Crise économique: Un texte superbe, signé David Descôteaux

Quand je peux profiter de quelques moments libres, il m’arrive, entre autres, d’aller me perdre dans l’immense toile que constitue Internet, et parfois de dénicher une perle rare.  C’est ce qui s’est produit, en cet avant-midi de fête du Canada.

Je lisais les textes d’opinion sur le site web de l’Institut économique de Montréal (IEDM), et je suis tombé sur un papier de David Descôteaux, qui est chercheur à l’IEDM, papier qui fut publié dans l’édition du 10 juin dernier du journal Métro.  J’ai trouvé le texte tout simplement superbe; c’est une image simple, qui est utilisée pour illustrer un problème économique plus complexe.  Tellement que j’ai décidé de vous l’offrir intégralement.  Enjoy!

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La dernière partie de poker

Je suis en vacances. Pas censé écrire de chronique cette semaine. Mais j’interromps ma dégustation de rouge sur les airs du dernier Jack Johnson pour reprendre la plume. Je dois vous raconter la partie de poker à laquelle j’ai assisté hier…

Il est vingt heures. J’entre dans une pièce mal éclairée. À travers l’épaisse fumée de cigare j’aperçois une table ronde. Une lampe suspendue y éclaire sept têtes. Chacun tient des cartes entre ses mains, l’air soucieux.

La partie de poker se déroule depuis un moment déjà.

Je m’approche sans faire de bruit. J’observe. De gauche à droite, je compte sept joueurs: Mme Crise économique, Gouvernement, Consommateur, Payeur de taxe, Économiste conventionnel, Banquier, et une bibitte étrange – elle possède des cuisses de fermier, des mains d’artistes, le corps d’un PDG d’entreprise et la tête d’un chef syndical. Appelons-la «Groupe de pression».

Sur le tapis vert de la table, Consommateur et Gouvernement jouent comme des débutants. Ils gaspillent des jetons sans compter, incapables de s’en empêcher.

Après un mauvais bluff, Consommateur perd tous ses jetons. Ça fait trois fois qu’il se ruine, et remprunte à Banquier pour continuer à jouer. Il a déjà mis son auto et sa maison en garantie. «Assez, c’est assez!» Il se lève et quitte la table.

Je me tourne pour regarder Payeur de taxe. Il semble contrarié. Il joue de façon prudente et disciplinée, mais perd des jetons chaque tour. Parce que Gouvernement joue de façon agressive, mais aussi parce que Groupe de pression, assis à côté de Gouvernement, pige dans les jetons de ce dernier et le relance à chaque mise, créant une surenchère. Payeur de taxe est incapable de suivre le rythme.

À ma gauche, Économiste conventionnel est dans le trouble. Sa pile de jetons fond rapidement. Il ne comprend pas. Ses années de recherche lui ont enseigné que plus on dépense de jetons (même si on les gaspille), plus notre fortune grossit, puisque cette dépense entraîne des effets «multiplicateurs». Confus, il se lève et quitte. Il retourne à sa tour d’ivoire peaufiner ses modèles mathématiques.

Pendant ce temps Mme Crise économique, sourire en coin, accumule les jetons que gaspillent tous les joueurs…

Le joueur le plus détesté, c’est Banquier. Lui, il mise un paquet de jetons à chaque tour, peu importe les cartes qu’il a entre les mains. Il s’en fout. Il sait très bien que son ami Gouvernement va le renflouer s’il perd tout. Mais au tour suivant, il tente un pari beaucoup trop risqué… et perd tout. Bah! Il se lève, fait un clin d’oeil à Gouvernement, et va préparer tranquillement du café.

Soudain, un cri interrompt la partie. «Lâche mes jetons, parasite!» Gouvernement vient de réaliser que Groupe de pression pige constamment dans sa pile. Gouvernement place ce qu’il lui reste de jetons bien en vue devant lui, et jure qu’il adoptera dorénavant une façon de jouer plus «austère» d’ici la fin de la partie.

Groupe de pression ne survit pas à cette décision. Il se lève, furieux, et sort protester dans la rue. Il brandit une pancarte sur laquelle on peut lire: «Je mérite plus de jetons!»

Appauvri par l’agressivité de Gouvernement et de Groupe de pression depuis le début de la partie, Payeur de taxe fini par mourir, un deux de pique et un sept dans les mains. Il quitte la table en vociférant contre les autres joueurs: «Vous conspirez tous contre moi!»

La fin de partie approche.

Seuls deux joueurs demeurent à la table: Gouvernement et Mme Crise économique.

Mme Crise économique possède beaucoup plus de jetons que Gouvernement.

Gouvernement, désemparé, lance un coup de fil à Économiste conventionnel dans sa tour d’ivoire. «Vous n’avez qu’un choix, dit ce dernier: bluffer. Il faut faire peur à Mme Dépression, pour qu’elle se couche. Misez tout ce qu’il vous reste. Ce n’est pas le temps d’être radin et de penser à l’avenir. À long terme, nous somme tous morts.»

Le gouvernement se lance «all in». Il pousse tous ses jetons au centre de la table.

Et prie.

Mme Crise économique tient une «full house» entre ses mains.

Le gouvernement, une paire de cinq.

Mme Crise économique va-t-elle se coucher?

À ce moment, je me suis réveillé. Je me demande qui a gagné.

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La CLAC justifie la casse à Toronto: Bla, bla, bla…

Autre survol des titres, ce soir, sur le site web Canoë.  Que vois-je?  Un article signé Reine Côté, de l’agence QMI, justement intitulé La CLAC justifie la casse à Toronto.  Les deux porte-parole de l’organisation, qui dans les faits s’appelle la Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC), Mathieu Francoeur et Diane Royer, probablement deux “gosses de riches” qui n’ont jamais eu de véritable emploi de leur vie, ont pris la parole, justement, lors d’un point de presse, devant une cinquantaine de supporteurs gagnés à l’avance, ainsi que quelques journalistes, afin de nous faire croire que leurs actes, commis lors du sommet du G20, à Toronto, le week-end dernier, étaient justifiés.

Ils ont entre autres mentionné s’en être effectivement pris à des véhicules de police, et à des vitrines de commerces, afin d’attaquer ce qu’ils qualifient de “symboles capitalistes”.  Et Francoeur d’ajouter, en parlant de la casse, que “c’est une façon de s’exprimer pour beaucoup de gens, pas seulement pour les casseurs”.  Je rappelle ici à Francoeur que les gens qui s’expriment en cassant tout sur leur passage, d’abord correspondent fort bien à la définition d’un casseur, et ensuite commettent un crime, qui s’appelle la voie de fait, et qu’il y a un prix à payer, soit via une amende, et/ou de la prison, pour ceux et celles qui s’expriment de cette façon.  Si vous voulez vous exprimer ainsi, de surcroit devant des policiers, attendez-vous à vous faire arrêter, et à être traduit en justice.

Quant à madame Royer, elle a avancé qu’à la CLAC, “On s’inquiète. Si on n’est plus capables de sortir dans la rue pour exprimer notre mécontentement, qu’est-ce qui nous attend.”  À madame Royer, je dirai que si elle, et les autres membres de la CLAC, s’étaient contentés d’exprimer leur mécontentement en scandant des slogans, et en agitant des pancartes, personne, parmi eux, n’aurait été arrêté.  Si la seule forme d’expression de votre organisation, madame, est la voie de fait, vous méritez d’aller passer quelques temps à l’ombre, derrière les barreaux, en tant que porte-parole de celle-ci.

La CLAC dit dénoncer des gestes capitalistes.  Faudrait-il rappeler aux porte-parole de la CLAC que s’ils peuvent s’habiller convenablement, pour organiser un point de presse, et éviter de s’y présenter flambant nus, c’est justement grâce au capitalisme.  Il faudrait également rappeler aux membres de la CLAC que s’ils ont pu se rendre à Toronto, dans de beaux autobus jaunes, c’est aussi grâce au capitalisme.  Si les parents des casseurs arrêtés ont pu payer une caution, afin de permettre à leur progéniture de sortir de taule, en attendant la suite des procédures, c’est également grâce au capitalisme.

La vérité, vue d’ici, c’est que des jeunes casseurs ont juste voulu se payer une bonne joute de tapes sur la gueule, avec les forces de l’ordre, et que les membres de la CLAC ont voulu faire parler d’eux.  Les images de la casse, puis des affrontements avec les policiers chargés de la sécurité, ayant fait le tour du monde, la CLAC a remporté cette portion de leur pari.  Par contre, s’ils veulent maintenant se faire passer pour de pauvres victimes de violence policière injustifiée, avec moi, ça ne prendra pas.  Ces gens ont tout simplement couru après leurs problèmes, et ils n’ont plus, maintenant, qu’à faire face aux conséquences de leurs gestes.  Bref, qu’ils aillent “sécher” en-dedans!

A-30: Deux morts, et une blessée grave, pour sauver… des canards!

Les médias, dont l’agence QMI, dans l’énumération des décès du week-end, sur les routes du Québec, mentionnent un accident survenu sur l’autoroute 30, à l’intersection de l’A-15, à Candiac.  Vers 19h20, ce dimanche, une dame, qui conduisait sa voiture sur la voie de gauche de l’autoroute, aurait immobilisé sa voiture, ce qui aurait amené les deux motos qui suivaient la voiture de la dame à percuter la voiture en question.  Résultat; les deux occupants de la première moto, un homme de 50 ans, et sa fille de 16 ans, sont décédés.  La conjointe de l’homme, et mère de la fille, qui roulait sur une autre moto, a survécu à ses blessures.  La conductrice de la voiture aurait immobilisé celle-ci pour laisser passer… des canards!

Des canards!  Pas un orignal, des canards!

Depuis des décennies que l’A-30 est ouverte, au-dessus de l’A-15, quelqu’un a-t-il vu des canards traverser l’A-30?  Cela fait des années que je roule sur les autoroutes du grand Montréal, et je n’ai jamais vu l’ombre d’un canard traverser une autoroute.  Un canard, on le contourne, on passe dessus, au pire (ce n’est pas pire que de passer sur une grenouille, ou sur une marmotte, et beaucoup moins malodorant que de passer sur une mouffette), mais on ne fout pas les freins pour des canards!  Et surtout pas sur une autoroute!  Dans la voie de gauche, en plus!

La conductrice de la voiture pourrait faire face à deux accusations de négligence criminelle causant la mort, selon cet article de l’agence QMI, qui stipule que le dossier est maintenant entre les mains du procureur de la couronne, qui décidera si des accusations seront portées contre la dame.

À la survivante de l’accident, qui a perdu son conjoint, et sa fille, ainsi qu’à leurs familles, je voudrais faire part de mes plus sincères condoléances.  Et à la dame, qui conduisait la voiture, je propose un sérieux examen de conscience; des canards, peu importe leur nombre, valaient-ils la vie de deux usagers de la route?

A-19: Le MTQ va de l’avant!

En jetant un oeil sur le site web Canoë, cet après-midi, les deux bras m’ont tombé à terre!  Je les ai ramassés, afin de pouvoir écrire ce billet (ne me demandez pas comment j’ai fait, d’accord?), et ainsi vous annoncer la bonne nouvelle.  Eh oui!  Croyez-le ou non, l’autoroute Papineau (A-19) ira finalement se connecter à l’A-640, au cours des prochaines années.

Selon l’article paru sur Canoë, le premier ministre, Jean Charest, accompagné de la ministre des transports, Julie Boulet, a annoncé, ce matin, “le début des études d’avant-projet, et d’impact sur l’environnement, en vue du parachèvement de l’autoroute 19”.  Toujours selon le papier de l’agence QMI, la nouvelle autoroute comptera trois voies par direction, dont une réservée aux transports en commun.  Les travaux, sur le terrain, devraient débuter en 2014, se compléter en 2015, et coûter entre 310 et 320 millions$.  On y retrouvera des échangeurs au niveau des intersections actuelles de la route 335, situées à Laval, du sud au nord, au boulevard Dagenais est, à la rue Saint-Saëns, et dans l’axe du boulevard des Mille-Îles et du boulevard des Laurentides, ainsi qu’à Bois-des-Filion, au boulevard Adolphe-Chapleau (route 344).  Quant à la terrasse Brissette, tout près du pont Athanase-David, à Laval, elle sera probablement raccordée au boulevard des Mille-Îles.

J’ai voulu en savoir davantage, mais le site du MTQ n’avait pas encore rapporté la nouvelle, à tout le moins sur sa page d’accueil.  Par contre, on y trouvait un communiqué de presse, qui avait probablement servi de canevas à l’article de l’agence QMI.  On y précisait que le boulevard Adolphe-Chapleau (route 344) sera également réaménagée, de part et d’autre de la future autoroute, question de diminuer le problème d’embouteillages constants, vécus par les résidents de Bois-des-Filion, aux environs de cette intersection.  On mentionne aussi, dans le communiqué de presse, que les quatre ponts d’étagement de l’A-19, déjà construits au-dessus de l’A-640, seront utilisés, dont un sera réservé aux véhicules hors-route.  Le communiqué ajoute que d’autres aménagements feront partie du projet, dont des stationnements incitatifs.

Le truc qui m’intrigue, au sujet de cette annonce, se situe au niveau des études d’impact sur l’environnement, annoncées par monsieur Charest.  Voyez-vous, l’actuelle avenue Papineau (route 335), entre le boulevard Dagenais et le boulevard des Mille-Îles, fut construit il y a plus ou moins dix ans.  On ne viendra pas me faire avaler qu’il y a des écosystèmes sensibles qui se sont développés pendant cette période, et qui demanderont des études poussées; qu’on prenne les études faites à cette époque, et qu’on les révise, c’est tout.  Deux ou trois semaines de travail, et le tour est joué!  Restera ensuite aux in-gné-nieurs du MTQ à mettre à jour les plans préliminaires du projet de l’époque (le projet initial, pour lequel les quatre viaducs furent construits, au-dessus de l’A-640, faisait partie du plan directeur des années 1950-60, du Ministère de la voirie du Québec, ancêtre du MTQ), en fonction des éléments actuels.  Tout ça ne devrait quand même pas prendre 4 ans!  Selon les termes utilisés dans l’article de l’agence QMI, on semble faire table rase, et tout reprendre à partir de rien.  C’est stupide!

Mais bon, concentrons-nous sur le positif; je devrais pouvoir rouler sur l’A-19 avant de toucher ma pension de vieillesse.

Éric Caire s’imagine qu’un parti politique tombe du ciel

Je jetais un oeil sur les nouvelles du site web Canoë lorsque je suis tombé sur celle-ci, rapportée hier par l’agence QMI, qui cite TVA Nouvelles.  Le deuxième paragraphe de l’article est passablement explicite.

“S’il n’y a pas de nouveau véhicule politique avec lequel je suis à l’aise, je ne vais pas me représenter, a expliqué le député de La Peltrie à TVA. Je suis en politique pour faire avancer mes idées, pas pour m’accrocher.”

Voici donc un autre bonhomme qui n’a pas compris que le succès vient à bout de travail, et qu’en politique, on ne produit rien en vase clos.  Éric Caire s’imagine-t-il qu’un véhicule politique avec lequel il est à l’aise va tomber du ciel, comme ça, juste parce qu’il le demande?  D’autant plus qu’il ne semble pas très optimiste, quant à l’émergence – de nulle part? – de ce qu’il appelle “un grand leader”.

Une chose est certaine; si Éric Caire ne croit pas qu’il soit l’homme de la situation, dans le but de créer un nouveau parti politique de centre-droite, il doit se mettre en mode recrutement, et en chercher un lui-même.  Ce n’est pas en menaçant de rester chez-lui, aux prochaines élections générales, que celui-ci va attirer les candidatures, ni même me tirer une larme.  Il devrait se souvenir que son ancien chef, Mario Dumont, qui a fondé, avec Jean Allaire, et quelques autres personnes, l’Action démocratique du Québec, a dû tenir le fort à lui seul, ou presque, à l’Assemblée nationale, pendant 13 ans, avant de faire élire un nombre de députés suffisant pour passer à l’Opposition officielle.  Éric Caire devra, à l’évidence, s’investir sur une période beaucoup plus longue, et de façon nettement plus ardue, s’il veut vraiment obtenir un quelconque succès.

Pour ma part, si Éric Caire ne se sent pas les épaules suffisamment solides pour une telle mission, il peut toujours démissionner tout de suite; cela fera, à terme, un pensionné de moins, sur le bras des contribuables, et permettra à une autre personne – peut-être un nouveau leader – de se faire élire à l’Assemblée nationale.