Fusillade à Montréal: On accuse toujours la police…

On accuse toujours la police de toutes les calamités.  Mais quand on a besoin d’elle, par exemple,…

Il y a une chanson de Plume Latraverse, qui se termine avec ces mots.  Elle s’appelle “Mémoire courte”, et se trouve sur l’album “Autopsie canalisée”, sorti en 1983.  Et c’est à cette phrase que je pensais, lorsque j’ai lu les premiers commentaires, sur ce que certains, dont des journalistes, n’ont pas hésité à qualifier de “bavure policière”.  Je parle de la fusillade qui s’est produite à l’intersection des rues Saint-Denis et Christin, à Montréal, le mardi 7 juin dernier, vers 6h40 du matin, et dans laquelle deux personnes ont finalement perdu la vie, soit Mario Hamel, un itinérant de 40 ans, armé d’un couteau, et qui était en état de crise, selon la plupart des échos entendus jusqu’ici, ainsi que Patrick Limoges, un homme de 36 ans qui se rendait tout bonnement à son travail, et qui a été atteint d’une balle, qui aurait vraisemblablement ricoché.  Soulignons ici que selon cet article, paru sur le site web de la SRC (et dans lequel, accessoirement, le journaliste qualifie l’intervention de bavure policière), trois des quatre agents impliqués ont dû être traités à l’hôpital pour choc nerveux.

Pour ceux qui s’imaginent que le travail de policier en est un comme les autres, et qu’on peut parler d’une affaire comme celle-ci avec le même calme que si l’on racontait n’importe quoi (comme diraient les anglos, “been there, done that, bought the t-shirt”), je leur suggère de comparer une de leur journée de travail à celle d’un policier.  Et à chaque fois que la personne dira « Ben là, j’me suis trompé, ça arrive! », elle devra se dire qu’elle n’a pas le droit à l’erreur, et qu’elle devra faire l’objet d’une enquête méticuleuse, et approfondie, concernant tout ce qui entoure chacune de ces fois où elle s’est trompée.  Une enquête qui peut durer plusieurs mois, parfois quelques années.  Période pendant laquelle l’opinion publique, plus souvent qu’autrement, ne lui fera pas de cadeau, et où les médias n’hésiteront pas à la déclarer coupable, souvent avant même le début de l’enquête.

Voyons avec quoi les policiers doivent travailler, dans l’accomplissement de leurs tâches.

Ils ont une arme de service, et du poivre de Cayenne.  Avec tout ce qu’on a dit au sujet du pistolet “Taser”, il est facile de comprendre que très peu d’agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), sinon aucun, n’en sont équipés.  Cela reste à vérifier, par contre.  Alors nous allons nous attarder sur leur arme de service, et sur le poivre de Cayenne.

Mentionnons d’abord que depuis les événements, plusieurs parlent de la “règle des 21 pieds”, qui est enseignée à tous les policiers.  Il s’agit en fait de la distance qu’un assaillant peut parcourir pendant le temps requis pour qu’un policier dégaine son arme, et fasse feu sur la masse corporelle dudit assaillant, distance qui fut évaluée à 21 pieds, soit 6,4 mètres.  D’après la version anglaise du site Wikipédia, cette règle a été conceptualisée par le sergent-formateur Dennis Tueller, de la police de Salt Lake City, en Utah, chez nos voisins du Sud.  Là-bas, l’entraînement des policiers à cette règle s’appelle tout simplement le “Tueller Drill”.  Dans cet extrait vidéo, de TVA Nouvelles, l’expert en enquêtes policières Richard Dupuis (aucun lien de parenté avec votre humble serviteur), autrefois au SPVM, explique à Pierre Bruneau ce qu’est la règle des 21 pieds, ainsi que les raisons pour lesquelles, selon son expertise, les policiers impliqués ont procédé de la façon qu’ils l’ont fait.  La question qui se pose ici; le poivre de Cayenne est-il efficace, à 21 pieds?

J’ai moi-même suivi, il y a de cela très longtemps, un cours de maniement des armes à feu.  On enseigne, entre autres, qu’il y a deux sortes de tir, lorsque l’on utilise une arme qui tire un projectile unique, à savoir le tir rasant, et le tir fichant.  Quand on pratique la chasse, on doit utiliser le tir fichant; si le projectile n’atteint pas la cible, il se fiche dans le sol, et s’y arrête.  Il s’agit du tir le plus sécuritaire.  Le tir rasant, comme son nom l’indique, fait que le projectile, s’il rate sa cible, passe à ras le sol, et poursuit sa course; le projectile est donc sujet à ricocher, que ce soit sur un arbre, sur la surface d’un lac (eh oui, un projectile ricoche aussi sur l’eau!), ou ailleurs, et nul ne peut prédire où la balle va s’arrêter.  Dans le cas de l’intervention policière de mardi dernier, comme dans la plupart des interventions en milieu urbain, d’ailleurs, le tir fichant est pratiquement impossible à réaliser; le policier doit réagir de façon instinctive, de façon à se protéger, et à protéger le public, de l’assaillant.

En passant, j’ai lu quelque part un commentaire, qui disait qu’un policier doit protéger le public, et non pas se protéger lui-même.  Je regrette, mais puisque un policier mort ne peut protéger personne, le policier doit d’abord se protéger lui-même, s’il veut protéger le public.

Une enquête a été entreprise, sur cette affaire, et par souci de transparence, elle a été confiée à la Sûreté du Québec (SQ).  Celle-ci nous permettra, espérons-le, d’en apprendre plus long sur les événements tragiques de mardi dernier.  Je profite de l’occasion pour offrir mes plus sincères sympathies aux familles de Mario Hamel (qui n’était probablement pas conscient de ses actes) et de Patrick Limoges (carrément au mauvais endroit au mauvais moment), deux personnes qui, probablement de l’avis même des policiers, n’avaient pas à mourir.

Le Canada aux urnes 2011: Normand Lester a pété sa coche!

Beaucoup de gens sont encore surpris des résultats de l’élection générale fédérale du 2 mai dernier, alors que d’autres – et pas les moindres – ne les prennent toujours pas!  C’est le cas de l’ancien Radio-Canadien Normand Lester, qui a pété sa coche lors de l’émission de Paul Houde, au 98,5 FM, enregistrement que je ne trouve plus, malheureusement.  Mais ceux qui ont manqué le coup de masse de Lester, à la radio, peuvent se reprendre dans Le Devoir de ce lundi matin, dans une lettre d’opinion.  Il reprend, en gros, les insultes qu’il a lancées aux électeurs de Berthier-Maskinongé.  Vous pouvez aller voir la page comme tel en cliquant ici, mais je vais faire du copier-coller, et vous mettre le texte intégral de son intervention.  Ça va comme suit:

Libre opinion – Sains d’esprit, les Québécois?

Quelque 22 403 personnes qui paraissaient assez saines d’esprit et lucides pour être admises dans un bureau de scrutin, soit 40 % des électeurs de Berthier-Masquinongé, ont choisi Ruth Ellen Brosseau, une parfaite inconnue, pour les représenter au Parlement fédéral. Tout ce qui était dit d’elle dans la documentation du NPD était qu’elle aimait les petits animaux et qu’elle veillait à leur bien-être. D’où elle venait, ce qu’elle était, ce qu’elle voulait faire et était capable de faire pour son comté, ses électeurs s’en foutaient comme de l’an quarante.

Plusieurs centaines de milliers de Québécois se sont ainsi précipités pour voter en faveur de «poteaux» néodémocrates dont ils ne savaient absolument rien sauf qu’ils étaient des candidats de «Jack». Jack qui? Euh… Clayton… Peyton… Vous savez bien, le gars sympathique à moustaches qui est passé il y a deux semaines à Tout le monde en parle.

Ces centaines de milliers de «Ti-counes» ont voté comme leurs voisins, comme les gars à job, au garage. Rita, Thérèse et Yolande, elles, ont fait comme leurs chums de filles au salon de coiffure et au bureau: «On veut faire pareil comme les autres. Quand tout le monde votait Bloc, on votait Bloc. Le Bloc, c’est pus à mode. Chose l’a dit à radio à matin. Maintenant, c’est Jack. Y le disent à tivi, tout le monde fait d’même c’t’année! C’est un beau monsieur, propre de sa personne, bien mis. Souriant et compatissant en plus.»

Que voulez-vous, je vous le demande, qu’un peuple de suiveux et de moutons complexés comme les Québécois fasse? Ils vont faire comme tout le monde de crainte d’être perçus comme différents. Ils vont être solidaires. Le mot solidaire déguise bien notre besoin de conformisme tricoté serré. So-So-Solidarité. On aime tellement mijoter ensemble dans notre médiocrité collective. Tout le monde le fait, fais-le donc, disait jadis le slogan d’une radio populaire.

On a parlé d’«effet Layton» pour expliquer ce qui est arrivé. C’est de l’«effet lemming» qu’il s’agit. Vous savez ces petits rongeurs nordiques qui sont à la fois stupides et solidaires au point de suivre leurs semblables lorsqu’ils se jettent en masse en bas d’une falaise. Il faut remplacer le mouton de saint Jean Baptiste comme notre symbole national officieux par le lemming. Heureusement, Ruth Ellen aime bien les petits animaux.

Les médias, s’appuyant sur des sondages à répétition, commentés à n’en plus finir, servent de caisses de résonance pour certains phénomènes porteurs qui attirent des auditoires. Les journalistes, qui ont naturellement le coeur à gauche, ont joué le jeu du NPD. Si Jack avait été de droite, il en aurait été différemment. Plutôt que d’encourager la vague avec des commentaires sympathiques et rieurs, les analyses critiques, les commentaires malveillants, les reportages hostiles et les portraits négatifs auraient abondé pour ramener le bon peuple dans le droit chemin.

Quant aux patrons de presse, à Radio-Canada, à Power Corporation et ailleurs, ils n’avaient aucune raison d’intervenir comme ils le font habituellement lorsque leurs journalistes se laissent emporter par un engouement qui menace l’ordre fédéral. Le coup de foudre pour Jack nuisait essentiellement au Bloc.

Les résultats des élections fédérales au Québec ont confirmé au Canada anglais les préjugés et les stéréotypes qu’on y entretient sur les Québécois comme le démontrent les milliers de commentaires cruels laissés sur les sites des médias anglophones. Et la réalité est encore pire puisque les webmestres ont retiré les plus désobligeants et méprisants.

À Berthier-Maskinongé, il y a maintenant des électeurs qui dénoncent leur nouvelle députée parce qu’elle ne parle pas français, habite Ottawa, a préféré Las Vegas aux élections et n’est jamais venue faire campagne dans la circonscription.

Les seuls dans cette affaire qui méritent d’être vivement dénoncés sont les 22 403 électeurs du comté qui ont voté pour elle simplement pour faire comme tout le monde. Cela s’applique bien sûr à tous les imbéciles du Québec qui ont voté aveuglément en faveur de «poteaux» (quelle que soit leur valeur personnelle) parce qu’on a parlé en bien de Jack à tivi.

La majorité des électeurs ne comprend rien à la politique en général et encore moins aux questions économiques et au fonctionnement de l’État. Ils se méfient des politiciens dont bon nombre sont soupçonnés d’être des menteurs et des corrompus au service des milieux d’affaires et des lobbies. Pour s’y retrouver, ils se fient à des références: amis, parents, journalistes, commentateurs à la radio ou à la télé. Cette fois, il y avait unanimité. Jack, Jack, Jack, faisaient les canards, les perdrix et les sarcelles…, comme le dirait Vigneault.

Ce qui s’est passé au Québec la semaine dernière démontre les limites de la démocratie.

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Normand Lester – Chroniqueur au 98,5 FM et à Yahoo Québec

Évidemment, une telle lettre ouverte a attiré son lot de commentaires, autant en appui qu’en opposition, aux propos de l’ancien journaliste.  Alors j’en ai profité, moi aussi, pour répondre à monsieur Lester.  Dans la page du Devoir, j’ai dû faire deux interventions distinctes, limiteur de caractères oblige, mais que je joindrai ici pour n’en faire qu’une seule.  Voici ce que cela donne:

Et pis quoi, encore?


Normand Lester – qui est dans le domaine journalistique depuis tellement longtemps qu’il devrait savoir par coeur que l’on écrit Berthier-Maskinongé avec un « k », et non avec « qu » – semble vouloir laisser entendre qu’il ne faudrait laisser le droit de vote qu’à ceux qui connaissent la politique en général, les questions économiques et le fonctionnement de l’État? Grand bien lui en fasse! À mes yeux, son papier est un exemple du prix à payer pour la liberté d’expression, sans plus!

Notre société est pourtant remplie d’exemples de tolérance, envers la médiocrité de tout acabit. D’ailleurs, s’il fallait ouvrir les salles de nouvelles aux seuls journalistes faisant preuve d’une neutralité constante et incontestable, nos médias seraient bien vides, et Le Devoir, pour ne nommer que celui-ci, aurait fermé ses portes depuis belle lurette.

Dans notre société distincte, où les syndicats défendent jusqu’au sang le droit des enseignants du primaire et du secondaire, ces intervenants de première ligne de la pensée future de nos enfants, à ne pas être évalués sur leurs compétences, il faudrait maintenant évaluer les connaissances politiques des électeurs, avant de leur donner le droit de vote? Cela nous mènerait à une société exemplaire, où seuls les élites auraient droit au chapitre. Après tout, cela fait plus de 50 ans que celles-ci travaillent à « fidéliser » le citoyen lambda!

Mais force est de constater que le soubresaut du 2 mai n’était manifestement pas prévu de leur part! Que faire, alors? Il faut recommencer, taper sur le clou, traiter les électeurs de Berthier-Maskinongé, qui ont osé voté NPD, de tous les noms, les humilier sur la place publique, leur faire jurer de ne plus recommencer.

Une question me chicote, toutefois; si l’élite peut taper sur les doigts des citoyens qui agissent mal, lorsque l’élite fait une gaffe, qui a le devoir de la ramener à l’ordre?

Je suis d’accord pour dire que les citoyens devraient en connaître un peu plus, sur le fonctionnement de la politique de notre pays, sur les rouages de l’économie, et d’autres sujets d’actualité. Mais dites-moi, à quel niveau scolaire enseigne-t-on aux jeunes québécois les principes de base des lois de l’offre et de la demande? Quand leur montre-t-on des exemples de problèmes qui furent réglés par des décisions politiques? Leur explique-t-on le fonctionnement de notre société, le rôle des gouvernements municipaux, provinciaux, et fédéral, ainsi que les pouvoirs qui appartiennent à chacun d’entre-eux?

Le jour où nos jeunes sortiront des écoles avec toutes ces connaissances, ils éviteront probablement de voter pour un parti XYZ sur un coup de tête. Ils seront capables de décortiquer les bulletins de nouvelles de différentes sources, afin d’y séparer la vraie information du message préfabriqué, et de se former une opinion par eux-mêmes. Mais comme une telle situation affaiblira définitivement la position de contrôle des élites, il est hors de question d’aborder ces sujets à l’école, sinon pour les endoctriner avec des formules toutes faites d’avance, mettant le cerveau de nos enfants au service de nos chères élites et de leur cause. Encore chanceux; nos enfants sont passés bien près d’avoir à lire des torchons comme « Parlons souveraineté à l’école », de notre cher crosseur professionnel, Gérald Larose!

Bref, les électeurs de Berthier-Maskinongé ont voté selon leurs connaissances, et selon leur esprit du moment. Mais qu’ils en soient fiers, ou encore qu’ils le regrettent amèrement, ce choix demeurera toujours le leur, et personne n’a à leur imposer qui que ce soit. Le droit de vote demeure l’une des dernières libertés restantes aux citoyens; pourrait-on au moins les laisser l’exercer sans leur taper dessus?

Maintenant, à vous de juger!  Vous pouvez commenter, vous aussi, sur la page du Devoir; juste à suivre ce lien, qui vous mènera vers la page en question.

Le Canada aux urnes 2011: Merci à Muguette Paillé pour services rendus!

La campagne électorale fédérale tournait en rond depuis le début.  Les libéraux, les néo-démocrates et les bloquistes avaient beau faire plein d’effets de manches avec leur histoire d’outrage au Parlement, rien ne bougeait.  Au contraire; le premier ministre sortant profitait de ce tir groupé de l’opposition pour capitaliser sur la nécessité d’élire un gouvernement conservateur majoritaire, afin de combattre cette “coalition broche-à-foin”!  Même le débat anglophone a conforté Stephen Harper en tête des sondages!  Mais le soir du débat en français, tout allait basculer!

Lors du passage de l’Écho de Maskinongé dans sa paisible demeure de Sainte-Angèle-de-Prémont, Muguette Paillé était sur le point d’effectuer une autre entrevue, cette fois en direct à la caméra. Photo, © L’Écho de Maskinongé

Une dame de Sainte-Angèle-de-Prémont (mais c’est où, ça, Sainte-Angèle-de-Prémont?), en Mauricie (ah bon, merci!), Muguette Paillé, 53 ans, allait devenir la bouée de sauvetage tant espérée par tous les partis, afin de relancer cette campagne plus morte que le sous-sol du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges au grand complet!  Et elle l’a fait gratuitement (heureusement qu’elle n’a pas eu à payer; elle est sur ses dernières semaines de chômage!), en étant sélectionnée, parmi des milliers, à poser, directement à la télévision, sa question, qui était la suivante:

Le taux de chômage est très élevé en Mauricie, les emplois sont précaires et il est difficile pour une personne comme moi, âgée de 53 ans, de se trouver du travail. J’aimerais savoir ce que vous comptez faire pour la création d’emploi au Québec, particulièrement en Mauricie, et pour aider les personnes de plus de 50 ans à se trouver un boulot permanent.

Les chefs des formations politiques, et particulièrement Michael Ignatieff, du parti libéral, ont littéralement sauté sur madame Paillé, comme la misère s’attaque au pauvre monde!  Iggy a même téléphoné à la dame, au lendemain du débat, probablement pour la remercier d’avoir donné un nouveau souffle à sa campagne, qui jusque là prenait des airs de berceuse.  Mais mine de rien, la question de madame Paillé a également fait réagir la population; je ne crois pas que le fait que le thème de l’économie et de l’emploi, sur une base nationale, ait fait un bond de presque 3 points en un seul jour, au détriment de la santé, soit étranger à la question de Muguette Paillé.  Voyez par vous-même ce graphique, issu du sondage national quotidien CTV/Globe/Nanos.

Pour ceux qui comprennent que dalle à la langue de Shakespeare, on pourrait traduire la question par « Quelle est votre préoccupation NATIONALE la plus importante? »  Les répondants peuvent choisir entre l’environnement (ligne verte), l’éducation (ligne jaune), l’emploi et l’économie (ligne rouge), la santé (ligne bleue), ou les taxes et impôts élevés (ligne orangée).  Ce graphique fait partie de toute une collection de données, renouvelée à chaque jour, dont une tendance nationale d’appui aux partis, en figure principale.

J’aime bien la méthodologie de ce sondage; au lieu de faire un sondage quotidien de 1000 personnes, ce qui coûterait très cher, CTV et Globe ont confié à la firme de sondages Nanos le mandat de faire un sondage de 400 répondants à chaque jour, et on compile les résultats des trois derniers jours, ce qui donne un échantillonnage de 1200 répondants.  Le quatrième jour, on additionne les 400 nouveaux répondants, et on retranche les 400 plus anciens, puis on répète cette opération à chaque jour de la campagne.   Avec cette méthode, on obtient un résultat dont la marge d’erreur est de ±2,8%, 19 fois sur 20.

Pour revenir à madame Paillé, cet article du site web de l’hebdomadaire local L’Écho de Maskinongé nous dit que la dame peine à répondre à toutes les demandes d’entrevues, en provenance des médias nationaux.  Si cette activité permet une visibilité inattendue à sa municipalité, je ne vois malheureusement pas de quelle façon on pourra créer de l’emploi à Sainte-Angèle-de-Prémont; à part une usine de traitement de la viande de veau, qui emploie 70 personnes, les seuls employeurs locaux sont les commerces de la place!  Une ancienne épicerie, devenue dépanneur, une station-service, et quelques garages de débosselage, ne peuvent suffire à eux seuls à faire rouler une population de quelque 700 âmes.

Sans école primaire, ni caisse populaire, Saint-Angèle-de-Prémont est voué à une extinction, à court ou à moyen terme, à moins que la jeunesse de la place veuille bien y retourner, afin de s’y installer à demeure, et de réaliser des projets créateurs d’emplois.

Bienvenue à Saint-Barthélémy!

À travers ce superbe média qu’est Le blogue (merci à WordPress, en passant; même si je suis là depuis trois ans et demi, je n’ai eu à affronter aucune augmentation de tarif!  À tous les mois, ça me coûte gratis!), je vous ai montré toutes sortes de choses; de l’eau, des chantiers, des routes en décrépitude avancée, et encore de l’eau, beaucoup d’eau!  Cette fois, je vous amène à Saint-Barthélémy, municipalité située à la limite des régions de Lanaudière et de la Mauricie.

Cette municipalité a fait parler d’elle il y a presque un an, alors que le maire de l’endroit, Pierre Roy, a soulevé l’ire de plusieurs de ses concitoyens en s’accordant une légère augmentation de salaire de… 400%!  Pas de 400 dollars, mais bien 400 pour cent!  Le salaire du maire était, à l’époque, de 10,500$, et il l’a augmenté à 42,000$, à savoir 28,000$ de salaire proprement dit, auquel s’ajoute 50% du salaire en compensation des dépenses encourues, soit 14,000$, le tout pour un total de 42,000$.

Vous me direz qu’un simple maire d’arrondissement, à Montréal, gagne 60,000$ de salaire de base, à part les dépenses, les comités, etc.  Oui, c’est vrai, mais la municipalité de Saint-Barthélémy ne compte que 1973 personnes, selon les derniers chiffres du Répertoire des municipalités du gouvernement du Québec.  On en parlait, l’an dernier, sur le site web Canoë; un vidéoreporter, Frédéric Perreault, avait réalisé cet article, doublé d’une vidéo, sur toute l’affaire.

À Saint-Barthélémy, on doit s’occuper de tous les problèmes du réseau routier local, et cela comprend, bien sûr, les ponts qui ont dépassé leur durée de vie utile.  Nous voyons donc ici ce qui, je l’espère, est une solution temporaire; un pont installé par-dessus un autre pont!  Je ne sais pas si c’est une idée du maire Roy, pour « sauver de l’argent », mais ça laisse perplexe!

On voit bien, ici, que le pont temporaire repose tout simplement sur l’ancien pont, qui n’a jamais été retiré!  On m’a même dit qu’il s’agissait… d’un pont loué!  J’espère que le maire a obtenu un bon prix, parce que je n’ai aucune idée du loyer d’un pont.  Cette scène se déroulait en février dernier, sur le rang du Fleuve.

Nous sommes maintenant à la sortie est du village, sur le chemin York.  La signalisation montre bien que l’asphalte, à cet endroit, a été retiré.  Je ne sais pas pour quelle raison; probablement pour l’installation de conduites d’eau, ou de gaz, je ne pourrais dire.  Reste que le pavage fut retiré sur environ la moitié de la largeur de la route, et à certains endroits, sur toute sa largeur.  Mais le problème, c’est qu’on a l’impression que ça fait deux ans, que l’asphalte a été enlevé!  Il n’y a pas l’ombre d’un travailleur, sur les lieux!

Au moment de la prise de la photo, il faisait doux, la neige fondait, et le chemin York ressemblait à une « trail à vaches ».  Avec le printemps qui n’en finit plus de finir de s’installer, il est clair que la route n’est pas des plus praticables.

Aussi, les utilisateurs du chemin York roulent parfois à droite, parfois à gauche, selon l’état de la partie sans asphalte, et le niveau de confort de leur véhicule, entre autres raisons.  Et c’est comme ça que ça se passe sur environ 800 mètres.

L’article de Perreault se terminait sur une certaine note d’espoir, disant que c’est à la longue que l’on saura si l’augmentation de salaire de 400% du maire Pierre Roy sera vraiment justifiée!  En tout cas, jusqu’à maintenant, il semble que les économies se font particulièrement sur le dos des usagers de la route!

Droite au Québec: Claudette Carbonneau a peur pour rien!

Nous l’avons tous vu, dans les médias, que la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, a décidé de sortir l’artillerie lourde, et de combattre ce qu’elle appelle la “nouvelle” droite.  Enfin, c’est ce qu’indique Alain Bisson, de Rue Frontenac, dans cet article publié mercredi.

Mais de quoi Claudette Carbonneau peut-elle bien avoir peur, pour monter sur ses grands chevaux de cette façon?  D’abord, cette “nouvelle” droite n’a aucun budget, ou presque, comparativement à la CSN.  C’est donc dire que “l’exposure” médiatique que cette droite obtient, est finalement obtenue par l’entremise des discours alarmistes de personnes qui, comme Claudette Carbonneau, risque de perdre beaucoup, dans l’éventualité qu’une telle droite prenne le pouvoir.  Autrement dit, plus la présidente de la CSN parle de cette droite, plus celle-ci est exposée dans les médias, et plus les gens en parlent.  L’un des fondateurs du Réseau Liberté-Québec (RLQ), Ian Sénéchal, va même jusqu’à la remercier, pour toute cette publicité gratuite, dans une lettre ouverte publiée sur cyberpresse.ca.

Sauf que madame Carbonneau a tellement peur qu’elle oublie complètement que si cette droite n’a pas de budget de publicité, elle a encore moins de budget d’organisation, dans le sens politique du terme.  Je veux dire, le RLQ a déclaré ne pas vouloir se transformer en parti politique; il n’y a donc aucun danger que cette droite, puisque c’est bien de celle-là qu’il s’agit, présente un programme politique aux électeurs, et place des visages sur les poteaux, lors d’une prochaine campagne électorale.  Certains me répondront “Ouais, mais l’ADQ…”, ce à quoi je répondrai que mise à part la flambée d’appuis, aussi soudaine que éphémère, qui a suivi la déclaration de Gérard Deltell, dans laquelle il avançait que Jean Charest était “le parrain de la grande famille libérale”, ou quelque chose du genre, l’ADQ n’a rien soulevé, ces derniers mois.  Tous les autres partis le moindrement connus, au Québec, sont tous soit à gauche, soit très à gauche du Parti libéral du Québec (PLQ), qui lui-même est loin d’être un parti de droite.

Aussi, je me demande, encore une fois, de quoi Claudette Carbonneau peut-elle avoir aussi peur?  A-t-elle lu, dans les feuilles de thé, dans les cartes, ou dans ses urines, que cette droite, qui gravite autour du RLQ, pourrait bien s’organiser en parallèle, et proposer une équipe complète de candidats, aux prochaines élections?

A-t-elle peur qu’au sein même du membership de sa centrale, de très nombreuses personnes puissent avoir le goût de quitter la force syndicale, pour appuyer publiquement, et militer au sein d’une telle équipe de candidats?  J’avoue que si une formation politique voyait le jour, et proposait, entre autres éléments de son programme, la liberté d’adhésion syndicale, plusieurs membres de la CSN seraient fortement tentés de les appuyer, question de pouvoir éventuellement se détacher de la centrale syndicale de madame Carbonneau, tout en conservant leur emploi.

A-t-elle peur que cette droite, dans l’éventualité qu’elle prenne le pouvoir au Québec, se mette à chambouler toute l’organisation du travail, dans les secteurs public et para-public, de façon à ce que la concurrence permette enfin aux québécois d’en avoir plus pour leur argent?  Il faut dire que si un parti proposait de séparer l’assurance-maladie, qui demeurerait universelle, de la prestation des soins comme tel, qui pourrait très bien être effectuée par des partenaires privés, qui accepteraient la carte-soleil à titre de paiement, ou encore si ce parti mettait dans son programme un engagement de placer la compétence comme critère d’attribution de postes, dans l’enseignement primaire et secondaire, au lieu de la seule ancienneté, et ce afin de mettre les bons profs dans les bonnes classes, cela risquerait d’être la fin des haricots pour les dirigeants de grandes centrales syndicales québécoises, comme Claudette Carbonneau.

Je vais m’arrêter ici; je n’ai pas envie que la présidente de la CSN m’envoie une mise en demeure, exigeant que je ferme ma gueule, parce que je pourrais faire penser aux québécois qu’un autre Québec est possible, mais dans le vrai sens du terme!  Je ne voudrais pas non plus qu’elle envoie quelques fiers-à-bras – il doit sûrement rester quelques émules des “casseurs-de-vitres” des années 1970 – me faire la peau!  Alors si vous la voyez, et qu’elle vous parle de moi, je n’ai rien dit, d’accord?