David Descôteaux met – encore! – le doigt sur le bobo!

J’aime bien les articles de David Descôteaux.  Ses textes, qui paraissent dans Le Journal de Montréal, ainsi que dans diverses éditions du quotidien gratuit 24 heures, parlent surtout d’économie, mais le font de façon claire; pas besoin d’être universitaire pour comprendre ses écrits.  J’apprécie sa façon de vulgariser les choses.

Dans son texte, publié dans le Journal de Montréal de ce jeudi, ainsi que sur le site ARGENT, texte intitulé “La soviétisation tranquille”, il met – encore une fois! – le doigt sur le bobo, cette fois dans le domaine de la santé.  Il commence par décrire son mercredi matin en ces termes;

5:30. Le cadran sonne. C’est mercredi, mais je ne travaille pas aujourd’hui. Je verse un café fumant dans ma tasse Tim Horton, enfile mon manteau, et sors démarrer l’auto. Je pars rejoindre mes camarades. Quand j’arrive dans le stationnement enneigé, ils sont déjà 30, en file. La boucane leur sort de la bouche quand ils parlent. Des gens comme moi. Peut-être que leur petit garçon aussi faisait de la fièvre depuis deux jours. Une fièvre, ça peut vous bousculer l’horaire de toute une semaine au Québec. On dit au boss qu’on ne rentre pas demain, on met le cadran, et on fait la file devant les portes de la clinique. Quelques heures. En espérant obtenir un rendez-vous avant la fin de la journée.

Des lambins sont arrivés à 7 h. Pour eux, pas de rendez-vous. Déjà plus de place. « Essayez-vous demain. » C’est ça. Arrivez plus tôt, enfilez vos mitaines, et lisez La Pravda en attendant que ça ouvre.

Remarquez qu’il ne met pas La Pravda dans le texte pour rien; il poursuit en sortant des points de comparaison entre le Québec d’aujourd’hui… et l’URSS communiste!  Eh oui, c’est pour cela qu’il parle de la soviétisation tranquille.  Notre système de santé ressemble à s’y méprendre au système soviétique des belles années de l’URSS; files d’attente interminables, pots-de-vin, amis dans le système.  Même chose pour les garderies à 7$, ainsi que pour d’autres secteurs sous contrôle gouvernemental.  Comme dans les régimes communistes et socialistes, comme au Venezuela, quand on se met en ligne devant des magasins d’alimentation aux tablettes déjà presque vides, à l’ouverture, et complètement vides après une heure ou deux.

Ce que raconte David Descôteaux, quand il va s’aligner, au grand froid, des heures avant l’ouverture de sa clinique, est le résultat du sacro-saint monopole syndicalo-étatique.  Le gouvernement prend le contrôle, dit qu’il va s’occuper de tout le monde, mais en peu de temps, il manque de ressources.  Alors pendant qu’il augmente taxes et tarifs, il coupe les services à la population.  On se retrouve avec des listes d’attente, et des gens qui y meurent, en attendant des chirurgies urgentes.

Aussi, face à cette situation, je reviens en répétant encore la même chose.  Il y a sûrement une façon de faire les choses autrement, et plusieurs groupes, plusieurs individus, en parlent.  Mais allez savoir pourquoi, personne n’ose former un parti politique.  Les gens, aux élections, ne votent pas pour les groupes de pression, aussi perspicaces soient-ils; ils votent pour des candidats, qui représentent chacun un parti politique.  Si l’on veut de vrais changements, la prochaine fois, on vote pour qui?

L’agression contre Kevin Parent: Une chicane de « gars chauds »!

J’ai trouvé la couverture médiatique de l’agression qu’a subie le chanteur Kevin Parent, à Québec, dans la nuit du 12 au 13 février dernier, tellement hallucinante.

Au début, on aurait dit qu’une bande de jaloux avaient osé s’en prendre à un pauvre enfant innocent, tellement les titres sur cette affaire fusaient de toutes parts, sur le web; même la sérieuse Radio-Canada faisait état d’une “attaque sauvage dirigée contre lui en pleine rue”.  On ne donnait pas un compte rendu d’heure en heure, de son état, que c’était bien juste.  Ensuite, conférence de presse, mardi de la semaine dernière, dans laquelle il dit ne pas comprendre pourquoi il a été tabassé de la sorte.  Il dit même, comme on peut le voir dans l’extrait vidéo de son point de presse que “(…) si j’avais cherché le trouble, je ne serais pas ici (…)”.  Il se souvient, par contre, et il n’a pas oublié de le mentionner, qu’il a été agressé par des anglophones.  Les autorités du Carnaval de Québec répliquent rapidement, pour dire que s’ils déplorent l’agression contre Kevin Parent, il faut bien se rendre compte qu’il s’agit d’un cas isolé, que les touristes anglophones ne passent pas leur temps à attaquer gratuitement les gens, et que Québec est une ville sûre, même pendant le Carnaval.

Or, v’là-t-y pas que Kevin Parent se pointe à “Tout le monde en parle”, ce dimanche.  Décidément, il a changé son fusil d’épaule; il s’excuse à quiconque se serait senti offusqué par ses propos, et lit même une déclaration écrite, dans laquelle il reconnaît qu’il s’agit bien d’un cas isolé, et qu’il a, comment dire,… un peu cherché le trouble!

C’est ce que l’on peut apprendre, à la lecture du compte rendu de la populaire émission de Guy A. Lepage, rédigé par Julie Rhéaume, pour le compte de Showbizz.net.  On y lit que parmi les raisons, qui expliquent probablement pourquoi Kevin Parent a changé son fusil d’épaule, le fait qu’une station de radio de Québec, entre autres, aurait dit que le chanteur gaspésien aurait lui-même “provoqué son malheur”, en quelque sorte.  On a aussi appris que le restaurant Ashton, de la Grande Allée, situé tout près de l’endroit où les événements se sont produits, aurait capté l’incident sur ses caméras de surveillance, et que les images seraient entre les mains de la police.

Il semblerait que les jeunes fêtards, qui avaient manifestement consommé, avaient fait un petit feu, sur le bord de la rue, et que Kevin Parent, qui n’était pas “à jeun”, lui non plus (à noter qu’il ne s’en est jamais caché), aurait brassé le petit feu en question.  Un tison se serait échappé, et aurait atterri sur la manche d’une fille, qui faisait partie du groupe.  L’un des amis de la fille aurait alors fait comprendre à Kevin, et ce sans lui dire un seul mot, que “c’était mieux qu’il se transforme en courant d’air”, selon l’article de Rhéaume.  C’est à ce moment-là que l’attaque aurait eu lieu.

Bref, tout un battage médiatique pour une chicane de gars chauds, que le chanteur a quelque peu provoqué lui-même.  Du coup, l’attaque devient un peu moins “sauvage”.  Mais d’aucuns diront que ce n’était pas de sa faute, puisqu’il était saoûl.  Un peu comme s’il avait conduit sa bagnole, et qu’il avait frappé quelqu’un, en quelque sorte.  Mon point de vue, c’est qu’il était “sur le party”, et qu’il s’est mis dans le trouble, comme il arrive souvent à des gens sur le party.  Mais comme on s’est rendu compte, à Vancouver, lors d’un spectacle, dans le cadre des Jeux olympiques d’hiver, qu’il a eu des répercussions physiques, son équipe de gestion – ou Kevin Parent lui-même – a décidé d’en faire “une affaire médiatique”, question que l’on parle du bonhomme sur la scène publique; un si bon petit garçon, gentil comme tout, qui fait des chansons, reçoit ses subventions, etc., et qui n’a jamais fait de mal à personne.  J’vous jure, un vrai petit Villanueva!  Un si bon garçon, donc, victime de violence gratuite, d’une agression sordide, en pleine rue, par une gang de “méchants anglais”!

De la bonne pub gratuite, quoi!

Et vous voyez, ç’a marché; même moi, j’en parle!

Maintenant que Éric Lapointe est devenu sobre, il faut bien un autre “saoûlon de service”, sur la scène artistique québécoise; Kevin Parent voudrait-il prendre ce rôle?

Jean-Marie De Koninck: Trop, c’est comme pas assez!

Nous avons tous entendu parler de l’accident, survenu sur la route 137, à Saint-Hyacinthe, dans la nuit de dimanche à lundi, qui impliquait quatre jeunes garçons, dont l’un a perdu la vie.  Ce matin, le Journal de Montréal, sous la plume de David Santerre, publie un article, repris par le site web Canoë, dans lequel le conducteur de la Honda Civic, âgé de 17 ans, aurait confié à un automobiliste, venu prêter main-forte à Rosaire Martin, ancien maire de Saint-Hyacinthe, et présent sur les lieux, avoir pris de l’alcool, un peu plus tôt, dans la soirée.

Est-ce par souci de transparence, pour l’enquête policière, ou encore dans le but de vendre de la copie, que le JdeM a tenu bon de mettre cet entrefilet dans ses pages?  Je veux bien croire que si le jeune a avoué avoir pris de la bière, ça pourrait aider les policiers, mais à ce que je sache, ceux-ci vont probablement demander eux-mêmes, au conducteur de la voiture, la quantité d’alcool qu’il a consommé, afin de voir si cela concorde avec les tests qu’ils auront sous la main, compte tenu que ceux-ci ont ordonné une prise d’échantillon sanguin.  À moins que ce soit l’ancien maire de Saint-Hyacinthe, qui voulait voir son nom sur les pages du Journal de Montréal.  Bref, on pourrait en discuter longuement.

Le bout qui me fait avoir une poussée d’urticaire, dans cette histoire, c’est que le JdeM soit allé chercher l’avis de Jean-Marie De Koninck, le président de la Table québécoise de la sécurité routière, et fondateur de l’Opération nez rouge, pour qu’il puisse ajouter son fion, et ainsi tenter d’ajouter de la crédibilité à ce court article, qui se termine par ces propos:

« Mais peu importe si le jeune conducteur était en état d’ébriété ou non, un autre phénomène est presque aussi dangereux que l’alcool au volant chez les jeunes, selon le président de la Table québécoise de la sécurité routière et fondateur d’Opération Nez Rouge, Jean-Marie De Koninck.

Selon lui, alcool ou pas, en groupe, les jeunes ont tendance à se «monter la tête et à perdre la tête» au moment de prendre le volant. »

Je me demande s’il s’agit-il là d’une nouvelle tentative de relancer l’éternel débat sur l’âge minimal pour l’obtention d’un permis de conduire.  Soyons clairs là-dessus; je veux bien croire que les jeunes de moins de 25 ans sont impliqués, dans une plus grande proportion que les autres, dans des accidents de la route.  Par contre, retirer le permis de conduire à ces jeunes, pour éviter qu’ils soient impliqués dans des accidents, reviendrait à interdire la télévision, dans le but d’enrayer la violence à la télé; ça ne fera que déplacer le problème!  Quand un individu met la main sur quelque chose qu’il convoite depuis longtemps, c’est tout à fait normal qu’il traverse une étape que l’on pourrait qualifier de « plus excitante » qu’à l’habitude, et ce, qu’il ait 16, 25 ou 40 ans!  Souvenons nous des quatre nouveaux policiers, fraîchement gradués de l’École nationale de police, de Nicolet, qui furent tués dans un accident de la route, à Trois-Rivières, en 1994, alors que le cinquième occupant de la voiture, seul survivant et conducteur de celle-ci, fut condamné à la prison; ces hommes, qui étaient tous en état d’ébriété, étaient-ils trop jeunes pour devenir policiers?  Pourtant, le plus jeune des cinq occupants de la voiture avait 25 ans, à l’époque, et le conducteur, Marc St-Germain, en avait 26!  De plus, pour ceux qui vivent en-dehors des grands centres, et Saint-Hyacinthe en est un excellent exemple, les déplacements, pour le travail, les études, les loisirs, etc., nécessitent l’utilisation d’un véhicule, parce que la desserte en transport en commun est moins efficace que dans des agglomérations comme Montréal ou Québec.  Alors imaginez tous les emplois – souvent ceux que personne d’autre ne veulent occuper – que ces jeunes devraient refuser, parce qu’ils ne peuvent pas se déplacer, afin de faire plaisir à quelques « bien-pensants » qui auraient fait interdire la conduite aux moins de 25 ans.

Jean-Marie De Koninck a fondé l’Opération nez rouge, et là-dessus, je lui dis « Chapeau! »  Ce système d’accompagnement a fait ses preuves, et probablement sauvé de nombreuses vies.  Par contre, à force de trop mettre son nez partout, cet individu remarquable risque de devenir un « fatiguant de service », un autre qui n’aura pas compris qu’à force de trop vouloir, on vient à obtenir le contraire de ce que l’on recherche; il finira par perdre toute forme de crédibilité, et quiconque verra son nom, dans le journal, ou son visage, à la télé, finira par dire « Ah, non, pas encore lui! », et son message, bien que se voulant positif, passera « dans le beurre ».  Bref, Jean-Marie De Koninck devra apprendre, lui aussi, que trop, c’est comme pas assez.

Route 137, à Saint-Hyacinthe: Encore un mort!

La nuit dernière (dimanche à lundi), quatre jeunes garçons, âgés de 14 à 17 ans, ont vu leur ballade en voiture se terminer d’une façon abrupte, à Saint-Hyacinthe, alors que leur voiture a quitté la route 137, et heurté le ponceau d’une entrée charretière privée.  L’un d’entre-eux est mort, et deux autres sont dans un état grave, à l’hôpital Sainte-Justine, de Montréal, selon ce que rapporte une dépêche du site web LCN.  Le quatrième, le conducteur, est aussi blessé sérieusement, mais on ne craint pas pour sa vie.

Et vous, ça vous dit quelque chose, la route 137, entre Saint-Hyacinthe et Saint-Dominique?  La route, qui n’est pas dotée d’accotements dignes de ce nom, est droite comme une flèche, mais du côté sud-ouest de la route, entre autres (je ne me souviens pas, pour le côté nord-est), il y a plusieurs entrées privées, et le fossé, qui longe la route de près, est aussi creux que certaines rivières.  Résultat:  Les ponceaux sont énormes, et ne pardonnent pas.  De plus, aucune protection, aucune glissière de sécurité, bref, rien n’empêche un véhicule de faire un plongeon, dans ce fossé.  On se retrouve donc avec des accidents, souvent mortels.  Selon les images, qui accompagnent la dépêche de LCN, il ne reste pas grand chose de la voiture, qui semble être une Honda Civic.

Mais il ne faut pas mettre la faute sur le fait qu’il s’agissait d’une petite voiture japonaise.  Il y a plusieurs années, alors que je revenais d’une soirée de courses, à l’autodrome de Granby, je fus témoin d’un accident semblable; une voiture avait quitté la chaussée, et avait heurté un ponceau.  Les ambulanciers attendaient la fin des manoeuvres des opérateurs des pinces de désincarcération, qui faisaient tout ce qu’ils pouvaient, afin de dégager le cadavre.  Car le type était bel et bien mort, lui aussi.  Sauf qu’il conduisait une énorme Pontiac Parisienne, des années 1980!  Et là aussi, la voiture était sérieusement amochée.

L’article mentionne qu’un échantillon de sang fut prélevé, sur le conducteur, afin de déterminer si celui-ci avait les facultés affaiblies.  Évidemment, on débute l’article en mentionnant qu’un mélange d’alcool et de vitesse pourrait être la cause de cet accident mortel.  Cela permet, bien sûr, de mettre en veilleuse le fait que malgré qu’elle soit droite comme une flèche, la route 137, entre Saint-Hyacinthe et Saint-Dominique, enlève régulièrement des vies.

Que pourrait faire le MTQ, afin de rendre cette route plus sécuritaire?  Pour commencer, on pourrait y faire des accotements, munis de bandes rugueuses, et éventuellement, y ajouter des glissières de sécurité, afin de retenir les véhicules sur la route, lors de pertes de contrôle.  De plus, de telles glissières donneraient un sentiment de sécurité, pour les uns, et d’étroitesse, pour les autres, ce qui réduirait peut-être la vitesse à laquelle roule certains usagers de cette route provinciale, qui représente l’axe principal entre Saint-Hyacinthe et Granby.  Je veux bien croire qu’il est impossible de rendre une route comme la 137 parfaitement sécuritaire, mais la tâche pourrait être moins compliquée, pour les secouristes; ils n’auraient pas à patauger dans plusieurs mètres d’eau, et/ou de neige, pour tenter de sauver des vies.