligne de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) en direction du Maine soit toujours utilisable, ce à quoi il faudra aussi remédier dans le cas contraire. La réalisation de ce nouveau tronçon répondrait sûrement au souhait de monsieur Deveau, soit la reprise rapide du transport par rails dans son coin de pays.

Dans un deuxième temps, on pourrait compléter le contournement du centre-ville de Lac-Mégantic avec une autre nouvelle voie, cette fois en bleu sur l’image, qui débuterait près de la jonction de la voie de desserte de Tafisa et de l’ancienne voie de la Quebec Central, désormais abandonnée (mais toujours présente sur l’image), traverserait la rivière Chaudière grâce à un tout nouveau pont, et rejoindrait la voie actuelle de la MMA à l’ouest du point identifié Ditchfield, au sud du village de Frontenac.  Cette voie, d’une longueur d’environ 6 à 7 kilomètres, et qui coûtera beaucoup plus cher, entre autres à cause du pont de la rivière Chaudière, permettrait de finalement reléguer le passage des trains au centre-ville de Lac-Mégantic à l’histoire, permettant du même coup le démantèlement des voies actuelles du secteur Nord, du centre-ville, et du secteur Fatima, incluant le pont actuel de la rivière Chaudière, et le viaduc de la rue Salaberry (route 204).

Évidemment, tout cela ne se fera pas gratuitement!  Il faudra trouver les fonds nécessaires, et tout porte à croire que ce n’est pas la MMA qui réalisera cet investissement, puisque plusieurs, dont votre humble serviteur, craignent que la compagnie déclare faillite.  Il faudra donc réunir tous les intervenants (gouvernements du Québec, du Maine, de la ville de Lac-Mégantic, propriétaires actuels et/ou futurs du chemin de fer, etc.)  et faire en sorte, comment dire, de remettre le train sur les rails.  Dans tous les sens du terme.  Et sans jeu de mots.

Je vois le montage financier comme suit; le gouvernement du Maine, dont l’économie dépend directement de ce chemin de fer, devra investir un bon pourcentage, tout comme le gouvernement du Québec.  Le gouvernement fédéral du Canada, qui a déclaré à plusieurs reprises qu’il est prêt à aider, devra aussi délier les cordons de sa bourse.  Il suffit maintenant de créer un protocole d’entente qui définira les parts de chacun.  Le propriétaire du chemin de fer, que ce soit la MMA, ou un éventuel acheteur, disposera d’un certain nombre d’années pour rembourser les gouvernements, en proportion de leurs investissements respectifs, afin de devenir éventuellement propriétaire des nouvelles sections.

A-50: Les automobilistes devront patienter!

Avec le printemps arrive aussi le menu des travaux routiers du Ministère des transports du Québec (MTQ).  Cette année, changement de parti au pouvoir oblige, on a fait le travail de façon un peu plus paresseuse; on a fait le menu pour deux années, au lieu d’une seule.  Probablement pour pouvoir passer quelques contrats en douce, loin des yeux observateurs, ou encore pour pouvoir dire, à propos de certains chantiers tardifs, qu’ils étaient sur le menu.  De toute façon, on estime qu’il y a environ 20% des tâches de cette liste annuelle qui n’est pas effectuée, et ce pour toutes sortes de raisons (soumissions trop hautes, révision des normes, etc.).  Vous verrez apparaître ici les listes régionales, au fur et à mesure de leur sortie.

À remarquer aussi que la somme annoncée paraît imposante, à 5,6 milliards$, mais si l’on répartit cette somme sur deux ans, cela ne donne que 2,8 milliards$ par année, soit une baisse significative des investissements dans les infrastructures routières.  On se souviendra que l’état lamentable de nos infrastructures est notamment dû à des coupes dans les investissements.  Manifestement, le gouvernement actuel n’a pas encore appris des erreurs du passé.  Mais ça, c’est une autre histoire.

Ce qui ne change pas, par contre, c’est la façon de faire; on fait une conférence de presse, avec tout le gratin habituel, puis on sort les vraies listes, par région, dans les jours, et les semaines suivantes, alors que tout le monde est passé à autre chose.  Et parmi les listes régionales, il y a celle des Laurentides, région traversée par l’autoroute 50, construite surtout en “super-2”, et qui fait son lot de victimes à chaque année.  J’ai déjà mentionné, dans ce blogue, que le premier tronçon de super-2 à doubler au plus vite était celui entre l’aéroport Montréal-Mirabel et la ville de Lachute.  Or, celui-ci, selon la liste régionale des Laurentides, ne verra apparaître qu’une couche d’asphalte, entre le kilomètre 269,5 et le chemin Saint-Simon.  Il est clair que la part du budget libérée suite à la fin de certains travaux importants (les A-30 et A-50 sont maintenant terminées, et ouvertes à la circulation) ne sera pas investie dans le doublement d’une autoroute qui en aurait bien besoin.  D’autant plus que le Débit journalier moyen annuel (DJMA) de cette section de l’A-50 le justifie amplement.

Alors accrochez-vous, automobilistes des Basses-Laurentides, et autres utilisateurs de l’A-50; vous ne profiterez pas d’une vraie autoroute avant plusieurs années!  Continuez de retenir votre souffle… et de compter les morts!

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Pendant que nous y sommes, avez-vous remarqué que depuis quelques années, on installe une croix sur le site d’un accident mortel?  Celles-ci sont probablement installées par des proches de victimes d’accidents de la route.  Aussi, compte tenu du nombre croissant de ces croix, que l’on trouve aussi le long de l’autoroute 50, et particulièrement entre MIrabel et Lachute, si j’avais beaucoup de fric, je ferais installer des panneaux de ce type, sur cette section de l’A-50, ainsi que le long de toutes les sections d’autoroutes en super-2, question de sensibiliser les automobilistes au sujet de l’inertie du gouvernement, mais aussi question de sensibiliser le gouvernement lui-même, afin de lui rappeler que son inertie coûte annuellement beaucoup de vies humaines.

Route 175: Nouvelles photos… page 5!

La dernière fois, on regardant, et on se racontait l’histoire, de l’Étape.  Nous allons poursuivre notre périple, toujours vers le sud, au fil des images gracieusement fournies par l’ami Jean Tremblay.

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Nous verrons ici plusieurs sujets; d’abord, un véhicule de Transports Québec bien placé pour retrancher une voie de circulation, puis une camionnette de la Sûreté du Québec, en assistance à un automobiliste victime d’une sortie de route.  À l’époque de la route à deux voies, sur une seule chaussée, un tel incident pouvait se terminer en un atroce accident si un autre véhicule, et particulier un camion lourd, venait en sens inverse.  Maintenant, une telle mésaventure se termine, plus souvent qu’autrement, par une blessure… à l’orgueil, et quelques bosselures minimes sur le véhicule.

Ensuite, on verra une zone à risque élevé de collision avec un cervidé, puis deux images où la forêt fut dévastée par… une tornade!  Selon ce que rapportait MétéoMédia, c’est que le 20 juillet 2011, vers 17h30, une tornade de force F1 a laissé toute une frousse à un automobiliste qui s’était pourtant arrêté sur l’accotement de la route 175, en direction sud, le temps que les vents se calment.  Le véhicule, un VUS Toyota FJ Cruiser, a été carrément soulevé par le vent, fut transporté dans les airs sur environ 80 mètres, et ce à une hauteur variant de 5 à 10 mètres, par moments, avant de s’écraser au sol, sur le toit,… sur l’accotement de la chaussée en direction nord!  On peut lire le récit de l’incident, et voir quelques images, dans ce billet, sur le site Patrouilleurs Médias Québec.

Nous verrons par la suite le début d’une zone clôturée de 35 kilomètres, dans le but de réduire l’incidence de collision avec la grande faune, à peu près à l’endroit où se trouve le second centre d’opération du MTQ, au kilomètre 110, avant de nous rendre compte que nous ne sommes plus qu’à 69 kilomètres de Québec.

Pour la suite des choses, faudra juste cliquer sur ce lien.